‹ Traité de botanique généraleChapitre 63 sur 174 · SYSTÈME DE LAMARCK · texte numérisé non relu

SYSTÈME DE LAMARCK

MM. Germain et Cosson, dans leur Synopsis analytique de la Flore des environs de Paris, ont encore enchéri sur ce défaut et ont fini par augmenter les difficultés. Ils ont appliqué cette méthode à la diagnose des familles. C’est ainsi que, pour arriver aux scro fui années, synonyme d ’ antirrhinées , famille à laquelle appartient le muflier, ils conduisent jusqu’au n° 76 de leur tableau dichotomique et lui donnent pour caractères :

« Ovaires à deux loges, à placentas soudés avec la partie moyenne de la cloison, périsperme charnu ou corné, fleurs non prolongées en éperon, et. quatre étamines. »

Quand on trouve un antirrhinum orontium ou majus, il faudrait qu’il fût arrivé à un point de développement carpellaire suffisant pour que les placentas, si peu étudiés par les botanistes amateurs, fussent très-apparents; pour les seconds caractères, que les graines fussent mûres, afin de savoir de quelle nature est le périsperme. Ce sont des finesses qui conviennent fort bien à un ouvrage de science pure, mais qui sont déplacées dans un ouvrage didactique. C’est pourquoi l’ouvrage de Baulier convient mieux que celui de MM. Germain et Cosson, parce qu’il est moins savant.

La Flore d’Orléans de Dubois est, avec l’ouvrage de Lamarck, le guide le plus sûr pour un commençant, parce que ces deux auteurs ont choisi Içs caractères les plus vulgaires et ne se sont pas laissé entraîner par les subtilités de la science. Nous le répétons : à la méthode naturelle la science la plus élevée et les recherches les plus délicates : loin d’y être déplacées, elles occupent le lieu qui leur convient ; mais aux ouvrages destinés à vulgariser les connaissances scientifiques, les moyens les plus simples et la langue la moins savante. J. -J. Rousseau, dans ses Lettres sur la botanique, est de la plus élégante simplicité.

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