SO
— sulfurique
Acide
Monohydrate d’hy¬
S — sulfhvdrique.
proprement dit.
oxalovinique.
drogène bicarboné.
Etc.
Nous ferons remarquer toutefois que l’éther sulfurique proprement dit G 4 H s O, S O 3 ne résulte pas de l’action de l’acide sulfurique sur l’alcool, mais bien de celle du même acide sur l’éther simple == G 4 H 5 O.
Plusieurs théories ont été données sur l’éthérification. On admet généralement aujourd’hui, avec M. Williamson, que l’éthérification de l’alcool s’effectue en deux phases : dans la première, l’acide sulfurique et l’alcool se décomposent mutuellement et produisent de l’acide sulfovinique et de l’eau ; dans la seconde, l’acicle sulfovinique et l’alcool se décomposent mutuellement, engendrent de l’éther et régénèrent de l’acide sulfurique.
Avant de faire connaître en peu de mots les éthers le plus souvent employés en médecine, disons que M. Berthelot a opéré la synthèse de l’alcool de vin en faisant absorber le gaz hydrogène bicarboné = G 4 H 4 par de l’acide sulfurique; traitant ensuite par l’eau et distillant, et celle de l’alcool mèthylique ou de bois, en oxydant l’hydrogène protocarboné ou gaz des marais G 2 H 4 .
Disons enfin que, par voie de double décomposition, on peut obtenir certains éthers et d’autres produits fort intéressants. Ainsi :
C 4 H 3 Cl + KS = G 4 H 5 S + K Cl éther sulfure éther chlorure chlorhy- de sulfhy- de drique. potassium, drique. potassium.
CHIMIE VÉGÉTALE. 203
Si, au lieu de protosulfure de potassium, on fait réagir le bisulfure, on obtient :
C 4 H s Cl 4- K S 2 = C 4 H 5 S 2 + K Cl bisulfure bisulfure de d’éthyle potassium. ou
mercaptam.
Une autre réaction fort curieuse est la suivante :
(C 4 H s 0,C 2 0 3 ) 2 + 2AzH 3 = 2 C 4 H 6 O 2 + C 4 H 4 Az 2 H 4 éther oxalique, ammoniaque. alcool. oxamide.
Éther sulfurique === C 4 H S O. L’éther sulfurique des pharmaciens s’obtient par la réaction de l’acide sulfurique sur l’alcool de vin à une température de 140° environ ; le produit obtenu est lavé à l’eau et avec un lait de chaux, puis on le distille au bain-marie sur du chlorure de calcium fondu.
L’éther sulfurique est un liquide incolore, d’une odeur vive, agréable, d’une saveur âcre et brûlante; à 0°, sa densité est de 0,736; à la pression ordinaire, il bout à 35°,5; la densité de sa vapeur est de 2,586. Il est très-inflammable et brûle à une flamme peu éclairante; à — 30°, il cristallise en lames blanches et brillantes, il s’oxyde au contact de l’air et forme de l’acide acétique ; il dissout à peu près les mêmes corps que l’alcool, mais il les dissout en général plus rapidement et en plus forte proportion. C’est un antispasmodique très-puissant.
Éther chlorhydrique. — Cet éther s’obtient en saturant l’alcool absolu refroidi par du gaz chlorhydrique ; puis distillant et recevant le produit, d’abord dans un flacon contenant de l’eau, puis dans un second vase entouré d’un mélange réfrigérant.
C’est un liquide incolore, d’une odeur alliacée ; à 0°, sa densité est de 0,874; il bout à H-12°; une dissolution alcoolique de potasse le décompose en chlorure de potassium et en alcool ; il brûle avec une flamme verte et en produisant de l’acide chlorhydrique ; soumis à un courant de chlore, il forme des composés dans lesquels les équivalents d'hydrogène sont successivement remplacés par des équivalents égaux de chlore ; de sorte qu’on finit par obtenir du sesquichlorure de carbone = C 4 Cl 6 (Régnault).
L’éther iohydrique, qui bout à 72°, s’obtient par l’action de l’iodure de phosphore sur l’alcool. On peut dans cet éther remplacer
GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
l’équivalent d’iode par certains métaux, tels que le zinc, X étain, l’ antimoine, et obtenir de la sorte les composés désignés sous les noms de zinc-éthyle, s tan-éthyle et stib-éthyle, qui peuvent être euxmêmes, par substitutions, le point de départ de produits extrêmement intéressants :
*iC*H«I) + Zn* = »(ZnI) + C 8 H 10 Zn2
zinc-éthyle.
