‹ Traité de botanique générale (volume 2)Chapitre 17 sur 64 · C 4 II · texte numérisé non relu

C 4 II

Etc., etc.

Etc., etc.

Etc., etc.

Etc., etc.

Toutes les fois que dans un alcool deux équivalents d’oxygène remplaceront deux équivalents d’hydrogène, on obtiendra un acide volatil correspondant à cet alcool, et le point d’ébullition de cet acide sera d’autant plus élevé que la molécule sera elle-même plus élevée ; ainsi :

Point d’ébullition.

C 2 H 2 0 4 = C 2 H0 3 H0 Acide formique. 100°

G* H 4 O 4 = C 4 H 3 0 3 H0 — acétique. 120°

G 6 H 6 O 4 = C 6 H s 0 3 H0 — propionique. 140°

G 8 H 8 O 4 = C 8 H 7 0 3 H0 — butylique. 160°

française.

unitaire.

jo 2

C 54 H SS j

jo 2

Huile brute de pommes de terre à 132°.

Huiles de marc de raisin.

De l’huile de ricin distillée avec lu potasse.

Dublanc de baleine.

Des cires.

GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE

C 10 H 10 O 4 := C ,0 H 9 O 3 ,IIO C 12 H 12 0 4 = G 12 ]! 11 0 3 ,HO C 14 H 14 0 4 = C 14 H 13 O 3 , HO G 16 H 16 0 4 = C 16 H 1S 0 3 ,H0 C i8 H 18 0 = C 18 H 17 O 3 ,H O C 20 H 29 O 4 = C 20 H 19 O 3 ,HO G 24 H 24 O 4 = G 24 H 23 O 3 , H O C 28 H 28 0 4 == C 28 H 27 O 3 , II O G 32 II 32 O 4 = G 32 H 31 0 3 , H O C 36 H 3e 0 4 = C 36 H 3S O 3 , H O C 34 H 84 O 4 = C 34 H 33 O 3 , H O G 60 II 60 O 4 = C 60 H 39 O 3 , HO

Acide vélérianique, valérique ou amylique..

— caproïque.

— œnanthylique.

— caprylique.

— pélargonique.

— caprique ou rhutique.

— laurique.

— myristique.

— palmitique.

— stéarique.

— cérotique.

— mélyssique.

Nous devons faire remarquer que les alcools correspondant à ces acides ne sont pas tous connus; ajoutons encore que les équivalents de carbone et d’hydrogène sont touj ours des multiples de deux ; de sorte que la formule générale de ces acides pourrait être représentée par :

Les lacunes que l’on remarque dans la série des acides et des alcools seront très-problablement comblées un jour. Ajoutons enfin que tous ces acides sont monoatomiques ou monobasiques, c’est-à-dire qu’ils n’exigent qu’un équivalent de base pour être saturés, et que tous ou presque tous possèdent un aldéhyde correspondant.

Alcool de vin. — L’alcool normal provient de la distillation des liquides qui ont subi la fermentation alcoolique ; celui qui est retiré du vin est le plus estimé : il porte le nom d 'alcool de Montpellier. Mais on trouve dans le commerce de l’alcool normal plus ou moins concentré provenant de la distillation du jus de betterave fermenté, de la saccharification des fécules, et de la fermentation delà glycose ; quoique la purification de ces alcools soit portée aujourd’hui à un haut degré de perfection, les alcools du Nord ou de betterave, et les alcools de grains sont toujours souillés par des quantités plus ou moins grandes d’huiles essentielles, dont quelques-unes peuvent êtr,e considérées elles-mêmes comme des alcools ( huile essentielle de pommes de terre).

On donne le nom d 'eaux-de-vie aux alcools faibles, marquant de 19 à 24° à l’aréomètre de Cartier, ou de 50 à 60° à l’aréomètre centésimal; ces eaux-de-vie se forment, soit par fractionnement des produits distillés, soit par l’addition des petites eaux ou produits tirés des dernières distillations, que l’on conserve plus ou moins

CHIMIE VEGETALE.

longtemps en tonneaux, avec des alcools forts obtenus vers les premiers temps de la distillation; les huiles essentielles variables avec chaque espèce de vin, donnent la qualité aux eaux-de-v.e;^celles-ci tirent leur nom du pays où on les fabrique ; telles sont les eaux-d vie de Saintonge, de Cognac, à’Aigre feuille, grande et petite Champagne, pour les eaux-de-vie de Cognac; de bas et haut Armagnac pour les eaux-de-vie à’Armagnac et du Languedoc.

