LES1EUX. — CORRECTION DES DÉFAUTS D’ARTICULATION
fonde et bien rythmée qui est indispensable à un souffle, n.ourri et régulier,
Si besoin en est, il procédera à des exercices respiratoires.
g) Le maître doit pouvoir compter d’une façon absolue sur l’entourage de F élève, pour le surveiller, le rappeler a l’ordre, le corriger et le faire se corriger.
On ne guérit pas un défaut de prononciation chez un enfant avec autant de facilité qu’on lui enlève une dent de lait. C’est, au contraire, affaire d’attention soutenue et d’efforts persévérants, A ce prix seul,on obtiendra une guérison assurée et généralement assez rapide,
h) Toutes les fois que les organes de la parole ne pourront,par suite de lésions, lésions anatomiques ou physiologiques occuper les positions ou exécuter les mouvements nécessaires à chacun des éléments phonétiques, il s’ensuivra des défauts d’articulation.
Nous avons énuméré plus haut ces sortes de lésions. Ayant de corriger les défauts qui en sont la conséquence, on est souvent .dans l’obligation d’avoir recours à un traitement médical ayant pour but de remédier: 1° à une déformation ou à une malformation ; 2° à un état de faiblesse localisée ou étendue.
Après cela, le professeur soumettra les organes vocaux à une gymnastique spéciale dont les exercices rappelleront et tendront à imiter les positions et mouvements des lèvres, des mâchoires, de la langue, du voile du palais, etc., dans l’émission de la parole- Cette gymnastique sera d’un important et merveilleux secours pour rendre aux organes les aptitudes fonctionnelles utiles- Ceci obtenu, on suivra les indications de la méthode de correction.
PRINCIPAUX DÉFAUTS D’ARTICULATION Voyelles.
Nous ne nous occuperons pas, dans ce chapitre, des altérations qui ont pour origine les déformations ou lès vices fonctionnels des organ es producteurs ou modificateurs du son (raucité vocale, voix infantile, voix de fausset, voix nasale,etc.), soit de mauvaises habitudes ou l’influence du milieu (bredouillement, accent de terroir, acçent étranger, etc.); ces altérations sont traitées dans d’autres parties de cet ouvrage.
Nous retiendrons seulement l’omission des voyelles* Elle est
PRINCIPAUX DÉFAUTS D'ARTICULATION 67
assez rare et elle se rencontre chez les personnes qui parlent trop vite et surtout chez les individus anormaux.
On corrigera ce défaut par des exercices de syllabation rythmée; on pourra utiliser le métronome pour maintenir le rythme donné et faire mécaniquementporter l’accentuation sur les voyelles; puis — comme il est indiqué à la méthode générale — on fera scander des phrases et on terminera par la lecture à haute voix sur un mode lent et ensuite plus rapide et enfin par la conversation. Le professeur habituera son élève à une respiration large et régulière.
Cette prononciation défectueuse disparaît assez aisément lorsqu’elle est occasionnée par des habitudes d’inattention ; il n’en est pas de même chez les anormaux qui, très fréquemment, oublient d’une leçon sur l’autre ce qui leur a été enseigné.
Avec ces infirmes, le maître devra s’astreindre à des exercices nombreux et répétés, à des retours méthodiques et continuels en arrière et se contenter de progresser avec une sage lenteur.
L’émission incorrecte des consonnes rend la parole encore davantage incompréhensible que les défauts dans la prononciation des voyelles.
Consonnes.
Nous commençons par les consonnes s, 2 et ch, j, parce que ce sont celles dont l’altération se rencontre le plus communément ; cette altération est aussi, à notre avis, celle qui est la plus insupportable ; sincèrement, il faut être doué d’une grande indulgence ou d’un réel empire sur soi-même pour ne pas sourire ou pour n’être pas agacé en écoutant la conversation des personnes qui zozotent, qui zézaient, qui clichent ou qui chuintent.
Les consonnes s et z sont des consonnes continues et sifflantes.
S. — Mécanisme 'pour la prononciation correcte de S.
a) le voile du palais est relevé ;
h) la langue touche par ses bords la couronne alvéolaire des dents supérieures jusqu’aux canines ; elle est légèrement creusée en sillon dans son milieu ; sa pointe est abaissée et arc-boutée derrière les incisives inférieures ;
c) les dents sont très rapprochées sans se toucher et la mâchoire inférieure se place légèrement en arrière de la mâchoire supérieure ;
68 LESIEUX. — CORRECTION DES DEFAUTS d’aRTICULATION
d) les commissures des lèvres sont tirées en arrière comme dans i ;
e) le souffle pressé dans l’étroit passage qui existe entre la langue et le palais vient se briser avec force contre les incisives inférieures en produisant le bruissement strident caractéristique du s ; le souffle est froid et plongeant.
Z. — Le z est une consonne douce dont le mécanisme est le même que celui des ; l’émission du souffle est, en surplus, accompagnée de vibrations laryngiennes.