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II. Pas de cône ; presque toujours un arille

3. Taxées. — Pistil indépendant de la bractée mère (1) : Podocarpe ( Podocarpus ), l)acryd e(Dacrydium), Saxegothée (Saxegolhea), Microcachride (Microcachrys), Phylloclade (Phjllocladus), Ginkgo (Ginkgo), Céphalotaxe ( Cephalotaxus ), Torreyer ( Torreya ), If (Taxus).

Conifères fossiles (2). — Dès le dévonien supérieur, on rencontre des bois fossiles qu'on attribue à la famille des Conifères : Aporoxyle ( Aporoxijlon ). D’autres bois ayant appartenu certainement à des Conifères ont été trouvés depuis le terrain houiller jusque dans le tertiaire; les uns, rappelant le bois des Araucariers : Araucaroxyle ( Araucaroxylon ), depuis les couches les plus anciennes du terrain bouiller jusque dans le jurassique ; d’autres, rappelant le Cèdre: Cédroxyle ( Cedroxylon ), depuis le houiller jusque dans le tertiaire; d’autres encore, rappelant le Cyprès: Cupressoxyle ( Cupressoxylon ), depuis le crétacé jusque dans le tertiaire; d'autres enfin, rappelant l’If : Taxoxyle ( Taxoxylon ) et le Pin : Pityoxyle ( Pitijoxylon ), exclusivement dans le tertiaire. Parmi ces derniers, le Pityoxyle succinifère mérite une mention spéciale : sa résine a formé l 'ambre ou succin, répandu dans une grande partie de l’hémisphère boréal et dont l’abondance, notamment sur les côtes de la Baltique, est telle que son exploitation pour le seul royaume de Prusse s’élève chaque année à 100,000 kilogrammes en moyenne, valant environ 4 millions de francs.

Parmi les débris fossiles qui se présentent sous forme de rameaux feuillés, de cônes, etc., les uns se rattachent aux genres actuellement vivants, tandis que d’autres constituent des genres éteints.

Chez les Pinées, le Pin est représenté par plus de cent espèces fossiles, toutes tertiaires ou quaternaires, le Cèdre par trois espèces dans le crétacé, le Mélèze par quatre espèces tertiaires, l’Épicéa par onze espèces dans le crétacé et le tertiaire, le Sapin par onze espèces également toutes tertiaires. Parmi les Cupressées, on compte quatorze Séquoiers dans le crétacé et le terliaire, cinq Taxodes tertiaires, dont un dans le miocène, huit Cyprès tertiaires, deux Callitres tertiaires, quatre Genévriers tertiaires, six Araucariers dans le jurassique et le crétacé, deux Dammares et trois Cunninghamies dans le crétacé. Parmi les Taxées, enfin, on connaît neuf Podocarpes, trois Ginkgos et six Ifs, tous tertiaires.

Les Conifères fossiles qui ne se rattachent à aucun des genres vivants constituent plusieurs genres distincts, dont les deux principaux sont la Walchie ( Walchia ) et la Woltzie (Voltzia). La Walchie, dont le port général rappelle celui des Araucariers de la section Eutasse et celui des Dacrydes, est, avec le genre Ulmannie, voisin des Taxodes, le type conifère caracté-

(1) Certains Podocarpes (P. dacryoïde, P. macrophylle, fig. 966, 9) font exception ; le carpelle y est concrescent à la base avec la bractée mère.

(2) Schimper : Traité de Paléontologie végétale, 11, p. 227, 1872.

CONIFERES.

ristique de l’époque permienne : les Walchies ont dominé pendant la période du grès rouge, les Ulmannies pendant celle du zechstein. La Woltzie ressemble encore aux Araucariers, mais s’en éloigne beaucoup par l’organisation des cônes et des graines ; elle est limitée à la partie inférieure et moyenne du trias. La Palissie ( Pcilissya ) et le Schizolépide ( Schizolepis ) du rhétien sont assez voisins des VVoltzies. C’est encore aux Conifères que paraît se rattacher le genre éteint Frénélopse ( Frenelopsis ) des schistes marneux de Leipnik.

