‹ Traité de botanique généraleChapitre 95 sur 174 · PLANTES D I C 0 T Y L É D 0 N É E S · texte numérisé non relu

PLANTES D I C 0 T Y L É D 0 N É E S

aquatiques ou des marais, à fleurs solitaires ou réunies plusieurs sur une hampe nue, et composées d’un calice à 2 sépales, ou monosépale quinquepartit; d’une corolle irrégulière bilobée et éperonnée ; de 2 étamines insérées sous la lèvre supérieure et à anthères uniloculaires; d’un ovaire uniloculaire à placenta central sur lequel sont attachés plusieurs ovules. Le fruit est une capsule, et les graines sontdépourvues d’albumen.

Famille des PRIMULACÉES. — PRIMLLACEÆ.

(AU. Il, pl. 5, fig. 1,30

De Jussieu créa cette famille sous le nom de Lysimachiées ; c’est à Yentenat qu’on doit le nom de Primulacées. Elle a beaucoup d’analogie avec les plumbaginées, par les étamines opposées aux lobes de la corolle, et par l’ovaire uniloculaire ; mais elle en diffère par le style, qui est unique, terminé par un stigmate indivis, et par le fruit uniloculaire contenant plusieurs graines fixées sur un placenta central libre, et pourvues d’un albumen charnu. Les plantes de cette famille, toutes herbacées, sont répandues dans toutes les parties du monde. Quelques-unes sont usitées en médecine. Les primevères, les cyclamen sont de très-belles plantes d’ornement.

La famille des Myrsinées, de Robert Brown, ou Ardisiacées, de De Jussieu, diffère peu de la famille des primulacées ; elle s’en distingue par le fruit, qui est drupacé monosperme. Les myrsinées ne sont, en réalité, que des primulacées en arbre. Presque toutes appartiennent à la flore tropicale; elles sont rares au Cap, à la Nouvelle-Hollande, au Japon et aux îles Canaries. Plusieurs ont des fleurs très-odorantes; les fruits de l 'embelia ribis servent à falsifier le poivre noir ; les graines du Theophrasta Jussiœi sont alimentaires, et les habitants de Saint-Domingue en font du pain; les feuilles du myrsine melano phleos sont employées au Cap comme astringent ; les racines du clavijci sont émétiques ; enfin, aux Antilles, on fait des bracelets avec les graines du Jacquinia cirmillaris, d’où son nom vulgaire de bois à bracelets.

Les Sapotées, de De Jussieu (Atl. 11, pl. 45, fig. T), ont, comme les myrsinées et primulacées , des étamines opposées aux lobes de la corolle ; mais elles ont un ovaire pluriloeulaire, qui les en distingue très-facilement. Ce sont des arbres des régions tropicales ; on

en rencontre peu dans les régions tempérées. Quelques-uns ont des fruits comestibles; tels sont le caïnito, chaimitier, et autres chrysophyllum, les lucuma, et particulièrement le mammosa; d’autres ont des fruits ou des écorces amères-astringentes et fébrifuges, comme ceux des bumelia, sapota, etc. Le sideroxylon argan , du Maroc, a des graines qui contiennent beaucoup d’huile douce; mais l’extraction en est difficile à cause de la dureté des coques. Le bois est très-dur; celui de plusieurs espèces de chrysophyllum et de bumelia est connu dans le commerce sous le nom vulgaire de bois de fer.

Famille des ÉBÉNACÉES. — EBEXACEÆ.

La famille des ébénacées a été créée par Yentenat avec quelques genres de la famille des Guaïacanées, de De Jussieu, qui comprennent des arbres à feuilles alternes, à fleurs souvent unisexuées, composées d’un calice à 3 ou 6 sépales persistants ; d’une corolle urcéolée à 3 ou 6 lobes; d’étamines en nombre double ou quadruple de celui des lobes de la corolle ; d’un ovaire à 3 loges ou plus; d’un style partagé en autant de lanières qu’il y a de loges à l’ovaire. Le fruit est une baie à plusieurs graines pourvues d’un albumen cartilagineux. Les ébénacées sont des végétaux des pays chauds, de l’Asie et de l’Amérique, rares dans l’Océanie; le genre diospyros (Plaqueminier) a des représentants dans la région méditerranéenne, le D. lotus, qui croît sur les côtes d’Afrique. Les fruits des plaqueminiers sont alimentaires et très-estimés en Amérique ; le bois est dur et est employé dans l’ébénisterie.

On attribue aux D. ebenum, ebenaster , melanoxilon , le bois noir nommé bois d’ ébène. La médecine trouve dans l’écorce de quelques espèces de cette famille des médicaments divers, astringents, antidysentériques, fébrifuges, etc.

Les Styracées, d’Endlicher, appartenaient aux Guaïacanées de De Jussieu, et ne diffèrent des ébénacées que parla corolle profondément découpée, et insérée sur le calice; par le style simple, et l’ovaire qui est parfois infère. Cette famille comprend les styrax , dont le benjoin produit une re'sine très-aromatique et médicinale; les symplocos et les halesia, tous végétaux à fleurs ornementales. Le styrax tinctoria, de la Caroline, donne une matière colorante jaune; et de l’écorce

PLANTES DIC0TYLÉD0NÉES

du racemosa on extrait, au Bengale, une teinture rouge. On prétend que les feuilles du symplocos alstonia , originaire de l’Amérique centrale, sont employées comme succédanées du thé.

Famille des JASMINS. — JASMIN EÆ.

De Jussieu réunissait sous le nom de Jasminées des arbres et arbustes à feuilles opposées, à fleurs composées d’un calice tubuleux à 4, 5 ou 8 lobes; d’une corolle régulière monopétale à 4, 5 ou 8 lobes; de 2 étamines et d’un ovaire à deux loges surmonté d’un style simple. De cette famille, Robert Brown en a fait deux : les Jasminées vraies (iasminum et nyctanthes), à fruit bacciforme ou capsulaire, à deux loges, à graines dressées pourvues d’un albumen très-mince; et les Oléacées (olivier, lilas, frêne, etc.), à fruit bacciforme ou capsulaire, souvent unilocaire par avortement et à graines pendantes pourvues d’un albumen charnu. Les jasmins sont des arbrisseaux d’ornement, et dont les fleurs, très-odorantes, contiennent des essences qui servent dans la parfumerie. L’olivier donne un fruit alimentaire, dont on extrait l’huile d’olive. Avec les baies de ligustrum on colore les vins artificiels : le lilas est un de nos plus beaux arbustes d’ornement.

Famille des LOGANIACÉES. — LOGAMACEÆ.

C’est Robert Brown qui a créé cette famille ; Martius lui a donné le nom de Potaliées , et De Candolle celui de Strychnëes . Elle comprend une partie des anciennes Apocynées de De Jussieu. Ce sont des arbres ou arbrisseaux à feuilles opposées munies de stipules soudées au pétiole. Les fleurs ont un Calice monosépale ou à 4,5 sépales ; une corolle monopétale à 4,5 ou 10 lobes; des étamines en nombre égal à celui des lobes de la corolle; un ovaire biloculaire ou quadriloculaire, surmonté d’un style. Le fruit est ou une capsule ou une baie à deux loges monospernes, et dont les graines sont pourvues d’un albumen de consistance variable. Les loganiacées sont des arbres des régions intertropicales, dont, quelques-uns fournissent des poisons très-dangereux. L’upas Tj et teck, ce fameux suc vénéneux avec lequel les indigènes des îles de la Sonde empoisonnent leurs flèches, est produit par le Strychnos tieute ; la noix vomique est la graine

du strychnos nux vomica ; la fève de Saint-Ignace est la graine de l'ignatia cimara, etc.

Les Apocynées (Atl. IL pl. 44, fig. 18) diffèrent des loganiacées , par les feuilles dépourvues de stipules, par deux ovaires surmontés d’un seul style ; par les fruits ou follicules qui contiennent plusieurs graines aigrettées ou munies d’une aile.

Les Asclépiadées (Atl. Il, pl. 8, fig. 1), très-voisines des apocynées, en diffèrent par les étamines soudées autour du style et dont les anthères contiennent, chacune, deux masses polliniques et non du pollen pulvérulent. Les plantes de ces deux dernières familles se rencontrent à peu près sous tous les climats ; celles des pays chauds sont souvent arborescentes; celles de l’Europe tempérée sont des herbes. Elles contiennent un suc laiteux âcre qui leur donne des propriétés émétiques et purgatives. La pervenche est employée comme astringent. Le nérium ou laurier rose est un arbuste d’ornement ; plusieurs autres plantes de cette famille sont aussi ornementales. On extrait de la filasse de plusieurs ascl épias ; et le marsdenia tinctoria fournit une belle couleur bleue.

Famille des GENTIANES. — GENTIANEÆ.

Celte famille de De Jussieu comprend des herbes, rarement des sous-arbrisseaux, à feuilles opposées sans stipules; à fleurs régulières composées d’un calice persistant à 4,5, rarement 6 ou 8 sépales distincts; d’une corolle marcescente monopétale, dans le tube de laquelle sont insérées des étamines en nombre égal à celui des lobes, et dont les anthères se contournent souvent en spirale après la déhiscence ; l’ovaire est uniloculaire, surmonté d’un style simple, et d’un stigmate bifide ou à deux lamelles. Le fruit est une capsule uniloculaire, à deux placentas pariétaux sur lesquels sont attachées de nombreuses graines souvent ailées et pourvues d’un albumen charnu. Lesgentianées sont cosmopolites ; plusieurs espèces sont employées en médecine : la gentiana lutea, lerythrœa centaurium ou petite centaurée , le menyanthe ou trèfle d’eau, etc., qui sont indigènes à la France.

PLANTES DICOTYLÉDONÉES

Famille des LISERONS. — CONVOLVULACEÆ.

(Ail. Il, pl. 1, 44 et 45.)

Les plantes de cette famille créée par De Jussieu sont, le plus généralement, des herbes volubiles, toutes à feuilles alternes; à fleurs régulières, composées d’un calice à 5 sépales persistants; d’une corolle en forme d’entonnoir, entière, mais à 5 plis longitudinaux; de 5 étamines insérées au fond de la corolle; d’un ovaire à 2, 3 ou 4 loges, quelquefois incomplètes ; d’un style bifide ou de 2 styles distincts. Le fruit est une capsule à 1 ou 4 loges, à graines souvent poilues, pourvues d’un albumen mucilagineux et d’un embryon un peu arqué. Ce sont des plantes d’ornement; une, le convolvulus batatas,. fournit une racine alimentaire qui est \& patate; une autre, Yipomea purga, de Wender, Exogonium purga Benth., fournit la racine de Jalap, etc.

Les Cuscutes, plantes parasites , ont été distraites des convolvulacées pour former la famille des Cuscutées , dont le caractère différentiel est l’embryon filiforme contourné en spirale autour d’un albumen charnu. Ces plantes sont funestes à la luzerne, qu’elles envahissent et tuent par épuisement.

Les Polémoniacées , plantes herbacées non volubiles, ou quelquefois sous-arbrisseaux, se distinguent des convolvulacées : par la corolle • régulièrement lobée, par le style simple et par l’embryon droit. Les phlox , le cobea, les cantua sont des plantes d’ornement. Le polemoniwn cœruleum, vulgairement valériane grecque , est employé, dans la médecine du Nord antisyphilitique.

