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DE LA DESCRIPTION EN BOTANIQUE

Il est assez difficile de faire une bonne description, surtout si elle est succincte : il faut avoir, comme Linné ou Jussieu, le sentiment des caractères différentiels, pour énoncer brièvement la forme caractéristique d’une plante ou d’un groupe. Pour en arriver là, il ne suffit pas de l’habitude, il faut avoir un sens particulier joint à u-ne connaissance parfaite des végétaux. Les descriptions anciennes étaient quelquefois d’une trop grande concision, et ne suffisaient pas pour faire reconnaître une plante : les descriptions modernes sont, au contraire, d’une trop grande prolixité et n’atteignent pas le but que s’est proposé l’auteur; car l’esprit s’égare dans ce dédale de noms, d’épithètes, dans ces subtilités de langage, qui ne sont pas toujours heureusement inventées malgré leurs prétentions à l’exactitude rigoureuse.

La langue descriptive est loin d’avoir acquis sa perfection parce qu’elle s’est enrichie de termes multipliés, et l’on peut, sans épuiser la terminologie barbare des Wachendorf et des Necker, élever le nombre des mots qui composent le vocabulaire descriptif à 6,000, tant de glossologie que de taxologie.

Avant de faire une description, il faut acquérir la connaissance exacte des caractères ordiniques, en les groupant suivant leur ordre d’importance; c’est une étude préparatoire qui doit précéder tout essai glossologique. Une bonne diagnose est, en science, une chose d’une haute importance, et c’en est, en général, la partie faible. Il faudrait que les études des naturalistes comprissent l’art de la description, et que cette partie si essentielle ne fût pas livrée à l’arbitraire. Il y a dans la description plusieurs modes suivant l’importance ou le caractère plus ou moins général du groupe qu’on veut décrire. C’est ainsi qu’on ne décrit pas une famille comme un genre, un genre comme une espèce, une espèce comme une variété.

11 faut donc bien avoir égard aux différences qui constituent les

TAXONOMIE VÉGÉTALE

caractères propres à tel ou tel groupe, et surtout éviter de confondre les caractères, et mêler à des groupes généraux des caractères qui ne conviennent qu’à des groupes inférieurs.

Un des points essentiels est de bien étudier la glossologie particulière au groupe qu’on décrit, et d’adopter un langage uniforme : ainsi l’on ne décrira pas les groupes anormaux, tels que les orchidées, comme les familles normales, les ombellifères comme les crucifères, les labiées comme les borraginées; chacun de ces groupes présente, dans sa structure, des particularités qui méritent une étude spéciale.

Pour une description de famille, il faut énoncer si les végétaux qui la composent sont des arbres , des arbustes ou des herbes ; puis on passe à l’examen des organes dans l’ordre suivant :

Racine. Sa nature, ses divers caractères.

Tige. Son caractère. Système de ramification.

Feuilles. Préfoliation; avant tout leur disposition, si elles sont pétiolées ou sessiles. Leur caractère de consistance, d’intégrité ou de division.

Stipules. Leur présence ou leur absence.

Fleurs. Si elles sont hermaphrodites, mâles ou femelles, complètes ou incomplètes, régulières ou irrégulières, axillaires ou terminales.

Bractées. Leur absence ou leur présence; leur caractère.

Calice. Estivation ; son caractère, et, avant tout, s’il est gamosépale ou polysépale, régulier ou irrégulier; disposition extérieure.

Corolle. Estivation ; sa position relativement aux verticilles centraux : disposition extérieure, division ou nombre des pétales ; forme générale.

Nectaires. Leur figure, s’il y en a ; leur position.

Glandes. Leur caractère, leur position.

Étamines. Mode d’insertion; si elles sont incluses ou exsertes, introrses ou extrorses, unisériées ou plurisériées : leur nombre.

Filets. Leur forme, leur connexion.

Anthères. Nombre des loges, leur caractère, leur mode de déhiscence.

Pollen. Sa figure, qui est caractéristique dans certains groupes.

Ovaire. Sessile ou podogyné, libre ou adhérent; nombre des carpelles, leur soudure ou leur liberté, nombre des loges.

Disque. Sa présence, sa forme.

Ovules. Leur disposition, leur nombre, leur mode de placentation, leur direction, orthotrope, anatrope ou campulitrope ; leur structure.

Style. Sa présence ou son absence, sa forme.

Stigmate. Sa forme, sa division ou son indivision.

Péricarpe. Sa nature, en adoptant un système uniforme de carpologie ; sa déhiscence.

Graines. Leur nombre, leur figure ; caractère de l’épisperme, présence ou absence d’un albumen, sa nature.

Embryon. Sa figure, sa position.

Cotylédons. Leurs caractères.

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