La détermination de la richesse alcoolique des esprits et eaux- vie se fait au moyen de l’aréomètre centésimal de Gay-Lussac, qui est l'instrument légal ; c’est un densimètre qui, plonge dans ea - «liée pure, s’arrête au 0” de l’échelle, et qui marque 100 dans 1 al cool absolu ; ces deux degrés extrêmes de l’échelle etan connus, on fait des mélanges de 95 d’alcool absolu, en volume, et de 5 d eau et on marque 95» au point d’affleurement, puis on continue par 90 et To, puis 85 et 15, et ainsi de suite ; de sorte que lorsque areome re centésimal s’arrête à 55, cela veut dire que le liquide dans equel il est plongé contient 55 pour 100 d’alcool, a condition tout fo s que la température ne dépassera pas 15° ; au-dessus, il.faut. d nuer du chiffre des degrés obtenus, et au-dessous de î ajouter; d’ailleurs Gay-Lussac a construit des tables pour toutes les températures de 0 à 40» ; il suffit de les consulter. Les corrections de température, de pression et de capillarité ont ete faites dans

4o hlpc .

Les aréomètres en général, et l’aréomètre centésimal en particulier ne donnent, avec les eaux-de-vie et alcools, des indications précisés qu’à la condition qu’ils ne contiennent aucun corps etranger en dissolution, qui pourrait augmenter la densité du,liquide que 1 on veut connaître. Ainsi ces instruments ne peuvent être employés pour reconnaître la force alcoolique du vin, de la bière, du cidre, etc.; î faut pour cela avoir recours à un autre moyen.

Gay-Lussac avait reconnu que lorsqu’on distillait des liquides contenant de 1 à 25 pour 100 d’alcool, tout l’alcool passait dans le premier tiers de la distillation. Voici alors comment opérait 1 illustre chimiste: dans un petit alambic, il plaçait trois décilitres de vin, bière, cidre, etc.; il distillait pour obtenir juste un decilitie; dans l’alcool obtenu, ramené à 15° (en immergeant l’éprouvette dans de l’eau de puits), il plongeait l’aréomètre centésimal, et il divisait par trois le chiffre indiqué. Ainsi, si le décilitre d’alcool recueilli mar-

GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE

quait 30° cent., il divisait par trois, on avait 10, chiffre d’alcool renfermé dans le liquide soumis à la distillation. M. Salleron, constructeur d’instruments de précision, a eu l’idée de modifier l’appareil, de le rendre plus portatif, moins cher, tout en conservant le principe ; il distille un volume de vin, soit un décilitre, et il recueille à la distillation un tiers ou un demi-décilitre, puis il ajoute de l’eau distillée pure pour ramener le liquide au volume primitif d’un décilitre; il plonge alors l’aréomètre centésimal, et en ramenant à -f- 15° il obtient d’emblée la quantité d’alcool réel renfermé dans le liquide sur lequel on opère; les vins de bonne qualité ne contiennent pas au-dessous de 7 pour 100 d’alcool, et ne laissent pas moins de 20 pour 1000 d’extrait desséché à 110° ; s’il y a diminution dans ces deux chiffres à la fois, on peut être à peu près certain que le vin a été additionné d’eau; si, au contraire, le chiffre de l’alcool s’élève à 8 ou 15°, et que celui de l’extrait sec s’abaisse à 15 pour 1000, il faut en conclure que le vin a été additionné d’eau et viné, c’est-à-dire alcoolisé ; il faut aussi se méfier en général des vins qui donnent plus de 26 pour 1000 d’extrait. D’ailleurs on doit aussi tenir compte du poids des cendres, du tartre, etc., etc.

Voici un tableau représentant la richesse alcoolique des principaux vins, cidres et bières :

Alcool

Alcool

Alcool

VINS

VINS

VINS

Banyuls.

Cote-Rôtie.

Chablis.

Collioure.

Sauterne blanc....

Environs de Paris...

Grenache.

Maçon.

Vin au détail de Paris.

Roussillon.

Du Rhin ( Johannis-

Cidre fort.

Jurançon blanc.

berg).

— faible .

— rouge.

Barsac.

Poiré...

Lunel.

Beaugency.

Ale de Burton.

