‹ Traité de botanique généraleChapitre 48 sur 174 · DES CARACTÈRES · texte numérisé non relu

DES CARACTÈRES

Le degré d’importance des caractères, appelé la subordination des caractères , est un des points les plus délicats de la science : c’est celui qui exige une connaissance plus parfaite de la botanique, et ne peut s’acquérir que par l’habitude de voir des végétaux, et de les voir surtout comparativement. On peut établir, en règle générale ou absolue, que la valeur d’un caractère est en raison de l’importance de l’appareil sur lequel il repose.

Nous distinguerons donc, en partant du point de vue le plus élevé et le plus général :

Les caractères classiques, qui reposent sur le mode d’insertion des appareils de la fleur, combinés avec le nombre des parties de la corolle ou leur absence, et constituent les caractères du premier degré ;

Les caractères ordiniques, caractères du second degré, tirés de l’ensemble des parties, et surtout de la disposition générale des appareils de la fleur, et quelquefois aussi de la structure du fruit ;

Les caractères génériques, caractères du troisième degré, qui servent à la distinction des genres et reposent encore sur la fleur et le fruit, ainsi que sur les caractères généraux de la tige et des feuilles;

Les caractères spécifiques ou du quatrième degré, qui servent à distinguer les espèces, et sont tirés des appareils autres que la fleur, qui n’y joue qu’un rôle secondaire;

Les caractères de variété, qui servent à distinguer les variétés, et ont pour base des signes purement accidentels et variables.

Tel est l’énoncé des caractères des différents ordres qui serviront à établir les associations des divers noms; en ayant soin de ne prendre que des caractères apparents, et en évitant de se servir de ceux qui ne peuvent être distingués qu’au moyen de puissants appareils d’amplification.

On a essayé d’établir le rapport numérique de l’importance des caractères; mais ce travail manque de précision. Il faut, sous le rapport taxonomique et en tenant compte des progrès de la science, qui s’est enrichie de faits nouveaux, consulter les principaux législateurs de la science botanique, Linné, Jussieu, De Candolle, etc. : l’on y trouvera tous les éléments d’une bonne et sage taxonomie. La Philosophie botanique de Linné; le Généra plantarum de Jussieu ; l’introduction à la Flore française de Lamarck; la théorie élémen-

TAXONOMIE VÉGÉTALE

taire de la botanique de De Candolle, sont des livres qu’il faut lire et toujours lire, parce qu’ils sont conçus à un point de vue élevé dont certains botanistes modernes paraissent avoir perdu le sens. On ne doit répudier ni l’analyse, ni la synthèse, mais se servir des mate'riaux que fournit la première, qui est l’œuvre d’hommes patients et laborieux, pour arriver à la seconde.

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