Éther acétique. — Cet éther, découvert en 1759 par le comte de Lauragais, résulte de la distillation d’un mélange d’alcool, d’acide acétique et d’acide sulfurique : c’est un liquide incolore, d’une odeur agréable ; sa densité à H- 15 est de 0,89 et bout à 74°; la densité de sa vapeur à la pression normale est de 3,067 ; il brûle avec une flamme blanc-jaunâtre ; il est peu soluble dans l’eau ; il se dissout dans l’alcool et dans l’éther; les solutions alcalines le décomposent en acétate et en alcool ; l’ammoniaque le transforme en alcool et en acétamide = C 4 H 5 Az O 2 .
L’éther nitrique des pharmacies est de X éther nitreux— O , AzO 3 .
L’acide sulfovinique = C 4 H 5 0,2S0 3 ,HO résulte de l’action réciproque de l’alcool absolu et de l’acide sulfurique; il forme avec les bases des sulfovinates qui sont tous solubles; on l’isole du sulfovinate de baryte par l’addition de l’acide sulfurique; on sépare le précipité de sulfate de baryte et on concentre sous le récipient de la machine pneumatique.
L’acide acétique se forme pendant l’acte de la végétation ; il existe dans les plantes à l’état d’acétate de potasse, de soude, de chaux, etc. Nous avons déjà dit qu’il résulte de l’oxydation de l’alcool, sous l’influence du noir de platine, des corps oxydants et des matières organiques, et notamment de cette substance qui se développe pendant l’acétification du vin, que l’on nomme mère du vinaigre. On avait cru, jusqu’en ces derniers temps, qu’une matière organique azotée était indispensable à la formation de l’acide acétique; mais les belles recherches de M. Pasteur ont démontré que cette transformation de l’alcool en acide acétique se faisait, dans le vin sous l’influence d’un ferment organique nommé vulgairement fleurs du vinaigre , lesquelles sont les germes d’une plante, le mycoderma aceti. Les expériences de M. Pasteur ne laissent aucun doute à ce sujet, et un procédé industriel de la fabrication du vinaigre a pu être établi sur les indications de ce chimiste.
CHIMIE VÉGÉTALE
Outre l’acide acétique provenant de l’oxydation de l’alcool du vin ou de tout autre liquide alcoolique, on connaît encore l’acide acétique provenant de la distillation du bois; on obtient d’abord l’acide pyroligneux qui, étant purifié par des procédés industriels trèssimples, fournit un produit en tout semblable à celui qui résulte de l’oxydation du vin.
Chimiquement pur, l’acide acétique est solide au-dessous de—t— 16° ; il forme des lames transparentes très-éclatantes ; au-dessus de -+- 16°, il est liquide, incolore, limpide; sa densité est de \ ,063,(et elle augmente par l’addition de l’eau; son odeur est très-pénétrante, sa saveur fortement acide ; il bout à \ 20° ; il dissout un grand nombre de substances organiques, telles que la fibrine, Xalbumine, le gluten, le camphre, les essences, les résines, les gommes-résines, etc.
Chauffé avec de la potasse, il se transforme en acétone :
C 4 H 3 0 3 ,H0 + KO = KOCO 2 + C 3 H 3 0-f HO;
mais on double la formule de l’acétone, qui est par conséquent
Calciné avec de la potasse et de la chaux, l’acide acétique donne de l’hydrogène protocarboné ou gaz des marais :
C 4 H 4 O 4 + KO + CaO = KO + C 0 2 ,Ca0C0 2 +■ G 2 H 4 (Persoz). *
Soumis à l’action du chlore sous l’influence de la radiation solaire, l’acide acétique perd les trois quarts de son hydrogène, qui est remplacé par des équivalents correspondants de chlore ; il se forme de l’acide chloracétique :
C 4 H 3 O 3 H O 4 Cl 6 = G 4 Cl 3 O 3 -j- 3 Il Cl. •
La découverte de ce corps, faite par M. Dumas, a été le point de départ de la belle loi des substitutions, que l’on doit à cet illustre chimiste. Ajoutons que M. Melsens a opéré la substitution inverse ; en effet :
C 4 C1 3 0 3 + 2 H O + 6K = C 4 H 3 K O 4 + 3KC1 + 2KO acide acétate de
chloracétique. potasse.
L’acide acétique est monobasique; il forme avec les bases des sels qui sont tous solubles (les acétates d’argent et de protoxyde de mercure le sont peu).
206 GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
L’acétate de potasse distillé avec de l’acide arsénieux produit un liquide connu sous le nom de liqueur fumante de Cadet , oxyde de cacodyle = G 4 H 6 As O, duquel M. Bunsen a extrait le cacodyle = C 4 H 6 As, corps fort remarquable en ce qu’il a présenté le premier exemple d’un radical composé jouant le rôle d’un métal simple.
