‹ Traité de botanique généraleChapitre 94 sur 174 · PLANTES D I C 0 T Y L É D 0 N É E S · texte numérisé non relu

PLANTES D I C 0 T Y L É D 0 N É E S

purgatives ou émétiques; Verve/ toustâo des Brésiliens est le Boerhcivia /limita , et Xyerba de Ici purgacion des Péruviens est le Boerhavia tuberosa.

Classe des plantes diçotylédonées apétales pérlgynes.

Flfiirs hermaphrodites, pourvues seulement d’un calice sur lequel sont insérées les étamines.

Famille des ARISTOLOCHES. — AUISTOLOCIIIEÆ

(Ail. I, pl. 17, et ail. 11, pl. 43 et 49.)

Les Aristolochiées, de De Jussieu, ou Asarinées de Bartling, sont des herbes ou rarement des arbrisseaux grimpants, à feuilles alternes, quelquefois stipulées. Les fleurs, solitaires ou fasciculées à l’aisselle des feuilles, ont un calice monosépale à limbe irrégulier, souvent coloré et très-ample, ou à 3 lobes égaux ; 6 ou 12 étamines soudées avec le style ; un ovaire infère à 6 loges, rarement à 3 ou 4, et 6 stigmates rayonnants. Le fruit estime capsule à 3, 4 ou 6 loges, contenant plusieurs graines à albumen corné ou charnu. La plus grande partie des aristolochiées appartient à l’Amérique tropicale; elles sont peu nombreuses en Asie tropicale et dans les régions tempérées de l’hémisphère boréal ; quelques espèces sont indigènes à la. France. Les racines d’aristoloches contiennent des principes extractifs âcres qui jouissent de propriétés médicales diverses ; la racine de Y aristolochia serpentaria, entre autres, a la réputation, dans l’Amérique du Nord, de combattre la morsure du serpent à sonnettes.

Les Baflésiacèes et Cytinées, qui comprennent des plantes parasites sans feuilles, et à fleurs naissant quelquefois sur le sol, se rapprochent des aristolochiées parles étamines soudées et l’ovaire infère.

Famille des SANTALACÉES. — SANTALACEÆ.

Robert Brown a créé cette famille pour des plantes que De Jussieu avait classées dans diverses familles, et particulièrement dans les éléagnées. Ce sont des herbes, rarement des arbustes à feuilles généralement alternes, quelquefois squamiformes ou nulles. Les fleurs

ont un calice tubuleux coloré à 4 ou 5 lobes, accompagné parfois à sa base d’un petit caücule; un disque charnu; 4 ou 5 étamines; un ovaire infère uniloculaire, pluriovulé. Le fruit est une drupe toujours monosperme par suite de l’avortement de plusieurs ovules,, et la graine est pourvue d’un albumen. Le thesium indigène à la France appartient à cette famille. Le bois aromatique de santal citrin, célèbre dans la pharmacie orientale, est fourni par les santalum album et citrinum.

Famille des PROTÉACÉES. — PftOTEACÉÆ.

Cette famille, créée par De Jussieu, comprend des arbres et des arbrisseaux du cap de Bonne-Espérance et de la Nouvelle-Hollande, à feuilles généralement alternes, un peu roides, non stipulées. Les fleurs, disposées en épis ou grappes, ont un calice monosépale ou à 4 sépales colorés ; 4 étamines ; 1 ovaire uniloculaire uniovulé ou pluriovulé, surmonté d’un style simple à stigmate indivis ou bifide. Le fruit est très-variable : noix, samare, drupe ou follicule; la graine est dépourvue d’albumen. Beaucoup de protéacées sont cultivées, dans les jardins d’hiver, pour la beauté de leur feuillage; quelques-unes sont employées, dans leur pays originaire, dans l’art de guérir ; l’écorce du protea grandiflora est en usage au Cap, dans la diarrhée -, les graines du brabejum stellatum sont un succédané du café.

Les Pénéacées, arbrisseaux du Cap de Bonne-Espérance, diffèrent des protéacées par l’ovaire à 4 loges.

Les Èléagnées, de Robert Brown, s’en distinguent par le calice à ‘2 ou 4 sépales ; par les étamines en nombre double de celui des sépales, et par la graine qui est pourvue d’un albumen charnu.

Famille des DAPHNÉES. — DAPHNOIDEÆ.

