‹ Traité de botanique générale (volume 2)Chapitre 57 sur 64 · JAUNE · texte numérisé non relu

JAUNE

2 J. -f- Bl. — Vert jaunâtre.

J. q- Bl. = Vert.

2 Bl. -j- J. = Bleu verdâtre.

Ou voit que ces douze teintes, produites par le système ternaire bleu, rouge, jaune, engendrent trois couleurs composées, qui sont pourpre, orange, vert , lesquelles produisent, à leur tour, deux combinaisons mixtes, qui peuvent, par des combinaisons binaires et en proportions tantôt égaies, tantôt inverses, former quarante-huit tons purs; tel est le résultat de la combinaison de deux couleurs primaires ou binaires, mêlées à une proportion plus ou moins grande de blanc. Dans la disposition circulaire de ces quarante-huit composés binaires, ceux qui sont opposés produisent le blanc, et sont appelés couleurs complémentaires. Les couleurs impures sont les composés ternaires, qui résultent du mélange des couleurs pures avec une proportion plus ou moins grande de gris. C’est ainsi que Bl. -f- J.-{-Gr. produisent les composés ternaires appelés brun, olive, etc., suivant que l’une des couleurs primitives domine. Si le gris domine, les couleurs deviennent alors plus impures. Il en résulte une échelle diatonique composée de 12 couleurs pures ou brillantes, 12 impures et 12 très-impures. Ces 36 couleurs sont fondamentales; mais chacune d’elles est susceptible d’une triple dégradation ; et il en résulte alors 108 teintes, qui s’élèvent à 111, si l’on y ajoute les trois dégradations du gris.

M. Chevreul a fait un travail très-curieux sur le contraste des couleurs, et il est arrivé à des résultats fort remarquables : c’est l’influence mutuelle que peuvent exercer deux couleurs différentes placées l’une à côté de l’autre; c’est ainsi qu’une fleur rouge paraîtra d’autant plus éclatante, que le feuillage sera plus étoffé et d’un vert plus vif. L’étude du contraste simultané s’applique surtout à la disposition des fleurs dans un parterre, dans un bouquet, et rentre dans l’art de l’horticulture.

Il est d’un intérêt plus direct d’étudier la signification botanique des couleurs que l’échelle chromatique; cependant, leur valeur est de peu d’importance, s’il s’agit du caractère spécifique, mais elles en ont plus comme caractéristique des grands groupes. Au reste, la monologie des couleurs est bien incertaine à cause des exceptions; cependant c’est à tort que Linné a dédaigné la couleur comme caractère, et a dit d’une manière absolue : Ne vous fiez pas trop à la couleur.

Tout ce qu’on peut dire des couleurs, c’est que le blanc est la couleur la plus commune aux végétaux du Nord et aux espèces printanières : les arabis, les galant bus, les convallaria, les polygonatum,

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les saxifrages, fleurs essentiellement printanières, sont blanches ; le rouge est la couleur estivale et celle des fruits acides; le jaune, couleur plus essentiellement automnale, est propre à des groupes tout entiers; nous trouvons cette couleur dans une partie des chicoracées; le blanc et rarement le jaune dans les ombellifères ; le blanc et plus communément le jaune dans les crucifères ; le jaune et le rouge dans les papavéracées, mais le jaune y est plus commun. Cette couleur se présente très-fréquemment dans les renoncuîacées, surtout dans les genres ranunculus, ficaria, trollius, eranthis. Le bleu est disséminé à travers toutes saisons, cependant il est plutôt estival. Il y a des genres, et même des familles tout entières, qui excluent certaines couleurs : tel est le bleu dans le genre camellia, dans les œillets, les roses, les dahlias. Dans les borraginées, plus essentiellement rouges et bleues, la plupart des fleurs bleues passent au rose et au rouge; la même plante est souvent chargée de fleurs de ces deux couleurs. On ne trouve pas de jaune dans les scilles, les polémoines, où le bleu est constant. Il paraît en résulter une exclusion complète, une antipathie bien prononcée entre ces deux couleurs. La belle-de-nuit, originairement jaune, passe au rouge et au blanc, mais jamais au bleu; toutefois dans les campanulacées, plus essentiellement bleues ou blanches, nous trouvons une exception jaune dans la campanula aurea. Dans les gentianes, les aconits, le jaune est une exception. Le jaune est néanmoins plus constant que le bleu. Cette dernière couleur s’altère facilement et passe au blanc, tandis que le jaune passe rarement au blanc, mais assez souvent à l’orangé. Dans le cheiranthus muta bilis, les fleurs, jaunes lors de leur premier épanouissement, passent au jaune brun, au brun, au violet clair et au violet pourpre; mais ces changements sont très-rares. Sous le rapport numérique, les végétaux à fleurs jaunes sont beaucoup plus nombreux que ceux à fleurs bleues; les blanches viennent après les jaunes, puis les rouges.

