Cône ou strobile •• les conifères
4. Galbule , nom réservé pour le fruit du cyprès (PL 24, fig. 32), dont les bractées sont en bouclier ou peltées, et à l’extrémité desquelles adhèrent plusieurs graines.
Vers la même époque, Desvaux, botaniste distingué, mais homme de détail et d’analyse minutieuse, établit une classification plus complexe encore que celle de ses prédécesseurs, et dans laquelle il créa quarante-cinq groupes désignés, pour la plupart, par des noms barbares. Il n’y a que les titres généraux qui soient judicieusement établis et ressortent de la nature même des fruits. Il y avait d’abord deux classes, et, dans chacune d’elles, deux ordres :
l re classe. — Péricarpes secs.
1er Ordre. — Péricarpes simples et indéhiscents : caryopse , akène, gland, etc.
— — simples et déhiscents : silique, gousse , capsule , etc.
2e Ordre. — Péricarpes secs composés : follicule, strobile.
2e classe. — Péricarpes charnus.
1 er Ordre. — Péricarpes charnus simples : baie, péponide, drupe, etc.
2e Ordre — composés : baccaulaire, syncarpe.
Plus tard, il remit sur le métier sa classification déjà si compliquée, et en multiplia les titres généraux. Nous ne citerons que les
cynées, qui ont leur centre d’habitation au cap de Bonne -Espérance, sont en grand nombre dans les régions tropicales et décroissent en entrant dans les régions subtropicales tempérées, ce qui n’empêche pas qu’elles ne se trouvent dans certaines parties de l’Europe méridionale, et ne s’élèvent jusqu’au 58° de latitude; — les magnoliacèes ; les lythrariées, qui ont quelques représentants dans les régions tempérées et sont très-communes dans l’Amérique équinoxiale ; — les tribus des mimosées et des cassiées, de la grande famille des légumineuses; — et les eèlastrinèes , plus nombreuses néanmoins dans les régions subtropicales.
Le troisième groupe comprend les familles végétales qui se trouvent encore dans les régions chaudes , mais qui sont cependant plus amplement représentées dans les régions tempérées ; ce sont : les santalacées, dont les espèces arborescentes appartiennent aux climats chauds, et les espèces herbacées aux régions tempérées de l’Europe et de l’Amérique ; — les convolvulacées, qui ont plus de représentants sous les tropiques et appartiennent néanmoins aux régions tempérées de l’Europe et de l’Asie ; — les polémoniacées , qui habitent les régions voisines des tropiques dans les deux Amériques, s’élèvent au Nord jusqu’au 54° de latitude boréale et australe, et ne sont qu’exceptionnellement représentées en Europe et en Asie ; — les daphnées, qui sont communes au cap de Bonne-Espérance, se trouvent dans l’Océanie, en Europe, et par exception dans les autres régions ; — les aurantiacées , communes sous les tropiques, et cependant largement représentées dans les parties chaudes de la zone tempérée ; — les rutacées , ayant la plupart de leurs représentants dans les zones tempérées, étant moins essentiellement tropicales, et que l’on voit également décroître lorsqu’elles quittent leur station centrale, pour marcher vers les pôles ou vers l’équateur ; — les térébinthacées , des régions tropicales et tempérées, et qui manquent complètement à la Nouvelle-Hollande ; — les euphorbiacées, abondantes dans toutes les régions, mais surtout vers les tropiques, et ne se trouvant ni sous les latitudes élevées, ni à de hautes altitudes ; — les rhamnées, des régions subtropicales et tempérées, très-rares entre les tropiques, diminuant dans les régions tempérées à mesure qu’on s’éloigne du 44° de latitude boréale, et bannies des zones froides ; — enfin les ilicinées, qui n’appartiennent que par exception aux régions tempérées.
