‹ Traité d'orthophonieChapitre 14 sur 52 · LES ÉLÉMENTS DE LA PAROLE SONT FLEXIBLES ET VARIABLES · texte numérisé non relu

LES ÉLÉMENTS DE LA PAROLE SONT FLEXIBLES ET VARIABLES

usuelle par aucun signe suffisamment précis. Les quelques documents graphiques ci-joints montrent que les appareils enregistreurs sont maintenant susceptibles de fournir sur la hauteur et la durée dès indications d’une rigueur presque absolue, sur l'intensité des données comparatives fort intéressantes, et sur le timbre même des renseignements dont la valeur ira chaque jour en progressant.

Fig. 17. — Les mots « Non ? jamais ? » émis sur un ton interrogatif.

La voix, partie d'une note comprise entre ie ré, et ie mi, s’est élevée par une gradation lente jusqu’au ré 3 . — La chute qui"s’est produite à la fin du premier mot (aux divisions 7, 8, 9) paraît avoir pour cause une détente purement mécanique des cordes vocales.Les chiffres représentent des vingtièmes de seconde.

Conclusion. — Les éléments de la parole sont essentiellement flexibles et variables. — Pour terminer cette rapide étude des sonsdu langage, empruntons à deux,éminents philosophes ces quelques citations qui nous paraissent caractériser nettement le sens et la nature intime des actes de la parole : « La différence entre le monde vivant et le monde inorganique, c’est que la loi fondamentale est dans celui-ci une loi d’identité essentielle, dans celui-là une loi d e changement radical; dans l’un,une loi statique,

dans l’autre une loi dynamique (1). » Ou encore : « La matière n’étant presque plus rien (dans le monde vivant), l’acte devenant presque tout, on pressent qu’on laisserait échapper la réalité ellemême sil’on persistait à tenir le changement pour entièrement phénoménal (2). » Et enfin : « Les productions de l’esprit humain, comme celles de la nature vivante, ne s’expliquent que par leur milieu (3). »

Les auteurs de cès lignes ne font ici aucune allusion directe à

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Fig. 18. — Les mots « Non ! jamais ! » sur un ton affirmatif.

La courbe est très différente de celle qu’avait dessinée l’interrogation exprimée par les mêmes mots (fig. 11).La voix n'a parcouru ici qu’un intervalle de 4 tons et demi, et le dernier mot est ascendant dans sa première syllabe et descendant dans la seconde.

fa parole ; mais la parole n’est-elle pas une des plus pures manifestations de la vie, et de la vie parvenue à son plus haut degré d’épanouissement, c’est-à-dire de là vie humaine ? Etudions-la donc dans son principe essentiel qui est un principe de mouvement et de changement évolutif, au lieu de la traiter comme un objet rigide et inerte, ainsi qu’on l’a fait presque uniquement par les anciennes méthodes d’analyse.

(1) Emile Bouxroux, Contingence des lois de la nature.

(2) Emile Boutroux, Contingence des lois de la nature.

(3) H. Tadîe, Philosophie de l'art.

Les retards dans Tacquisition du langage articulé.

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