Les HydrophylléesetXesHydroléacées diffèrent peu des polémoniacées. Les premières s’en distinguent par l’ovaire uniloculaire, et les secondes par les deux styles distincts qui surmontent l’ovaire biloculaire. Ce sont des plantes exotiques employe'es pour l’ornement des jardins.

Famille des SOLÀNEES. — SOLANEÆ.

Cette famille est une de celles que Linné a créées; il la nomma Lu ridées; plus tard De Jussieu en fit les Solanées et Lindleyles Cestracées. Elle comprend des herbes et des sous-arbrisseaux à feuilles alternes sans stipules, et qui ont l’inflorescence extra-axillaire. Les fleurs ont un calice régulier monosépale à 4 ou 5 lobes; une corolle

Botan., T. II. 25

régulière monopétale à 4 et 5 lobes; des étamines en nombre égal à celui des lobes de la corolle ; un ovaire biloculaire ou incomplètement quadriloculaire, surmonté d’un style simple. Le fruit est une baie ou une capsule polysperme, à graines pourvues d’un albumen charnu et d’un embryon arqué ou annulaire. Les solanées sont cosmopolites; il y en a d’alimentaires, de médicinales et de vénéneuses. La pomme de terre, les tomates, les piments, les aubergines, le tabac, la jusquiame, la belladone et le stramonium appartiennent à cette famille.

Famille des BORRAGINÉES. — BORBAG1NEÆ .

C’est Linné qui a créé cette famille sous le nom de Aspêrifoliées ; De Jussieu en fit les Borraginées, et Martius la subdivisa en Borraginêes, Ehrétiacées et Héliolropicées. Toutes les plantes ont des feuilles alternes, et les fleurs régulières présentent : un calice monosépale à 5 divisions ; une corolle à 5 lobes, munie souvent, à la gorge, d’appendices de forme variable qui caractérisent certains genres ; 5 étamines^- ovaires avec un style basilaire central. Les quatre ovaires se transforment en akènes, dont la graine pendante est dépourvue d’albumen, ou pourvue d’un albumen lamelliforme. Les borraginées sont répandues sur tout le globe ; ce sont des plantes généralement émollientes. L ’anchusa tinctoria est 1 ’orcanette, dont la racine contient une substance colorante rouge.

Les genres cordia , varronia et quelques autres, que De Jussieu comprenait dans ses borraginées, en ont été distraits par Robert Brown, pour former la famille Cordiacées, qui se distingue des borraginées par l’ovaire unique à 4 ou 8 loges surmonté d’un style dichotome et 4 ou 8 stigmates. Ce sont des plantes ligneuses intertropicales.

Famille des LABIÉES. — LABIATÆ.

Les j Labiées de De Jussieu sont les Verticillatêes de Linné, et Salviées de différents auteurs. Elles ont 4 ovaires avec un style basilaire central comme les borraginées; mais les feuilles sont opposées; la corolle est irrégulière, à une ou deux lèvres; les étamines sont didy— names ou au nombre de deux, et les akènes renferment une graine dressée pourvue d’un albumen charnu. Les plantes de cette famille

PLANTES DICOTYLÉDONÉES

sont très-nombreuses et répandues sur tout le globe. La médecine lui emprunte la sauge, la mélisse, la cataire, la menthe, le thym, le basilic, le romarin et beaucoup d’autres plantes, toutes plus ou moins aromatiques. Les jardins lui doivent beaucoup d’espèces ornementales.

Famille des VERVEINES. — VERBENACEÆ.

De Jussieu nomma d’abord cette famille Vitices ; ce n’est, que plus tard qu’il adopta le nom de Verbênacêes. Les plantes de cette famille diffèrent des labiées par l’absence de glande oléifère ; par l’ovaire à 4 loges; par le fruit capsulaire ou bacciforme, à graine solitaire dressée dépourvue d’albumen. La verveine est le type de cette famille, qui comprend les genres clerodendron, vitex, lanlana, plantes ornementales; le bois de teck provient du tectona grandis.

Autour de cette famille se groupent les Myoporinêes, à ovaire souvent biloculaire et à graine renversée pourvue d’un albumen charnu; les Sélaginées , à anthères uniloculaires, dont l’ovaire est biloculaire, et les Globularinées, à ovaire uniloculaire.

Famille des SCROPHUL AIRES. — SCROPHULARLXEÆ.

(Ail, II, pl. 1, fig. 8, et pl. 45, fig. 9.)

Les Scrophularinées , de Robert Brown, comprennent les Pèdicularièes et Scrophulariées , de De Jussieu, ou les Personées et Rhinanthacées de Yentenat. Ce sont des plantes herbacées et ligneuses, à feuilles alternes ou opposées. Les fleurs sont irrégulières : le calice est à 4 ou 5 sépales distincts ou soudés entre eux ; la corolle est à 4 ou 5 lobes ou à 2 lèvres ; les étamines sont au nombre de deux ou de quatre, et alors didynames; l’ovaire est à 2 loges pluriovulées, surmonté d’un style et d’un stigmate simple ou bilobé. Le fruit est une capsule qui contient plusieurs graines pourvues d’un albumen charnu et cartilagineux. Ces plantes se trouvent sur tout le globe. Les unes, à fleurs très-jolies, sont employées dans l'ornementation des jardins (digitale, muflier, véronique, pentstemon, etc.); d’autres ont des propriétés médicinales diverses (gratiole, digitale pourprée, véronique officinale, euphraise, etc.).

Le genre Verbascum, qui offre une corolle irrégulière à 5 lobes et

5 étamines, est placé tantôt dans les scroplmlarinées, tantôt dans les solanées; M. Bentham en a fait la famille des Verbascées. Les fleurs du V. thapsus sont employées en médecine sous le nom de fleurs cle bouillon-blanc. '

Famille des AGANTHAGÉES. — ACANTHACEÆ.

(Ail. IL pl. 44, 11g. 19.)

Les plantes de celle famille, créée par De Jussieu, diffèrent peu des scrophularinées ; mais les fleurs sont accompagnées de 2 bractées; les anthères sont à 2 loges souvent, inégales, parfois même uniloculaires; et le fruit capsulaire s’ouvre avec élasticité en valves qui portent chacune deux graines dépouvues d’albumen. Ces plantes, qui ont généralement la tige noueuse , ont pour patrie les régions inîertropicales; Y acanthe, dont les feuilles ont été imitées dans la sculpture, pour l’ornement des chapiteaux de l’ordre corinthien, croît dans les régions méditerranéennes, particulièrement en Asie Mineure. Plusieurs espèces d’acanthacées sont employées dans la médecine étrangère ; en Europe, un grand nombre de ruellia, justicia, sert à la décoration des serres.

Famille des BIGNONIACÉES. — BIGNONIACEÆ.

Cette famille, créée par De Jussieu, est très-voisine de la famille des acanthacées ; elle ne s’en distingue guère que par la nature du fruit capsulaire siliquiforme, s’ouvrant en deux valves qui se séparent d’une cloison sur laquelle sont attachées de nombreuses graines ailées. Les bignoniacées sont des arbres ou des arbrisseaux, rarement des herbes des régions chaudes du globe; elles sont peu nombreuses au cap de Bonne-Espérance et à la Nouvelle-Hollande. On les cultive en Europe comme plantes d’ornement ; quelques-unes résistent en plein air dans les jardins. L’ huile de sésame est extraite des graines du sescimum orientale.

Les Pédalinées, de Robert Brown appartenaient aux bignoniacées de De Jussieu : elles n’en diffèrent que par la structure du fruit, qui est une sorte de drupe ou capsule indéhiscente, ne contenant que peu de graines. Quelques-unes, comme les martynia , sont cultivées pour la beauté de leurs fleurs, et la singularité des fruits qui, desséchés, présentent h leur sommet deux longues cornes crochues.

PLANTES DICOTYLÉDONÉES

Famille des GROBÀNCHÉES. — OROBANCHEÆ.

Cette famille, créée par Claude Richard, comprend des plantes parasites, d’une teinte jaunâtre, dépourvues de feuilles, et dont les tiges sont simplement garnies d’écailles appliquées. Le calice est monosépale ; la corolle monopétale à 2 lèvres ; les étamines au nombre de 4, didynames, à anthères quelquefois uniloculaires. L’ovaire est à \ ou 2 loges pluriovulées, comme le fruit, qui est capsulaire, et renferme de très-petites graines pourvues d’un albumen blanc transparent. Les orobancbées sont très-communes dans les régions tempérées de l’hémisphère boréal ; elles vivent sur les racines d’autres plantes.

Famille des GESNÈRIÉES. — GESNERACEÆ.

(AtL II, pi. 40,fig. 14.)

Cette famille, créée par Richard, et qui porte aussi le nom de Cyrtandracées , est le trait d’union entre les monopétales hypogynes et périgynes. Elle comprend des herbes à feuilles généralement opposées ou verticillées. Les fleurs ont un calice libre ou plus ou moins adhérent h l’ovaire; une corolle monopétale irrégulière, insérée tantôt sur le réceptacle, tantôt sur un disque qui unit le calice à l’ovaire . 4 étamines didynames à anthères très-souvent adhérentes entre elles; un ovaire supère ou plus ou moins infère, uniloculaire, avec deux placentas pariétaux. Le fruit est une baie ou une capsule contenant plusieurs graines dépourvues d’albumen, ce qui caractérise les cyrtandracées , ou pourvues d’un albumen, caractère des gesnèriées vraies. Les plantes de cette famille croissent presque toutes dans les régions tropicales; les Gesnèriées sont américaines et les Cyrtandracées asiatiques. Les achimènes, gloxynia, gesneria, etc., sont cultivées dans les serres pour l’ornement.

Famille des BRUYÈRES. — ÉRICACEÆ.

(Atl, II, pl. 1 , fig. 49.)

De Jussieu avait créé les Rhododendrées et les Ericées ; Robert Brown n’en fit qu’une famille, les Ericacées, que De Candolle redivise

en Rhodoracées, Ericacées et Vacciniées. Elle est, comme les gesnéracées, un autre trait d’union entre les monopétales hypogynes par les erica , et les périgynes par les vaccinium. Les éricacées sont des petits sous-arbrisseaux ou arbustes à fleurs régulières ou irrégulières; le calice esta 4 ou 5 sépales distincts ou plus ou moins longuement soudés entre eux ; la corolle monopétale offrant un même nombre de lobes; autant d’étamines ou en nombre double, avec des anthères s’ouvrant par des pores au sommet, et. munies généralement d’appendices sétiformes. L’ovaire est libre (supère) ou adhérent au calice (infère), à plusieurs loges, surmonté d’un style. Le fruit est ou une baie ou une capsule à déhiscence septicide, et à graines pourvues d’un albumen charnu. On a divisé cette famille en trois tribus : les éricées à anthères aristées et à ovaire supère; les vacciniées à anthères aristées et ovaire infère, les rhododendrées, à anthères non aristées et à ovaire supère. Les éricacées sont dispersées sur tout le globe; ce sont des arbustes d’ornement; les fruits de l’arbousier [arbutus) sont comestibles, et on en obtient, par la fermentation et la distillation, de l’alcool qui a très-bon goût; les baies de plusieurs vaccinium sont dans le même cas. On dit les feuilles de rhododendron narcotiques ; leurs fleurs sont charmantes et très-ornementales.

