STIPULES
tent et se présentent sous l’aspect de simples glandes. On trouve toujours, à la surface des stipules, des stomates disposés comme dans la feuille, et les anastomoses réticulaires affectent la même disposition que dans le tissu de la feuille.
Les stipules sont presque toujours sessiles, et, à peu d’exceptions près, elles se retrouvent dans toute la plante lorsque les premières feuilles sont stipulées. Elles sont libres dans le chêne, le bouleau, adhérentes au pétiole dans le rosier; quelquefois, sur un même rameau, il y en a d’adhérentes en bas et de libres en haut, et affectant avec la tige des adhérences plus ou moins grandes. Les stipules libres tombent souvent avant la feuille ; elles sont dites, dans ce cas, caduques; quelquefois même, au moment de l’épanouissement, comme cela se voit dans les amentacées, on les dit alors fugaces; les stipules adhérentes ne tombent qu’avec la feuille.
Les stipules placées aux deux côtés d’une feuille sont presque toujours semblables. Sous le rapport de la forme, elles présentent cette particularité, qu’au lieu d’avoir une figure régulière et symétrique, elles ont l’air d’une feuille coupée en deux. Ainsi, elles ne sont pas ovales, mais semi-ovales ; non cordiformes, mais semicordiformes; non sagittées, mais semi-sagittées ; on en trouve néanmoins de lancéolées (fig. 5), linéaires (fîg. 3), filiformes (fîg. 4), subulées, sétacées, etc. Quelquefois les deux stipules latérales se soudent et forment alors, à la base de la feuille, une sorte de collerette, comme dans le spermacoce rubrum. Dans l’ astragalus onobrychis, c’est une véritable gaine qui enveloppe la tige dans toute la partie opposée au pétiole. Le cephalanthus occidentalis présente la même structure : ses stipules redressées et soudées embrassent la tige et constituent une stipule vaginale.
On a désigné sous le nom de stipelles, les stipules qui accompagnent les folioles des végétaux à feuilles composées.
Les stipules axillaires, qui sont ordinairement solitaires, paraissent avoir pour origine deux stipules soudées; elles sont presque toujours indépendantes du pétiole, comme dans le clrosera graminifolia ; d’autres, comme dans le ficus elasticus (PI. 45, fig. 16) et le magnolia grandiflora, sont entièrement périphériques et recouvrent le bourgeon. Dans les polygonum et les rumex, la stipule axillaire est une véritable gaine qui entoure la tige (fig. 17). On a donné le nom de cornet aux stipules de cette dernière sorte.
Les stipules'sont presque exclusives aux dicotylédones, surtout aux polypétales, car elles sont rares dans les dicotylédones apétales et monopétales. On trouve cependant dans les potamots, les smilax, de véritables stipules axillaires; on peut constater leur présence dans un grand nombre de graminées, où elles prennent le nom de ligule (fig. 18).
Considérées sous le rapport de la diagnose, les stipules constituent un caractère important à cause de leur constance. On trouve des stipules latérales dans les rosacées, les malvacées, les violariées, les papilionacées, et des stipules axillaires dans les droséracées, les ochnacées, les polygonées, les magnoliacées. Dans les cucurbitacées, les stipules ont la forme de vrilles ; dans les amentacées, elles sont constamment libres et caduques. On trouve la ligule dans toutes les graminées. C’est souvent un bon caractère générique et spécifique.
Les stipules naissent du nœud vital en même temps que la feuille, et quand celle-ci tombe, on voit sur la cicatrice l’empreinte de trois faisceaux de fibres, un central plus gros, et deux plus petits et latéraux. Quand le nombre des faisceaux est plus considérable, le plus gros et le plus central est toujours celui qui passait par le centre de la feuille. Dans les stipules axillaires, l’empreinte qu’elles laissent, et qui part également du nœud vital, est circulaire ou périphérique.
On ne connaît pas la fonction des stipules de la plupart des végétaux ; mais il est facile de se convaincre que, dans la plupart des cas, les stipules sont des organes protecteurs qui défendent la jeune feuille contre les influences extérieures.