‹ Traité de botanique générale (volume 2)Chapitre 40 sur 64 · SUPPORTS (VRILLES ET CRAMPONS · texte numérisé non relu

SUPPORTS (VRILLES ET CRAMPONS

Les organes végétaux se transforment les uns dans les autres avec la plus grande facilité, surtout ceux qui forment une dépendance de Taxe ou delà tige, bien que les organes fondamentaux soient euxmêmes soumis à ces modifications. Si les phénomènes qui font l’objet de ce chapitre n’étaient pas assez fréquents pour être devenus des apparitions normales, ils devraient prendre place dans les monstruosités; mais ils se sont élevés à la hauteur de caractères, et forment la dépendance nécessaire et habituelle des végétaux de certains genres et même de certaines familles.

On a donné aux premières modifications des organes appendiculaires, le nom de supports, parce qu’ils servent au soutien des plantes grêles et rampantes. Ils sont de deux sortes : les crampons et les vrilles.

Les crampons ou mains (PL 46, fig. 6) sont des appendices de la tige, qui lui servent à s’accrocher en rampant aux corps voisins ; ils sont droits, et, malgré leur apparence radiculaire, ne prennent aucune nourriture des corps auxquels ils sont fixés. Le lierre, la vigne vierge, en sont les exemples les plus communs. On peut y ajouter le rhus toxicodendron et plusieurs espèces de bignonia.

On appelle vrilles ou cirrhes, des appendices filiformes, nus, entièrement dépourvus de toute partie appendiculaire, simples ou rameux, tortillés, servant aux végétaux, qui en sont munis, à s’accrocher en s’enroulant aux corps voisins. On leur a donné différents noms, suivant les organes qui les produisent, et dont ils sont presque toujours une métamorphose. C’est un cas particulier d’atrophie.

Les vrilles sont :

Pêtiolaires (PL 46, fig. 5) lorsqu’elles sont, comme dans les pois, les mutisia, un prolongement du pétiole, ou que, comme dans certaines espèces de fumeterre et dans les clématites, c’est le pétiole lui-même qui, en s’enroulant, tient lieu de vrilles ;

Foliaires, lorsque c’est la feuille elle-même qui en fait l’office : le gloriosa superba, le flagellaria Indica;

Nervales (fig. 4), quand c’est la nervure médiane qui se prolonge au delà du limbe en un appendice filiforme. Dans le nepenthes, le limbe s’évase à son sommet, et forme une urne couverte par un opercule, qui s’ouvre pendant le jour et se ferme pendant la nuit;

Stipulaires (fig. 3), lorsqu’elles sont, comme dans le smilax horrida, une transformation des stipules ;

Axillaires , quand, de rameaux avortés, elles naissent à l’aisselle des feuilles, comme dans les passiflores (fig. 7) ;

Oppositifoliées, si les vrilles proviennent de bourgeons terminaux avortés, et repoussés latéralement par le bourgeon axillaire qui continue la tige ; les vrilles se trouvent alors opposées aux feuilles, comme dans la vigne (fig. 7) et les passiflores, où ce sont des pédoncules avortés;

Corollaires, quand les pétales ouïes segments de la corolle se prolongent en appendices tortillés, ainsi que cela se voit dans le

siphonanthus.

Les vrilles ne cherchent pas, comme l’ont prétendu ceux qui voulaient prêter aux plantes des mouvements volontaires, un support pour s’enrouler autour; elles ne s’y attachent que lorsqu’elles en trouvent un à leur portée, et, dans ce cas, la nature du support leur est indifférente.

La position des vrilles offre des caractères quelquefois importants ; ainsi l’on distingue les vignes, ou la famille des ampélidées, à ses vrilles opposées aux feuilles; elles sont alternes avec les rameaux ou les feuilles dans les passiflores.

On trouve des vrilles dans les papilionacées, tribu des viciées, dans les mimosées, les passiflorées, les cucurbitacées, les smilacinées, les sapindacées, surtout dans les végétaux trop faibles pour se tenir verticalement, et qui, sans soutiens, seraient obligés de ramper sur le sol. On ne peut nier l’influence de ces organes sur la végétation, car on a remarqué que les vesces, qui sont pourvues de vrilles, réussissent mieux lorsqu’elles sont semées avec l’avoine, à laquelle elles s’attachent, que quand elles sont semées seules.

Page 1