Le quatrième groupe se compose de végétaux qui appartiennent
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GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
surtout aux régions tempérées. Nous trouvons en tête les conifères ; elles sont très-répandues dans cette zone et s’élèvent assez haut vers le Nord ; après s’être arrêtées sur les bords de la zone arctique, elles reparaissent dans la zone polaire, et s’y trouvent dans des proportions considérables. Puis, en nombre également très-grand, on trouve les amentacêes, propres aux parties tempére'es de l’hémisphère boréal, et qui ne se voient que par exception dans l’hémisphère austral ; ce sont des arbres à feuilles caduques, qui donnent un caractère particulier au paysage hivernal de ces régions; elles sont plus uniformément répandues, mais appartiennent également aux zones froides. Viennent encore les ulmacées, d’Europe et d’Amérique ; — les élœagnées, de l’hémisphère boréal ; — les polygonées; — les chênopocliées , qui sont surtout des plantes européennes ; — les plantaginées ; — les plumbaginèes ;
— les primulacêes, qui aiment les régions montagneuses du Nord, augmentent proportionnellement à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur, et sont très-communes en Europe et en Asie; — les scrophulariées, ayant une vaste distribution géographique, affectionnant surtout les régions tempérées, mais étant toutefois plus répandues dans l’hémisphère boréal; — les labiées, croissant en plus grande quantité du 35° au 45° de latitude, s’élevant cependant jusqu’au 50° et diminuant notablement en approchant de la zone arctique; — la tribu des prostanthérées , appartenant en grande partie à l’Australie; les borraginèes , affectionnant les régions tempérées de l’Europe et de l’Asie, ne croissant que par exception sous les tropiques; — les gentianèes, famille essentiellement européenne, qui croît de préférence sur les montagnes, et est presque également répandue dans toutes les zones; — les éricacées, dont l’habitat de prédilection est le Cap;
— les campanulacêes appartenant surtout à l’Europe, n’ayant plus que de rares représentants au delà de la zone subarctique, et disparaissant à la zone polaire ; — les stylidiées et goodéniées, qui sont indigènes aux parties tempérées de l’Asie, et ne sont représentées sous les tropiques que par un petit nombre de genres ; — les composées, qui croissent partout, mais sont plus abondantes dans les deux Amériques qu’ailleurs, atteignant leur maximum dans les zones tempérées, leur médium dans la zone glaciale, et leur minimum dans la zone tropicale ; — les dipsacèes, propres presque exclusivement à l’Europe et à l’Asie ; — les valérianées , ayant pour centre d’habitation les régions tempérées de l’Europe, étant beaucoup plus
rares en Amérique, où elles se trouvent sur les plages du Chili, et descendant néanmoins jusqu’aux terres magellaniques ; — les caprifoliacées, des régions tempérées et froides de l’hémisphère boréal, et beaucoup plus rares partout ailleurs; — les ombellifères , appartenant presque par parties égales aux régions tempérées des deux hémisphères, plus rares dans la zone froide, et très-rares dans la zone tropicale; — les renonculacées , croissant partout, mais n’ayant de représentants sous les tropiques que sur les hautes montagnes, et, avec une distribution proportionnellement plus grande à mesure qu’on monte vers le Nord, et se retrouvant dans les zones les plus froides ; — les berbéridées, propres aux parties montueuses de l’hémisphère boréal, et plus répandues dans l’Amérique du Nord et en Asie qu’en Europe ; — les papavéracées, qui n’ont que par exception des représentants sous les tropiques, mais sont répandues dans l’Europe et l’Amérique du Nord ; — les crucifères , qui, bien que communes partout, ont cependant pour principale patrie les régions tempérées de l’hémisphère boréal, sont peu répandues dans la zone tempérée américaine, plus rares dans la zone froide, et d’une excessive rareté dans la zone brûlante; — les rèsêdacêes ; — les polygalées, qui ont pour zone du 10° au 35° de latitude, et croissent dans les deux hémisphères ; — les acérinées, plus communes dans l’Amérique boréale qu’en Europe ; — les hypéricinées , qui ne s’élèvent pas jusqu’aux régions polaires, mais viennent partout ailleurs; — les viticées ; — - les géraniées, que nous retrouvons au Cap, mais qui sont très-répandues dans les parties tempérées de la zone extratropicale ; — les oxalidées ; — les cistinées, des parties chaudes de la zone tempérée ; — les violariées, les linèes, les caryophy liées, qui appartiennent aux régions extratropicales, surtout de l’hémisphère boréal, et vont en décroissant doucement vers le Nord, ce qui n’empêche pas d’en trou ver encore dans la zone polaire ; — les par ony chiées; — les porlulacées; — les grossulariées, qui affectionnent particulièrement les régions tempérées de l’Amérique du Nord; — les œnothérées, qui croissent dans les régions tempérées des deux hémisphères; — les tamariscinées , qui ont pour zone de développement la partie comprise entre le 8° et le 55° de latitude; — les rosacées; — les légumineuses , répandues partout sous la forme papilionacée , bien que très-abondantes dans les régions chaudes; mais les formes des mimosées et des cassiées appartiennent presque exclusivement aux régions chaudes et tropicales du globe.