Par tout ce qui précède, on voit que, depuis l’époque houillère tout au moins jusqu’aux temps actuels, les Conifères ont joué un rôle considérable dans la végétation du globe. A certaines époques, ce rôle parait même avoir été beaucoup plus grand qu’aujourd’hui; ainsi, pendant la période triasique et au commencement de la période jurassique, les Conifères semblent avoir formé à peu près seules la végétation forestière et lui avoir donné son aspect particulier.

Cordaïtées (1). — Les Cordaïtes ( Cordaïtes ) et les genres voisins sont des Gymnospermes fossiles observées dès le silurien supérieur, très répandues dans le terrain houiller, qui se rapprochent à la fois des Cycadacées et des Conifères, sans pouvoir toutefois être réunies ni à l’une ni à l’autre de ces deux familles. C'étaient de grands arbres pouvant atteindre 30 et 40 mètres de hauteur et ne se ramifiant que vers le haut; leurs feuilles, simples et rubanées, mesuraient jusqu’à 1 mètre de longueur sur 15 à 20 centimètres de largeur; très rapprochées dans le jeune âge, elles s’espacaient plus tard par une forte croissance intercalaire des entre-nœuds. La tige, dont l’écorce est pourvue de canaux sécréteurs, a son bois secondaire homogène, formé de vaisseaux aréolés sur les faces latérales, comme dans les Conifères. La feuille, dépourvue de canaux sécréteurs, a ses faisceaux libéroligneux munis d’un double bois, comme dans les Cycadacées.

Dans la fleur mâle, chaque étamine se compose d’un filet surmonté de 3 ou 4 sacs polliniques , s’ouvrant en long; les grains de pollen subissent après leur mise en liberté un cloisonnement répété, qui les rend multicellulaires. Dans le rameau femelle, un certain nombre de bractées produisent un ramuscule à leur aisselle ; après avoir produit quelques bractées, ce ramuscule porte un ovule en apparence terminal : les choses semblent donc se passer ici comme dans les Ifs. L’ovule est orthotrope unitégumenté ; son nucelle est creusé au sommet d’une chambre pollinique renfermant des grains de pollen cloisonnés ; il est concrescent avec le tégument dans sa moitié inférieure et pourvu d’un double système de faisceaux libéroligneux, l’un s’épanouissant sous la chalaze, l’autre, formé de deux faisceaux seulement, remontant dans le tégument jusque vers le micropyle : d’où une ressemblance avec les Cycadacées, mais surtout avec les Céphalotaxes et les Torreyers. La graine en mûrissant différencie son tégument en deux couches : l’interne ligneuse, l'externe charnue contenant les deux faisceaux libéroligneux ; d’où une nouvelle analogie avec les Cycadacées, mais aussi avec le Ginkgo et le Céphalotaxe. Les graines de

(I) GramTEnry : Flore carbonifère du département de la Loire (Mémoires des savants étrangers, XXIV, 1877). — Ad. Brongniart : Recherches sur les graines fossiles si /ici fiées, Paris, 1881. — Renault : Cours de botanique fossile, I, 1881.

GYMNOSPERMES.

Cordaïtées, tant en empreintes qu'à l’état silicifîé , sont très nombreuses dans le terrain houiller; on en fait plusieurs genres : Cordaïsperme ( Cordai pst-mum), Diploteste ( Diplotesta ), Sareotaxe ( Sarcotaxus ), Leptocare ( Lepto caryon )„ Rhabdocarpe ( Rhabdocarpus ), etc.

famille 3 Gnétacées ( IV

Appareil végétatif. — La famille des Gnétacées renferme trois genres, dont l’appareil végétatif est fort différent. Les Éphèdres sont des arbrisseaux dépourvus de feuilles vertes, dont le port rappelle celui des Prêles. Leurs branches longues et grêles, dont l’écorce verte est la seule partie assimilatrice de la plante, portent en effet à chaque nœud deux petites feuilles opposées, en forme d'écailles, concrescentes en une gaine à deux dents et produisant des rameaux latéraux à leur aisselle. Les Gnètes sont des plantes ligneuses volubiles appartenant à l’Asie et à l’Amérique tropicale, dont les feuilles, encore opposées à chaque nœud, sont grandes, pétiolées, à limbe coriace et penninerve. Enfin, la Welwitschie admirable (fig. 972), qui croit sur la côte sud-ouest de l’Afrique, n'a que deux larges feuilles vertes, opposées, sessiles, persistantes, croissant indéfiniment à la base et acquérant une dimension énorme, qui s’étalent à la surface du sol et se divisent en lanières par le progrès de l’âge; c’est la paire de feuilles située au-dessus des deux cotylédons et en croix avec eux, qui se développe de la sorte. La tige demeure très courte et ne dépasse que très peu le niveau du sol; mais, en revanche, elle s’épaissit beaucoup et se termine, au-dessus des deux feuilles, par un plateau

