‹ Traité de botanique généraleChapitre 62 sur 174 · Les rouges, qui ont du rapport avec Mars · texte numérisé non relu

Les rouges, qui ont du rapport avec Mars

o. Les incarnates, qui favorisent le plaisir et qui ont du rapport avec Vénus. Botan., T. II. 18

CLASSIFICATION

6. Les livides, vertes, pourpres ou bleues, qui guérissent la rate et qui ont du

rapport avec Saturne.

7. Celles de couleurs variées et mélangées, qui ont du rapport avec Mercure.

8. Celles qui se tournent vers le soleil, qui ont du rapport avec le soleil.

9. Celles qui se tournent vers la lune, qui ont du rapport avec la lune.

10. Celles qui ont la forme du soleil, qui ont du rapport avec le soleil.

11. Celles qui ont la forme de la lune, qui ont du rapport avec la lune.

12. Celles qui croissent dans la zone torride, qui ont du rapport avec le soleil.

Tels sont les systèmes qui méritent d’être mentionnés; les autres ne sont que des modifications des principes de Tournefort ou de Linné. Malgré la défaveur avec laquelle ils sont accueillis, nous ne pouvons cependant dissimuler que, pour les commençants, ils ne présentent plus de facilités que la méthode naturelle, à laquelle il manque une clef. On se sert aujourd’hui de préférence du système dichotomique de Lamarck, qui est un chef-d’œuvre de sagacité. Comme il n’a pas de principes fixes, mais procède par simple élimination de caractères, en conservant seulement ceux qui peuvent conduire à la connaissance du nom d’une plante, on ne peut trouver un artifice plus simple et plus ingénieux. Nous conseillons cependant, à ceux qui veulent faire de la botanique une étude sérieuse, d’adopter, dès le principe, la méthode naturelle. Peut-être dans le commencement éprouveront-ils des difficultés qui leur paraîtront rebutantes; mais avec de la persévérance, ils arriveront à s’en servir avec facilité, et ils ne regretteront pas la peine qu’ils auront prise. C’est surtout dans les jardins botaniques, où sont réunis les végétaux de toutes les familles, qu’il faut faire cette étude.

Système dichotomique de Lamarck.

Pour ne pas donner un trop long exemple de cette méthode, nous nous bornerons à prendre un seul végétal, appartenant à la Flore de notre pays, pour conduire progressivement à la connaissance de son nom. Nous empruntons cet exemple au Tableau analytique de la Flore parisienne de Bautier.

SYSTÈME DE LAMÀRCK. 275

Prenons un muflier, et cherchons dans l’analyse des genres.

. ( Plantes phanérogames . . . 2

{ Plantes cryptogames . . . 679

Cette plante, ayant une fleur visible, appartient à la classe des phanérogames; passons donc au n° 2.

2 | Fleurs réunies dans un involucre commun . 3

| Fleurs non réunies dans un involucre commun . 4

Les fleurs n’étant pas réunies dans un involucre commun, ren¬

voient au n° 4.

4 1 Fleurs hermaphrodites . 5

| Fleurs unisexuelles . 336

Les fleurs du muflier étant hermaphrodites, on passe au n° 5.

g ( Fleurs complètes ou pourvues d’un calice et d’une corolle. ... 6

{ Fleurs incomplètes . 402

Les fleurs du muflier étant complètes, on passe au n° 6.

g | Corolle monopétale . . . 7

( Corolle polypétale . 149

La corolle étant monopétale ou d’une seule pièce, c’est dans la section des monopétales qu’il faut chercher le nom de la fleur qu’on a sous les yeux .

„ I Étamines attachées sur la corolle ; ovaire libre ou supère . 8

( Étamines attachées sur le calice; ovaire adhérent ou infère. ... 127

Les étamines sont attachées sur la corolle ; par conséquent, on passe au n° 8.

R ( Cinq étamines ou moins . 9

( Six étamines ou plus . 117

Il y a quatre étamines ; on passe au n° 9.

g | Corolle régulière . 10

y { Corolle irrégulière ou munie d’éperon . 62

Gomme la corolle est irrégulière, on passe au n° 62.

„„ f Cinq étamines . 63

w { Moins de cinq ; étamines . 67

Le muflier n’ayant que quatre étamines, on passe au n° 67 .

| Un ovaire . . . . . 68

0/ { Quatre ovaires au fond du calice . 88

CLASSIFICATION

Le muflier a un seul ovaire; on passe au n° 68. '

{Deux étamines munies d’anthères . . . 69

Trois étamines id. . . . Montia.

Quatre étamines . 74

Le muflier a quatre étamines ; on passe au n° 74.

„j | Fleurs en tête . Globularia.

' * { Fleurs non réunies en tête . . . 75

Les fleurs n’étant pas réunies en tête, on passe au n° 75.

| Feuilles alternes, nulles ou radicales . 76

10 f Feuilles opposées ou verticillées . 8

Les feuilles du muflier étant alternes, on passe au n° 76.

7r ( Feuilles nulles ou écailleuses . 77

0 ( Feuilles autres que des écailles . 78

Le muflier ayant des feuilles apparentes, on passe au n° 78.

( Corolle à deux lèvres . 79

{ Corolle en tube, en roue ou en cloche . 80

La corolle du muflier est à deux lèvres, ce qui conduit au n° 79.

f Calice à cinq lohes . . . . ;.. . 80

( Calice à quatre lobes ou quatre dents . . 86

Le calice du muflier est à cinq lobes ; on passe au n° 80.

oa ( Corolle éperonnée à la base . Linaria .

c ( Corolle bossue à la base . ; . . . Antirrhinum (muflier). 312

Quand on est arrivé au genre antirrhinum , dont on vérifie les caractères au n° 312, on trouve qu’il y a deux espèces :

L’une à divisions linéaires, plus longues que la corolle : c’est X antirrhinum orontium ;

L’autre, à divisions ovales arrondies, plus courtes que la corolle : c’est notre espèce ; X antirrhinum majus, mufle de veau, gueule de lion.

Le reproche à adresser, non pas à la méthode dichotomique, mais à ceux qui l’appliquent, c’est qu’au lieu de se borner, dans l’application d’un moyen essentiellement artificiel, à l’énoncé des caractères les plus simples, ils en introduisent de trop minutieux et dont la diagnose est souvent impossible. C’est ainsi que, dans l’ouvrage de Bautier, les ombellifères sont presque méconnaissables.

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