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Les régions polaires n’ont de physionomie particulière qu’à cause du décroissement des formes "végétales en nombre et en grandeur. Ainsi, en approchant des limites méridionales de ces régions, nous voyons le hêtre manquer tout à coup, le chêne s’avancer à peine à un degré de plus, le pin et le sapin cesser bientôt de croître. Le bouleau est le seul arbre qui monte plus haut : il s’avance jusqu’au 71°, mais sous une forme rabougrie : ce n’est plus un arbre, c’est à peine un arbrisseau. On trouve cependant encore quelques rares végétaux qui dissimulent l’aridité du sol : ce sont en général des cypéracées , des graminées , des joncées , des caryophyllées, des saxifragées, des papavéracées, des renonculacées , des scrophulariées, des campanulacées , des composées et des éricacées. Les régions polaires arctiques ont une physionomie à peu près semblable.
Nous avons encore à examiner trois régions dont la flore a un caractère particulier, et qui ne peuvent rentrer dans la loi générale de distribution : ce sont la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande et le cap de Bonne-Espérance.
La Nouvelle-Hollande, tout en ayant une flore presque spéciale, n’a de caractère végétal particulier que dans sa partie tempérée ; dans la région équatoriale, sa végétation se rapproche par quelques traits de celle des Indes orientales. On peut dire qu’à peu d’exceptions près, les espèces propres à cette région ne croissent pas ailleurs ; on y trouve même des groupes qui lui sont exclusifs : telles sont les trèmandrées et les stackhousiées, une tribu des diosrnées, les goodéniées, les stylicliées, les pittospovées , les dilléniacées et les haloragées , qui s’y distinguent par le maximum de leurs formes spécifiques; les myrtacées, les protéacées, les restiacées, les épacridées, sont dans le même cas ; et l’on peut dire que la moitié de la végétation du pays se compose d 'eucalyptus, de la famille des myrtacées, et à’ acacias, de la famille des mimosées.
La Nouvelle-Zélande, qui est l’antipode de Paris, et dont le climat répond à celui de nos départements méridionaux, n’a que quelques traits de ressemblance avec la Nouvelle-Hollande ; elle a un caractère de végétation qui la rapprocherait plutôt des îles de la mer du Sud. Les végétaux les plus abondants sont le corypha australis, de la grande famille des palmiers; le dammara, espèce de conifère à feuilles larges, qui ne ressemble en rien à nos arbres résineux et dont on trouve des forêts entières, et des métrosidéros de la famille des myrtacées.
Le Cap de Bonne-Espérance a un tout autre aspect : on y trouve des protéacées , des diosmèes , des bruyères , en nombre considérable ; mais les végétaux caractéristiques sont les iridées , les ficoïdes, \e§ pélargonium, les stapélia, les sélaginées, le genre elychrysum (l’immortelle), de la famille des compose'es, et plusieurs espèces de cycadées.
Une étude intéressante, si elle était complète, est celle des différentes zones nettement indiquées par la cessation de certains grands végétaux caractéristiques, et la substitution de certaines familles les unes aux autres dans les différentes régions. Ainsi, nous trouvons la limite des palmiers marquée, dans les deux hémisphères, par deux espèces différentes : dans l’hémisphère boréal, par le chamœrops humilis, et dans l’hémisphère austral, en Amérique, par le palmetto ; en Europe, le rhododendron des Alpes est remplacé, au Nord, par le rhododendron laponicum, et dans les Andes, par le bejaria (Voir PI. 6). Le hêtre commun marque la limite de la zone tempérée froide dans l’hémisphère boréal ; dans l’hémisphère austral, c’est le hêtre antarctique.
La connaissance des limites latitudinales est d’un haut intérêt. Le hêtre a pour limites : en Norwége, le 60°; en Suède, le 58°; dans le Smaland, le 57°; en Lithuanie, le 55°; dans les Carpathes, le 49°, et en Crimée, le 45°. Le houx, qui s’élève jusqu’en Norwége, à cause du climat marin de cette région, gèle parfois aux environs de Berlin. C’est pour la même cause qu’à Penzance, sur la côte méridionale de l’Angleterre, les camellia, les fuchsia, les myrtes, passent l’hiver sans abri, tandis qu’ils ont besoin de protection chez nous. On peut regarder l’aune, le peuplier noir, le lierre, le myrtille, l’épine-vinette, comme ayant une distribution semblable. Voici un petit tableau des limites latitudinales de quelques grands végétaux :
Chêne rouvre . 61° latitude nord
Noisetier . 64°
Epicéa . 67°, 40
Sorbier des oiseaux . 70°
Pin sylvestre . 70°
Bouleau blanc . 70°, 40
Bouleau nain . 71°
Dans l’Amérique du Nord, les végétaux de la côte occidentale s’élèvent à de plus hautes latitudes que ceux de la côte orientale.