Fig. 972. — Welwitschie admirable (Welwitschia mirabilis), plante entière avec ses deux grandes feuilles et scs

fleurs en grappes d’épis.

convexe, sillonné et creusé au milieu en forme d’entonnoir. Elle se prolonge dans la terre par une grosse racine tuberculeuse (fig. 972).

La tige, du moins celle des Ephèdres, croît au sommet à l’aide d’une cellule mère unique, comme celle des Conifères, des Cycadacées et des Cryptogames

(1) Outre les travaux cités à la page 1319, voir Hooker : On Welwitschia (Trans. of the Liuu. Society Londou, XXIV). — Bower : On the Germination of Welwitschia (Quart. Journal of inikr. Science, 1881).

GNÉTACÉES.

Fig. 973. — Section transversale d'une tige de Gnête (Gnetum), pourvue de six cercles de faisceaux libéroligneux surnuméraires, les deux derniers incomplets.

vasculaires. Elle s’épaissit d'abord à l’aide d’une assise génératrice libéroligneuse, suivant le mode normal. Celle des Éphèdres n’offre pas d'anomalie ultérieure. Celle des Gnètes produit plus tard, en dehors du premier cercle de faisceaux, probablement dans le péricycle, une série d’anneaux libéroligneux d’autant plus jeunes qu’ils sont plus extérieurs (tig. 973) ; en un mot, elle présente l’anomalie observée chez les Cycades et les Encéphalartes, parmi les Cycadacées.Dans la Welwitschie, la tige hypocotylée et la racine qui la prolonge forment. en dehors des faisceaux primaires, sans doute aussi dans le péricycle, une assise génératrice qui fonctionne indéfiniment, produisant vers l’extérieur une couche de parenchyme secondaire, vers l’intérieur une série de cercles concentriques de faisceaux libéroligneux tertiaires séparés par du parenchyme, d’autant plus petits qu’ils sont plus extérieurs; en un mot, cette plante s’épaissit par le même procédé que la tige hypocotylée et la racine chez les Chénopodiacées, etc. (voir p. 821). Le parenchyme cortical y est traversé en tous sens par des fibres épaisses et incrustées de cristaux d’oxalate de chaux (tig.

974), qui ont été étudiées page 5(59. Dans les trois genres, le bois secondaire possède, à côté de vaisseaux fermés, aréolés, qui ressemblent à ceux des Conifères, des vaisseaux ouverts, plus larges, dont les faces latérales sont encore ponctuées aréolées, mais dont les cloisons obliques sont perforées chacune de plusieurs trous arrondis. Ce progrès marqué dans la différenciation du bois secondaire rapproche les Gnétacées des Angiospermes.

On verra tout à l’heure que l’organisation de la fleur confirme ce rapprochement.

La feuille reçoit de la tige deux faisceaux dans les Ephèdres, trois à cinq dans les Gnètes, un grand nombre dans la Welwitschie. Son parenchyme, notamment dans les deux derniers genres, est soutenu par des fibres incrustées d’oxalatc de chaux (fig. 974), simples ou ramifiées.

Dans le plan moyen de la feuille de la Welwitschie, ces fibres cheminent parallèlement à la surface; au-dessus et Fig. 974. — Moitié dune

1 , 1 11 . . fibre très épaisse de la

au-dessous de ce plan, elles sont dirigées, au contraire, Welwitschie ( Weiwit ■ perpendiculairement à l’épiderme, contre lequel elles avec cristaux d’o-

17 1 xalate de chaux dans la

viennent appuyer leurs extrémités souvent courbées en zone externe de la mem-

crochet; le tout forme un puissant appareil de soutien. bliine'

Fleura. — Les fleurs des Gnétacées sont unisexuées, monoïques (Gnète,

VAN TIKGIIEW, TUAITÉ, 2e ÉDITION *J3

yr,

lo;

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GYMNOSPERMES.