La chromatologie végétale est une science bien peu avancée *, et

1 . Les théories, quelque ingénieuses qu’elles soient, donnent lieu à des objections d’un assez grand poids, pour qu’on n’en doive admettre aucune comme absolument vraie. On oppose à la théorie de Marquart l’absence de chromule dans les cellules épidermiques, qui se colorent cependant de nuances diverses, et dont la coloration ne peut être le résultat de la métamorphose de la chromule. Telles sont les racines, rouge vif dans les radis, rouge orangé dans les carottes, jaune agréablement panaché de violet dans la capucine tubéreuse, qui est un des tubercules les plus délicatement peints. Tandis que la plupart des botanistes, qui ont traité ce sujet, admettent deux séries fondamentales, le

il nous est impossible d’établir une règle qui ne comporte quelques exceptions. Les variétés naturelles, ou celles obtenues par la culture, montrent avec quelle facilité les fleurs passent d’une couleur à une autre. Nous citerons les variétés d’œillets, de tulipes, de roses, de dahlias, de jacinthes, de glaïeuls, d’iris, d’alstroémères, qui ne connaissent pas de limites. Ces modifications de couleur sont indépendantes de la station et du climat, si ce n’est dans l’état naturel; mais, dans nos jardins, les végétaux acquièrent une sorte de sensibilité qui les dispose, facilement, à suivre les changements que demande le caprice. Il existe un certain nombre de végétaux à fleurs changeantes, qui offrent, à l’œil, le phénomène d’une modification imprévue de couleur : c’est ainsi que Y hibiscus mutabilis a la fleur blanche lors de son épanouissement, d’un rose vif au milieu du jour, et rouge le soir ; Yœnothera telraptera passe également du blanc au rose; le stylidium fruticosum, du blanc au jaune; le gladiolus versicolor, brun en s’épanouissant, passe au bleu clair à midi, et lorsque le soleil disparaît, il redevient brun, pour subir le lendemain le même changement.

Ces mutations de couleurs sont dues à l’influence de la lumière : d’autres le sont à l’influence du terrain : tels sont les hortensia bleus, dont la coloration résulte de la présence, dans le sol, de sels ferreux ; le géranium batrachioicles , dans un sol infertile, passe du bleu au bleu pâle ou au blanc. D’autres fois la couleur ne change que par la lacération de la plante : la chair du boletus cyanescens devient bleue quand on brise ce champignon; la fleur jaune du telephora cruenta laisse couler un suc d’un rouge de sang dès qu’on lacère la corolle; les fleurs d’un blanc pur du calanthe veratrifolia deviennent noires au plus léger frottement. La coloration de la fleur est, quelquefois, facile à distinguer à la seule inspection de l’écorce ou de l’épiderme de certains végétaux ; les horticulteurs distinguent les jacinthes blanches des bleues, à la coloration des tuniques extérieures du bulbe; les rosiers à fleurs blanches de ceux à fleurs roses, le lilas blanc du lilas violet à l’inspection de l’écorce. *

La couleur des végétaux est loin d’être fixe ; c’est pourquoi il est

bleu et le jaune, Berzélius regardait le rouge comme un principe colorant distinct; cependant on peut opposer, à toutes les théories, la tendance prononcée des végétaux à la virescence, dont nous parlerons en traitant de la tératologie végétale ; ce qui semblerait prouver que la chromule est l’élément primitif de l’échelle des couleurs.

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si difficile de conserver les fleurs dans les herbiers, et d’en extraire le suc pour la peinture à l’aquarelle. Le beau bleu des iris devient vert quand on veut le fixer par l’alun, les rouges deviennent sales et vineux, les roses jaunissent ; toutes les fleurs brillantes des monocotylédones passent au brun, ce qui rend la détermination des couleurs ex sicco presque toujours impossible.

On doit à M. le professeur Filhol un travail fort remarquable sur les couleurs des fleurs; nous allons le résumer brièvement :

1° Fleurs blanches. Il n’existe pas de fleurs d’un blanc pur. Le célèbre peintre de fleurs, Redouté, avait depuis longtemps fait cette observation. Les fleurs qui nous paraissent blanches ont presque toujours une teinte rose, jaune ou bleue; toutes ces fleurs, trempées dans 1 ammoniaque, deviennent d’un beau jaune; les acides rétablissent les couleurs primitives.

