PLANCHES VIII A XI
Ces quatre planches offrent les calques de coupes pratiquées sur des os. Les os ont été plongés dans du plâtre, pour les rendre incapables de se déranger les uns à l’égard des autres, après quoi on les a sciés, et les coupes ont été stéréotypées. Les formes métalliques ainsi obtenues ont servi ensuite à l’impression, comme des planches de bois. Les figures représentent donc parfaitement la situation des os eux-mêmes, dont elles sont la copie médiate.
La pl. VIII représente le côté gauche de la coupe longitudinale d’une colonne vertébrale (réduite au tiers de la grandeur naturelle). Comme on avait plongé dans le plâtre un rachis muni de tous ses ligaments, les vertèbres n’ont pu changer de situation ni avant ni après la section. La figure donne donc une idée exacte de la forme et de la courbure de la colonne vertébrale, de la situation relative et de la forme des vertèbres, enfin de la situation du bassin eu égard au rachis. Si l’on mesure la hauteur de tous les corps de vertèbres et de tous les cartilages intervertébraux, et qu’on compare les sommes de ces hauteurs, on trouve qu’entre elles et la colonne vertébrale il y a à peu près le rapport de 1 à 4. La situation de la colonne, dans la station droite du corps , est telle qu’une ligne tirée du sommet des corps de vertèbres a à leur attache au sacrum c est perpendiculaire. La ligne ac représente donc la direction droite du corps. Le ligne bc , qui tombe verticalement sur la surface d’union du rachis mobile et du bassin, marque la direction suivant laquelle le rachis s’unit au bassin; ce est le diamètre droit de l’entrée du bassin, et cd l’horizontal. L’angle dee, ou l’angle d’inclinaison du bassin, est très faible dans ce cas; il ne va qu’à 59 degrés, et par conséquent diffère d’environ 10 degrés de l’inclinaison moyenne.
Les trois planches suivantes ne contiennent que des coupes d’articulations, et surtout d’articulations du membre inférieur. Pour pouvoir tirer de la forme des surfaces articulaires coupées une conclusion relativement au mécanisme de l’articulation, les articulations ont été sciées dans le sens où elles peuvent le plus jouer l’une sur l’autre, c’est-à-dire dans un plan perpendiculaire à l’axe de rotation. Les coupes donnent donc une vue de la situation relative des points des deux surfaces articulaires qui, dans la rotation d’une articulation, entrent successivement en contact ensemble, c’est-à-dire de la courbure que les surfaces articulaires présentent en ce sens, pour permettre celle rotation. Les articulations ont été sciées , en outre, dans l’axe de rotation. Il suit de là que les coupes font voir jusqu’à quel point le mouvement des articulations est gêné dans une autre direction que celle dont il s’agit.
Les fig. 1 et 2 de la pl. IX montrent l’articulation coxo-fémorale , coupée verticalement de droite à gauche et d’avant en arrière, par son centre, dans la situation droite. La circularité des bords de la tranche en deux plans perpendiculaires l’un à l’autre prouve la forme parfaitement sphérique et la situation concentrique des deux surfaces articulaires. Dans la fig. I , on voit en ab l’échancrure cotvloïdienne, la fossette du même nom, et la dépression de la tête du fémur, coupées toutes trois, parce que chez l’homme debout toutes trois sont placées dans le plan vertical qu’on peut faire passer par les têtes des deux fémurs. Il suit de là que les segments circu-
EXPLICATION DES PLANCHES
lai res des deux surfaces articulaires sphériques ont le moins d'étendue possible dans celte direction.
La fi g. 2 , au contraire , représente les surfaces sphériques coupées dans le sens de leur plus grande étendue, c’est-à-dire d’avant en arrière, direction qui est aussi celle suivant laquelle l’articulation a le plus d’étendue. Le segment de cercle de la cavité colyloïde est exactement un demi-cercle. C’est dans celle situation que la forme sphérique et la concenlricilé des surfaces articulaires sautent le plus aux yeux.