Le Gaz hydrogène protocarboné, ou Gaz des marais, peut être considéré comme le point de départ de la série méthylique dont l’histoire se calque sur celle de la série éthylique.
C 2 H 4 Gaz hydrogène protocarboné.
C 2 H 4 0 2 Alcool méthylique.
C 2 H 3 0 Éther méthylique.
C 2 H 2 O 4 Acide méthylique ou formique.
Nous n’insisterons pas sur ce parallèle entre les deux séries éthylique et méthylique ; nous dirons seulement quelques mots du chloroforme, qui, bien qu’obtenu le plus souvent par l’action de l’hypochlorite de chaux sur l’alcool de vin, n’en appartient pas moins à la série méthylique, et peut être produit par substitution du chlore à l’hydrogène du gaz des marais; en effet :
C 2 H 4 Gaz des marais.
C 2 H 3 C1 Éther méthylchlorhydrique.
C 2 H 2 Cl 2 Éther méthylchlorhydrique chloré.
C 2 HC1 3 Chloroforme.
Le chloroforme découvert simultanément par MM. Liébig et E. Soubeiran, et découvert, on peut le dire, une seconde fois par M. Dumas, lorsqu’il lui donna le nom qu’il porte, lequel indique si bien sa nature, est un liquide incolore, d’une densité de \ ,48 ; son odeur éthérée est très-suave; sa saveur est piquante, sucrée et fraîche; il bout à 60°,8; il s’enflamme difficilement; sa vapeur brûle avec une flamme verte en produisant de l’acide chlorhydrique; il tombe au fond de l’eau sans la troubler lorsqu’il est pur; il dissout à peu près les mêmes corps que l’alcool.
Son nom de chloroforme lui vient de ce qu’une dissolution alcoolique de potasse le transforme en formiate et en chlorure.
C 2 HC1 3 + 4 KO = K OC 2 H O 3 + 3 KC1 chloroforme. formiate chlorure de
de potasse, potassium.
Acide valérianique. —Nous signalerons encore l’acide valérianique
CHIMIE VÉGÉTALE. 207
comme étant un produit d’oxydation de l’essence de pommes de terre.
C 10 H 12 O 2 Essence de pommes de terre ou alcool amylique.
G 10 H 10 O 2 Valéraldéhyde ou aldéhyde amylique.
C 10 H 10 O 4 Acide valérianique ou amylique monohydraté ou valérique.
L’acide valérianique existe dans la racine de la valériane ; il est le produit de l’oxydation de l’essence de valériane connue sous le nom de valerol, ainsi que de celle de Xalcool amylique; il existe encore dans les baies de la boule de neige ( viburnum opulus ), et on a prétendu qu’il était semblable à l’acide de la graisse de marsouin, ou acide phocœnique.
L’acide valérianique est incolore, d’une odeur forte, infecte, à -f- 16°,5, sa densité est de 0,937 ; il bout à 175 environ ; il est inflammable et brûle avec une flamme blanche et fuligineuse.
Acides organiques fixes. —Tandis que les acides organiques volatils se rattachent pour la plupart aux alcools, qu’ils contiennent à peu près tous quatre équivalents d’oxygène, et des équivalents de carbone et d’hydrogène multiples de deux, et qu’enfin ils sont tous monoatomiques, c’est-à-dire qu’ils exigent un seul équivalent de base pour être saturés ; les acides organiques fixes, au contraire, renferment des équivalents de carbone, d’hydrogène et d’oxygène trèsvariables ; ils ne se rattachent à aucune série chimique ; ils renferment des équivalents d’eau de constitution qui varient de un à trois, et sont par conséquent mono, bi, ou triatomiques, c’est-à-dire qu’ils saturent un, deux ou trois équivalents de base.
Soumis à la distillation ménagée, les acides fixes ou polybasiques produisent des acides pyrogénés ne différant de l’acide primitif que par de l’eau ou de l’acide carbonique ; une fois formés, les acides pyrogénés ne peuvent plus reproduire les acides qui leur ont donné naissance; mais il peut arriver qu’un acide organique, avant de produire des corps pyrogénés, se déshydrate complètement et se transforme en acide anhydre ; ceux-ci, sous l’influence prolongée de l’eau froide ou à l’ébullition, reproduisent les acides primitifs; mais, en se reconstituant, il arrive qu’ils ne reprennent pas immédiatement leur maximum d’eau, et peuvent former une série d’hydrates intermédiaires qui constituent autant d’acides particuliers (Frémv).