Classe des plantes dicotylédonées , monopêtales périgynes.

Fleurs pourvues d’un calice, d’une corolle monopétale insérée sur le calice, et d’un ovaire infère.

Famille des CAMPANULES. — CAMPA1VULACEÆ.

(Atl. Il, pl. 45 et 49.)

On distingue facilement les plantes de cette famille, créée par Adanson. Les feuilles sont alternes ; les fleurs régulières offrent ce singulier caractère exceptionnel dans les monopétales, que les étamines, à filet élargi, n’ont aucune adhérence à la corolle, et sont insérées sur le calice; l’ovaire est infère et le style est hérissé de poils collecteurs qui retiennent le pollen. Les Campanulacées sont cosmopolites; ce sont de jolies plantes d’ornement; le campanula rapunculus est la raiponce, dont on mange la racine et les jeunes feuilles en salade.

PLANTES D1C0TYLÉD0NÉES.

Les Goodéniacées , Stylidées et Lobéliacées, qui appartenaient autrefois aux campanulacées, s’en distinguent par leur corolle irrégulière, à tube fendu en dessus. Les premières ont 5 étamines à anthères et filets distincts; les secondes (stylidées) n’ont que deux étamines soudées entre elles par les filets et avec le style ; les Lobéliacées (Atl. II, pi. 44, fig. 22) ont 5 étamines à filets et anthères soudés en une gaine qui enveloppe le style. Ce sont des plantes exotiques à fleurs ornementales; une seule, le Lob. urens, est indigène à la France; quelques espèces sont médicinales. Le style des stylidium est très-irritable ; lorsqu’on le touche il se rejette aussitôt sur les anthères.

Famille des COMPOSÉES. — COMPOSITÆ.

(Atl. Il, pl. 5, 44 et 45.)

La famille des Composées ou Synanthérées a été créée par Vaillant. Elle comprend des plantes qu’on reconnaît à leurs capitules ou réunion de nombreuses petites fleurs sur un réceptacle commun, et enveloppées par un involuere commun, simulant ainsi une fleur. Chaque petite fleur présente : pour calice, une sorte de bourrelet circulaire ou des poils situés au sommet de l’ovaire ; une corolle monopétale tubuleuse ou fendue d’un côté et étalée en une languette nommée ligule. Les étamines, au nombre de cinq, ont des anthères soudées entre elles en un tube qui forme gaine au style bifide qui surmonte l’ovaire infère uniloculaire uniovulé ; le fruit est un akène souvent couronné d’une aigrette de poils ; la graine qu’il contient est dressée et dépourvue d’albumen. Les plantes de cette famille forment le dixième de la végétation de tous les pays ; aussi a-t-on essayé de les subdiviser en plusieurs tribus. Tournefort, prenant en considération la composition des capitules, créa les Semi-flosculeuses (PL 5, fig. 15, et pl. 44, fig. 23), pour les espèces à capitule composé de fleurs toutes ligulées ; les Flosculeuses (Pl. 5, fig. 1 6, et pl. 44, fig. 24), pour celles dont le capitule est composé exclusivement de fleurs tubuleuses; et les Radiées (PL 5, fig. 1 7, pl. 44, fig. 25, et pl. 45, fig. 1 7), pour les plantes à capitule réunissant les deux sortes de fleurs : les tubuleuses au centre formant le disque, et les ligulées à la circonférence simulant les rayons. De Jussieu admit ces trois tribus et en fit trois familles : Chicoracées , ou semi-flosculeuses ; les pinarocéphales,

ou flosculeuses, et Corymbifères, ou radiées. Depuis, Lessing, Cassini et De Candolle, ont travaillé cette famille, et il a été créé de nouvelles tribus, des ordres, des sous-ordres, des divisions et subdivisions sans nombre. Les composées ont des propriétés et qualités très- diverses. Les laitues, romaines, chicorées, cardons, artichauts, salsifis, topinambours, etc., sont alimentaires; la chicorée sauvage, l’armoise, l’absinthe, l’arnica, la camomille, la matricaire, etc., sont des plantes médicinales. On extrait de l’huile des graines du grand soleil (i helianthus annuus ), et du guizotiaoleifera ; les fleurs du carthamns tinctorius ou safran bâtard, fournissent une teinture rouge safran, dit ronge végétal ; enfin la racine de la chicorée sauvage torréfiée et pulvérisée est ce succédané du café nommé café-chicorée, etc.

Famille des DIPSACÉES. — DÏPSACEÆ.

Les Dipsacées, de De Jussieu, ressemblent beaucoup, par leurs fleurs en capitules, aux Composées; mais elles en diffèrent par l’involucelle libre qui accompagne chaque fleur ; par les étamines à anthères distinctes; par l’akène dont la graine est renversée et pourvue d’un albumen charnu. Les scabieuses sont de jolies plantes d’ornement; avec les capitules des dipsacus fullorium on confectionne des brosses pour peigner les laines.

Famille des VALÉRIANÉES. — VALERIANEÆ.

Les plantes de cette famille, créée par De Candolle, étaient placées par De Jussieu dans les Dipsacées; mais elles diffèrent par les fleurs non réunies en capitules; par l’ovaire triloculaire, et par les graines dépourvues d’albumen. Les Valérianées sont très-communes en Europe. La mâche ou doucette ( valerianella olitaria) sert en salade ; les racines de la valériane sont médicinales. Le nard indien, plante très-aromatique, serait, d’après De Candolle, le nardostachys jatamansi.

Famille des RUBIACÉES. — RUBIACEÆ.

Cette famille, créée par De Jussieu, comprend des arbres ou arbustes à feuilles, opposées stipulées, ou verticillées par suite du déve-

PLANTES DICOTYLÛDONÉES.

loppement foliacé des stipules. Les fleurs non réunies en capitules sont généralement régulières ; le calice est de 2 à 6 divisions ou dents; la corolle insérée au sommet de l’ovaire est à 4 ou 6 lobes; les étamines en nombre égal à celui des lobes de la corolle; l’ovaire infère à 2 ou plusieurs loges. Le fruit est charnu ou capsulaire, à loge monosperme, et à graine pourvue d’un albumen charnu ou corné. Les rubiacées sont de tous les pays ; celles d’Europe sont des herbes ( rubia , gallium, etc.) ; les espèces ligneuses appartiennent aux pays chauds. La médecine tire de cette famille deux de ses plus précieux médicaments : le quinquina et l’ipécacuanha. Le café fait partie de cette famille, ainsi que la garance, dont la racine produit une belle couleur rouge employée dans la teinture. L’horticulture lui doit de jolis arbustes d’ornement.

Famille des CHEVREFEUILLES. — LONICEREÆ.

C’est à cette famille que De Jussieu a donné le nom de Caprifoliacées. Elle comprend des arbrisseaux à feuilles opposées, quelquefois stipulées, et à fleurs régulières ou irrégulières, composées d’un calice à 5 divisions; d’une corolle à 5 lobes; de 5 étamines et d’un ovaire infère à 2 ou 5 lobes. Le fruit est une baie à graines renversées pourvues d’un albumen charnu. Leslonicérées sont des plantes des régions tempérées et froides. Les chèvrefeuilles, les viburnum, les weigelia sont de charmants arbustes d’ornement. Les fleurs et l’écorce du sureau sont employées dans la médecine.

Quelques auteurs ont divisé cette famille en Capri foliacées et en Sambucinées ou Yiburnées; mais les caractères sur lesquels repose celte division ne sont pas suffisants pour maintenir cette séparation.

Classe des plantes dicotylêdonées , poly pétales périgynes.

Fleurs composées de deux enveloppes, un calice et une corolle à pétales distincts ; étamines insérées sur le calice ou sur un disque qui couronne ou entoure l’ovaire.

Famille des OMBELLIFÈRES. — UMBELLIFERÆ.

(Ail. II, pl. 3, fig. 16, et pi. 44, fig. 27.)

C’est Tournefort qui a créé cette famille pour des plantes herbacées, rarement des arbustes, à feuilles alternes, sans stipules, généralement très- découpées, et à fleurs hermaphrodites disposées en ombelles. Le calice est adhérent à l’ovaire, et son limbe est souvent réduit à un simple bourrelet ; la corolle est à 5 pétales insérés sur un disque, et souvent échancrés au milieu ; les étamines sont au nombre de 5, insérées avec les pétales ; l’ovaire est infère à 2 loges uniovulées, surmonté de 2 styles renflés à leur base. Le fruit est un biakène, qui se sépare à la maturité, de bas en haut, en deux parties restant fixées à une colonne centrale nommée carpophore; chaque akène présente cinq côtes plus ou moins saillantes ou ailes, dites côtes primaires, ou seulement quatre qui sont alors dites côtes secondaires ; les intervalles de ces côtes sont appelés vallécules; dans ces vallécules et sur la face commissurale ou face interne de l’akène, se trouve, généralement, un plus ou moins grand nombre de canaux résinifères longitudinaux (en latin vittœ) ; la graine est pourvue d’un albumen charnu ou corné.

Les Ombellifères sont cosmopolites ; on en trouve jusque dans les climats les plus froids. Elles contiennent presque toutes une matière résineuse et une huile volatile, surtout dans les fruits ; c’est à la présence de ces substances qu’elles doivent leurs propriétés aromatiques et stimulantes. Quelques-unes sont employées en médecine : le fenouil, le carvi, l’anis, le cumin, la coriandre, etc. ; d’autres sont des poisons, comme la ciguë vireuse et la petite ciguë. La carotte, le panais, le céleri, le cerfeuil, le persil, etc., sont en usage dans l’art culinaire ; en Amérique, les racines de l’arracacha sont alimentaires ; on prépare les pétioles de l’angélique pour la confiserie. L’assa-fœtida est une résine médicinale produite par un ferula; le galbanum, la gomme ammoniaque, sont des gommes-résines fournies, la pre-

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m i ère par le bubon galbanum, et la seconde par le dorema ammo niacwm.

La famille des Araliacées (Atl. II, pl. 8, fig. 6) est très-voisine des ombellifères; elle en diffère par l’inflorescence ou ombelles simples disposées généralement en grappes ou en panicules; par l’ovaire souvent à cinq ou dix loges; par les styles en nombre égal à celui des loges, mais surtout par le fruit qui est une baie. Elle comprend des arbrisseaux des régions tropicales ou subtropicales; le lierre et l’adoxa sont les deux seules espèces indigènes à l’Europe. Lejin-seng, cette fameuse panacée des Chinois, est la racine du panax jin-seng de Nées, ou panax quinque folium de Linné ; au Japon, on mange les racines de Yaralia edulis comme ici la scorsonère et les salsifis. Les aralia arborescents sont très-recherchés, pour l’ornement des appartements, comme plantes à beau feuillage.

Les Cornées sont des arbres et des arbrisseaux des régions tempérées et froides de l’hémisphère boréal; cette famille se distingue des précédentes par ses fleurs composées de 4 parties, et par le fruit charnu drupacé qui contient un noyau à 2 ou 3 loges, ou uniloculaire par avortement. On attribue à l’écorce du cornouiller des propriétés astringentes; les fruits du cornus mas , nommés cornes ou cornouilles, sont comestibles ; ceux du benthamia, arbre du Népaul et du Japon, ressemblent à des fraises et sont très-estimés des Japonais. Le cornus florida, originaire de l’Amérique septentrionale, est un très-bel arbre d’agrément; son écorce est, dit-on, fébrifuge.