Les Rg. 5 et 4 de la pl. IX et la fig. 1 de la pi. X sont des coupes de l’articulation du coude. La coupe, tig. 5 , pl. IX, passe par l’axe de flexion et d’extension, c’est-à-dire par le condyle externe et le condyle interne de celle articulation , ou par les points d’attache de ses ligaments latéraux. Mais les coupes des fig. 4, pl. IX, et fig. I, pl. X, sont perpendiculaires à cet axe, c’est-à-dire faites dans la direction suivant laquelle s’accomplissent la flexion et l’extension. Ces deux dernières coupes prouvent que les surfaces articulaires de l’humérus et du cubitus sont des surfaces de charnière, c’est-à-dire arrondies et concentriques dans la direction suivant laquelle se font la flexion et l’extension , et qu’en conséquence elles permettent le mouvement en ce sens, et non dans un autre , à cause de l’angle saillant et rentrant, visible fig. 5 , pl. IX , que les deux surfaces articulaires forment dans la direction perpendiculaire au plan de ce mouvement, et qui empêche toute rotation n’ayant pas lieu autour de l’axe des surfaces cylindriques. Les surfaces articulaires correspondantes de l’humérus et du radius sont les seules qui offrent des bords circulaires dans les deux figures, d’où il suit que toutes deux ensemble forment une petite noix.
Les fig. 2,5 et 4 de la pl. X sont des coupes de l’articulation du genou. La fig. 2 représente une coupe passant par les élévations latérales du condyle externe et du condyle interne, auxquelles s’attachent les ligaments latéraux , c’est-à-dire par l’axe autour duquel s’opèrent la flexion cl l'extension du genou. Les fig. 5 et 4 représentent des coupes perpendiculaires à cet axe ou à la direction de ces mouvements. Il suit de ces coupes que le fémur n’a point une surface concentrique dans le genou, mais qu’il en a une courbée en spirale d’arrière en avant, par laquelle il repose sur la surface presque plane du tibia. L’articulation du genou diffère par là essentiellement de celle du coude et d’une charnière. Celle forme particulière des surfaces articulaires du genou constitue un appareil articulaire fort remarquable, qui a été discuté § GG et suiv., et qui, indépendamment de l’extension cl de la flexion, permet aussi une rotation horizontale du fémur sur le tibia dans la situation fléchie, c est le point par lequel passe l’axe de l’articulation. Les rayons vecteurs cc1, cc", cc"1, cc"', augmentent d’arrière en avant. De là vient que l’axe monte quand l’extension augmente, que les ligaments latéraux , qui se trouvent à scs points terminaux, sent tendus , et que par là il y a impossibilité à l’extension d’aller plus loin.
Les fig. 1,2 et 5 de la pl. XI représentent des coupes du pied. Dans la fig. 1 la coupe passe par les deux malléoles et par l’axe autour duquel s’opèrent la flexion et l’extension du pied. Dans la fig. 2 elle est parallèle à la précédente, mais un peu en arrière de l’axe. Dans la fig. 5 elle est perpendiculaire à l’axe, et par conséquent dans la direction de la flexion et de l’extension. Ces coupes prouvent que les surfaces articulaires de la jambe et du pied ne sont rondes que dans une direction, et qu’ainsi elles forment une charnière, comme l’articulation du coude. La fig. I montre comment la poulie de l’astragale est reçue par les deux malléoles comme par une fourchette, ce qui fait que son mouvement se trouve presque entièrement limité à une seule direction (flexion et extension ). Dans la fig. 3 on voit la forme arrondie et concentrique de ces surfaces articulaires , dans la direction d’arrière en avant; on remarque en même temps, dans cette figure, la forme courbée des surfaces articulaires par lesquelles l’astragale repose sur le reste du pied, et par lesquelles aussi ces articulations, qui permettent un mouvement assez considérable, diffèrent des autres articulations du larse et du métatarse, qui ne permettent qu’un mouvement faible.