‹ Traité d'orthophonieChapitre 12 sur 52 · LES MOUVEMENTS AUXILIAIRES · texte numérisé non relu

LES MOUVEMENTS AUXILIAIRES

des vocales et, dans le médium, une occlusion glottale assez accentuée. Un pareil raisonnement appliqué aux classes successives du tableau semble montrer que la fermeture s larxjngienne aurait tendance à varier en sens inverse de la fermeture buccale, donc à augmenter de haut en bas.

L’orifice nasal. Mouvements du voile du palais. — Le seul point utile à considérer, en ce qui concerne la résonance nasale, est la région du voile du palais, où peut se fermer ou s’ouvrir l’orifice qui commande cette résonance. — 7 éléments (voyelles in, un, onan, consonnes m, n, gn) comportent l’ouverture de cet orifice. Tous les autres sont émis avec levoile du palais appliqué contre la paroi postérieure du pharynx.

Les mouvements auxiliaires. — Jeu del’orifice labial et de la mâchoire inférieure. — Mouvements des lèvres. — Les lèvres ne jouent un rôle essentiel que dans la production des 5 consonnes p, b, m, f, v, et encore ne doit-on tenir compte, pour la détermination de ces éléments, que de la fermeture (notion envisagée plus haut au sujet de l’orifice buccal), la localisation labiale étant variable dans une certaine'mesure ( oupou, ipi). — 8 voyelles {ou, au,.., u eu,..) et deux consonnes {ch, j) se prononcent préférablement avec les lèvres avancées et arrondies ; mais ce caractère, qui offre moins d’importance que la condition relative à l’orifice lingual des mêmes éléments, est soumis, suivant la contiguïté et le débit, à des modifications très sensibles. Il faut en dire autant du retrait des commissures pour les consonnes s, z, et les voyelles i, é, è, in.

Dans l’émission de tous les autres éléments associés {t, d, l, r, n,'y, gn, c, g, a, an) les mouvements des lèvres n’ont aucune valeur caractéristique, l’orifice labial devant s’accommoder aux exigences de la combinaison phonétique.

Mouvements de la mâchoire inférieure. — La position du maxillaire inférieur dépend du degré de fermeture e t de la localisation de l’orifice buccal; mais, dans la pratique du langage, cette solidarité se trouve contrariée atout instant par l’influencé de la contiguïté et du débit-, ce caractère n’a donc par lui-même aucune signification dans la définition organique des éléments de la parole.

Valeur relative des conditions organiques. — En résumé,

nous avons considéré successivement les 4 orifices labial, linguopalatal, laryngien et nasal. Nos conditions se rapportent à la fermeture de l'orifice buccal, à la localisation du même orifice et au mécanismë de l’orifice laryngien et du voile du palais. Pour un élément donné, la fermeture buccale varie peu, alors que la localisation évolue entre certaines limites fies mouvements de la glotte laryngienne qui produit le son dépendent partiellement des mouvements de la glotte buccale (orifice linguo-palatal ou labial) qui le différencient. — L’orifice nasal n’intervient que pour 7 éléments et par un simple mouvement d’ouverture. — Les lèvres (sous les réserves ci-dessus) et le maxillaire inférieur ne jouent qu’un rôle d’accommodation.

La théorie que nous venons d’esquisser vise àmettre en lumière ce point capital que les divers mouvements des organes de la parole ont une importance très inégale dans la détermination des sons qu'ils engendrent, et qu’il faut se garder d’en faire une description minutieuse et précise en apparence, indéterminée et fausse en réalité, qyi mette tous les caractères physiologiques sur le même plan.

Les effets acoustiques. — Le souffle, la sonorité, les vibrations solidiennes. — La parole, pourrait-on dire, est un courant d’air modifié par les quatre orifices qu’il peut traverser dans le tube vocal, depuis la glotte jusqu’aux lèvres.

Ces quatre orifices, par leurs variations d’ouverture et de locali sation ou parleur mode dégroupement, déterminent les timbres qui constituent essentiellement les voyelles et les consonnes; ils influent également sur la pression de la colonne d’air limitée par les deux glottes laryngienne et buccale et sur l'intensité du son définitif.

Le souffle intérieur. — Toutes choses égales quant à l’énergie de l’action respiratoire, à la durée des tenues buccales et à la hauteur des sons qui peuvent être émis, la pression du souffle dans la bouche varie proportionnellement à la fermeture bueconasale ; elle diminue donc de haut en bas sur le tableau des éléments tel que nous l'avons précédemment dressé.

Cette"condition commande la force de l 'explosion perçue par le toucher, ou mise en évidence par les déplacements d’un objet très mobile (flamme d’une bougie, morceau de papier) placé devant la bouche au moment où les organes se séparent : comparer à cet

Page 1