Les Loranthacées, plantes ligneuses parasites, dont le gui est le seul représentant de cette famille en Europe, sont caractérisées, surtout par leur parasitisme, leur feuillage épais, leurs fleurs dont les pétales sont souvent soudés entre eux, et les étamines opposées aux pétales; le fruit est charnu monosperme. Le gui était l’arbre sacré des druides; on fait de la glu avec ses fruits; dans l’Inde, le loranthus bicolor est regardé comme antisyphilitique.

Famille des SAXIFRAGES. — SAXIFRAGEÆ.

La famille des Saxifragées, de De Jussieu, comprend les Cunoniacées et les Escalloniêes de Robert Brown. Elle est caractérisée par un calice adhérent plus ou moins longuement à l’ovaire ; par 5 pétales; 5, rarement 10 étamines; un ovaire infère ou semi-infère

biloculaire ou uniloculaire, terminé par 2 styles distincts persistants. Le fruit est une capsule qui renferme plusieurs graines pourvues d’un albumen charnu. Les saxifragées indigènes sont des herbes un peu charnues;' les espèces exotiques sont arborescentes et appartiennent aux régions tempérées de l’Amérique, mais surtout à l’Australie, au Cap et au Japon. Les hydrangea, cunonia, escallonia sont de très-beaux arbustes d’ornement; les saxifrages sont également des plantes ornementales.

. Les Francoacêes et Phiïadelphées ne présentent pas assez de différences pour être séparées des saxifrages.

Les Ribésiacées ou Grossulariées de De Candolle sont des arbrisseaux qui se distinguent des saxifragées par l’ovaire exactement infère, uniloculaire à 2 placentas pariétaux, et parle fruit bacciforme. Certaines espèces de groseilliers donnent des fruits comestibles, avec lesquels on prépare des sirops rafraîchissants. Les plantes de cette famille croissent spontanément dans les régions tempérées et froides de l’hémisphère boréal.

Famille des CUCURBTTACÉES. — CUCÜRB1TACEÆ.

Cette famille, créée par De Jussieu, comprend des herbes grimpantes, munies de vrilles stipulâmes et de feuilles alternes. Les fleurs sont généralement unisexuées, monoïques ou dioïques, rarement hermaphrodites, et présentent : un calice monopétale à 5 dentsou lanières; une corolle à 5 pétales distincts ou soudés entre eux et insérés au sommet du tube du calice ; 5 étamines distinctes ou monadelphes ou soudées par deux ; un ovaire infère à une ou plusieurs loges pluriovulées et surmonté d’un stylecouronné par 3 stigmates épais frangés ou lobés. Le fruit est une baie qui atteint parfois jusqu’à 1 mètre de diamètre, comme dans les potirons, et dont les graines aplaties sont dépourvues d’albumen. Le plus grand nombre des espèces de cucurbitacées croît dans l’Asie et dans l’Amérique méridionale; la France ne possède que la bryone. Les fruits de plusieurs espèces sont alimentaires, comme le melon, le potiron, le cornichon ; d’autres sont usités en médecine comme purgatifs, émétiques, etc ; tels sont, la coloquinte, le momordica purgans, etc..

Les Bégonicicées (Atl. II, pl. 45, fig. 12), charmantes plantes d’ornement par leurs fleurs et par leurs feuillages panachés, sont voisines

PLANTES D1C0TYLÉD0NÉES.

des cucurbitaeées, dont elles diffèrent par leurs feuilles inéquilatérales, c’est-à-dire que la nervure médiane ne partage pas en deux moitiés égales le limbe, et qu’un des lobes est toujours plus grand; par les stipules membranacées; par l’ovaire à 3 angles ou à 3 ailes, et par la fleur à 4 folioles pétaloïdes, dont 2 plus extérieures simulant le calice. Les bégoniacées sont toutes des plantes des régions tropicales.

Famille des CACTÉES. — CACTEÆ.

Cette famille, créée par Linné, et à laquelle on a donné aussi les noms de Nopalées , O pont lacées , comprend des plantes grasses, dépourvues généralement de feuilles, à fleurs hermaphrodites, chez lesquelles le calice est composé de nombreuses lanières pétaloïdes qui se confondent avec les pétales vrais, également en nombre souvent indéfini ; les étamines sont très-nombreuses, multisériées. L’ovaire infère uniloculaire, à plusieurs placentas pariétaux, est surmonté d’un style couronné par des stigmates linéaires en nombre égal à celui des placentas. Le fruit est une baie hérissée de poils épineux, contenant plusieurs graines dépourvues d’albumen, ou offrant un albumen très-mince. Les cactées sont des plantes des pays tropicaux.

Les Ficoïcles ou Mésembrycmthémées se distinguent des cactées par la présence de feuilles très-épaisses, charnues, et principalement par l’ovaire pluriloculaire, à loges souvent très-nombreuses, couronné par autant de stigmates qu’il y a de loges. Ces plantes, presque toutes ornementales, sont originaires du cap de Bonne-Espérance et de la Nouvelle-Hollande.

Les Portulacèes diffèrent des mésembryanthémées par le nombre défini des pétales, 4 ou 6, et parfois par l’absence de la corolle; par les étamines en nombre égal ou double de celui des pétales. La tétragone et le pourpier sont des plantes alimentaires; quelques espèces sont ornementales.

Famille des PASSIFLORÉES. — PASS1FLOREÆ.

La famille des Pcissiflorées, créée par De Jussieu, comprend des arbrisseaux grimpants, à feuilles alternes munies de stipules, et pourvues de vrilles axillaires. Les fleurs sont hermaphrodites régulières et présentent : un calice monosépale à 5 divisions , 5 pétales ,

une couronne de staminodes ; 5 étamines, insérées tantôt au fond du calice, tantôt sous l’ovaire, qui est alors porté par un gynophore; l’ovaire est uniloculaire à 3 placentas pariétaux, surmontés de 3 styles terminés chacun par un stigmate capité. Le fruit est une baie qui renferme des graines munies d’un albumen charnu. Les passiflorées appartiennent presque toutes à la flore tropicale, particulièrement à l’Amérique. Ce sont des plantes ornementales ; le fruit de quelques-unes est alimentaire; il contient une pulpe vineuse acidule'e très-agréable. La passiflora rubra fournit un sirop ou une teinture qui aurait, dit-on, les propriétés de l’opium ; d’autres sont diurétiques, anthelmintiques, fébrifuges, etc.

Les Malesherbiacêes sont des herbes dressées, voisines des passiflores, desquelles elles diffèrent : par l’absence de stipules ; par la couronne membraneuse qui garnit la gorge du calice, et par le fruit qui est une capsule.

Les Loasées se distinguent des passiflorées par l’absence de stipule et de la couronne; par l’ovaire infère surmonté d’un style simple, etc.

Les Turnéracées ont, comme les trois familles précédentes, l’ovaire uniloculaire à placentas pariétaux ; mais elles diffèrent des deux premières par l’absence de gynophore et de couronne, et de la dernière par les 3 styles surmontant l’ovaire qui est supère.

Famille des ONAGRES. — OENOTHEREÆ.

(AU. Il, pl. 39, fig. 8.)

Les Onagres sont des herbes ou des arbrisseaux à feuilles dépourvues de stipules. Les fleurs, toujours régulières, ont un calice adhérent à l’ovaire, se prolongeant généralement au-dessus, en un tube plus ou moins long, découpé à son sommet en 4, rarement 2 divisions; une corolle à 4, rarement 2 pétales insérés au sommet du tube calicinal; 4 ou 8 étamines; un ovaire infère à 4, rarement 2 loges, surmonté d’un long style couronné par autant de stigmates qu’il y a de loges à l’ovaire. Le fruit est variable ; mais les graines qu’il renferme sont toutes dépourvues d’albumen. Les plantes de cette famille, créée par De Jussieu, sous le nom de Onagrariées, sont répandues à peu près sur tout le globe ; mais elles sont plus nombreuses dans les régions tempérées de l’Amérique et de l’Asie. Les fuchsia, les gaura,

PLANTES DICOTYLÉDONÉES

œnothera, clarkia, sont de très-jolies plantes d’ornement; quelques espèces sont employées en médecine.

Les Haloragées, plantes aquatiques, diffèrent peu des énothérées ; on les distingue très-facilement au port et par la graine, qui est pourvue d’un albumen charnu.

Les Lythrariées sont également très-voisines des énothérées, mais elles en diffèrent par l’ovaire qui est supère.

Famille des MÉLASTOMACÉES. — MELASTHOMACEÆ.

(Atl. II, pl. 44, fig. 31.)

Les plantes de cette famille, créée par De Jussieu, ont un port tout particulier qui les fait reconnaître à la simple vue ; ce sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles opposées sans stipules, à plusieurs nervures longitudinales saillantes. Les fleurs sont régulières et offrent: un calice à tube campanulé persistant et à 5, rarement 4 lobes; une corolle à 5 ou 4 pétales; des étamines en nombre égal à celui des pétales ou en nombre double, et alors 5 sont plus petites et souvent stériles ; les anthères, qui s’ouvrent par deux pores à leur sommet, sont souvent munies d’une sorte d’éperon ; l’ovaire est tantôt supère, tantôt infère, pluriloculaire, à style simple. Le fruit est polysperme, à graines dépourvues d’albumen.

Les Mélastomacées appartiennent généralement à la flore tropicale de l’Amérique ; elles sont peu nombreuses en Afrique et en Asie ; il n’y en a aucune en Europe.

Les Mémécylées ne diffèrent pas assez des mélastomacées pour constituer réellement une famille distincte.

Les Combrétacées ont également quelque analogie avec les mélastomacées, mais on les distingue : par les anthères qui s’ouvrent longitudinalement; par l’ovaire uniloculaire, et le fruit qui est monosperme par avortement; dans cette famille la corolle manque souvent.

Famille des RHAMNEES. — RHAMNEACEÆ.

De Jussieu avait réuni, sous le nom de Rhamnêes, des plantes qui appartiennent actuellement aux familles suivantes :

La famille des Rhamnêes , de Robert Brown, comprend des arbres

à feuilles simples, munies de stipules; à fleur présentant un calice monosépale, ordinairement quinquéfîde, et dont la gorge est garnie d’un disque sur lequel sont insérés les pétales et les étamines au nombre de 5, rarement 4 ; l’ovaire, tantôt libre, tantôt enchâssé dans le disque, est ordinairement à 3 loges, rarement à 2 ou 4, et surmonté d’autant de styles qu’il y a de loges. Le fruit est une drupe à noyau bi-triloculaire, ou une capsule à 3 coques, dont les graines sont pourvues d’un albumen charnu. Les rhamnées sont très-abondantes sous les tropiques, très-rares en Europe ; certaines contiennent un principe amer, purgatif, astringent, comme le rhamnus catharticus L.; d’autres fournissent des matières colorantes, jaunes et vertes, entre autres le beau vert de la Chine. La jujube est le fruit pectoral du zizyphus vulgaris; Xhovenia dulcis produit un fruit dont le pédoncule est charnu, pyriforme, et comestible chez les peuples du Japon et de la Chine.