Welwitschie), ou dioïques (Éphèdre). Elles sont groupées en épis, à l’aisselle des feuilles opposées, dans les Ephèdres et les Gnètes; dans la Welwitschie, les épis sont rapprochés en grappes et cesgrappes, qui peuvent atteindre 30 centimètres de hauteur, sont insérées sur le dôme terminal de la tige, au-dessus des deux feuilles (fig. 972).

La fleur mâle des Ephèdres, solitaire à l'aisselle de la bractée mère, commence par deux bractées médianes, concrescentes à la base, au-dessus desquelles le rameau se prolonge et se termine plus haut par un certain nombre de petites étamines, portant chacune deux sacs polliniques, s’ouvrant par un pore au sommet : il y a tantôt deux étamines en croix avec les bractées (É. altissime), tantôt six, deux inférieures et quatre supérieures(É. campylopode), tantôt huit en deux verticilles de quatre (E. monostache). Dans les Gnètes, il y a un grand nombre de fleurs mâles côte à côte à l’aisselle de chaque bractée mère ; la fleur est construite comme celle de l’Ephèdre altissime, mais les deux étamines ne portent qu’un seul sac pollinique. Dans la Welwitschie, la fleur mâle, solitaire à l’aisselle de la bractée mère, commence par deux paires de bractées en croix ; elle possède six étamines concrescentes en tube à la base, paraissant former un seul vertici lie , et portant chacune trois sacs polliniques; au centre, se voit un ovule à un tégument, mais qui avorte toujours sans même produire de sac embryonnaire, de sorte que la fleur n’est hermaphrodite qu’en apparence. Le grain de pollen des Ephèdres se cloisonne comme celui des Conifères; la petite cellule demeure stérile, la grande se développe en tube pollinique.

Comme celle des Conifères, la fleur femelle des Ephèdres est nue à l’aisselle d’une bractée. Le rameau femelle, produit à l’aisselle d’une feuille, porte deux ramuscules latéraux à l’aisselle de sa première paire de bractées ; les deux dernières bractées de ce rameau et de ses deux ramuscules sont fertiles dans les É. distache et campylopode; l'une de ces deux dernières bractées est seule fertile dans l’É. altissime. Pour former la fleur, le rameau ne produit que deux écailles latérales, concrescentes sur leurs deux bords et dans toute leur longueur en forme de bouteille, et avorte au-dessus d’elles. C’est à la base de cette double écaille close et sur sa face interne qu’est inséré un ovule orthotrope unitégumenté. Le tégument de l’ovule se prolonge en un tube micropylaire, qui traverse l’ouverture du sac et se dilate en entonnoir à l’extrémité. Les deux carpelles concrescents forment donc ici un ovaire clos, dépourvu de style et de stigmate, et qui porte l’ovule sur sa face interne. La fleur femelle de la Welwitschie a la même structure. Celle des Gnètes (fig. 975)n’en diffère que par son ovule pourvu de deux téguments, dont l’interne se prolonge en un tube micropylaire et dont l'externe est pourvu de faisceaux libéroligneux (fig. 973, B).

En résumé, l’insertion de l’ovule sur la face ventrale du carpelle et la fermeture de l’ovaire qui enveloppe complètement l’ovule, deux caractères qui sont peut-être corrélatifs, établissent une différence marquée entre les Gnétacées et les Conifères; cette différence est un progrès, qui rapproche nettement les Gnétacées des Angiospermes.

Le développement du sac embryonnaire, la formation de l’endosperme et la

GNETACEES.

production des archégones s’opèrent comme chez les Conifères (fig. 975, C). Notons seulement que, dans la Welwitschie, les cellules mères des archégones ne se cloisonnent pas ; les archégones, qui y naissent au nombre de 20 à 30 dans l’endosperme, se réduisent par conséquent chacun à une simple cellule entourée d'une membrane, et dont le corps

Fig. 975. — Gnète (Gnetum Gnemon ). A , section longitudinale d’une inflorescence femelle, montrant la marche des faisceaux. B, section longitudinale d’une fleur femelle; se , sac embryonnaire. C, formation de l’endosperme dans le sac embryonnaire se (d’après Strasburger).

embryon dans l'Éphèdre ( Ephedra altissima ). I , oosphère avant la fécondation, surmontée de la cellule de canal kz. II, après la fécondation par le tube pollinique p , le noyau de l’œuf s’rçst divisé en deux. ///, IV, V, formation de huit cellules libres. VI, développement de ces huit cellules en embryons munis de suspenseurs (d’après Strasburger).

protoplasmique constitue l’oosphère. C’est sur ces cellules que les tubes poiliniques viennent appliquer leur sommet, pour opérer la fécondation et produire l’œuf.

