‹ Traité de balistique expérimentale (volume 2)Chapitre 120 sur 141 · ÉPAISSEUR DES PLAQUES · texte numérisé non relu

ÉPAISSEUR DES PLAQUES

VALEUR DE 11= — i/-.

Première expérience. . .

Deuxième expérience. .

Troisième expérience . .

Les valeurs de — \/ sont assez peu différentes Tune de

l'autre pour que la formule semble justifiée.

Comme on l'a dit plus haut, elle ne peut convenir que si la qualité des plaques reste la même, quelle que soit l'épaisseur. On verra plus loin que, d'après les procédés de fabrication en usage, cette qualité décroît quand l'épaisseur augmente.

Cette observation n'a pas échappé aux auteurs des expériences anglaises, qui s'expriment de la manière suivante :

« La formule n'est vraie que lorsque les plaques sont de la même qualité. Il est bien reconnu qu'il est plus facile de faire une bonne plaque mince qu'une épaisse et qu'une plaque de cette dernière espèce est sujette à un soudage imparfait de ses mises dans l'opération du passage au lami-

noir. »

§ 3. — Expériences de Gâvre. — Murailles. Projectiles.

Les murailles sur lesquelles on a opéré à Gâvre étaient ordinairement en chêne et massives ; elles avaient 6"* de hauteur et I2°* de largeur horizontale. La membrure était com-

posée de poutres verticales et jointives, ayant ordinairement o°*,35 d*équarrissage ; quatre dés cylindriques, en chêne comprimé, réunissaient les poutres en contact; leur diamètre, égal à leur longueur, était de o™,i2.

Des pièces horizontales formaient le bordé et le vaigrage. L'épaisseur totale était ordinairement de o"*,8o à 0^,84. Des boulons et des chevilles en fer reliaient entre elles les trois parties du système. Un grillage établi sur le sol recevait et fixait la partie inférieure de la membrure. De nombreux arcsboutants placés du côté du vaigrage maintenaient la muraille.

Les plaques en fer, formant la cuirasse, étaient fixées sur le bordé par de longues vis à bois, disposées en quinconce. La longueur horizontale de ces plaques était ordinairement de 3°*, 20 et leur hauteur de o"*,8o.

Les projectiles ogivaux massifs qu'emploie la Marine sont à peu près semblables et peuvent être considérés comme tels dans les recherches dont il s'agit.

^ / de la longueur de logive.

Rapport moyen \ , -, „ • »

'^'^.. , < du rayon de l'arc ogival.,

au diamètre, j , 1 , . . T

( de la longueur totale

2,238 ou 2,4^1 (')

( ') Suirant que le projectile est en fonte ou en acier.

La pointe de l'ogive n'est jamais arrondie ou tronçonnée.

Lorsque les boulets en acier traversent les plaques, leur partie antérieure éprouve une dépression et leur diamètre s'agrandit un peu, principalement vers la naissance de l'ogive.

Les boulets en fonte durcie, dont on fait aussi usage, sont moins exposés aux déformations, mais alors les ruptures deviennent plus fréquentes ; il est vrai qu'elles s'opèrent le plus souvent assez tard pour que la pénétration n'en soit pas beaucoup affectée, la séparation des parties ne s'opérant qu'après la sortie de la muraille.

38q troisième partie. — chapitre XIV.

Le Tableau suivant fait connaître les diamètres et les poids attribués aux projectiles dans lés calculs ultérieurs :

Boulets ogivaux massifs de. .

Igco.

Diamètre (mètres )

Poids (kilogrammes)

Il est clair que, pour apprécier la résistance des plaques, il faut préalablement connaître sous quelles conditions les projectiles traversent la muraille, lorsqu'elle n'est pas cuirassée.

des projectiles ogivaux à travers les murailles en bois non cuirassées.

Des expériences ont été faites à Gâvre, en 1878, avec un canon revolver de 47°'"*' La muraille en bois était formée d'un bordé et d'une membrure ; son épaisseur a varié dans le cours des expériences. Les projectiles étaient creux :

a=zo°»,o467, On a obtenu les résultats suivants :

Épaisseur de la muraille E

Vitesse U strictement nécessaire au passage du projectile à travers la muraille

Valeur de =r-: -'

Le rapport p^i ^^t très sensiblement constant; sa valeur moyenne est 38 1. On a donc

U«=i45i6oE*>«.