Toutes les fleurs blanches, traitées par l’éther, fournissent une matière d un jaune clair, soluble dans l’eau et dans l’alcool, se dissolvant également dans l’acide chlorhydrique avec belle coloration jaune, qui disparaît quand on étend d’eau le mélange. Cette matière, signalée par Hope, qui l’a nommée xanthogène, a été isolée nar M. Filhol. F

2 Fleurs rouges, roses ou bleues. MM. Frémy et Cloez ont nommé cyanine une matière colorante bleue qui conserve sa couleur dans les fleurs neutres, et qui devient rouge ou rose lorsque le suc est acide.

La cyanine est solide, incristallisable, soluble dans l’eau et dans 1 alcool, insoluble dans l’éther, devenant bleue par les alcalis; mélangée de jaune, elle constitue le vert. La cyanine est identique avec la matière que M. Glenard a désignée sous le nom à'œnocyanine, et qu’il a retirée du vin.

Certaines fleurs rouges ne contiennent pas de xanthogène ; aussi deviennent-elles d’un beau bleu ou d’un violet pur au contact de l’ammoniaque; le coquelicot est dans ce cas.

Quelques fleurs rouges ou roses, comme celles des aloès, ne contiennent pas de cyanine ; les fleurs de ces plantes renferment une matière colorante très-analogue à la carthamine, et peut-être identique avec elle.

3° Fleurs jaunes. Plusieurs chimistes, et notamment MM. Frémy et Cloez, ont décrit, dans les fleurs jaunes, deux matières distinctes, qu’ils ont désignées sous les noms de xanthine et de xanthème.

Botan., T. I. 9 ‘

D’après M. Filhol, la xanthine prend, sous l’influence de l’acide chlorhydrique concentré, une couleur verte comparable à celle de la chlorophylle. Cette couleur passe au bleu pür lorsqu’on y ajoute quelques gouttes d’acide azotique. La liqueur agitée avec de 1 éther dédouble la matière colorante en une couleur jaune soluble dans

l’éther et une matière d’un bleu pur.

La xanthine existe en abondance dans certains fruits, surtout dans

ceux de la famille des cucurbitacées.

Certaines fleurs j notamment celles du crocus lut eus et les stigmates du crocus multificlus, renferment une matière colorante jaune spéciale que M. Filhol nomme crocoxunthine. Llle est solide, inciistallisable, d’un beau jaune doré ; elle n’est altérée ni par les acides, ni par les bases; ce qui la distingue de la xanthine, de la xanthème et du xanthogène.

M. Filhol a établi l’analogie de propriétés de la xanthine avec celles que* M. Frémy a attribuées à la chlorophylle. Lorsqu’à une solution alcoolique de chlorophylle on ajoute quelques gouttes d a eide chlorhydrique pur, la solution devient d’un beau jaune ; par un excès d’acide, la couleur verte reparaît, mais avec une teinte bleue différente de la couleur primitive; par l’addition de quelques gouttes d’acide azotique, elle devient bleue, comme le ferait la xanthine.

Malgré ces intéressantes recherches, il reste sans doute beaucoùp à faire pour établir l’origine de toutes les couleurs des fleurs, et surtout pour expliquer la résistance, plus ou moins grande, des couleurs aux influences de l’air et de la lumière.

Faisons remarquer, toutefois, que s’il est vrai que les acides rouissent la cyanine et que les alcalis la verdissent, on ne saurait tirer, comme on a prétendu le faire, aucune indication de la couleur des fleurs, relativement à leurs propriétés thérapeutiques, parce qu’on peut trouver les mêmes couleurs, à la fois chez des plantes très-vénéneuses, comme la digitale et là belladone, et dans des fleurs bien inoffensives comme la primevère et la violette.

Le noir n’existe pas dans les corolles ; mais il se rencontre dans les fruits, et il doit exciter la défiance. Quant aux graines, elles peuvent avoir impunément une livrée obscure, sans être délétères : le haricot nègre, et plusieurs autres variétés du genre phaseolus, ont l’épiderme d’un noir bleu très-foncé, sans pour cela avoir des propriétés malfaisantes.

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Ces considérations n’embrassent les faits que dans leur généralité, et ne peuvent s’appliquer à de nombreuses exceptions qui déjouent toutes nos doctrines.

