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LES VOYELLES NASALES

fermée é, laquelle devient è en s’ouvrant elle-même un peu plus (ï < é <C è). De Y ou et de Vu dérivent respectivement, par un semblable mécanisme, Y au et l’o (ou </au < o), — Yeu et Ye (u < eu < e). — L’a correspond à un resserrement du tube vocal, moins accentué que les précédents, qui s’opère entre la racine de la langue et la paroi postérieure du pharynx.

Les voyelles nasales ( an , on, in, un). — Pour la formation des timbres vocaux dont nous venons de nous occuper il n’existe

Fig. 8. — Les phases -de la syllabe

1-1. tenue du c. —1-2, phase de détente ou explosion. — 2-3, tenue de l 'ou .— 3-3 tension ou implosion du second c. — 3-1' tenue du e. — l’- 2 ’ détente ou explosion.— 2’3’tenue du second ou. — 3’3’ déteDtç ? des cordes vocales. — Le diapason placé en bas et à droite permet de constater que l’émission totale, sans tenir compte de la tenue 1-1 de la l re consonne, a duré 58 centièmes de seconde (l re explosion, cinq centièmes de seconde, tenue de la l re voyelle. 13 centièmes de seconde, — l re implosion, 2 centièmes 1/2, — tenue du second c, 7 centièmes 1/2, etc.).

aucune communication entre les cavités buccale et nasale. Abaissons le voile du palais pendant l’émission de l’a ; la colonne d’air, se divisant en un double courant, résonnera à la fois dans la bouche et dans le nez et le son prendra un timbre spécial, celui de la voyelle an. — Chacune des ouvertes se nasalise de la même

façon ; on obtient donc les voyelles in, un, on en réalisant les orifices linguo-palataux de l’è, de l’e et de l’o, alors que le voile du palais occupe une position intermédiaire entre la base de la langue et le fond de la bouche.

La combinaison phonétique. — Nous venons de considérer isolément les consonnes et les voyelles ; dans la parole courante, ces éléments phonétiques subissent de multiples variations ayant pour objet de réduire au minimum les mouvements organiques et d'harmoniser les effets acoustiques résultants.

Les phases de la syllabe. — Pour mieux comprendre ce travail de fusion et d’adaptation, nous allons analyser une combinaison formée par deux éléments qui se forment dans la même région, soit la syllabe répétée coucou.

La langue, est d’abord appliquée contre le palais postérieur, de manière à produire une occlusion totale.

Elle reste pendant un certain temps dans cette position ; c’est la tenue de la consonne (fig. 8, 1-1 et 3-1’). Puis elle s’abaisse graduellement pour arriver à la position de la voyelle ; c’est la détente ou explosion (1-2 et l’-2’). — L’organe parvenu à ce dernier point reste en place pendant un temps plus ou moins long : c’est la tenue de la voyelle. Enfin la langue remonte jusqu’à la position de la consonne ; c’est la tension ou implosion ; — et les mouvements vont se continuer dans le même ordre jusqu’à la fin de l’émission. La condition essentielle est-que les organes passent de la tenue de la consonne à celle de la voyelle et inversement par le plus court chemin, sans que jamais entre les deux tenues Vouverture buccale puisse dépasser celle de la tenue de la voyelle qui suit ou qui précède.

Toute syllabe complète comprend donc 4 phases successives qui se distinguent par des conditions spéciales de fermeture buccale, de pression intérieure et de sonorité.

Les flexions organiques. — La syllabe apparaît ainsi, non pas comme le résultat d’une simple juxtaposition d’éléments pho-

Fig.9 à 15. — Les six premières bouches représentent les attitudes principales des organes dans 1 émission aes syllabes-liées pôupipu enregistrées' par le cinématographe, à la vitesse de 16 images par seconde. Au-dessous la voyelle i est emise isolément.

On remarque notamment que l’orifice labial de l’t intercalé (4<= bouche! a été notablement rétréci ( dans le sens horizontal) par l’inQuenee des élémentsvoisms. Cette réduction aurait été plus accentuée si l’on avait parlé plus vite

Fi^ 9 à 15. — Les variations organiques des éléments de la parole dans le mot et la phrase.

nétiques, mais comme une sorte d’organisme acoustique,qui,conformément à la loi de continuité, tend à évoluer, par une gradar tion insensible, entre un minimum et un maximum de sonorité. Pour réaliser cette condition, les positions organiques correspondant à un même élément, voyelle ou consonne, subissent d’une combinaison à l’autre, ainsi qu’il a été dit plus haut, des modifications très appréciables dont nous ne pouvons donner ici qu’une idée approximative.

Les flexions linguales. — Au point de vue de la localisation de l’orifice linguo-palatal,les éléments se classent ainsi, en allant des régions antérieures aux postérieures : 1. t, d, s, z ; — 2. I, r, ?i, ch, j ; 3. y, gn, i, é, è, in, eu, u, e, un ; — 4. c, g, ou,- au, o, on ; — 5. a an.

D’une manière générale, dans la parole courante, les éléments postérieurs font reculer les autres et inversement, de telle sorte que, par rapport à l’émission isolée, les régions se déplacent dans les deux sens.

Par exemple, le c (c = k) de iki, pour mieux s’unir avec Yi, se produira plus en avant que celui de oucou ; mais l’i, également influencé par le c, sera lui-même légèrement tiré en arrière par cette consonne postérieure.

Les flexions labiales. '■— En prenant pour base le mode de fonctionnement des lèvres, les éléments de la parole se répartissent de la manière suivante : 1 .p,b,m, f, v, ch,j ;— ou, au, o, on, u, eu, e, un ; —2. s, z, i, é, è, in ;— 3. t, d, l, r, n, y, gn, c,g, a, an.

Dans la l re classe, les lèvres se ferment (p,b,m,) ou les commissures tendent à se rapprocher (/, v,ch.j, ou...); dans la2 e classe, la tendance est inverse ; enfin les lèvres ne jouent qu’un rôle accessoire dans la différenciation des éléments de la 3 e classe.

Sous l’action du rythme verbal, les éléments ouverts (il n’est question ici que de l’ouverture labiale) se rapprochent le plus possible des éléments fermés. Ainsi la voyelle i, lorsqu’elle est isolée, peut se pronôrïeer avec les lèvres très sensiblement püver : tes dans le sens horizontal ; mais lorsqu’elle est encadrée par des voyelles ou des consonnes labiales, — dans poupipu, par exemple, — elle doit se produire avec les coins des lèvres d’autant plus rapprochés que le débit oral est plus rapide (fig. 9).

Les flexions du maxillaire. — Au point de vue des mouve-

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