, Ce résultat ne peut s'accorder avec la formule établie au § 1 qu'en y faisant /i = 0,2. On trouve ainsi

Ur=:6200EM

Une autre expérience a été faite avec un canon de 14*^"" placé à 80"^ d'une muraille en bois dont l'épaisseur était égale à 0^,79. Les boulets étaient creux; a = 0,1 366,

Les boulets n'ont traversé la muraille que lorsque leur vitesse, au moment du choc, s'est trouvée au moins égale à 202™. En faisant, dans la formule ci-dessus, a =0,1 366, p = i8,65, E = 0,79, on trouve U = 2o5"*, nombre peu supérieur au précédent.

La formule paraît donc admissible.

On en a déduit les vitesses que devraient posséder les différents boulets ogivaux de la Marine pour traverser une muraille en bois de o"*,84 d'épaisseur.

Boulets ogivaux massifs de

Valeurs de U ( mètres). . .

jgcm I/|5,7

32cm 106,9

La facilité ave'c laquelle un projectile traverse le bois dépend évidemment de sa forme antérieure, et si l'on appliquait la formule précédei^e à des boulets sphériques, on devrait s'attendre à trouver pour U des valeurs trop faibles.

D'après une expérience rapportée dans la première Partie, Chapitre III, il a fallu à deux boulets sphériques de 0^,1596 de diamètre, et pesant iS^^^x^ une vitesse de 478" pour traverser un massif en chêne de i™,5o d'épaisseur, tandis que, d'après la formule précédente, une vitesse de 390™ serait suffisante.

§ 5. — Passage des projectiles ogivaux à travers les murailles eu bois cuirassées.

Lorsqu'un projectile ogival, animé d'une vitesse V, après avoir traversé une. muraille, conserve à sa sortie une vitesse V,, il est clair que la différence /?V* — pY^ représente la perte de force vive occasionnée par son passage. Cette différence n'est pas tout à fait indépendante de la vitesse V, car on a déjà fait remarquer qu'elle est d'autant plus faible que le mouvement s'opère avec plus de rapidité; elle atteint ainsi son maximum lorsque la vitesse V est égale à celle qu'exige strictement la perforation, et qui a été représentée plus haut par W.

A Gâvre, les plaques étaient constamment appuyées sur un matelas en chêne. On déterminait expérimentalement le minimum de vitesse que devait posséder le projectile pour traverser le système.

Supposant d'abord qu'un certain intervalle sépare la plaque en fer du matelas en bois et représentant, comme précédemment, par U la vitesse strictement nécessaire pour traverser le bois, la force vive absorbée par le passage à travers le fer est représentée par/?(V' — U^), quantité qui, d'après ce qui a été dit plus haut, est un peu supérieure à la force vive /? W*, strictement nécessaire pour traverser la plaque supposée isolée.

Les mêmes considérations sonticncore applicables lorsque, supprimant tout intervalle entre la cuirasse et la muraille, on les met en contact sans établir de nouvelles liaisons dans le système, car par là on n'introduit aucune force nouvelle. Les choses cependant se passent un peu différemment, vu que, pendant un certain temps, le mobile agit à la fois sur la plaque et sur le bois.

En déterminant W par les relations

d'où

on serait donc porté à considérer la valeur obtenue comme étant un peu trop faible.

Mais, d'un autre côté, les plaques sont maintenues sur la muraille à Taide de vis à bois. L'existence de ces liaisons doit un peu augmenter la résistance de l'ensemble du système. Il y a donc ici deux erreurs de sens opposés, et l'on est conduit à penser que la valeur de W est suffisamment approximative.

On a réuni dans le Tableau suivant les divers résultats obtenus à Gâvre dans la perforation des murailles cuirassées. On y a joint quelques expériences exécutées sur des plaques en tôle de faible épaisseur, qui n'étaient appuyées sur aucun matelas.

Pour chaque expérience, on indique la valeur de la vitesse W nécessaire à la perforation de la plaque supposée isolée.

Mitrailleuse ) Nordenfelt. \

Fusil rdod. 1874.

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