Fruit et graine. — L’œuf de la Welwitschie s’allonge directement en un tube, dont une extrémité se cloisonne pour former un embryon, tandis que l’autre se prolonge en sens contraire et se ramifie. L’œuf de l’Ephèdre produit, comme on l’a vu à la page 922, figure 603, huit cellules libres. Ces cellules s’allongent ensuite en autant d’embryons (fig. 976), dont un seul ordinairement arrive à développement complet (voir fig. 604, p. 922).

Le péricarpe des Gnétacées devient ligneux et leur fruit est un akène; dans la Welwitschie, il porte deux ailes latérales, qui en font une samare. Ce fruit est enveloppé, dans les Éphèdres, par les bractées sousjacentes qui deviennent charnues, et il en est de même dans les Gnètes. Dans ! la Welwitschie, l’épi femelle, qui porte un grand nombre de bractées mères j décussées, s’accroît beaucoup, atteint plus de deux pouces de longueur et | forme un cône qui se colore en rouge à la maturité. La graine est pourvue d’un abondant endosperme charnu, dans lequel se trouve un embryon à deux cotylédons, attaché à un très long suspenseur enroulé en spirale. Le plan mé-

GYMNOSPERMES.

dian de l'embryon est perpendiculaire au plan de symétrie de l’ovule et en même temps au plan médian de la fleur (Éphèdre).

A la germination, laligelle se développe en absorbant l’endosperme à l'aide d’une protubérance latérale qui fonctionne comme suçoir, et les deux cotylédons s’épanouissent à la lumière. Entre eux, la gemmule s’allonge plus tard en produisant de nouvelles feuilles en paires croisées; dans la Welwitschie, la gemmule ne développe qu’une seule paire de feuilles, comme il a été dit plus haut.

Genres. — La famille des Gnétacées se réduit aux trois genres Ephèdre ( Ephedra ), Gnète ( Gnetum ) et Welwitschie ( Welwitschia ).

Gnétacées fossiles. — On ne connaît à l’état fossile que deux Ephèdres tertiaires, dont l'un a été trouvé avec des fleurs dans le succin.

Par leur bois secondaire différencié, leur ovaire clos, et la réduction de l archégone à une simple oosphère dans la Welwitschie, les Gnétacées nous mènent directement aux Angiospermes.

SOUS-EMBRANCIIEMENT II

ANGIOSPERMES

En traçant, dans la première partie de ce Traité, l’étude générale de la lante, considérée dans sa forme, dans sa structure, et dans le développement de sa race, c’est principalement aux Angiospermes, comme au groupe le plus vaste, le plus répandu et le plus important du règne végétal, que nous avons attaché notre attention et emprunté nos exemples. Aussi l’organisation générale de ces plantes nous est-elle bien connue. Rappelons seulement les différences qui les séparent des Gymnospermes, que nous venons d'étudier. Ce sont principalement : le mode de croissance terminal de la tige, qui s’y opère à l'aide de trois sortes d’initiales superposées, le cylindre central, l’écorce et l’épiderme ayant ici leurs initiales propres ; la cavité close que le pistil constitue autour de ses ovules, surtout le style et le stigmate qui surmonte lepistilet où germe le pollen; la structure plus simple du sac embryonnaire, où l’oosphère se différencie directement sans l’intermédiaire d’un archégone; la fugacité du cloisonnement du grain de pollen, dont le petit noyau devient le noyau générateur, etc.

On sait déjà que ce sous-embranchement comprend deux classes distinctes : les Monocotylédones et les Dicotylédones , qu’il convient d’étudier séparément (1).