Les acides anhydres n’agissent pa^surle tournesol, et paraissent avoir pour les bases une certaine indifférence ; avec le gaz ammoniac ils forment des amides ; ceux-ci sont divisés en amides neutres
208 GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
et acides; quant aux amides basiques, nous y retiendrons en parlant des alcalis organiques.
On nomme amicle tout corps azoté neutre, acide ou basique, qui diffère d’un sel ammoniacal par les éléments de l’eau, et qui régénère un sel ammoniacal lorsqu’on le soumet à des influences qui déterminent la fixation de l’eau. Trois procédés généraux peuvent être mis en usage pour l’obtention d’un amide : 1° par l’action de la chaleur sur les sels ammoniacaux ; 2° par la combinaison directe des acides anhydres avec le gaz ammoniac ; 3° en traitant les éthers composés d’acides organiques par l’ammoniaque.
Un grand nombre d’acides organiques fixes peuvent être considérés comme des acides copules , c’est-à-dire que, sous l’influence des bases et d’une certaine température, ils se dédoublent en plusieurs acides; le pouvoir de saturation d'un acide copule est toujours égcd au pouvoir cle saturation des acides compris dans la copule, moins un.
G 8 H 4 O 10 ,2HO = 2C 2 0 3 ,H0 -(- C 4 H 3 0 3 ,H0 or l’acide tartrique estbibasique. acide tartrique. deux équival. acide acétique, d’ac. oxalique.
C 12 H 5 O u ,HO -}- 2HO = 2(C 2 0 3 ,H0) -j- 2(C 4 Ii 3 0 3 ,H0) l’acide citrique est tribasique. acide citrique. acide oxalique, acide acétique.
Nous dirons quelques mots seulement des principaux acides organiques fixes :
Acide oxalique C 2 0 3 ,H0 et mieux G 4 H 2 O 8 . Cet acide existe dans un grand nombre de plantes à l’état d’oxalate neutre ou acide; on l’extrait du sel d’oseille ou bioxalate de potasse', qui lui-même est retiré de la grande oseille ( rumex acetosa), ou de Xalléluia ou pain cle coucou , oxalis acetosella.
Cet acide a été considéré comme un composé oxygéné du carbone intermédiaire entre l’oxyde de carbone et l’acide carbonique ; en effet, soumis à l’action de la chaleur, il se dédouble en eau, oxyde de carbone et acide carbonique; aussi le représentait-on par C 2 0 3 ,H0 = C0-t-C0 2 H-HO; il est vrai qu’il se forme aussi des traces d’acide formique pendant l’opération ; mais aujourd'hui on double sa formule et on le représente par :
C 4 H 2 0 8 = 2HO Eau.
2CO 2 Acide carbonique.
2 C O Oxyde de carbone.
CHIMIE VÉGÉTALE
L’acide sulfurique concentré le dédouble comme nous venons de le dire; il forme des acides viniques, donc il est bibasique; et c est avec raison que l’on a doublé son ancienne formule; chauffé avec de la glycérine au-dessous de 100°, il se dédouble en acide formique et acide carbonique.
L’acide oxalique résulte de l’action de l’acide azotique sur les fécules, les sucres, et en général les substances ternaires ; il cristallise en prismes quadrilatères obliques, terminés par des surfaces unies ou par des sommets dièdres; il est soluble dans 1 eau et dans l’alcool.
A100° il perd deux équivalents d’eau de cristallisation (28 p. \ 00), et ne conserve que l’eau de constitution vers 180° ; il se sublime en partie, et 1 autre partie est décomposée en eau, oxyde de carbone, acide carbonique et acide formique.
La solution d’acide oxalique précipite tous les sels de chaux de leur dissolution; elle précipite l’or du chlorure avec dégagement d’acide carbonique.
On a prétendu que l’acide oxalique existait à l’état de liberté dans les poils des pois chiches, mais ce fait n’a jamais été démontré.
Avec les bases il forme des oxalates; il existe un oxalate neutre, un bioxalate et un quadroxalate de potasse ; c’est en étudiant ces sels que Wollaston a confirmé la belle théorie de Dalton sur la loi des proportions multiples.
Les oxalates alcalins calcinés sont transformés en carbonates ; l’oxalate d’ammoniaque chauffé avec soin donne l’oxamide (Dumas), et le bioxalate d’ammoniaque produit l’acide oxamique (Balard).
Nous avons dit ailleurs comment on pouvait produire l’oxamide au moyen de l’éther oxaliéthylique et de l’ammoniaque.
