CLASSIFICATION
Le traitement orthophonique est facile à suivre. Il ne réclame du sujet que des qualités ordinaires d’observation, d'imitation,de ténacité, de volonté.
De plus il répudie toute contrainte douloureuse. On peut donc se soumettre aux exercices orthophoniques sans appréhension.
Il convient a tous les âges. — En principe, les troubles qui frappentl’enfance doivent être combattus dès que le sujet est capable d’une attention suffisante. Si, pour des causes diverses, le défaut subsiste après l’âge de 15 ans, le moment est venu d’entreprendre un traitement rationnel et énergique.
L’orthophonie est appelée à rendre des services à l’adulte et même au vieillard lorsqu’ils sont atteints de déformations accidentelles ou de troubles consécutifs à un état pathologique récent.
Résultats. — Rapides et définitifs en bien des cas, les résultats sont obtenus dans la majorité des autres cas, grâce à une collaboration étroite du professeur et de l’élève, et les insuccès (dus à des lésions nerveuses) sont assez rares pour qu’on ait pu dire : Tout défaut d'articulation est justiciable d’un traitement orthophonique approprié.
Méthode générale pour la correction des défauts d’articulation
ÉMILE LESIEUX
Professeur à l’Institution Nationale des Sourds-Muets et au Cours d’orthophonie.
Nous n’exposerons ici qu’une méthode générale de correction des défauts d’articulation. Nous n’indiquerons — et cela, au -fur et à mesure de la description des défauts — que peu de procédés particuliers ; ceux-ci, en effet, sont aussi nombreux que les professeurs et aussi variés que les défauts eux-mêmes. L’observation attentive de la cause du mal suggérera au maître expérimenté des exercices spéciaux à chaque cas, mais qui partiront toujours de principes généraux déterminé.
1° Détermination des défauts à corriger. — a) Faire prononcer, lentement et sans exagération, tous les éléments phonétiques. d’abord seuls, puis précédés ou suivis d’un autre élément-
b) Lecture à haute voix.
c) Conversation.
Le professeur notera au passage les articulations défectueuses; il les reprendra successivement pour connaître avec exactitude la position que prennent les organes de la parole, les mouvements qu’ils exécutent, la direction et la nature du souffle, dans la prononciation dé ces éléments.
d) Se rendre compte de l’état de perfection de l’ouïe.
Maurice P..., 7 ans,substituait tet dkk et g. Il ne différenciait pas ces éléments à l’oreille. Lorsqu’on prononçait table et câble, il désignait une table dans les deux cas.
Cètteimperfection de l’ouïe est encore assez fréquente.
PRINCIPAUX DÉFAUTS D ARTICULATION
2° Correction des défauts. — a) Choisissant un élément défectueusement articulé, et se plaçant devant une glace avec son élève-, le professeur lui en montrera sur soi-même le mécanisme type (1) dans ce qu’il a de perceptible à l’œil.
b) Par les sensations tactiles, il lui fera connaître la direction et la nature du souffle (explosion, sifflement, sonorité, etc.).
Si le degré d’instruction du sujet le permet, le maître pourra également présenter des dessins reproduisant la position des organes de la parole,
c) Il invitera ensuite l’élève à reproduire en s’observant dans la glace et en se servant du toucher,le mécanisme-type de l’élément simple que l’on vient d’étudier.
d) Dans le cas d’une rééducation auditive nécessaire, dès que l’articulation défectueuse sera parfaitement émise, le professeur la signalera, en quelque sorte, à l’attention de l’oreille pour en assurer désormais la différenciation.
e) L’élément étant prononcé de façon correcte, il s’agit de le fixer. Pour cela, on fera des exercices de syllabation simple — directe et inverse — de syllabation composée afin d’habituer les organes aux multiples variations que subissent les voyelles et les consonnes selon l’élément phonétique qui les précède ou qui les suit.
Puis viendra la prononciation de mots, de phrases renfermant surtout l’élément-corrigé.
On terminera par la lecture, par la récitation et enfin par la conversation.
Les exercices de syllabation, de prononciation, de lecture, etc., seront.exécutés d’abord sur un rythme lent ; on augmentera ensuite progressivement la vitesse du débit vocal. Il importe, grandement de procéder à un entraînement méthodique et exempt de toutes graduations brusques pour amener le sujet à placer spontanément ses organes comme il convient.
f) Le professeur aura à surveiller la manière de respirer de l’élève ; il exigera de lui — c’est essentiel — la respiration pro-
(1) Nous dénommons ainsi la position et les mouvements des organes vocaux moyennant lesquels on peut arriver synthétiquement aune émission'correcte des éléments phonétiques.
Mais nous n’entendons pas dire par là que ces positions et ces mouvements soient absolument indispensables.
Traité d’Orthophonie. B