INFLUENCE DE LA ROTATION SUR LE MOUVEMENT
gulières complications à un sujet hérissé déjà de tant de difficultés.
Les considérations précédentes peuvent donner l'explication d'un fait signalé dans le § 14, lorsqu'on a cherché à vérifier la constance du coefficient K qui entre dans l'équation du troisième degré substituée à la véritable équation de la trajectoire, quand l'inclinaison de la bouche à feu. ne surpasse pas io°. Ce coefficient, qui, d'après toutes les théories admises antérieurement, devait croître assez rapidement à mesure que l'inclinaison devenait plus grande, a paru, au contraire, éprouver un léger décroissement; et, en effet, quand l'inclinaison est très faible, la rotation du mobile reste, pendant tout le cours du trajet, dirigée de manière à réduire la grandeur de la pprtée ; il n'en est plus ainsi quand l'inclinaison devient plus grande.
§ 5. — La proximité du sol a-t-elle quelque influence sur les portées?
L'air lancé par l'hémisphère antérieur du boulet rencontre du côté du sol un obstacle qui ne se trouve pas dans la partie supérieure : de là une réaction qui, suivant le général Piobert, tend à relever le projectile et dont l'influence est sensible, tant, que le canon, monté sur son affût ordinaire, n'a pas une inclinaison supérieure à 3°. Des élévations ou de fortes dépressions de terrain qui existeraient à une petite distance de la bouche à feu modifieraient notablement la trajectoire; dans quelques circonstances, le coup pourrait être relevé de 3™*ou abaissé de 2™. Le projectile serait aussi relevé dans le tir au-dessus de la surface de la mer ; seulement, cette surface se déprimant, l'effet serait moindre ( Traité d^ Artillerie, Partie pratique).
Le général Didion pense que la réaction ne se fait sentir qu'après le passage du ^ projectile et ne peut, par suite, apporter aucune modification à la trajectoire. Il rapporte suc- I. 0.1
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cînctement les résultats d'expériences exécutées sur ce sujet à Metz, en 1846.
On s'est servi de deux canons de 16 pointés sous la même inclinaison. Chacun de ces canons a été placé successivement sur trois plates-formes : Tune à o"*, 72 au-dessous du sol; la seconde, sur le terrain même; la troisième, à i™,o4 au-dessus; de sorte que la hauteur du centre de la tranche au-dessus du sol a été tour à tour de o"*,75, i"*,47 ^^ 2°^, 5i. Pour chaque canon, on a employé successivement les charges du I et du ^ du poids du boulet. Les ordonnées ont été mesurées aux distances de 100™, 200°^ et 400"" (probablement à l'aide de filets). Les trois positions des bouches à feu ont donné les mêmes valeurs moyennes.
De là, on peut conclure que la proximité du sol n'exerce aucune influence sur la trajectoire du projectile.
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DÉVIATIONS DES PROJECTILES SPHËRIQUES. 32 !i