Acide malique G 8 II 6 O 10 ou G 8 H 4 O 8 , 2HO. Après l’acide tannique, l’acide malique est le plus répandu dans la nature ; son nom vient de malus, pomme; il existe en effet dans la plupart des fruits, dans presque toutes les plantes, tantôt combiné à des alcalis organiques, comme dans le tabac, la ciguë, la belladone, etc., tantôt avec des bases minérales, telles que la potasse, la soude, etc. M. Kopp a extrait le bimalate de potasse en abondance du jus de rhubarbe; enfin, lorsque l’on soumet l’asparagine à l’action prolongée de l’acide azotique, elle s’assimile les éléments de quatre molécules d’eau, et se transforme en malate d’ammoniaque, d’où il est toujours facile de séparer l’acide malique.
Botan., T. I.
210 GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
L’acide malique soumis à une température de 175° se dédouble en eau, en acide maléique anhydre et en acide maléique.
= (H0) 2 ,C 8 H 2 0 6 = Acide maléique.
G 8 H 2 O 6 — Acide maléique anhydre.
6HO =6 équivalents d’eau.
L’acide malique se présente sous la forme de mamelons cristallisés, incolores, composés de prismes à quatre ou à six faces, fusibles à 83°, déliquescents; il est biatomique.
I dacide maléique fond à 130° ; maintenu entre cette température et 140°, il ne gagne rien, ne perd rien, mais il subit une modification moléculaire, change de propriétés physiques, et devient monoatomique de biatomique qu’il était ; il porte alors le nom acide paramaléique, qui ne fond que vers 200°, ne se volatilise qu’à une température plus élevée ; il est alors représenté par C 4 H0 3 ,H0, il possède toutes les propriétés de Xacide fumarique retiré du fumaria officinalis et de l’acide bolétique extrait des champignons.
Nous résumons la production des acides pyrogènes de l’acide malique par les équations suivantes.
C 8 H 6 O 10 = C 8 H 4 O 8 ,2 H O Acide malique cristallisé.
C 8 H 4 O 8 = C 8 H 2 O 6 ,2 H O Acide maléique.
C 4 H 2 0 4 = C 4 H0 3 ,H0 Acide paramaléique ou fumarique ou bolétique.
Acide citrique. — Cet acide existe à l’état de liberté dans les fruits des aurantiacées ou hespéridées, dans le tamarin; simultanément avec l’acide malique dans les groseilles et les fruits verts de groseilles à maquereau. On l’extrait le plus souvent du jus de citron ; pour cela on fait fermenter ce suc et on sature par du carbonate de chaux, puis on décompose le citrate de chaux formé par de l’acide sulfurique, on lave et on fait cristalliser. Disons d’ailleurs que c’est le procédé d’extraction de tous les acides organiques fixes ; seulement, pour quelques-uns, on précipite par un sel de plomb, et on décompose le sel insoluble formé tantôt par l’acide sulfurique, tantôt par l’hydrogène sulfuré.
L’acide citrique cristallise en prismes obliques à quatre pans terminés par des sommets dièdres inclinés sur des angles aigus ; il est insoluble dans l’éther, se dissout dans l’alcool et dans l’eau ; sa solution ne trouble pas l’eau de chaux à froid, mais il la trouble à l’ébullition. Il est triatomique, et contient par conséquent trois équi-
2C 8 H 6 0 10 acide malique.
CHIMIE VÉGÉTALE
valents d’eau de constitution ; il renferme en outre deux équivalents d’eau de cristallisation, qu’il perd à 100°. Lorsqu’il a été cristallisé à la température de l’eau bouillante, 100°, il ne. contient qu’un équivalent d’eau d’hydratation. Nous résumons dans le tableau suivant les produits de la distillation sèche de l’acide citrique.
C 12 H 5 O 11 ,3 H O Acide citrique.
C 12 H 6 0 12 — C 12 H 3 O 9 ,3HO — aconitique ou cüridique.
G 10 H 6 O 8 = C 10 H 4 O 6 ,2HO — citraconiquehydraté ou citribique.
C 10 H 4 O 6 — citraconique anhydre.
G 10 H 6 O 8 = G 10 H 4 O 6 ,2HO — itaconique.
On voit, d’après ce qui précède, que l’acide citraconique hydraté et Xacide itaconique sont isomères. L 'acide aconitique a été trouvé dans Yaconitum napellus et dans les prêles equisetum ftuviatile, limosum , etc.
Tous les citrates, sauf ceux à base alcaline, sont insolubles.
En général, lorsqu’un acide organique forme avec une base un sel neutre soluble, le sel acide est moins soluble ; ainsi les citrates acides de potasse et de soude sont moins solubles que les citrates neutres; par contre, lorsqu’un acide organique forme avec une base un sel neutre insoluble, les sels acides sont plus solubles; aussi les citrates acides de chaux sont-ils plus solubles que le citrate neutre.