Saint-Georges.

Château-Laffitte.. ..

— d’Édimbourg. ..

Malaga.

Château-Margot....

Porter de Londres..

Madère vieux.

Saint-Estèphe.

Bière vieille de Stras-

Narbonne.

Tokai.

bourg.

Communs du Midi...

Pouilly blanc........

— nouvelle.

Vauvert.

Volnay. ..

Bière rouge de Lille.

Champagne non mous-

Vin du Cher.

— blanche.

seux....

Angers (coteaux)...

— de Paris.

Frontignan.

Saumur.

Petite bière de Pa-

Ermitage rouge.

De Vendée.

ris. 1/2 à

Certains vins français, parmi lesquels nous citerons ceux de l’Hérault, de l’Aude, etc., se conservent mal s’ils ne sont vinés, c’est-à-

CHIMIE VÉGÉTALE

dire additionnés d’alcool; les ordonnances ministérielles indiquent dans quelles limites cette addition peut être opérée ; les vins du Midi, très-riches en principes fixes et surtout en matière colorante, sont dépouillés par l’addition d’un peu de plâtre qui, tout en précipitant les matières colorantes, change la nature du vin ; c’est, à notre avis, une pratique blâmable sur laquelle les lois ou ordonnances qui régissent la matière auront un jour à prononcer. Nous proscrivons également la coloration artificielle des vins à l’aide de matières colorantes étrangères, telles que la teinte , ou vin de fismes qui est préparé avec le jus de sureau et l’alun.

Ën général, les propriétés enivrantes des vins sont en raison directe de la proportion d’alcool qu’ils renferment ; mais il n’en est pas toujours ainsi : à degré alcoolique égal, les vins de Bourgogne sont plus capiteux que les bordeaux; les vins des coteaux de Saumur enivrent plus que les bourgognes; cela est dû à des huiles essentielles ou à des éthers que les vins capiteux renferment. Les bières fortes elles-mêmes sont susceptibles d’enivrer plus que les vins.

Par la distillation du vin on obtient de l’alcool dont le degré varie à diverses époques de l’opération; l’alcool du commerce marque 85° à l’alcoomètre centésimal, c’est-à-dire qu’il contient 85 pour 100 d’alcool absolu ; par des distillations répétées et fractionnement des produits, on peut arriver à obtenir l’alcool à 90 et 92° ; mais lorsqu’on veut faire l’alcool anhydre ou absolu, marquant 100° à l’alcoomètre centésimal et 44“ à l’aréomètre de Cartier, on est obligé d’opérer la distillation au contact de corps avides d’eau, qui ne peuvent pas réagir chimiquement sur l’alcool lui-même ; tels sont la chaux, le carbonate de potasse sec , le sulfate de soude effleuri , Xacétate de soude fondu , le chlorure de calcium , etc. Mais la chaux et le chlorure de calcium retiennent, outre l’eau, des proportions notables et quelquefois définies d’alcool. Certains sels jouissent, en effet, de la propriété de former avec l’alcool et avec l’éther des combinaisons décrites, par M. Kulmann de Lille, sous les noms d ’alcoolates et d’éthérates par analogie avec les hydrates.

Lorsqu’il est pur, l’alcool de vin est un liquide incolore, transparent, très-mobile, aromatique, d’une saveur brûlante ; sa densité à -f-15° est de 0,795; il bout à 78°,41 sous la pression ordinaire; la densité de sa vapeur correspondant à 4 volumes est égale à 1.613; il n’a pu être solidifié.

GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE

L’alcool étant mêlé avec de l’eau, la température s’élève et il y a contraction de volume; le maximum de contraction a lieu lorsque le volume de l’eau ajoutée est à celui de l’alcool :: 1000 : 1078. Le volume collectif est alors égal à 2000.

Tous les corps riches en carbone et en hydrogène, tels que les résines, les graisses, les essences, certaines matières colorantes et la plupart des alcaloïdes, sont solubles dans l’alcool ; parmi les métalloïdes, le brome et l’iode sont très-solubles dans l’alcool; le soufre et le phosphore le sont très-peu; avec les premiers il se fait bientôt des réactions chimiques qui changent la nature du mélange.