Les Ilicinées ou famille des houx comprennent des arbres à feuilles persistantes dépourvues de stipules, et diffèrent des rhamnées par la corolle souvent monopétale à 4 ou 6 divisions, insérée, comme les étamines, sur le réceptacle ; 4 ou 6 étamines, etc.

Les Célastrinées diffèrent principalement des rhamnées, par Larille coloré qui enveloppe les graines, et les Staphyléacées, par le fruit capsulaire ve'siculeux.

Les Hippocraiéacées sont admirablement caractérisées par la fleur composée d’un calice et d’une corolle à 5 parties, et qui n’a que 3 étamines.

Les Pittosporées se rapprochent beaucoup des ilicinées par l’insertion hypogynique des pétales et des étamines; mais elles en diffèrent par le nombre 5 des pétales et des étamines.

Famille des MYRTACÉES. — MYRTACEÆ.

Cette famille, qui doit son nom au myrte, a été créée par De Jussieu, pour des arbres à feuilles généralement opposées, offrant des ponctuations transparentes. Les fleurs sont régulières; le calice est adhérent, à plusieurs lobes; les pétales sont en nombre égal à celui des divisions calicinales; les étamines nombreuses, souvent en nombre indéfini, sont insérées avec les pétales, sur un disque qui tapisse la gorge du calice; l’ovaire est infère, tantôt uniloculaire, ou tantôt

PLANTES DICOTYLÉDONÉES

à deux ou plusieurs loges pluriovulées, surmonté d’un style simple. Le fruit est une baie sèche ou une capsule; les graines sont dépourvues d’albumen. Les Myrtacées appartiennent presque toutes à la flore exotique ; elles sont nombreuses dans les régions intertropicales, en Amérique et à la Nouvelle-Hollande; le myrte commun appartient à l’Europe méridionale. Cette famille fournit des substances médicinales stimulantes, astringentes et aromatiques; des bois très-durs, comme les Eucalyptus ; les boutons du giroflier sont les clous de girofle de l’art culinaire; lagoïave est un excellent fruit produit par un arbre de l’Amérique, du genre Eugenici ; le grenadier, dont on a fait la famille des Granatées, donne un fruit qui contient des graines enveloppées d’une pulpe sucrée très-agréable; l’écorce de la racine est employée pour la destruction du tœnia.

Famille des ROSACÉES. — ItOSACEÆ,

(Atl. II, pl. 1, fig. 15, pl. 3, fig. 30, et pl. 5, fig. 11.)

Grande famille de De Jussieu, et qui comprend des types trèsdivers. Elle a été subdivisée en plusieurs sous-familles qu’on peut facilement caractériser :

1° Pomacées, arbres ou arbrisseaux à feuilles alternes munies de stipules caduques; fleur régulière ayant un calice adhérent à 5 lobes; 5 pétales; étamines indéfinies; un ovaire infère à plusieurs loges, généralement 5 ; style en nombre égal à celui des loges ; fruit bacciforme à graines ascendantes dépourvues d’albumen. Le pommier, le poirier sont les types de cette sous-famille.

2° Rosacées, herbes ou arbrisseaux à feuilles alternes, munies de stipules adhérentes au pétiole; fleur régulière ayant un calice monosépale, libre, généralement à 5 divisions; 5 pétales et des étamines indéfinies insérées sur le calice; ovaires ordinairement nombreux, implantés sur un réceptacle saillant, ou dans l’intérieur du tube calicinal, et ayant chacun un style qui est souvent latéral. Le fruit est composé, plus ou moins charnu, et à graines dépourvues d’albumen. Tels sont les rosiers, les fraisiers, les ronces, les potentilles, etc.

3° Les Amygdalêes, arbrisseaux ou arbres à feuilles alternes munies de stipules libres caduques; fleur régulière ayant un calice monosépale libre, à 5 divisions; 5 pétales et étamines indéfinies insérées

Botan., T, II, 26

sur le calice ; un ovaire supère uniloculaire, surmonté d’un style ; fruit drupacé à graine dépourvue d’albumen : les cerisiers, amandiers, pruniers, pêchers, etc., appartiennent à cette division.

Les Rosacées sont cosmopolites; on en rencontre depuis l’équateur jusqu’aux régions les plus froides. On connaît les produits alimentaires qu'elles fournissent par les arbres fruitiers, et les charmantes fleurs que procurent les rosiers, spirea, kerria, potenlilles, etc. Le fameux cusso ou coasso , qui tue presque instantanément le ver solitaire ou tamia, est une poudre obtenue par la pulvérisation des fleurs du brayera anthelminthica , arbuste de l’Abyssinie. La médecine emploie beaucoup d’autres plantes de cette famille comme astringents toniques, stimulants, etc., et même des poisons ; l’amande amère, par exemple, qui produit au contact de l’eau de l’acide prussique, le prunus lauro cerassus, etc., etc.

C’est à la suite de cette famille qu’il faut placer les Chrysobolanées et Calicanthées qui appartenaient autrefois aux rosacées, desquelles elles diffèrent très-peu.

Famille des LÉGUMINEUSES. — LEGUMINOSÆ.

( Atl. H, pl. 3, fig. 31 ; pl. 5, fig. 13 ; pl. 44, fig. 32.)

C’est du fruit nommé gousse, en latin legumen, que vient le nom de cette famille entrevue par Linné et qui cependant offre, comme les rosacées, plusieurs types pour lesquels les botanistes modernes ont créé les sous-familles ou groupes suivants :

1° Les Papilionacées ou plantes à fleurs irrégulières, composées d’un calice monosépale à cinq dents souvent inégales, d’une corolle offrant cinq sépales, dont un supérieur redressé nommé pour cette raison étendard , deux inférieurs rapprochés et appliqués l’un contre l’autre simulant la carène d’un vaisseau, d’où le nom de carène qui leur a été donné, et enfin deux latéraux appliqués sur la carène et appelés ailes. Les étamines sont au nombre de dix, monadelphes ou diadelphes; l’ovaire est uniloculaire terminé par un style plus ou moins arqué. Le fruit est uniloculaire ordinairement polysperme et s’ouvrant en deux valves. Parmi les plantes papilionacées, nous citerons le pois, le haricot, la gesse, la luzerne, le trèfle, le genêt, le cytise, la réglisse, etc.

PLANTES DICOTYLÉDONÉES

2° Les Swartziées , arbres exotiques dont les fleurs sont irrégulières, mais n’offrent pas la symétrie de la fleur des papilionacées; elles en diffèrent encore par les étamines distinctes.

3° Les Mimosées, arbres, rarement herbes, à fleur régulière composée d’un calice monosépale à 4 ou 5 dents, de pétales en nombre égal à celui des dents calicinales, d’étamines en nombre double de celui des pétales et quelquefois en nombre indéfini.

La famille des Légumineuses est très-riche en produits de toutes sortes; elle comprend des plantes dont les graines sont alimentaires : haricot, pois, fève etc.; des fourrages pour les animaux, luzerne, sainfoin, gesse, vesse, trèfle etc.; des plantes et des substances médicinales, mélilot, casse, séné ; des écorces, des résines, des gommes et entre autres la gomme arabique que produisent plusieurs acacias de l’Afrique et de l’Asie, les baumes du Pérou, de tolu, de copahu, l’oléo-résine, etc.; des matières tinctoriales, telles que le bleu indigo extrait de X indigofera tinctoria et quelques autres ; des bois de teintures, de Campêche, du Brésil, de sappan, etc., etc.; enfin des matières odorantes comme la fève tonka, qui est la graine du dipteris odorat a.

Famille des TÉRÉBINTACÉES. — TEREBINTHACEÆ.

Cette famille, telle qu’elle a été créée dans le généra plantarum par De Jussieu, comprenait des végélaux très-différents, qui ne permettaient pas d’établir une diagnose sérieuse ; les botanistes modernes en ont fait plusieurs familles.

Les Juglandées de De Candolle sont des arbres à feuilles alternes, composées irnparipennées , sans stipules : les fleurs sont unisexuées, monoïques ; les mâles, disposées en chatons allongés, ontun calice monophylle à plusieurs lobes, et des étamines en nombre variable, point de corolle. Les fleurs femelles, agrégées plusieurs au sommet d’un pédoncule commun, sont composées d’un calice adhérent à l’ovaire, à 3 ou 5 dents très-petites ; corolle nulle ou à pétales très-petits insérés au sommet du calice; l’ovaire est infère à 2 ou 4 loges inférieurement, uniloculaire supérieurement et ne contenant qu’un seul ovule. Le fruit est une drupe dont le noyau s’ouvre en deux valves, et contient une seule graine cérébriforme dépourvue d’albumen. Les juglandées appartiennent presque toutes à l’Amérique boréale ;

c’est plutôt une famille apétale , voisine des cupuliférées, qu’une famille polypétale; les fruits du noyer commun sont comestibles, on en extrait une huile bonne à manger ; le bois de noyer a un joli grain et est employé pour la fabrication des meubles.

La famille des Anacardiées d’Endlicher., comprend les Anacardiêes et Cassuviées de R. Brown, qui sont des arbres à feuilles simples ou composées non stipulées; les fleurs sont souvent unisexuées par avortement, le calice est libre ou adhérent à 3 ou 5 lobes; les pétales sont en nombre égal à celui des lobes calicinaux, les étamines sont en même nombre ou double ; l’ovaire est supère ou infère uniloculaire uniovulé, surmonté d’un ou de plusieurs styles. Le fruit est une drupe dont la graine est dépourvue d’albumen. Les anacardiées sont fréquentes dans les régions intertropicales, elles sont rares dans l’Europe méridionale; le mangifera donne un gros fruit comestible nommé mangle, très-estimé en Asie et Amérique ; le pistacia fournit la pistache ; d’autres produisent des résines employées à différents usages ; la médecine trouve dans cette famille des médicaments ; certains sumacs ont un suc laiteux très-vésicant.

Les Burséracées diffèrent des deux précédentes par l’ovaire à 2 ou 5 loges complètes contenant chacune deux ovules; ce sont des arbres qui habitent les mêmes régions que les anacardiacées ; plusieurs fournissent des résines, des baumes, encens, etc.; quelquesuns de ces baumes ont des propriétés médicinales.

Les Connaracées se distinguent par la pluralité des ovaires; ce sont des arbrisseaux sans importance.

Famille des CRASSULACÉES. — CRASSULACEÆ.

(Atl. II, pl. 3, fig. 17 et pl. 8, fig. 3.)

C’est De Jussieu qui a établi cette famille sous le nom de Sempervivées , Ventenat l’appelait Succuleniées et c’est De Candolle qui l’a nommée Crassulacées . Elle comprend des herbes ou rarement des sous-arbrisseaux plus ou moins charnus qu’on nomme vulgairement plantes grasses. Les fleurs ont un calice monosépale quinquéfide multifide ; des pétales insérés au fond du calice, en nombre égal à celui des divisions calicinales, quelquefois soudés entre eux en corolle monopétale; les étamines en nombre égal ou double de celui des pétales ; les ovaires sont au nombre de 5, 10 ou 20, dis-

PLANTES DICOTYLÉDONÉES

tincts et supères, et deviennent à la maturité des follicules contenant plusieurs graines très-petites, pourvues d’un albumen charnu. Cette famille est une famille cosmopolite ; elle fournit des médicaments et de jolies plantes d’ornement.

