Papilionacées
Ces 22 classes renferment 1 22 sections, reposant sur la position des fleurs et des fruits, sur le nombre des pétales et sur toutes les parties du fruit.
Pontedera reprit en 1720 la méthode de Tournefort, mais sans succès. Bergen, au contraire, dans sa Flora Francofurtana (1750), la perfectionna d’une manière aussi savante qu’ingénieuse. Elle fut adoptée par quelques botanistes; mais la publication du système sexuel de Linné était destinée à la faire tomber dans l’oubli. Nous ne citerons, parmi les savants qui suivirent la même voie, que le botaniste anglais Hill, qui combina ingénieusement le système de Rivin avec la méthode de Tournefort, et en tira tout ce qu’on peut obtenir d’un semblable mode de classification. Si ce botaniste eût accompagné son système d’un Species , ou de quelque grand travail d’ensemble, il est évident qu’il eût balancé avec avantage le système de Linné ; car il offre cela de remarquable, qu’on y retrouve un plus grand nombre} de familles naturelles que dans la plupart des’ autres systèmes.
SYSTÈME DE LINNÉ
On fait à juste titre honneur à Linné du système sexuel, dont il est le véritable créateur, mais il ne fut pas le premier qui eut cette idée : en 1702, Burkhard adressa à Leibnitz une lettre dans laquelle il demandait si Von ne pourrait pas tirer parti de la comparaison des étamines. Comme cette lettre, la seule qui reste de ce savant, ne fut publiée qu’en 1750, il est évident qu’elle n’inspira pas Linné; mais on reconnaît que, quand tous les esprits méditatifs prennent une direction, il jaillit de toutes parts des étincelles recueillies par un homme de génie, résumant en lui toute son époque.
Linné publia pour la première fois son Système sexuel dans la Florula Laponica, qui parut dans les mémoires de l’Académie d’Upsal, de 1732 à 1734, et fit une révolution dans la science. Comme certains ouvrages récents, et même encore en voie de publication, sont disposés d’après cette méthode, nous la ferons connaître in extenso.
Le Système de Linné repose sur les deux organes sexuels, les étamines e\. les pistils. Dans ses Classes plantarum, l’ingénieux botaniste suédois fait connaître qu’il a été conduit à établir ce système, en observant l’importance de ces organes pour la végétation ; ce sont les seuls, dit-il, essentiellement nécessaires à la fructification; les autres parties de la fleur manquent quelquefois; les étamines et les pistils étant les organes reproducteurs, ne manquent jamais.
Le système linnéen, tout admirable qu’il soit, n’est cependant pas sans défauts, comme nous le ferons voir par la suite, et il n’aurait peut-être pas eu tout le succès qu’il a obtenu, si les noms employés n’exprimaient que le nombre et la situation des organes. Ce qui a puissamment contribué à faire adopter ce système sexuel, c’est, croyons-nous, la poésie dont Linné a encadré son œuvre. Au lieu de donner à ces classes les noms de monostaminées et de monopistillées, pour indiquer les plantes à une étamine ou à un pistil, il a dit monandrie, monogynie , noms dans lesquels il y a une poésie philosophique exquise. Pour Linné, en effet, les étamines sont les hommes des fleurs; c’est pour cela que dans son système il les désigne par le mot grec av<$pôç, de àvrp, qui veut dire homme. Les pistils en sont les femmes, et c’est pour cette raison qu’il se sert du mot ywri ( gunè ou gyné), en français femme, pour les désigner. De là, monandrie, un homme; monogynie, une femme. Et plus loin, lorsqu’il lui faut indiquer que les étamines se soudent entre elles, il emploie le mot
CLASSIFICATION
dèelyôc, ( adelf'os , frère), parce qu’elles lui semblent être unies par l’amitié comme des frères. Pour les plantes à fleurs qui ne présentent qu’un seul organe, étamine ou pistil, mais chez lesquelles le même pied porte les deux espèces de fleurs, il a créé le mot monœcie, de p.woç [monos une seule), et oî vJa maison, c’est-à-dire le mari et la femme placés dans deux lits (fleurs) différents, mais réunis dans la même maison ; la diœcie , c’est le mari et la femme dans deux lits (fleurs), et habitant deux maisons différentes, ou moins métaphoriquement, les fleurs mâles sur un pied, et les fleurs femelles sur un autre.
Examinons maintenant ce système. Voici d’abord le tableau des 24 classes. (Voir les pi. 36 et 37, afférentes à ce volume.)
Système sexuel de Linné.
CLASSES