CLASSE II

MOIVOCOTYEÉDOIVES

Caractères généraux. — Un seul cotylédon à l’embryon, quand il est différencié, cotylédon dont le plan médian coïncide toujours avec le plan de symétrie du tégument de la graine, mais en sens contraire, de manière à établir entre la dernière feuille de l’être ancien et la première feuille de l’être nouveau une divergence de 180 degrés; production de l’assise pilifère de la

(1) Pour les Angiospermes, les limites de ce Traité ne permettent ni d’intercaler les ligures qui seraient utiles à l’intelligence du texte, ni de citer les très nombreux travaux descriptifs auxquels les familles de ce sous-embranchement ont donné lieu. Sous ce double rapport, on consultera les ouvrages généraux indiqués p. 312 et p. 1037. Toutefois il a paru nécessaire, dans cette seconde édition, de donner, pour chacune des familles, au moins un diagramme résumant son organisation florale, lies diagrammes ont été tracés principalement d’après Eichler: Blüthendiaqramme, 2 vol., Leipzig, 1877-1878.

MONOCOTYLÉDONES

racine par l'assise externe de l’écorce, l’épiderme s’exfoliant tout entier pour former la coiffe (p. 693); faible durée de la racine terminale; absence de formations libéroligneuses secondaires issues d’une assise génératrice intercalée au liber et au bois primaires : tels sont les seuls caractères connus qui appartiennent en commun à toutes les Monocotylédones. Encore faut-il remarquer que le premier seul peut entrer dans la définition de la classe, parce qu’il ne se retrouve pas chez les Dicotylédones; les trois autres doivent en être exclus, parce qu’on les rencontre, comme on le verra plus tard, chez quelques-unes de ces plantes. On voit par là combien sont voisines les deux classes du sous-embranchement des Angiospermes et combien peu était fondée l’opinion des anciens botanistes qui considéraient les Monocotylédones et les Dicotylédones comme deux groupes primordiaux du règne végétal, comme deux embranchements.

A côté de ces caractères généraux, plusieurs autres méritent d’être signalés, parce que, tout en étant sujets à exception, ils sont assez fréquemment réalisés pour donner àl’ensemble une physionomie spéciale. Le plus souvent, les feuilles sont isolées, engainantes, dépourvues de stipules, prennent à la tige de nombreux faisceaux libéroligneux et ont la nervation parallèle. Le plus souvent, pour suffire aux besoins des feuilles, les faisceaux libéroligneux de la lige sont très nombreux et disposés dans le cylindre central en plusieurs cercles concentriques; les déviations qu’ils éprouvent alors pendant leur course verticale, tant suivant le rayon que suivant la tangente, font que, sur une section transversale, ils paraissent disséminés sans ordre. Le plus souvent, la tige et la racine ne prennent aucune formation libéroligneuse secondaire et ne s’épaississent pas. Le plus souvent, la tleur est construite sur le type trois. Le plus souvent, quand le périanlhe est double, les deux verticilles qui le composent sont semblables, tous deux colorés ou tous deux incolores. Le plus souvent, à l’intérieur des quatre sacs polliniques que porte habituellement chaque étamine, les grains de pollen naissent dans leurs cellules mères par deux bipartitions successives.

Di-vision <le la classe des Monocotylédones en quatre ordres. — D’autres

caractères varient davantage et servent à définir les ordres. C’est d’abord l’existence ou l’absence de la corolle et, quand il y en a une, sa nature pétaloïde ou sépaloïde. C’est ensuite la concrescence des verticilles floraux, qui peut n’avoir pas lieu ou ne s'étendre qu’au calice, à la corolle et à l’androcée, en laissant le pistil libre ou supère, mais qui peut aussi envahir toute la fleur en rendant l’ovaire adhérent ou infère (voir p. 401).

En tenant compte de ces deux différences, on divise la classe des Monocolylédones en quatre grands ordres, de la manière suivante :

11 faut remarquer tout de suite que les deux caractères invoqués dans cette division sont sujets à exception. On trouve, par exemple, une corolle faiblement développée chez quelques Gramininées, tandis que quelques Liliinées

MONOCOTYLÉDONES. — Corolle..

Joncinées.

Liliinées.

lridinécs.

Gramininées ,

GRAMININÉES.

ont leurs pétales sépaloïdes; l’ovaire est plus ou moins infère chez certaines Liliinées, tandis qu il est supère chez certaines Iridinées. C'est la preuve qu’il existe des transitions entre les divers ordres de la classe. De pareilles transitions se montrent d ailleurs aussi entre les diverses familles qui composent chacun de ces ordres; on aura soin chaque fois de les mettre en évidence.