Classe des plantes dycotylédonées , polypétales hypogynes.

Fleurs composées de deux enveloppes, un calice et une corolle à pétales distincts et d’étamines insérées sur le réceptacle au-dessous de l’ovaire.

Famille des RUTACEES. — RUTACEÆ.

La famille des Rutacêes de De Jussieu a été démembrée et constitue maintenant trois familles :

Les Rutacêes vraies, herbes ou sous-arbrisseaux à feuilles alternes très-souvent glanduleuses, à fleurs régulières offrant un calice persistant à 4 ou 5 lobes, 4 ou 5 pétales, un nombre double ou triple d’étamines; un ovaire implanté dans un disque glanduleux et profondément divisé en 2, 3 ou 5 lobes qui correspondent à autant de loges et entre lesquels lobes est situé un style ordinairement simple ; Je fruit est une capsule qui renferme quelques graines pourvues d’un albumen charnu. Les plantes de cette famille appartiennent à la région méditerranéenne ; la ruta graveolens est une plante dont l’emploi est très-dangereux.

Les Zygophyllées diffèrent des rutacêes par les feuilles opposées stipulées, l’ovaire non lobé , et les étamines insérées sur le dos d’écailles hypogynes. Ce sont des herbes et des arbres des régions extratropicales et dont quelques espèces s’avancent jusque dans la région méditerranéenne. Le Gayac, arbre des Antilles et qui joue un certain rôle dans la pharmacie, appartient à cette famille.

Les Diosmées , petits arbrisseaux d’ornement très-répandus au cap de Bonne-Espérance et à la Nouvelle-Hollande , se distinguent par plusieurs ovaires libres, en nombre égal à celui des pétales ; l’angusture vraie est l’écorce d’un arbre de cette famille.

Autour des rutacêes se groupent les Ochnacêes de De Candolle, arbres des régions tropicales , à plusieurs ovaires uniloculaires

(4 ou 5), implantés dans un gynophore qui porte le style au centre; les Simarubées, de Richard, arbres des mêmes régions, et qui s’en distinguent par les étamines insérées sur le dos d’écailles hypogynes; et les Zanthoxylêes d’Adrien de Jussieu, arbres à fleurs le plus ordinairement unisexuées.

Famille des GÉRANIACÉES.!— GERANIACEÆ.

Les Gérctniacées de De Jussieu sont des herbes à tiges articulées, ou des sous-arbrisseaux à feuilles munies de stipules foliacées ou scarieuses; leurs fleurs sont régulières ou un peu irrégulières et offrent un calice à cinq sépales distincts, cinq pétales, dix étamines, dont cinq ou trois sont quelquefois privées d’anthères; le centre est occupé par cinq ovaires uniloculaires soudés, ainsi que les styles, autour d’une colonne centrale, de laquelle ils se détachent à leur maturité, constituant alors autant décapsulés qui renferment chacune une graine dépourvue d’albumen. Cette famille comprenait : 1° le genre tropœolum ou capucine, devenu le type de la famille des Tropœolêes, qui est différent des géraniacées par le calice éperonné et huit étamines ; 2° le genre Balsamina qui constitue actuellement la famille des Balsaminées d’Achille Richard, ayant pour caractère l’irrégularité du calice, cinq étamines, et la capsule uniloculaire s’ouvrant avec élasticité à la maturité ; 3° enfin le genre Oxalis, types des Oxalidées de De Candolle, qui diffèrent des Géraniacêes par les feuilles composées dépourvues de stipules, par l’ovaire à cinq loges surmonté de cinq styles distincts, et par les graines pourvues d’un albumèn charnu. Les plantes de ces différentes familles sont, pour la plupart, des plantes d’ornement. L 'oxalis crenata produit des tubercules alimentaires.

La famille des Linêes ou des lins, que De Candolle a extraite des caryophylléesdeDe Jussieu, paraîtassez voisine de la famille des géraniacées, dont elle diffère par les feuilles non stipulées, par les étamines en nombre égal à celui des pétales (5, rarement 4) et par l’ovaire à cinq loges subdivisées chacune incomplètement en deux logettes, ce qui la distingue des oxalidées, et enfin par 3 ou 5 styles filiformes distincts. On trouve des linées dans tous les climats tempérés; plusieurs espèces sont indigènes de France. On cultive le Linum usitatissimum pour sa graine employée en médecine et qui fournit de l’huile; pour sa tige de laquelle on obtient de la filasse.

PLANTES DIC0TYLÉD0NÉES

Famille des ORANGERS. — AURANTIACEÆ.

De Jussieu avait réuni dans ses Auranliacêes , des plantes très-dissemblables qui actuellement sont les types de plusieurs familles, telles que Olacinées, Ternstrœmiacées, etc. La famille des Aurantiacées des botanistes modernes comprend des arbres ou arbustes dont presque tous les organes offrent des glandes oléifères plus ou moins saillantes; les feuilles sont composées; quelquefois unifoliolées; les fleurs, régulières, ont un calice urcéolé entier ou à 4 ou 5 dents; 4 ou 5 pétales; des étamines en nombre double ou multiple de celui des pétales, distinctes ou monadelphes ; un ovaire à 4 ou 5 loges, souvent multiloculaire ; un style simple terminé par un stigmate capité. Le fruit est une baie sèche ou charnue à plusieurs loges ou uniloculaire par avortement, et à loges ne contenant ordinairement qu’une seule graine dépourvue d’albumen. Les Aurantiacées appartiennent en grande partie à l’Asie tropicale; les propriétés et qualités des oranges, citrons, limons et fleurs d’oranger sont connues.

Les Ternstrœmiacées s’en distinguent par les feuilles simples non composées, quelquefois non ponctuées, par les étamines en nombre indéfini, et par les graines en nombre aussi indéfini dans chaque loge et pourvues d’un albumen charnu. Ce sont des arbres et arbustes exotiques. Le camellia est japonais: la thé croît spontanément en Chine; le Cochlospermum tinctorium, originaire du Sénégal, a des racines qui fournissent une matière tinctoriale jaune, et le C. Gossypium du même pays exsude de son tronc une gomme analogue à la gomme adragante.

La petite famille des Chlénacées diffère des ternstrœmiacées par l’involucre qui accompagne l’inflorescence et l’involucelle dont est munie chaque fleur, et qui, tous deux, persistent jusqu’à la maturité du fruit capsulaire à trois loges monospermes.

Les Humiriacées et les Olacinées sont deux autres petites familles de ce groupe à étamines monadelphes et voisines des précédentes; toutes deux ont le fruit drupacé.

Dans les Humiriacées le noyau est à 4 ou 5 loges; dans les Olacinées le noyau est uniloculaire.

Famille des MÉLIACÉES. — MELÏACEÆ.

Les Mêliacêes de De Jussieu sont des arbres à feuilles alternes simples ou souvent profondément découpées, quelquefois composéespennées, sans stipules. Les fleurs ont un calice à 4 ou 5 sépales parfois soudés inférieurement, des pétales au nombre de 4 ou 5 insére's sur un disque hypogyne, des étamines en nombre double à filets soudés dans toute leur longueur en un tube plus ou moins long dans lequel sont les anthères; l’ovaire est à plusieurs loges surmonté d’un style simple. Le fruit est bacciforme ou capsulaire, à graines solitaires dans chaque loge et souvent munies d’un arille et avec ou sans albumen. Les arbres de cette famille croissent presque tous aux environs des tropiques. Le melia azedarach , très-bel arbre d’ornement originaire de l’Afrique et de l’Asie tropicales, est propagé dans les régions méditerranéennes; presque toutes les méliacées contiennent un principe amer qui détermine des accidents souvent trèsgraves.

Les Cédrélacêes de Robert Brown sont des arbres que De Jussieu avait réunis aux méliacées, mais qui en diffèrent par le fruit capsulaire à déhiscence septifrage, et dont les loges renferment de nombreuses graines ailées. C’est à cette famille qu’appartiennent l’acajou à meuble ( Swietenia mahogoni), le cedrcla odorata, et d’autres espèces de ce genre dont l’écorce est employe'e en médecine.

Famille des CLUSIACÉES. — CLIÎSIACEÆ.

C’est cette famille que De Jussieu appelait Guttijères à cause du suc résineux jaune dont est imprégné le tissu ligneux et cortical des arbres qu’elle comprend. Le plus généralement les rameaux de ces arbres sont quadrangulaires articulés; les feuilles sont toujours opposées simples, épaisses, à nervures secondaires très-souvent transverses, peu saillantes; les fleurs sont grandes, le calice est nu ou accompagné de bractées, à 2, 4 ou 8 sépales imbriqués, les extérieurs plus petits ; les pétales en nombre égal ou double de celui des sépales sont insérés sur un réceptacle charnu ; les étamines sont nombreuses, distinctes ou monadeiphes inférieurement; l’ovaire est à plusieurs loges, surmonté d’un style simple ou d’un stigmate sessile

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pelté et lobé. Le fruit est une capsule à plusieurs loges polyspermes, ou une baie multiloculaire à loges monospermes et à graines sans albumen, munie d’un arille qui les enveloppe complètement ou qui ne forme qu’une cupule à la base. Ces arbres sont presque tous des régions tropicales ; c’est le gamboja guitœ qui produit la gommegutte, belle couleur jaune employée dans les arts; plusieurs clusia sont considérés en Amérique comme vulnéraires ; l’écorce du clusia psendochina est, dit-on, employée au Pérou pour falsifier l’écorce du quinquina; les résines des tovomita, havetia, elc.,sont balsamiques; le fruit du mammea est alimentaire; avec les fleurs du mammey, on prépare en Amérique une liqueur digestive nommée eau -de -créole.

Les Marcgraviacées diffèrent des clusiacées par les feuilles, qui sont alternes; aux Antilles, on attribue aux tiges et aux feuilles de ces arbres des propriétés antisyphilitiques et diurétiques.

Famille des MILLEPERTUIS. — HYPERICINEÆ.

Cette famille, créée par De Jussieu, comprend des arbres et des herbes à feuilles opposées ponctuées glanduleuses et à fleurs régulières généralement de couleur jaune. Le calice est persistant à 4 ou 5 sépales distincts ou plus ou moins soudés inférieurement; les pétales sont en nombre égal à celui des sépales, et les étamines très-nombreuses distinctes ou monadelphes inférieurement ou réunies en autant de faisceaux qu’il y a de pétales avec lesquels elles alternent; l’ovaire est à 3 ou 5 loges incomplètes par l’introflexion des bords carpellaires qui portent plusieurs ovules ; les styles sont distincts et en nombre égal à celui des loges. Le fruit est une capsule à une ou plusieurs loges et qui renferme plusieurs graines dépourvues d’albumen. Les' hypérici nées appartiennent aux climats chauds et tempérés; plusieurs sont indigènes de France, et dans certains pays on leur attribue des propriétés médicinales.

On rapproche de cette famille les Réaumuriacées et les Tamaris cinées , arbustes d’un port très-différent. Les réaumuriacées ont les feuilles alternes non ponctuées, plus ou moins charnues, et les graines sont pourvues d’albumen; ce sont des arbrisseaux de l’Asie Mineure. Les tamariscinées dont nous avons en France un représentant, le tamaris gallica , sont de charmants arbrisseaux, à feuilles très-petites écailleuses, alternes et à fleurs petites disposées en très-

élégants panicules ; les étamines sont en nomhre égal ou double de celui des pétales; le fruit uniloculaire à graines dépourvues d’albumen.