Nous avons déjà dit que l’acide citrique était triatomique. Nous saisissons cette occasion pour faire comprendre quelles sont les variétés de sels qu’il pourra former.
C 12 H 3 O 11 ,3 H O = C , 3 H O Acide citrique. (On représente souvent les acides organi¬
ques par leur lettre initiale avec le signe — au-dessus.)
C,3MO Citrate neutre ou tribasique.
C,2 MO,HO Citrate bibasique.
C, M0, 2 H O Citrate acide.
Acide tartrique. — Cet acide a été découvert par Schéele; il existe dans un grand nombre de végétaux, notamment dans le jus du raisin. On l’extrait de la crème de tartre, qui, elle-même, provient du tartre des tonneaux, par un procédé semblable à celui que l’on emploie pour l’acide citrique.
L’acide tartrique cristallise en prismes obliques à base rhombe, terminés par des sommets dièdres, dont la densité est de X ,75 ; ils sont volumineux, inaltérables à l’air ; ils sont solubles dans l’eau, l’alcool; sur les charbons ardents, ils répandent une odeur de caramel ; la solution de cet acide est dextrogyre , et son énergie spécifique augmente
avec la proportion d’eau et la température; nous devons ajouter que son mode de dispersion des plans de polarisation est régi par une loi toute spéciale, différente de celle à laquelle sont soumises les substances douées de la propriété rotatoire moléculaire. Mais cette loi disparaît sous l’influence de l’acide borique et des alcalis. Jusqu cà présent on ne connaît que l’acide malique actif, qui possède les mêmes propriétés exceptionnelles; d’ailleurs, outre l’acide tartrique dextrogyre, il en existe un autre lévogyre , et un troisième inactif.
L acide tartrique en solution ne précipite pas les sels de chaux, mais i! précipite l’eau de chaux à froid; le précipité est soluble dans un excès d acide. On peut résumer ainsi les caractères distinctifs des trois acides organiques que l’on pourrait confondre entre eux :
1 0 L acide oxalique précipite les sels de chaux et l’eau de chaux ;
2 L acide tartrique ne précipite pas les sels de chaux, mais il précipite l’eau de chaux à froid ;
3° L’acide citrique ne précipite ni les sels de chaux, ni l’eau de chaux à froid; il précipite cette dernière à l’ébullition.
Enfin, ces trois acides en excès précipitent une solution de potasse; ce caractère est surtout important pour l’acide tartrique.
Soumis à 1 action de la chaleur, l’acide tartrique éprouve les transformations suivantes :
à 170 o J Acide métatartrique. = C 8 H 4 O 10 ,2HO
— isotartrique. = C 8 H s O u ,HO
— tartrique anhydre.. = C 8 TI 4 0 10
j — tartrélique. = C 8 H 3 0 9 ,H0
à 200° = — pyruvique. = C 6 II 3 O 8 , H O
à 300° = — pyrotartrique. = C 10 H 8 O 8
Avec les bases, l’acide tartrique, qui est diatomique, forme quatre groupes de sels ; ainsi, C 8 H 4 O 10 = T, 2 H O, on aura :
T,2HO Acide tartrique.
T K O, H O Bitartrate de potasse.
T,2KO Tartrate neutre de potasse.
T,KO,NaO Tartrate de potasse et de soude (sel de seignette). ï,K0,Sb 2 0 3 Tartrate de potasse et d’antimoine (émétique).
KO pouvant toujours être remplacé par un oxyde MO et Sb 2 0 3 par un sesquioxyde M 2 O 3 . La crème de tartre soluble, employée souvent en médecine, est comprise dans le groupe des émétiques et est représentée par C 8 H 4 O l0 ,KO,B O 3 .
CHIMIE VÉGÉTALE
Acide lactique. — L’acide lactique provient d’une fermentation spéciale que subissent les sucres sous l’influence d’un ferment organisé que M. Pasteur nomme ferment lactique .
C’est un acide liquide, sirupeux, incolore, très-acide, soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; sa densité est de 1,22; il existe dans certains végétaux, tels que la ciguë, la douce-amère (Wittstein), et dans la noix vomique et la fève de Saint-Ignace, uni à la strychnine et à la brucine.
L’acide lactique peut être considéré comme l’acide dérivant d’un alcool nommé propylglycol; celui-ci par oxydation se transforme en acide lactique.
L’acide lactique forme, avec les bases, des lactates solubles ; les lactates de protoxyde de fer et de zinc sont seuls employés ; ce dernier se distingue par sa belle cristallisation en aiguilles qui caractérise l’acide lactique.
L’acide lactique chauffé éprouve les transformations suivantes :
C 6 H 6 0 6 = C 6 H s 0 5 ,H0 Acide lactique.
