‹ Traité d'orthophonieChapitre 8 sur 52 · LES VOYELLES. LES FERMÉES · texte numérisé non relu

LES VOYELLES. LES FERMÉES

plète, comme dans le gn ci-dessus, mais le souffle s’échappe par un étroit canal médian semblable à l'orifice labial dans le soufflement continu.

Les consonnes étant constituées par une interruption complète ou partielle du courant d’air, il semble permis de ranger dans la même catégorie quelques éléments laryngiens qui s’obtiennent par un procédé identique. Au lieu de produire l’occlusion dans la bouche, comme on le fait lorsqu’on prononce p,t,c, on peut réaliser la fermeture à la glotte même, en mettant en contact les cordes vocales ; si le mouvement d’ouverture est suivi immédiatement d'une vibration, on aura l’attaque en coup de glotte , qui est à proprement parler une explosive laryngienne suivie d’une émission vocalique.

En produisant entre les rubans vocaux un sifflement analogue à celui de f,s,ch, on obtient la sifflante glotlale. C’est ainsi que l’h aspiré des mots la haine peut être prononcé de deux façons : avec une explosive on une sifflante glottale; il perd toute valeur phonétique lorsqu’on se borne, comme on le fait souvent, à juxtaposer les deux voyelles entre lesquelles il est placé (la è-n), sans discontinuité dans la vibration laryngienne.

Les voyelles. Les fermées, i, u, ou. — Le caractère fondamental par lequel se distinguent les deux grandes catégories d’éléments phonétiques, consonnes et voyelles, consiste essentiellement dans le fait que, par suite d’une augmentation d 'ouverture de la glotte buccale (orifice linguo-palatal ou labial), la résistance opposée, dans la bouche, à la sortie du souffle laryngien, décroît sensiblement de la consonne à la voyelle, ce qui a pour conséquence nécessaire une augmentation d’intensité du son vocal.

Pendant l’émission de la consonne y, abaissons un peu plus le dos de la langue (comme nous le faisons dans le mot pays , phonétiquement p è-yi) et nous obtiendrons la voyelle i. — Vou est un i postérieur en ce sens que, pour cette voyelle, le resserrement linguo-palatal dont nous avons décrit la forme à propos du y (voir consonnes l, r, y) se produit au fond de la bouche; de plus, les coins des lèvres qui, pour l’i, avaient tendance à s’écarter, ainsi que dans le rire, se rapprochent pour Vou de manière à former un orifice arrondi assez étroit. — L’m est une sorte de

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voyelle mixte qui] s'obtient avec l’orifice linguo-palatal de Vi et l’orifice labial de l’ou.

Les demi-fermées é , eu, au (1) (dé, deux, dos ) et les ouvertes é, e, o, a (dès, deuil, dors, dame). — L’orifice linguopalatal de Vi, en s’ouvrant légèrement, donne naissance à la demi-

Fig. 7. — Les voyelles.

Timbre. — L’i et Vu se timbrent à peu près à la même région, entre la langue soulevée et la partie moyenne du palais ; aussi leurs périodes vibratoires offrent-elles la.plus grande analogie. Par contre, l’antérieure i et la postérieure ou se distinguent l’une de l’autre par des formes périodiques très différentes.

Intensité. — Lorsque les gradations d’intensité signalées dans le texte n’apparaissent- pas nettement sur le tracé, c’est que l’on a varié, volontairement ou non, les conditions de l’enregistrement.

Hauteur. — La hauteur, comme on sait, se mesure par la longueur des vibrations complètes ou périodes. En se reportant au diapason de la fig..6, on peut déterminer les notes sur lesquelles ont été émises les voyelles ci-dessus (la* pour l’i et l’é, fa* pour l’è, vers ré* pour l’ire... ) V ■

fi) Les signes graphiques dont nous nous Servons ici, comme d’ailleurs ceux auxquels recourent les divers auteurs, s’écartent nécessairement, dans bien des cas, des formes usuelles de l’orthographe : ainsi, dans les mots, les lettres eu désignent tantôt la voyelle demi-fermée (p eu, îeu, cheveu), tantôt la voyelle ouverte (peur, feuille, veuille).

* La Parole d'après le tracé du phonographe, par H. Marichelle, traite en détail la question de l'interprétation physiologique et acoustique des tracés.

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