Famille des VIGNES. — VÏNÏFEREÆ.

Cette famille, créée par De Jussieu, est encore désignée sous le nom de Ampélidées par Kunth, et Sarmentacèes par Ventenat. Elle comprend des arbrisseaux grimpants à feuilles alternes, quelquefois opposées dans la partie inférieure des rameaux ; ils sont munis de vrilles opposées aux feuilles. Les fleurs très-petites ont un calice monosépale souvent entier, 4 ou 5 pétales très caducs, 4 ou 5 étamines opposées aux pétales, caractère très-distinctif. Le fruit est une baie à graines osseuses, pourvues d’un albumen cartilagineux. La vigne appartient à cette famille.

Famille des SAPINDACÉES. — SAPÏNDACEÆ.

. Les Sapindacêes de De Jussieu sont des arbres, rarement des herbes, à feuilles alternes, simples, mais le plus souvent composées avec ou sans stipules. Les fleurs petites ont un calice à cinq sépales souventinégaux; un disque annulaire ou unilatéral parfois adhérent h la base du calice; la corolle manque quelquefois, mais le plus souvent elle a cinq pétales insérés en dehors du disque; les étamines, en nombre généralement double de celui des sépales, sont insérées en dedans du disque; l’ovaire est ordinairement à 3 loges souvent uniovulées, surmonté d’un style portant des stigmates en nombre égal à celui des loges. Le fruit est une capsule ou une samare dont les graines dépourvues d’albumen contiennent un embryon le plus souvent arqué ou disposé en spirale. Plantes tropicales.

La famille des marronniers ou Hippocastanées de De Jussieu diffère des sapindacêes par les feuilles opposées, par la fleur à 5 ou 4 pétales et par les étamines au nombre de 7, quelquefois 6 ou 8.

La famille des Érables ou Acérinées de De Jussieu se distingue des sapindacêes par ses feuilles opposées, le calice glanduleux, l’ovaire à deux loges surmonté de deux styles, et par le fruit qui est composé de deux samares. Les érables appartiennent aux régions tempérées de l’hémisphère boréal et particulièrement à l’Amérique.

Les Malpighiacêes de De Jussieu, arbres des régions tropicales, dif-

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fèrent des sapindacées par la présence de stipules géminées, par les pétales onguiculés et les étamines monadelphes.

Les E-rythroxylèes , qui ont beaucoup d’affinités avec les sapindacées et malpighiacées, se distinguent de ces deux familles par les feuilles généralement alternes, par deux appendices écailleux situés à la base des pétales, et par le fruit drupacé qui renferme une seule graine pourvue d’albumen. C’est à cette famille qu’appartient la Coca, petit arbuste du Pérou dont les feuilles mâchées auraient des propriétés toniques et fortifiantes sans pareilles ; prises à forte dose, elles provoquent l’ivresse et des hallucinations.

Famille des TILLEULS. — TILÏACEÆ.

La famille des Tiliacêes de De Jussieu comprend des arbres, rarement des herbes, à feuilles alternes munies de stipules géminées distinctes. Les fleurs ont un calice à 4 ou 5 sépales, 4 ou 5 pétales, des étamines en nombre généralement indéfini distinctes, un ovaire â 2 ou 10 loges souvent subdivisées en deux logettes, un style terminé par des stigmates en nombre égal à celui des loges de l’ovaire. Le fruit est ligneux ou drupacé à plusieurs loges et souvent hérissé de petites pointes ; les graines sont généralement dépourvues d’albumen. Les végétaux de cette famille croissent dans des climats très-différents: les uns appartiennent aux régions tropicales, comme les apeiba, d’autres aux régions tempérées comme le sparmannia originaire du Cap, ou les tilleuls originaires de l’Amérique du Nord, ou de l’Europe tempérée. C’est avec le liber du tilleul qu’on fabrique des cordes à puits; celui des corchorus fournit de la filasse. Les fleurs de tilleul sont employées en médecine.

Les Eléocarpées, réunies aux tiliacêes par quelques auteurs, n’en diffèrent en effet que par les pétales frangés et les étamines dont les anthères s’ouvrent par des valvules au sommet, au lieu de s’ouvrir longitudinalement.

Famille des MALYAGÉES. — MALVACEÆ.

(Atl. II, pl. 40, fig. 16.)

Sous le nom de Malvacées , De Jussieu avait réuni un grand nombre de plantes différant entre elles par des caractères assez

importants, qui ont permis de les diviser en plusieurs familles.

Les Malvacées vraies ont les feuilles alternes stipulées ; le calice est souvent double ; la corolle est à 5 pétales soudés par leur base avec le tube des étamines monadelphes à anthèresuniloculaires; l’ovaire est à cinq loges ou composé d’un grand nombre de carpelles disposés autour d’une colonne centrale et surmontés d’un nombre de styles égal à celui des loges ou carpelles de l’ovaire. Le fruit est une capsule ou une réunion de carpelles qui se séparent à la maturité et contiennent des graines pourvues d’albumen. Le cotonnier, la mauve, la guimauve, la rose trémière, les hibiscus et sida appartiennent à cette famille qui est cosmopolite; ce sont les poils soyeux des graines du cotonnier qui constituent le coton.

Les Sterculiacees de Yentenat ou Bombacées de Kunth sont des arbres intertropicaux à feuilles stipulées; le calice est monosépale; la corolle est composée de cinq pétales, quelquefois nulle ; les étamines sont en nombre indéfini, monadelphes à anthères biloculaires, et l’ovaire est composé ordinairement de cinq carpelles distincts ou soudés en ov;iire pluriloculaire ; comme dans les malvacées, les graines sont pourvues d’albumen. Le baobab, les bornbax sont des sterculiacées.

Enfin les Byttnenacees de Robert Brown, ou Donibéyacées de Bar— tling sont des arbres ou des arbrisseaux des régions tropicales du Cap et de la Nouvelle-Hollande, à feuilles alternes stipulées, à étamines monadelphes, tantôt en nombre égal à celui des pétales et opposées à eux, ou en nombre double ou indéfini, et alors alternativement fertiles et stériles ; l’ovaire est à plusieurs loges surmonté d’un style terminé par autant de stigmates qu’il y a de loges à l’ovaire; le fruit est le plus souvent une capsule à graines pourvues ou dépourvues d’albumen. C’est à cette famille qu’appartient le Cacao dont les graines broyées et mélangées à du sucre constituent la pâte de chocolat.

Famille des CÀRYOPHYLLÉES. — CARYOPHYLLEÆ.

Cette famille, créée par De Jussieu et qui reçut de quelques auteurs les noms de Silénées et Alsinées, se compose d’herbes, rarement d’arbrisseaux, à tiges ordinairement articulées, portant des feuilles allongées opposées sans stipules. Les fleurs ont un calice monosépale ou à 4 ou 5 lobes ou à 4 ou 5 sépales ; autant de pétales; des étamines

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en même nombre ou en nombre double; un ovaire uniloculaire ou à 3 à 5 loges incomplètes, surmonté de plusieurs styles distincts (2 à 5). Le fruit est une capsule à une ou plusieurs loges polyspermes et qui s’ouvre au sommet par plusieurs dents; les graines pourvues d’albumen contiennent un embryon arqué périphérique.

Les Paronychiées ou Illècébrées sont réunies par plusieurs auteurs à la famille des caryophyllées dont elles ne diffèrent que par le fruit uniloculaire monosperme. Les caryophyllées sont répandues sur tout le globe. Les œillets sont de jolies plantes d’agrément, la saponaire est employée en médecine, etc.

Famille des VIOLETTES. — VlQLAillEÆ.

(AU. Il, pi. 49, fig. 6.)

De Jussieu confondait, sous le nom de cistées , les violettes et les cistes; De Candolle créa la famille des violariées qui a pour caractère : feuilles alternes munies de stipules foliacées, calice à cinq sépales distincts, cinq pétales souvent inégaux entre eux, cinq étamines soudées entre elles par les anthères et les filets en un tube qui enveloppe l’ovaire ; un ovaire à une seule loge dans laquelle les ovules sont insérés à 3 placentas pariétaux, un style. Le fruit est une capsule qui s’ouvre en trois valves portant sur leur milieu de nombreuses graines pourvues d’un albumen charnu. Les violettes sont abondantes en Europe; on trouve d’autres genres de cette famille dans les régions intertropicales. La fleur de violette est employée en médecine ; les racines des ionidium constituent les faux ipécacuanha.

Autour de cette famille des violariées se groupent plusieurs familles qui, comme elle, ont l’ovaire uniloculaire à placentas pariétaux; elles s’en distinguent comme il suit :

\ . Les Cistinées (Atl. 11, pi. 49, fig. T), éparses sur tout le globe, par les étamines distinctes en nombre indéfini ;

2. Les Droséracées, par leurs feuilles bordées de cils glanduleux non stipulés , par les fleurs régulières à étamines distinctes et en nombre égal ou double de celui des pétales; quelques espèces sont indigènes de France ; la dionèe ou attrape-mouches appartient à cette famille ;

3. Les Bixacées ou Flacourtianées, par les étamines indéfinies, et le fruit bacciforme à graines ayant un tégument charnu arilliforme

et donnant une belle couleur rouge, comme dans le roucou ou bixa orellana; les plantes de cette famille sont des arbres tropicaux;

4. Les Frankéniacées et les Sauvagesiées, petites familles de plantes herbacées sans intérêt.

Famille des POLYGALÉES. — POLYGALEÆ.

Les Polygalées de De Jussieu sont des herbes ou des arbustes à feuilles le plus ordinairement alternes et à fleurs irrégulières offrant un calice à cinq sépales dont deux plus intérieurs souvent pétaliformes; 3 ou 4 pétales adhérents à la partie inférieure du tube des étamines; huit étamines monadelphes à anthères uniloculaires s’ouvrant par un pore au sommet; un ovaire biloculaire, qui devient à la maturité une capsule aplatie à une ou deux loges contenant une graine ordinairement pourvue d’albumen. Plusieurs polygala sont indigènes de France; les racines du polygala senega, originaire de l’Amérique boréale, sont employées en médecine ; celles des krameria, plantes du Pérou, sont connues dans les pharmacies sous le nom de ratanhia.

La famille des Trémandrées , y oisine des Polygalées, comprend des petits arbrisseaux de l’Australie qui ont le port des Bruyères; elle s’en distingue par les fleurs régulières et par les étamines distinctes au nombre de 8 ou 10, disposées par paires devant chaque pétale.

Famille des CRUCIFÈRES. — CRUCIFERÆ.

(AU. Il, pl. 40, fig. 15.)

La famille des Crucifères est une des familles devinées par les anciens botanistes. Ray l’appelait Tétrapétales , Linné Siliqueuses, Tournefort, Cruciformes, et c’est cà Adanson qu’elle doit son nom de Crucifères. Elle comprend des plantes herbacées dont beaucoup indigènes à la France, et qui ont des fleurs composées d’un calice à quatre sépales, d’une corolle à quatre pétales disposés en croix, de six étamines tétradynames et d’un ovaire biloculaire surmonté de deux stigmates sessiles. Le fruit est une silique ou une silicule à graines dépourvues d'albumen contenant un embryon replié sur lui-même ou enroulé en spirale. Quelques espèces de cette famille sont ornementales : giroflée, lunaire, alyssum, aubriétia, etc.; d’autres sont médicinales: cochléaria, passerage, cresson de fontaine, raifort.