C 6 H s O s Acide lactique anhydre.
G 6 H 4 O 4 Lactide. (Pelouze.)
Le plus grand nombre des chimistes considèrent aujourd’hui l’acide lactique comme diatomique ; sa formule doit par conséquent être doublée.
Acide tannique ou tannin. — C’est l’acide le plus répandu dans les végétaux, par sa faible acidité', sa nature et ses applications; il pourrait, jusqu’à un certain point, être rangé parmi les substances colorantes ; c’est un des astringents les plus puissants que l’on connaisse ; c’est par lui qu’agissent les cachous, les kinos, Y écorce de chêne, la ratanhia, les racines des rosacées, etc., etc, si employés en médecine, dans l’art du teinturier et surtout du tanneur. Au point de vue thérapeutique, il n’existe qu’une seule espèce de tannin ; mais on distingue en chimie les tannins qui précipitent en noir les sels de fer, au maximum, qu’on a appelés acide querci-tannique , tels sont le tannin du chêne, de la noix de galle, etc.; et ceux qui précipitent les mêmes sels en vert, comme l’acide mimo-tannique ou cachutique, celui de la ratanhia, des rubiacées, etc. On avait même distingué encore les acides cajé-tannique ou tannin du café; quinotannique, des quinquinas ; morin-tannique, du morus tinctoria, etc.
GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
Mais ces distinctions des tannins ne sont pas généralement adoptées.
La noix de galle est une excroissance qui vient sur le çuercus infectona à la suite de la piqûre d’un insecte hyménoptère pupivore, le cynips gallæ tinctoriæ, dont la femelle perce, à l’aide d’une tarière dont son abdomen est armé, les bourgeons à peine formés de la plante; 1 insecte dépose un oeuf dans la blessure, l’excroissance qui se forme renferme jusqu’à 65 pour 100 de tannin. L’œuf renfermé éclôt, il en naît une larve qui, bientôt, se transforme en nymphe, et plus tard en insecte complet; celui-ci perce alors la cloison et s’envole. M. Guibourt a constaté que la cavité de la noix de galle était tapissée d’une couche d’amidon destiné à nourrir la larve et l’insecte; autoui de cette cavité centrale se trouvent des chambres aériennes destinées à fournir l’air nécessaire à la respiration de l’animal.
La noix de galle nous vient de la Syrie et de l’Asie Mineure; la meilleure porte dans le commerce le nom de galle noire ou galle verte cl’Alep. Lorsqu’elle a été percée par l’insecte, elle constitue la galle blanche, qui est plus légère et peu estimée; la galle de Smyrne est plus grosse, moins foncée et moins pesante ; elle contient plus de galle blanche. On distingue encore la petite galle couronnée d Alep, la galle d Istrie, la galle de Hongrie ou du Piémont , la galle en artichaut, la galle de l'yeuse ou de France, la galle ronde ou du chêne rouvre, nommée aussi galle du pétiole du chêne; la galle ronde clés feuilles du chêne, etc. ; mais ces dernières ne sont pas employées.
Pour extraire le tannin, on réduit la noix de galle en poudre fine, on l’expose à l’air humide pendant douze heures, et on en fait une pâte avec poids égal d’éther du commerce qui contient toujours un peu d eau et de 1 alcool ; après douze heures de contact, on exprime à la presse, et on étend sur des assiettes, à l’aide d’un pinceau, le liquide visqueux obtenu ; on reprend le tourteau par une nouvelle quantité d’éther ; les assiettes sont portées à l'étuve chauffée à 40° ; 1 éther s évapore, et il reste une masse très-poreuse : c’est le tannin des pharmacies.
Le tannin est inodore, d’une saveur astringente, sans amertume; il est soluble dans l’eau ; la solution précipite les solutions métalliques; celle de gélatine, les substances albumineuses, les alcalis organiques, etc.; elle forme avec les persels de fer une liqueur d’un bleu tellement intense, qu’elle paraît noire.
CHIMIE VÉGÉTALE
Le tannin est employé pour le tannage des peaux, pour précipiter la matière albumineuse des vins qui tournent au gras (glaïadine); dissous dans l’eau et exposé à l’air, le tannin se transforme en acide gallique.
C 54 H 22 O 34 + 24 Q = 12C0 2 .+ 3C 14 H 6 0 10 tannin. . acide gallique.
L’acide gallique se distingue de l’acide tannique en ce qu’il ne précipite pas la solution de gélatine; soumis à la distillation sèche, il donne les produits suivants :
à 18o° C 7 H 3 0 3 = G 7 H 2 O 4 ,H O Acide gallique. (Un équivalent simple.)