Les Dapkrioïdées , de Ventenat, ou Thymêlées, de De Jussieu, sont des arbrisseaux, rarement des arbres ou des herbes, à feuilles généralement alternes non stipulées. Les fleurs ont un calice monosépale tubuleux coloré, à 4, rarement 5 lobes; un disque adhérent à la base du calice ; des étamines très-souvent en nombre double de celui des lobes du calice, bisériées, quelquefois en nombre égal, insérées au sommet du tube calicinal, à anthères s’ouvrant longitudinalement; l’ovaire est supère, uniloculaire, uniovulé, surmonté d’un style

PLANTES JDICOTYLÉDONÉES. 379

simple latéral ou presque terminal. Le fruit est une drupe à graine renversée, sans albumen ou pourvue d’un albumen charnu. Les daphno'idées sont presque toutes des plantes du cap de Bonne-Espérance et de la Nouvelle-Hollande; on en rencontre cependant dans l’Asie tropicale, dans l’Amérique, et quelques espèces sont indigènes à la France. Les daphne et pimelea sont de très-jolis arbustes d’ornement de serre froide. L’écorce du garou ( daphne gnidium ) est vésicante. Avec le liber de plusieurs passerina, on prépare, au Japon, du papier et des étoffes; celui du daphne lagetto est d’une telle finesse de mailles qu’on en fait, dans l’Amérique australe, des étoffes ou dentelles naturelles, ce qui a valu à cette espèce le nom vulgaire de bois à dentelle ; on en fait également des cordages qui offrent une trèsgrande résistance.

LesAquilarinées, de Robert Brown, arbustes de l’Inde, diffèrentdes daphno'idées par l’ovaire et le fruit capsulaire à deux loges incomplètes, et à deux graines dépourvues d’albumen.

Famille des LAURIERS. — LAURINEÆ.

Cette famille a été créée par de Jussieu sous le nom de Lauri; elle comprend des arbres à feuilles alternes sans stipules, et qui se distinguent de tous les végétaux apétales, par les étamines à anthères à 2 ou 4 loges s’ouvrant non pas longitudinalement, mais par des valves qui se soulèvent de la base au sommet (Atl. II, pl. 9, fig. 20). L’ovaire est supère, uniloculaire. Le fruit est une drupe dont la graine, dépourvue d’albumen, est remplie par un embryon à cotylédons très-gros. Les laurinées appartiennent aux régions chaudes et tempérées des deux continents ; l’Europe n’en possède qu’une espèce, le laurus nobilis, ou laurier à sauce, qui croît spontanément dans l’Europe australe. Dans le moyen âge, on couronnait les jeunes docteurs de branches de lauriers, garnies de leurs baies; c’est de là qu’est venu le mot de baccalauréat. C’est toujours le symbole de la gloire et de l’immortalité. La famille des laurinées fournit de nombreux produits qui sont l’objet d’un commerce très-important ; les uns sont comestibles comme le fruit de Y avocatier; les autres sont aromatiques et pharmaceutiques, comme le camphre, les écorces de cannelle, cinnamomum, cassia, sassafras, etc.

Classe des plantes dicotylêdonêes monopétales hypogynes.

Fleurs pourvues d'un calice et d’une corolle monopctalc insérée sur le réceptacle.

Famille des PLANTAINS. - PLANTA G UVEÆ.

(AIL I, pl. 17, fig. 0, r.t ail. II, pi. 43, fig. 10.)

Les plantes de cette famille, créée par De Jussieu, sont des herbes à Heurs généralement hermaphrodites, composées d’un calice persistant monosépale à 4 lanières presque égales, scarieuses sur les bords; d’une corolle scarieuse à 4 lobes; de 4 étamines alternant aux lobes de la corolle, rarement une seule ( bougueria ); d’un ovaire à deux loges, rarement uniloculaire ; d’un style simple et d’un stigmate indivis, ou obscurément bifide. Le fruit est un akène ou une capsule à deux loges, contenant chacune une, deux ou plusieurs graines pourvues d’un albumen charnu. Les plantaginéessont cosmopolites; les planlago major et lanceolata sont usités dans la médecine populaire; en Egypte, on extrait de la soude des cendres du P. squarrosa.

Famille des PLOMBAGINÉES. — PLUMBAGINEÆ.

(AU. II, pi. 43, fig. 17.)

Cette famille, établie par De Jussieu, comprend des herbes, rarement dessous-arbrisseaux, dont les fleurs présentent un calice monosépale à 5 dents; une corolle à 5 lobes; 5 étamines opposées aux lobes de la corolle; un ovaire uniloculaire, surmonté de 5 styles généralement distincts. Le fruit ne contient qu’une seule graine renversée, pourvue d’un albumen farineux. Les staticées appartiennent presque toutes à la région méditerranéenne ; les plumbago sont de jolis arbrisseaux d’ornement des régions chaudes et tempérées des deux hémisphères.

famille DES UTRICULAIRES. — UTRICULARIEÆ.

De Jussieu plaçait les utriculaires et pinguicula à la suite de ses lysimaehiées, mais sans les y incorporer; il les rapprochait seulement. C’est Cl. Richard qui fit pour eux la famille des Lentibidariées , que Link nomma ensuite Utriculariêes . Ce sont des petites herbes

Page 1