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L 'isatis tinctoria fournit une couleur bleue nommée pastel ou indigo indigène. Le chou, le navet, le radis, etc., sont des crucifères.

Les Rêsêdacées et les Capparidées ont beaucoup d’affinités avec les Crucifères ; les premières, parmi lesquelles se trouve lagaude (i réséda luteola), plante tinctoriale indigène de France, s’en distinguent par les pétales frangés, les étamines au nombre de 3 à 40 insérées sur un disque, et l’ovaire uniloculaire ouvert à son sommet, à placentas pariétaux.

Les Capparidées en diffèrent par les étamines souvent en nombre indéfini, par l’ovaire souvent stipité uniloculaire non ouvert au sommet, à placentas pariétaux. Les capparidées sont des régions tropicales ou subtropicales, très-nombreuses en Amérique et en Afrique; une seule est de l’Europe australe, le capparis spinosà, dont les boutons à fleurs, confits dans le vinaigre, constituent les câpres.

Famille des PAVOTS. — PAPAVERACEÆ.

Les Papavéracées sont des plantes lactescentes, à feuilles alternes et à fleurs composées de 2 ou 3 sépales, d’un nombre double de pétales, d’étamines en nombre indéfini et d’un ovaire uniloculaire à placentas pariétaux, surmonté de stigmates en nombre égal à celui des placentas. Le fruit est une capsule globuleuse ou siliquiforme qui renferme généralement de nombreuses graines pouvues d’un albumen charnu. Les papavéracees appartiennent aux régions tempérées; elles sont communes en France. L’opium est le suc épaissi qu’on obtient par incision des capsules du papaver somni/èrum; les pétales du coquelicot sont employés en médecine.

Les Fumariacées ne diffèrent des papavéracées que par la fleur irrégulière et les étamines au nombre de six, souvent diadelphcs. La fumeterre est une plante médicinale; le dielytra spectabilis est une très-belle plante d’ornement.

Famille des NÉNUPHARS. — NYMPIIEACEÆ.

De Jussieu plaçait les Nymphéa dans les Hydrocharidées et les considérait comme des plantes monocotylédonées ; Salisbury en fit une famille distincte qui a beaucoup d’affinités avec les papavéracées. Ce sont des herbes aquatiques à feuilles nageantes. Les fleurs ont

un calice à 4 ou 5 sépales distincts ou soudés inférieurement en tube qui est alors adhérent à l’ovaire; les pétales sont nombreux; il en est de même des étamines dont les filets sont pétaloïdes; l’ovaire est à plusieurs loges, couronné par autant de stigmates. Le fruit est une baie à graines pourvues d’un double albumen. Les nymphéa et nénuphar , plantes indigènes de France, sont considérées comme plantes froides ; la Victoria regia, originaire du fleuve Colombia, est une plante très-belle et très-remarquable par ses feuilles qui n’ont pas moins d’un mètre de diamètre et ses fleurs blanc-rosé qui mesurent souvent plus de 30 centimètres de largeur.

Les Nélombées ne diffèrent des nymphéacées que par les ovaires nombreux dans la même fleur et nichés dans les alvéoles d’un réceptacle très-épais. Les Nelombo sont des plantes de l’Asie tropicale.

Famille des BERBÉRIDÉES. — BERBERIDEÆ.

(Atl. Il, pl. 45, fîg. 2.)

Cette famille, créée par De Jussieu, comprend des arbustes et des plantes herbacées à feuilles le plus souvent alternes. Les fleurs sont régulières ou irrégulières et offrent un calice à 3, 6 ou 9 sépales disposés par verticilles de trois sépales, souvent colorés et se confondant avec les pétales, qui sont en même nombre que les sépales, présentant souvent deux glandes à leur base, ou se prolongeant en éperon; des étamines en nombre égal à celui des pétales, opposées à ceux-ci, et dont les anthères s’ouvrent par des valves et non par deux fentes longitudinales; un ovaire uniloculaire surmonté d’un style ou d’un stigmate sessile. Le fruit est une baie à une ou plusieurs graines pourvues d’albumen. Les berbéridées sont originaires des pays tempérés; l’épine-vinette croît en Europe; ses fruits un peu acides servent à faire des confitures; les berberis lutea, glauca, tinctoria, etc., ont un bois jaune qui est employé dans la teinture.

Famille des MÉNISPERMÉES. — MENiSPERMEÆ.

(Atl. II, pl. 38, fig. 2 à 5.)

Les Mênispermées de De Jussieu sont des plantes sarmenteuses à feuilles alternes et à fleurs souvent unisexuées ; le calice est à 3, 6 ou 1 2 sépales ; les pétales, souvent de moitié plus petits, manquent quelque-

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fois; les étamines sont en nombre égal à celui des sépales, tantôt distinctes, tantôt réunies en une colonne centrale dans les fleurs unisexuées; les fleurs femelles offrent plusieurs ovaires uniloculaires distincts ou soudés en un seul qui alors est à plusieurs loges. Le fruit est une baie ou une drupe à graines dépourvues ou pourvues d’un albumen très-mince. Les plantes de cette famille appartiennent en grande partie aux régions intertropicales de l’Asie et de l’Amérique; elles contiennent un principe amer qui agit quelquefois comme un poison, telle est la coque du levant, baie du menispermum cocculus de Linné. Le Colombo est la racine du menispermum Colombo et le pareira brava est celle du eissampelos pareira.

Les Lardizabalées et Schizandrées sont des démembrements d-e cette famille, difficile à caractériser.

Famille des MAGNOLIERS. — MAGNOLIACEÆ.

(Ail. II, pl. 37 , fig. 5 et, C.)

De Jussieu a créé cette famille pour des arbres à feuilles alternes, le plus ordinairement munis d’une stipule caduque qui enveloppe le bourgeon, ou de deux stipules latérales; les fleurs sont trèsgrandes, très-belles, composées de 3 ou 6 sépales souvent colorés, très-caducs, de 6 pétales ou plus, disposés en verticilles de trois ; de nombreuses étamines insérées sur un réceptacle allongé ; de plusieurs ovaires uniloculaires disposés sur un réceptacle saillant conique et contenant plusieurs ovules insérés sur la suture ventrale; le style est le prolongement de l’ovaire. Le fruit est très-variable; il est composé ou de capsules ou de follicules ou de samares; la graine, souvent attachée à un long funicule, a son tégument extérieur très-épais, coloré, arilliforme, et est pourvue d’un albumen charnu. Les magnoliacées appartiennent aux régions tempérées de l’Amérique et de l’Asie, au Japon, à la Chine. Les magnolia et le tulipier ( lirioden drum) sont de très beaux arbres d’agrément. L’écorce de winter est fournie par le drirnys winteri du détroit de Magellan ; Yards étoilé est le fruit de Yillicium anisatum.

Les Anonacées de De Jussieu (Atl. II, pl. 37, fig. 7 à 9) ne diffèrent guère des magnoliacées que par les ovaires qui se soudent à la maturité pour former un fruit multiloculaire, et par les graines dont l'albumen est ruminé. Les fruits de plusieurs anona sont comestibles.

Butan., T. II. 27

Les Dillêniacêes de De Candolle (Ail. II, pl. 37, fîg. 3), que De Jussieu considérait comme des magnoliacées , n’en diffèrent que par le calice persistant et par les graines munies d’un arille.

Les Myristicées ou muscadiers, que De Jussieu plaçait dans les apétales et que les botanistes modernes rangent auprès des magnoliacées, en diffèrent par l’unisexualité des fleurs, l’absence de corolle, les étamines monadelphes, l’ovaire unique uniloculaire monosperme, à graines pourvues d’un albumen ruminé; la place de cette famille est bien plutôt après les laurinées, comme De Jussieu l’y avait mise.

Famille des RENONCULACÉES. — ItENUJYCULACEÆ.

( Atl. II, pl. 35 et 3G.)

La famille des Renonculacées comprend des plantes très-diverses, comme port et comme structure florale, : les unes sont des plantes ligneuses grimpantes à feuilles opposées comme les clématites; les autres sont des herbes ou des arbustes à feuilles alternes, mais presque toujours ces feuilles sont plus ou moins profondément découpées.

Les fleurs offrent encore plus d’anomalies : dans les clématites, anémones et thalictrum, il n’y a point de corolle ; le calice est à 3 ou 6 sépales plats colorés, pétaloïdes; dans les aconites et les delphinium, le calice est composé de sépales inégaux, dont un, le supérieur, est en capuchon ou en éperon. La corolle des renoncules, des pivoines, a ses pétales plats, réguliers ; celle des ancolies, des nigelles les a tubuleux ou éperonnés. Mais toutes les renonculacées ont des étamines nombreuses. Rien de constant dans le nombre et la structure des ovaires : indéfinis, distincts, uniloculaires, monospermes dans les renoncules, anémones et clématites, ils sont en nombre défini dans les pivoines, les ancolies et delphinium, et chacun d’eux contient plusieurs ovules ; dans les nigelles les ovaires se soudent plus ou moins entre eux, de manière à ne plus former qu’un seul ovaire à plusieurs loges, comme dans la nigelle de Damas; dans le genre actea, l’ovaire est unique, uniloculaire, uniovulé. Le fruit ne présente pas plus d’uniformité : dans les renoncules et clématites c’est un akène; dans les hellébores et pivoines ce sont des follicules ; le fruit de la nigelle de Damas est une capsule à plusieurs loges; enfin celui de Y actea spicatae st une petite drupe monosperme. Malgré ces différences et le

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peu d’analogie de ces plantes, il est impossible de les séparer en plusieurs familles. On a établi seulement 5 tribus :

1 . Les Clêmatidées, arbrisseaux à feuilles opposées, calice coloré, corolle nulle, fruits akènes.

2. Les Anémonées, herbes à feuilles alternes, calice coloré, corolle nulle, fruits akènes.

3. Les JRenonculées, herbes à feuilles alternes, fleurs régulières, ayant calice et corolle, fruits akènes.

4. Les Helléborées, herbes à feuilles alternes, fleurs irrégulières, ayant calice et corolle, ou régulières sans corolle ; les fruits sont des follicules ou une capsule.

5. Les Péoniées , herbes ou arbrisseaux à feuilles alternes, fleurs régulières, à sépales et pétales plats, quelquefois corolle nulle ; les fruits sont des follicules ou des baies monospermes.

La famille des renonculacées , une des plus grandes du règne végétal, a des représentants dispersés sur toute la surface du globe ; toutes ces plantes contiennent un principe âcre très-dangereux, qui peut donner la mort; on emploie cependant les graines de nigelle comme condiment ; mais les aconits et certaines renoncules sont des poisons très-violents; on en fait néanmoins usage, à dose faible, comme médicament. Les clématites, la renoncule asiatique et les anémones avec leurs nombreuses variétés, les nigelles et surtout les pivoines sont de belles plantes très-recherchées pour l’ornement des jardins.

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