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RAMIFICATIONS

Dans les végétaux à rhizome ou à tubercule, la ramification a lieu dans le même ordre, à cette exception près, que ce qu’on appelle la tige ne doit être regardé que comme rameau : telle est la pomme de terre, dont la tige est le tubercule.

Les végétaux multicaules sont ceux dont l’axe primaire et les branches inférieures sont presque au niveau du sol, et dont les axes tertiaires affectent une direction verticale, ce qui les fait ressembler à autant de tiges distinctes. C’est ce qui se voit dans nos forêts, où les arbres coupés au niveau du soi poussent une foule de rejetons qui peuvent à leur tour devenir de grands arbres, et quelquefois forment des troncs monstrueux en s’entre-greffant.

La ramification donne aux végétaux le caractère particulier qu’on appelle \eport. Certains arbres ont, comme le peuplier d’Italie, les rameaux dressés le long de la tige, et forment une longue pyramide (PL 21, fig. 1 ); d’autres, comme le sycomore, ont la forme sphérique (fig. 9) ; le cèdre a les rameaux étalés (fig. 2) ; dans le mespilus linearis les rameaux affectent une horizontalité parfaite et forment un véritable parasol; le saule pleureur les a flexibles et retombant tristement vers la terre (fig. 3) ; le frêne et le sophora pleureurs ont les branches pendantes, mais renversées et d’une grande rigidité (fig. 4); les branches du pommier sont bizarrement contournées (fig. 6); en un mot, avec l’habitude de voir le mode de disposition raméale des végétaux, on les reconnaît sans peine à distance. Leur longueur réciproque joue dans le port, après la direction, un rôle important : elle concourt à donner à chacun d’eux l’aspect qui le caractérise (Voir la planche 21).

Le point de contact des feuilles avec la tige s’appelle Vaisselle, d’où le nom d’ axillaires donné aux parties qui y prennent leur origine. D’autres divisions ont reçu des noms particuliers : ainsi, on a appelé scions les rameaux simples, droits et sans nœuds; sarments, les pousses nouvelles flexueuses, très-allongées et remplies de nœuds ; les gourmands sont des rameaux qui ont pris un développement excessif et détruit la symétrie de l’arbre en absorbant à leur profit toute la sève.

La ramification a communément lieu par progression géométrique et non arithmétique : ainsi, en admettant, ce qui n’a pas toujours lieu, par suite des avortements et des accidents qui empêchent le développement de tous les bourgeons, que le nombre de branches qui

s’est normalement développé soit 5 dans le cours de la première année, il s’en développera 25 la seconde; 125 dans la troisième; 625 dans la quatrième, et ainsi de suite.

Dans les acotylédones cellulaires, on ne voit pas de ramifications proprement dites : ce sont tout simplement des divisions, des bifurcations, mais pas de système raméal ; dans les vasculaires, les frondes se divisent, mais ce ne sont pas encore des branches ou des divisions axillaires.

Dans les monocotylédones, un très-petit nombre de végétaux présentent une division raméale; le baquois, le draconier, l’asperge sont dans ce cas. Ce n’est que dans les dicotylédones qu’il existe un véritable système raméal ; aussi est-ce à lui que se rapporte tout ce qui précède sur la ramification.

L’aphorisme des racines et des tiges est le suivant : Toute radicule est simple ; dans les monocotylédones, elle est courte et se tronque peu de temps après la germination; c’est alors que des radicelles se développent autour de la partie tronquée. Dans les dicotylédones, la radicule existe toujours, et forme sans exception le corps ou le pivot de la racine.

11 n’existe pas de végétal cotylédoné sans tige, même dans les végétaux dits acaules, dont la tige est seulement abrégée, ceux qui sont pourvus d’une hampe ont une tige souterraine; c’est pourquoi il n’y a ni feuille, ni fleur partant directement de la racine. Dans les monocotylédones, chaque fois que le support de la fleur est simple, il y a une tige souterraine. On doit donner le nom de tige à toute partie du végétal portant des feuilles.

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