11 reste maintenant à faire connaître les principales dénominations des couleurs, employées en botanique, pour faciliter l'intelligence des descriptions. Le latin est indispensable dans la dénomination des couleurs, car cette langue a une souplesse et une finesse de nuances qui manquent à la nôtre. En botanique, le mot coloré s’applique à tout ce qui est d’une autre couleur que vert, cette couleur étant dominante dans le règne végétal. On peut dire que toutes les couleurs se trouvent dans les plantes, ce qui a exigé une nomenclature assez longue et qu’il importe de connaître.

Noir, niger. — Populus nigra.

— de poix, piceus. — Cyphelium piceurh.

— de charbon, ater. — Conoplea citer.

— d’encre, atramentarius. — Coprinus atramentarius.

Noirâtre, nigrescens , nigricans. — Glycine nigricans.

Terreux, terreus. — Agaricus terreus.

Brun, bruneus. — Agaricus bruneus.

enfumé, fuligineux, fumosus, fuligineus , fuliginosus. — Telephora fuligineu.

— marron, castcmeus. — Boletus castcmeus.

— bistre, fuscus.

— fauve, fulvus. — Hemerocallis fuira.

— terne, pullus.

— bai, baclius.

— rougeâtre, hepaticus.

Gris, griseus. — Populus grisea.

— cendré, cinereus. — Salix cinerea.

— plombé, plumbeus. — Bovista plurnbea.

— de souris, murinus.

— d’acier, chalybeus. — Agaricus chalybeus.

Grisâtre, cinerascens. — Gymnopus cinerciscens.

Blanc, albus.

— pur, candidus. — Lilium candidum , parnassia paluslris.

— de lait, lacteus. — Crassula lactea.

— de neige, niveus. — I-Iydrangea nivea.

— d’argent, argenteus. — Protea argentea.

— de peau, alutaceus. — Bussula alutacea.

— d’ivoire, eburneus. — Agaricus eburneus.

— de chaux, calceus, gypseus.

— duveteux, pubescent, ccinus, incanus.

Blanchâtre, cilbidus , canescens, albescens, candicans. — Deutzia canescens.

Vert, viridis. — Physarum viride.

— gai, viridulus.

— de bronze, œruginosus , œneus. — Fagus œneus.

Vert olivâtre, olivaceus. - Agciricu s olivaceus.

— glauque, glaucus. — Le chou.

— d’émeraude, smaragdinus.

— de poireau, prasinus.

— noirâtre, atro-virens.

— iaunâtre, flavo-virens.

Yerdâtre, virescens, virens, chlorinus. — Hedera hélix.

Bleu, cœruleus.— Nuphar cærulea.

de Prusse, cyanus, cyaneus. — Centaurea eyanvs.

d’azur, azureus. — Ceanothus azureus.

grisâtre, ccesius .— Imbricaria cæsia.

— ardoisé, ardosiaceus. — Agaricus ardosiaceus.

Bleuâtre, cœrulescens, cyanescens. - Boletus cyanescens.

Jaune franc, luteus. — Nelumbium luteum.

citron, citrinus. — Ixia citrina.

— paille, helvolus.

— pâle, ochroleucus. — Nerium ochroleucum.

— clair, luteolm. - Agaricus luteolus.

— blond, flavus. — Sarracenia flava.

— soufré, sulfureus. — Crocus sulfureus.

— d’or, aureus. — Eschscholtzia Californie,a.

— de succin, succineus. — Tremella succinea.

de rouille, ferrugineus, rubiginosus. — Bigitalis fenugmea.

— d’ocre, ochraceus.

— de flamme, flammeus, igneus. — Adonis ftammea.

1 safran, encens, cnmtus. - Lilium crocram, Ubmulmn cnmta

— d’abricot, armoriaceus. — Calendula officinalis.

— orangé, aurantiaceus. - Ilieracium aurantiacum.

Roux, rufus. — Anigosanthos rufa.

cannelle, cinnamomeus. —Ixia cinnamomea.

Roussâtre, rufescens. — lïydnum rufescens.

Jaunâtre, lutescens, flavescens, flavidus. - Avenu flavescens.

Tabac, tabacinus. — Telephora tabacina.

Rouae pur, ruber. — Crépis rubra.

de sang, sanguineus. - Bibes sanguineum.

— rutilant, rutilans. — Amaryllis rutilans.

— carmin, puniceus. - Hœmanthus puniceus.

— vermillon, dnnabarims. — Lelia cmnabanna.

__ cocciné, écarlate, coccineus. - Le coquelicot.

cramoisi, kermesinus. - Passiflora kermesma.