Le pavia jaune a pour limite orientale le 36°, et occidentale le 44°
Le juglans nigra — 41°, — 44°
Le gleditschia triacanthos — 38°, — 41°
GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
En Europe, ce dernier arbre s’élève jusqu’au 52° lat. nord.
Après avoir examiné les modifications que subit la végétation en s’élevant de l’équateur aux pôles, il nous reste à étudier le même phénomène dans son rapport avec les altitudes ; nous prendrons les Alpes suisses pour exemple, afin de parler plus vivement à l’esprit. En quittant les belles forêts de hêtres et de sapins qui couvrent le pied des montagnes, enrichies de vigoureuses moissons et de grasses prairies, si l’on s’élève à 500 ou 600 mètres, on se trouve, comme par enchantement, transporté au sein d’une végétation nouvelle. Là commencent à apparaître les végétaux alpestres : l’auricule, la gentiane acaule, l’aconit, le trolle, la soldanelle, des armoises, des saxifrages, des astrantia, se présentent de toutes parts à la vue, et les pentes sont couvertes de rhododendrons. Les noyers cessent les premiers ; puis ce sont les châtaigniers (PL 6); de 750 à 800 mètres, on ne trouve plus aucune trace de ces arbres, excepté néanmoins sur le versant méridional, où ils s’élèvent à 100 mètres plus haut. A peu près vers la même altitude, le chêne, qui composait l’essence des forêts avec le hêtre et le bouleau, disparaît; le cerisier croît jusqu’à 950 mètres, le hêtre jusqu’à 1 ,300 mètres; les céréales mûrissent jusqu’à 1,100 mètres dans le Nord, et à 1,510 dans les Grisons, sur le versant méridional ; les arbres verts, tels que le sapin, le pin, le mélèze, constituent alors exclusivement les vastes forêts qui garnissent ces montagnes; à 1,800 mètres, ils cessent à leur tour. Cependant, sur le versant méridional du mont Rose, ces arbres s’élèvent jusqu’à 2,270 mètres : ce sont des mélèzes, des épicéas, des pins, associés à des aunes et à des bouleaux. Sur le versant nord, les conifères ne dépassent que très-rarement, et comme par exception, 2,000 mètres. Le bouleau, cet arbre robuste que nous trouvons le dernier dans le Nord, est presque aussi le dernier à disparaître des flancs des montagnes ; il s’élève jusqu’à une égale altitude. Toutefois, on rencontre encore, à une centaine de mètres plus haut, le pin cembro. Le pin mugho ne disparaît qu’à la hauteur de 2,270 mètres, les pâturages s’élèvent jusqu’à 2,600. Puis toute végétation arborescente cesse : ce ne sont plus que de petits taillis d 'alnus viridis et de rhododendrons. Passé la région où ces robustes enfants des Alpes étalent leur vert feuillage, on ne trouve plus que des plantes qui excèdent à peine le sol : tel est, entre autres, le saule herbacé, qui n’est plus qu’une plante chétive; ce sont celles qu'on appelle
alpines : elles appartiennent aux familles des primulacées, des crucifères, des renonculacées , des caryophyllées, des rosacées , des légumineuses, des saxifrages , des gentianes (quelques-unes vivent ensemble, d’autres vivent isolées : telles sont les alchémilles et les renoncules); des composées, des cypéracées et des graminées , sous des formes spécifiques particulières. La dernière plante phanérogame trouvée sur le mont Blanc par de Saussure, à 3,469 mètres, est le silene acaulis ; et M. de Welden a trouvé sur le mont Rose, à 3,683 mètres, 1 epyrethrum alpinum et phyteuma pauciflorum.
