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CHAPITRE VIII

DE LA COLORATION DANS LE VÉGÉTAL

La coloration des plantes est due à la présence, dans les cellules, de globules colorés en vert dans les feuilles, les calices et les parties herbacées, et d’autre couleur dans les fleurs, les bractées, les fruits et quelques autres parties des végétaux l . La chlorophylle ou chromule, dont l’état normal est le vert, change cependant de couleur à Lautomne, et passe au jaune, au rouge, au brun, modifications qu’on attribue à la manière dont les organes foliacés se comportent avec l’oxygène. On a observé qu’à l’automne les feuilles cessent d’exhaler de l’oxygène pendant le jour, et cependant elles continuent de l’absorber pendant la nuit : les variations de couleur, qui se remarquent dans les végétaux, seraient alors les divers degrés d’oxygénation de la chromule. On a même admis, ce qui est assez fondé, que la chromule est la matière colorante primitive, subissant dé nombreuses modifications sous l’influence de la lumière et des agents chimiques. Macquart paraît avoir établi, d’une manière rationnelle, la production des couleurs : suivant lui, la couleur est le résultat de la décomposition de l’acide carbonique et du dégagement de l’oxygène, et son intensité est proportionnelle à celle du fluide lumineux qui est l’agent de la décomposition ; si au contraire il y a accumulation d’eau, la couleur bleue passe au jaune. Il semblerait alors que le bleu, qui fournit le vert par sa combinaison avec le jaune, a entièrement disparu. Une autre théorie explique, au contraire, la formation des couleurs par l’existence de principes colorés spéciaux.

Bien que la lumière soit le principal agent de la coloration des

i. On observe très-bien la disposition des vésicules colorées qui entrent dans la composition des corolles, en examinant au microscope un lambeau très-mince de la corolle du dahlia. Les globules colorés y sont très-volumineux, d’une forme sphérique à peu près parfaite, et ils sont rangés symétriquement en séries parallèles. Dans toutes les plantes dont les pétales sont épais, on peut étudier la disposition des vésicules contenant le fluide coloré. Dans celles à tissu très-mince et dont les vésicules sont très-petites et les couleurs assez pâles, on ne distingue pas les couleurs, et le tissu est entièrement translucide.

plantes, nous voyons des fucus et d’autres plantes marines trèscolorés, quoiqu’ils ne reçoivent qu’une lumière affaiblie. Dans les végétaux sous-marins, le vert obscur et le brun sont les couleurs les plus générales; mais ce qui prouve que la couleur est le résultat plutôt d’une action chimique que de celle du fluide lumineux, c’est que les bois, les racines, le parenchyme des fruits, sont souvent colorés d’une manière très-brillante : les radis, les betteraves, les tubercules si agréablement peints de la capucine tubéreuse, montrent que, si la lumière peut agir sur la coloration des plantes, il existe d’autres causes de coloration. Le noir n’existe à l’état pur que dans les racines, un grand nombre de graines et quelques fruits; à l’état le plus intense dans les champignons, il est toujours, dans les corolles, le simple résultat d’une intensité de coloration du pourpre. On a remarqué que le blanc n’est pas toujours pur, et qu’en recevant par transparence la lumière à travers un pétale blanc sur une feuille de papier, on y voit des nuances diverses produites par quelque autre couleur qui y est mêlée à l’état de dilution extrême.

Quelle que soit la théorie qu’on admette, on reconnaît dans les couleurs végétales, quelque nombreuses qu’elles soient, deux couleurs fondamentales bien tranchées : ce sont le jaune et le bleu, qui jouissent de propriétés différentes. On voit bien des fleurs bleues ou jaunes passer au rouge ou au blanc, mais jamais le jaune ne devient bleu, et le bleu jaune; dans certaines familles même, il y a exclusivement des fleurs jaunes ou bleues, sans le moindre mélange entre elles. C’est cette observation qui a fait établir deux séries opposées, antagonistes même. L’une ayant pour base le jaune, ce qui a fait donner à cette première série le nom de série xanthique , et à l’autre, dont le bleu est la couleur fondamentale, le nom de série cyanique. Ces deux couleurs, dans leur état de simple mélange, forment le vert, état neutre ou intermédiaire. Si l’on admet au contraire le vert comme couleur génératrice, ces deux teintes primitives en seraient différents degrés d’oxygénation ; mais, en admettant la dégradation et la combinaison des couleurs primitives des deux séries, nous obtenons le tableau suivant :

Vert.

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