‹ Traité de balistique expérimentaleChapitre 30 sur 127 · POIDS DU BOULET · texte numérisé non relu

POIDS DU BOULET

li-ï.a.

Vitesse calculée V (mètres). .

Excès sur l'expérience

La petitesse des différences justifie les formules; il est vrai que la manière dont la perte V,— V a été évaluée n'est pas à l'abri de toute objection; mais l'erreur dont cette évaluation pourrait être affectée n'aurait d'autre conséquence qu'un changement dans les valeurs de y et de n. Par exemple, si Ton regardait la perte V, — V comme négligeable, et si l'on prenait j^==: 2,94011 et n = 0*8797, le calcul donnerait les valeurs ci-après :

POIU8 DU BOULET.

Vitesse calculée (mètres)

Excès sur l'expérience

La forme des expressions algébriques dont on a fait choix paraît donc s'étendre à toutes les poudres, mais les coefficients varient de l'une à Tautre; la valeur de n, par exemple, est bien moindre pour la poudre de Wetteren que pour celle du Ripault.

C'est par suite de cette circonstance que la formule ne

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cesse pas de subsister, bien que le rapport — -p- atteigne la valeur de o,o533 (§ 19).

§ 26. — Variation du calibre. — Application des formules au canon de 50.

Les expériences exécutées sur le canon de 3o n** 1 sont les seules qui aient servi de base à rétablissement des formules du § 21, et le principe de la similitude auquel on a eu constamment recours n'est pas d'une exactitude rigoureuse; il ne faudra donc pas s'étonner si, en appliquant les expressions des vitesses à des bouches à feu d'un calibre très différent de celui du canon de 3o, on se trouve en désaccord avec les résultats d'une épreuve directe.

U paraît cependant que le principe de la similitude peul être employé entre des limites fort étendues, et ce qui le? prouve, c'est la possibilité démontrée dans le § 24 de comprendre dans les mêmes formules les résultats des expériences exécutées à Metz sur les canons de 24, de 16, de 11* et de 8.

Une épreuve faite à Lorient, en i845, sur un canon de ii et à l'aide du pendule balistique, a fourni une occasion de vérifier les expressions du § 21 .

Calibre de l'ûmo i«^,207

Longueur 2i'*°',ii .

Diamètre du boulet i**",i73

Diamètre du mandrin des gargousses i«^,io

Poids du boulet 6"'» ,098

Poids de la charge 2''» ,00

La poudre provenait du Ripault. Une moyenne prise sur dix coups a donné 5o4"*>9 P^^^ '^^ valeur de la vitesse. D'après les formules, cette dernière serait égale à 499™>7» l^i différence est de 5"*, 2 et peut être attribuée aux variations inséparables de ce genre de recherches; elle ne dépasse pas -^^ de la valeur.

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En i858 et iSSg, on a fait quelques expériences sur le canon de 5o, en se servant de l'appareil électro-balistique.

Poudre du Ripaull.

Calibre de l'âme l'^M

Longueur 3o*",94

Diamètre du boulet 1^,89

Diamètre du mandrin des gargousscs i'^,76

Poids du boulet 2d^«jOO

Poids de la charge 8''»,33

La vitesse calculée serait égale à 488™, 7; mais depuis longtemps les expériences sur les portées avaient conduit à regarder cette valeur comme trop grande, et, dans la construction des Tables de tir, on l'avait réduite à 470"»

Onze coups ont été tirés le 4 novembre i858 et quinze le 19 juillet 1859; les premiers ont donné 471™ pour la vitesse? moyenne, et les seconds 474"*'

Le 17 mars 1860, on a procédé à une nouvelle épreuve, en opérant comparativement sur un canon de 3o, tirant à boulets massifs du poids de iS^s^io et à la charge de S^s^o. Les moyennes ont été prises sur seize coups. Les charges destinées aux deux bouches à feu étaient extraites des mêmes barils.

Celte fois la vitesse moyenne des boulets de 5o a été égale à 488™, 5 et a atteint par conséquent la valeur indiquée par les formules; mais on ne peut attribuer cet accord qu'à la qualité supérieure et sans doute accidentelle de la poudre dont on a fait usage; car la vitesse des boulets de 3o, qui, d'après tous les faits antérieurs, aurait dû être de 485", s'est trouvée égale à 495".

Ainsi, les formules du § 21 ne s'appliquent pas au canon de 5o, du moins pour les fortes charges; elles assignent aux vitesses des valeurs trop grandes. Il est à regretter que les circonstances n'aient pas permis de procéder aux études dont cette bouche à feu devait être l'objet.