— vif, rubellus. — Opegrapha rubella.

de feu, igneus. — Lobelia ignea.

incarnat, incarnatus. — Passifloraincar nota.

brique, lateritius. — Loasa lateritia.

de cuivre, cupreus. — Nerium cupreum.

Rose, roseus. — La rose.

Carné, carneus. — Sanseveria c arnea..

Rubicond, rubicundus. — Godetia rubicunda.

Rougeâtre, erubescens.-Crimm erubescens.

Yiolet, violaceus . — Ac onitum napellus.

DE LÀ COLORATION DANS LE VÉGÉTAL

Lilas, lilacinus.—Senecio lilacinus.

Pourpre, purpureus , cruentus. — Sarrcicenia puipurea, cineraria cruenta.

Pourpre noir, atro-purpureus. — Scabiosa atro-purpurea.

Améthyste, amethysteus, amethystinus.—Eryngium amethystinum.

Violet vif purpurin, phœniceus. — Verbas.cum, phœniceum.

Bleu pourpre, purpureo - cœruleus.

Pourpre obscur, purpuraceus. — Comarum palustre.

Livide, lividus. — Boletus lividus.

Pâle, pallidus. — Iris pallida.

Sale, sordidus. — Lecanora sordida.

Luride ou jaune sale, luridus. — Boletus luridus.

Terne (cendré, ou, suivant d’autres, couleur de brique calcinée), gilvus.—Telephora gilva.

Hyalin, hyalinus . — Ixia.

Limpide, aqueus.

Transparent, vitreus.

Rubané, vittatus. — Cyrtanthus vittatus.

Strié, striatus. —Agave striata.

Rayé, lineatus.

Maculé, taché, maculatus. — Orchis maculata.

Ocellé (marqué d’yeux ou de taches circulaires), ocellatus.

Fascié (se dit des surfaces qui présentent des bandelettes diversement colorées), fasciatus.

Bicolor (deux couleurs sur une même surface), bicolor. — Mesembryanthemum hicolor.

Tricolore (trois couleurs sur une même surface), tricolor. — Amaranthus tricolor. Discolor (quand une des surfaces est d’une couleur et l’autre d’une autre), discolor.— Bégonia discolor.

Concolor (quand les deux surfaces sont de même couleur), concolor.

Panaché, variegatus. — Iris variegata.

Piqueté, pictus. — Cantua picta.

Ponctué, guttatus. — Mimulus guttatus.

Tigré, tigrinus.—Agaricus tigrims.

Bordé, marginatus.

Zoné, zonatus.

Changeant, mutabilis, versicolor. — Hibiscus mutabilis , gladiolus versicolor.

Les sucs propres des végétaux* sont aussi très-souvent colorés, et leur coloration est d’une intensité qui frappe d’autant plus vivement l’observateur, que la sève est incolore avant son élaboration, et au moment où elle quitte le sommet du végétal où elle a subi les transformations qui doivent la rendre propre à continuer la vie et à pourvoir aux diverses sécrétions. Ainsi, chaque fois qu’on voit, comme dans le Cissus cordifolia et plusieurs autres végétaux des tropiques qu’on a nommés lianes à eau , à cause de la grande quantité de liquide qu’ils offrent au chasseur altéré, et dans la vigne, s’écouler, par une section ou une simple perforation, un liquide incolore,

ce n’est pas un suc propre, mais tout simplement de la sève, ce qui n’entraîne pas son insipidité, car elle contient du sucre dans les érables, certains palmiers, le bouleau, etc. Il en est autrement du suc propre : dans le pterocarpus draco et le dracœna draco , ainsi que dans le croton sanguifluus , le suc propre est rouge de sang; la sanguinoria canadensis a également un suc coloré en rouge ; il est jaune dans les chélidoines et le glaucium. Le suc du cambogia gutta, qui fournit la gomme-gutte, est, en sortant de la plante, d ? un jaune aussi vif qu’après la dessiccation ; celui du galactodendron utile est blanc, ainsi que cela se voit dans les euphorbiacées, où il ne change pas de couleur, tandis que, dans diverses espèces de sumac, il passe, en se concrétant, du blanc au noir. Outre la coloration propre aux sucs charriés par les vaisseaux laticifères, on reconnaît encore les sucs propres à ce qu’en faisant une incision à la branche ou au tronc d’une plante, il fait une irruption instantanée, ce qui n’a pas lieu pour la sève, qui ne se produit que par une lente exsudation.

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