à 2i0° C 6 H 3 0 3 Acide pyrogallique,
à 250° C 1S H 4 0 4 = C 12 H 3 0 3 ,H0 Acide métagallique.
C 14 H 2 0 7 ,H0 Acide ellagique.
L’acide ellagique se forme lorsqu’on abandonne pendant trèslongtemps à l’air une solution de tannin; on l’a encore appelé acide bézoardique, parce qu’on l’a trouvé dans les bézoards ou concrétions intestinales.
L’acide quinique = C 7 H 4 0 4 ,2H0, existe dans les quinquinas, combiné à la quinine, à la cinchonine et à d’autres alcaloïdes; il existe dans le china nova un acide particulier qu’on a nommé acide quinovatique = G 48 H 35 O 11 .
L’acide méconique se trouve dans l’opium combiné aux alcaloïdes; il est blanc et cristallise en paillettes blanches, douces au toucher, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther; sa solution colore en beau rouge de sang les persels de fer.
Soumis à la dissolution sèche, il donne les produits suivants :
G 14 h O 11 ,3 H O Acide méconique.
C 12 H 2 O 8 ,2 H O Acide coménique.
C 12 H 2 O 8 ,2 H O Acide paraméconique.
C 10 II 3 O s ,HO Acide pyroméconique.
D’autres acides organiques, que l’on trouve dans les végétaux, ont plus naturellement leur place dans la Flore médicale.
Des alcalis organiques. — On désigne sous le nom d 'alcalis organiques, de bases organiques, d’ alcaloïdes> des principes immédiats azotés, insolubles ou peu solubles dans l’eau, se dissolvant en général dans l’alcool et dans l’éther, possédant une saveur amère et des propriétés vénéneuses, verdissant plus ou moins le sirop de violettes.
GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
saturant parfaitement les acides pour former des sels qui généralement cristallisent et dont les solutions sont précipitées par le tannin, les chlorures d’or et de platine, le molybdate d’ammoniaque et l’iodure double de mercure et de potassium.
Les alcalis organiques peuvent être divisés en trois groupes :
1° Les alcalis organiques oxygénés solides et fixes (la cinchonine exceptée) ; ce sont les plus nombreux ;
2° Les alcalis organiques non oxygénés liquides et volatils (nicotine, cicutine, etc.) ;
3° Les alcalis organiques gazeux (on ne connaît que la méthylamine).
Le chlore, le brome et Y iode peuvent se substituer à l’hydrogène des alcaloïdes et former de nouveaux composés.
Les alcalis organiques naturels dévient à gauche le plan de polarisation de la lumière polarisée, à l’exception de la cinchonine qui la dévie à droite ; saturés par les acides, leur pouvoir propre s’affaiblit, sauf la quinine dont le pouvoir augmente sous l’influence des acides. La narcotine dévie à gauche lorsqu’elle est libre; combinée à un acide, elle dévie à droite (Bouchardat).
On extrait les alcalis organiques fixes en traitant les substances qui les contiennent par de l’eau acidulée ou non; puis on précipite par l’ammoniaque, par le carbonate de soude ou par la chaux ; dans ce dernier cas, on fait dessécher le précipité, et on l’épuise par l’alcool bouillant; par évaporation de celui-ci, on obtient l’alcaloïde brut; on le purifie en le transformant en sel, faisant bouillir avec du charbon animal, filtrant, précipitant par l’ammoniaque, et faisant cristalliser dans l’alcool ou dans l’éther.
Les alcalis organiques volatils s’obtiennent en distillant la substance avec une solution concentrée de potasse caustique, saturant le produit par l’acide sulfurique, reprenant par l’éther, faisant évaporer et distillant de nouveau le sulfate d’alcaloïde avec la potasse.
Nous énumérons ici les principaux alcaloïdes naturels; nous reviendrons sur chacun d’eux lorsque nous traiterons des plantes qui les renferment.
ALCALOÏDES DES BERBÉRIDÉES.
C 42 H 20 O 11 Az (Kemp)
. (Pole.x)
Berbérine....
Oxyacanthine
du berberis vulgaris.
CHIMIE VÉGÉTALE
Col chitine.
Jervine....
Sabadilline, Vératrine..
ALCALOÏDES DES COLCHICACÉES.
(Pelletier et Caventou, Geiger et Hesse).
C 30 H 33 Az 2 O 3 (Simon)..
C 10 H 14 AzO 6 (Couerbe).'..
C 31 H 22 Az O 6 (Meissner).
du veratrum album.
du veratrum sabaclilla.
Corydaline...
Fumarine....
Sanguinarine,
Chœrophylline....
Cynapine.
Conine ou cicutine.