Plus haut, on ne trouve que des lichens et la roche nue, et, à peu de distance de là, on rencontre la limite des neiges éternelles, qui varie suivant les latitudes, mais qui n’en est pas moins soumise à une loi constante. En Norwége, sur le littoral, elle est à 720 mètres, et dans l’intérieur, à 1 ,072 et 1 ,266 ; à Hammerfest, au 70°, elle est à 860 ; au cap Nord, à 750. En Islande, on la trouve à 936 mètres; en Sibérie, chaîne d’Aldan, à 1,364; dans l’Oural septentrional, à 1,460; au Kamtschatka, à 1 ,600 ; dans les monts Altaï, à 2,144; dans les Alpes, à 2,708; sur l’Elbrouz, en Caucasie, à 3,272 ; dans les Pyrénées, à 2,721 ; en Sicile, à2,905;dansla Sierra-Nevada, enEspagne, à 3,41 0 ; au Mexique, à 4,500 ; dans l’Amérique méridionale, volcan de Puracé, à 4,688 ; sur le Chimborazo, à 5,1 00 ; sur le Cotapaxi, à 5,230 ; dans la partie méridionale du Pérou, à 5,600; sur le versant méridional de l’Himalaya, à 3,956, et sur le versant septentrional, à 3,067 mètres.
On voit que, de l’équateur aux pôles, ou du pied des montagnes à leur sommet (Voir les montagnes idéales figurées dans l’Atlas I, PI. 6 et 7), la loi de décroissement des végétaux est la même. Ce qui le confirme encore, c’est que, dans la région alpine, on ne trouve presque plus de plantes annuelles : ce sont des plantes vivaces ou ligneuses qui ne sont plus dressées, mais qui rampent sur le sol pour résister aux tempêtes. Si le chiffre des limites altitudinales varie suivant les contrées, la loi reste identique. Dans les Andes, la limite correspondant à la zone tempérée est entre 1,000 et 3,000 mètres, et, à la zone arctique, entre 3,000 et 4,500 mètres; sur le mont Ararat, en Arménie, le bouleau, qui ne s’élève dans nos Alpes qu’à 2,000 mètres, disparaît seulement à 2,530 mètres, et sur le Caucase, à 2,360. Sur le versant méridional des Pyrénées, on voit disparaître les pins à 2,420 mètres; et, en Laponie, le bouleau nain cesse de croître à 585 mètres.
GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
La statistique botanique est une branche de la science qui peut beaucoup contribuer à jeter du jour sur la distribution des végétaux; elle nous montre que les familles et les genres répandus en plus grand nombre sous les tropiques, et avec la plus grande variation de formes spécifiques, diminuent à mesure qu’on s’approche de régions polaires, de même que, dans ces régions , le nombre des espèces décroît et celui des genres augmente proportionnellement. C’est pourquoi il faut tenir compte du rapport des genres aux familles et des familles aux genres. Ainsi, nous avons en France 7,000 espèces environ réparties dans 1,100 genres, ou 6 espèces en moyenne par genre ; en Suède, on a un peu plus de 2,300 espèces pour 566 genres, ou 4 espèces pour un genre; et en Laponie, 1,100 espèces pour 297 genres, ou 3,6 espèces pour un genre.
D’après les données de Humboldt, les espèces cryptogames seraient égales en nombre aux espèces phanérogames dans la zone glaciale, du 67 au 70° de latitude; de moitié moins nombreuses dans la zone tempérée, du 45 au 52°, et près de huit fois moindres dans la zone équatoriale, de 0 à 10°. Le rapport serait de 1/15 pour les plaines et 1 /5 pour les montagnes. On peut révoquer en doute l’exactitude de ces chiffres, si l’on en juge par ce qui se passe dans nos environs, explorés si soigneusement et depuis si longtemps, par des botanistes intelligents. Nous voyons que le nombre des espèces de végétaux cryptogames est de plus de 1 ,800, tandis que celui des phanérogames n’est que de 1 ,200 à 1 ,400. Quand on aura fait des études cryptogamiques aussi complètes que le sont les études phanérogamiques, on reconnaîtra que cette supposition est fausse. Comme les éléments manquent pour remplir cette lacune, on ne peut que signaler l’erreur dans laquelle est tombé un savant qui a rendu à la géographie botanique des services inappréciables, et qu’on peut regarder comme le premier qui ait traité avec une merveilleuse sagacité cette partie ardue de la science. Il ne faut pas s’en prendre à lui, si ces calculs sont inexacts, mais à l’état de la science à l’époque où il fit son travail.
On a pu constater avec plus d’exactitude que la proportion relative des monocotylédones aux dicotylédones augmente à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur : jusqu’au 10° elle forme à peu près 1/6 de l’ensemble des phanérogames pour l’ancien continent, et 1 /5 pour le nouveau ; vers le milieu de la zone tempérée, elle est de 1 /4, et sur ses limites de 1 /3.