Une expérience a été faite au mois d'août 1 863 sur un canon pesant ii^6,54o et dont le calibre était de. 3^",2o5; l'âme avait une longueur égale à So^'^jO, et par conséquent à dix

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calibres environ; le diamètre des boulets était de 3^™, i45 et leur poids de 1 22*^8, 5. La charge pesait 15*"^; le diamètre du mandrin des gargousses était égal à 293"*°*. La poudre provenait du Ripault, et une épreuve comparative faite sur un canon de 3o a montré qu'elle avait sa force ordinaire. Un valet en algue d'une longueur de 230"°* et du poids de 3^s^ ^00 était placé entre la gargousse et le projectile.

D'après les formules, la vitesse initiale aurait dû être égale à 342™ ; mais la présence du valet la diminuait d'environ 4"' à 5"^ (§29), soit donc 337"».

L'expérience n'a donné que 3 06"*, 2, moyenne prise sur dix coups. La différence est de 3 1".

Ainsi, les effets de la poudre sont moindres dans les canons de 32^™ que dans ceux de 16*^™ ; leur affaiblissement est probablement dû à l'obstacle que l'épaisseur de la gargousse oppose à la propagation de l'inflammation, et dès lors il doit être

d'autant plus sensible que les rapports — et -^ sont moindres.

§ 27. — Variations du chargement. — Influence des sabots sur la vitesse initiale.

Jusqu'à présent, on ne s'est occupé que du chargement le plus simple, uniquement composé de la gargousse et du boulet, et c'est à ce seul cas que s'appliquent les formules du § Î21 ; mais d'autres modes de chargement sont encore en usage.

Souvent les boulets sont ensabotés, et cette circonstance modifie leur vitesse initiale.

Le sabot est ordinairement en bois et tronconique ; du côté de la grande base, une cavité, dont la forme est celle d'une calotte sphérique, reçoit le projectile ; des bandelettes en ferblanc unissent les deux corps.

Si le sabot se conservait intact dans le tir et si les deux mobiles dénués d'élasticité sortaient du canon avec la même vitesse, le calcul de cette dernière n'offrirait aucune difficulté.

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Soit, en effet, s le poids du sabot; il suffirait de remplacer dans les formules p par p -\- s. Par suite, l'emploi du sabot entraînerait toujours une diminution de vitesse.

Mais les choses ne se passent pas ainsi : les effets de l'élasticité ne sont pas négligeables; de plus, le sabot, qu'on a bien soin de faire aussi léger que possible, se brise, et ses débris, s'introduisant entre les parois de l'âme et le projectile, contrarient la fuite du gaz.

Il a été exécuté à Metz deux séries d'expériences sur le canon de 12 de place, l'une avec des boulets roulants, l'autre* avec des boulets ensabotés ; les résultats de la première sont rapportés dans le § 24. Il est naturel de comparer les vitesses dues à la même charge dans les deux circonstances. On peut pour cela prendre soit les données immédiates des expériences, soit les vitesses régularisées au moyen des tracés graphiques employés par la Commission.

Soit, pour abréger, V, la vitesse du boulet ensaboté, V désignant toujours la vitesse du boulet roulant.

OUSaVATIOXS.

Canon de 12 de place.

Longueur du sabot en bois 52°^

Diamètre antérieur 116

Diamètre postérieur 108

Profondeur de la cavité 4©

Poids du sabot et des bs^ndelettes . s — o^«, 1 28 Poids du boulet p -= 6''k,07o

kg o,5o

RAPPORT

de la vitesse da boalet ensaboté

à celle da boalet roalant

d'après

les données de l'expérience.

d'après

les

tracés

gra-

pliiqnes.

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Les variations du rapport sont certainement au-dessous des erreurs dont peuvent être entachées les observations.

En prenant des moyennes, on a, suivant qu'on s'en rapporte aux données immédiates de l'observation ou aux tracés graphiques,

Y=ï,oi7

ou rr^ =r 1,020.

On a rapporté dans le § 10 et dans le § H les résultats de deux séries d'expériences exécutées avec le canon de 3o n^ 1 , les unes avec des boulets creux roulants, les autres avec des boulets creux ensabotés; en les rapprochant, on obtient le Tableau suivant :

RAPPORT

VITESSE 1

ÏU BOULET

de la vitesse

da boulet

OBSERVATIONS

CHARGE

eosaboté à celle

roulant.

ensaboté.

du boulet roulant.

Canon de 3o n» 1.

kg 1,0

Sabots : leur description se

3io,3

trouve dans le § 11.

Poids d'un sabot., s = o''», 294

i,oi3

Poids d'un boulet. p= io''5,6io

i,oi5

Valeur moyenne -^ = i ,oi5.

Dans les deux circonstances que l'on vient de citer. Tinterposition du sabot a augmenté la vitesse initiale ; mais il n'en serait plus de même si son poids venait à dépasser une certaine limite.

Voici en effet les résultats d'une expérience exécutée à Gâvre le 27 et le 28 novembre i858; les vitesses étaient mesurées à l'aide de l'appareil électro-balistique.

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