Le potassium et le sodium, mis en contact de l’alcool, en dégagent un équivalent d’hydrogène ; il en résulte un composé qui a été tour à tour considéré comme de l’alcool dans lequel un équivalent d’hydrogène a été remplacé par un équivalent de métal, ou bien comme une combinaison d’éther et d’oxyde métallique. En effet :

G 4 H 6 O 2 + K = C 4 H 3 K0 2 + H, ou bien C 4 H 3 0,K0 + H.

Les corps oxydants et l’oxygène de l’air lui-même, sous l’influence de certains agents, et notamment du noir de platine, transforment l’alcool en acide acétique ; mais intermédiairement il se forme un corps que l’on a désigné sous le nom d 'aldéhyde ou alcool déshydrogéné; de sorte qu’on peut admettre dans ce phénomène les deux phases suivantes :

1° C 4 H 3 0 2 4- O 2 = C 4 H 4 0 2 + 2HO 2° C 4 H 4 0 2 + 20 = C 4 H 4 0 4

alcool. aldéhyde. aldéhyde. acide acétique.

Les solutions alcooliques alcalines, chauffées en vase clos à une température de 210°, ou bien la vapeur d’alcool que l’on fait passer sur de la potasse ou sur la soude chauffées à la même température, forment encore l’acide acétique avec dégagement d’hydrogène. En effet :

G 4 H 6 O 2 + Na O, H O = Na0,C 4 H 3 0 3 + 4H alcool. hydrate acétate de soude, de soude.

À la température ordinaire et au contact de l’air, les alcalis noircissent l’alcool, et on obtient une matière noire désignée sous le nom de résine A'aldéhyde; il se forme en même temps un peu d’acétate.

CHIMIE VÉGÉTALE. 201

Il résulte de ce que nous avons dit précédemment, en parlant des alcools en général, que l’alcool peut être représenté de trois manières différentes.

Dans la théorie

allemande on le représente par C 4 H 3 0,H0 ou hydrate d’oxyde d’éthyle.

^ ou bihydrate d’hydrogène bicarboné

française - C‘H>,2HO (é J rène) .

unitaire - C ‘“ S jo>

Quoique les expériences de M. Williamson aient confirmé les vues de M. Gerhardt, le chef de l’école chimique dite des unitaires, sur la constitution des alcools et des éthers, nous continuerons à représenter ces corps d’après la théorie allemande, plus généralement adoptée ; celle-ci, d’ailleurs, a reçu une confirmation par les travaux de M. Frankland, qui a isolé Xéthyle radical des éthers viniques.

L’action que les acides exercent sur l’alcool est des plus remarquables; les produits qui en proviennent peuvent varier d’après la nature des acides et d’après les proportions employées ; les corps les plus curieux qui résultent de ces réactions sont les éthers ; nous citerons ici les principaux, et nous les diviserons en quatre groupes :

\ 0 Les éthers qui ne renferment aucun des éléments des acides qui ont servi à les former et qui peuvent être considérés comme de l’alcool, moins un équivalent d’eau; tel est Xéther hydrique ou oxyde d’éthyle y improprement dit sulfurique = G 4 H 5 O, et que l’on obtient par la réaction des acides sulfurique, phosphorique, arsénique, etc., de certains chlorures métalliques, et même de la chaleur seule dans des tubes scellés à la lampe. Ces éthers sont nommés éthers simples.

2° Les éthers nommés halo-éthers résultant de l’action des hydracides sur l’alcool ; ils renferment le radical de l’acide qui a servi à les former, et peuvent par conséquent être considérés comme des chlorure, bromure, iodure, cyanure d’éthyle. Les éthers chlorhydrique, iodhydrique, etc., appartiennent à ce second groupe.

3° Les éthers composés neutres, qui peuvent être considérés comme résultant de la combinaison de l’éther simple du premier groupe avec un acide. Les éthers acétique, nitrique, nitreux, appartiennent à cette classe ; les acides monoatomiques ou monobasiques peuvent seuls les donner.

GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE

4° Les acides viniques ou éthers composés acides, pouvant être regardés comme formés d’un éther simple du premier groupe avec deux équivalents d’acides et un équivalent d’eau. Les acides polyatomiques ou polybasiques donnent naissance à ces acides ; tels sont les acides sulfurique, phosphorique, arsénique, carbonique, oxalique, tarir ique, mucique, etc.

Quoique ces considérations sur la constitution chimique des éthers ne soient pas admises par tous les chimistes, nous les avons données, parce qu’elles sont plus faciles à saisir, et nous les résumons ainsi :

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