Pour continuer la marche ascendante qui a été suivie jusqu’ici dans la seconde partie de ce Traité, on étudiera ces ordres en commençant par celui des Cramininées, où l’organisation florale est la plus simple, pour finir par celui des Iridinées, où elle est la plus compliquée.

Caractères généraux. — L’ordre des Cramininées tire son nom de la famille des Graminées, qui est la plus répandue et, après celle des Orchidées, la plus nombreuse de toute la classe des Monocotylédones. C'est chez lui que l’organisation florale offre sa plus grande simplicité. Les fleurs y sont très petites, peu apparentes, mais en revanche rapprochées en grand nombre sur des épis simples, composés, ou groupés en grappe. Non seulement la corolle y fait habituellement défaut, mais le calice lui-même y manque très souvent et la fleur est nue ; quand il y a des sépales, ils sont très peu développés et indépendants des verticilles internes, ce qui laisse l’ovaire dans tous les cas supère. En outre, l'androcée et le pistil y sont souvent séparés dans des fleurs unisexuées.

Di vision de l’ordre des Grainininées eu neuf familles. — Ce qui varie davantage, c’est l'albumen, qui est tantôt amylacé, tantôt charnu, tantôt nul ; c’est la forme des ovules, qui sont fréquemment anatropes, parfois orthotropcs ; c’est la répartition des fleurs unisexuées dans l’épi, où elles sont tantôt entremêlées, tantôt séparées les femelles en bas, les mâles en haut, tantôt isolées sur des épis différents, monoïques ou dioïques; c’est enfin la nature du fruit,

Ces différences permettent de diviser l’ordre des Cramininées en neuf familles, définies comme il suit :

GRAMININÉES.

' amylacé. Plantes

terrestres. Ovules anatroPes’ j

; Caryopse. Graminées.

( Akène . . . Cypéracèes.

I orthotropes aquatiques nageantes

Centrolépidées.

Lemnacées.

Naïadacées.

charnu. Fleurs mâles et

femelles dans

entremêlées . Cyclanthacées.

monoïques . . Typhacées.

dioïques Pandanées.

es.... Aroïde'es.

Étudions ces familles dans l’ordre indiqué, en commençant par la plus importante de toutes, celle des Graminées.

MOMOCOTYLÉDONES.

Graminées.

Appareil végétatif. — Les Graminées sont des plantes ordinairement herbacées, annuelles, comme le Blé, ou vivaces, comme le Chiendent, à l’aide d’un rhizome qui dresse dans l’air des branches latérales; rarement elles deviennent ligneuses, comme les Roseaux ou les Bambous, et peuvent atteindre alors jusqu’à trente mètres de hauteur. La tige aérienne est souvent simple ou seulement ramifiée à la base, mais quelquefois aussi très rameuse, comme dans les Bambous; elle est cylindrique et habituellement creuse dans les entrenœuds, renflée au contraire et toujours pleine aux nœuds, d'où partent, dans la région inférieure, de nombreuses racines latérales ; dans le Maïs, la Canne, le Sorgho, etc., la moelle persiste et c’est en elle que s’accumulent les réserves sucrées, notamment le sucre de Canne.

Les feuilles sont distiques, engainantes, enveloppant dans leur gaine, comme dans un étui, l’entre-nœud supérieur et quelquefois même plusieurs entrenœuds; les bords de la gaine sont presque toujours libres et se recouvrent de manière que, dans les feuilles successives, c’est alternativement le bord droit et le bord gauche qui enveloppe l’autre; ils sont rarement concrescents et la gaine forme alors un tube fermé plus ou moins long (Brome, Mélique, Glycérie, Seslérie, etc.). La gaine s’épanouit presque toujours directement en un limbe étroit, rubané, rectinerve, dont le bord entier est rendu coupant par la silicification de l’épiderme ; sur la ligne de séparation, elle se prolonge en une ligule membraneuse plus ou moins développée, renfermant quelquefois des nervures; dans les Bambous, un pétiole s’intercale entre le limbe et la gaine. La première feuille de chaque branche, adossée à la tige et fortement comprimée dans le jeune âge, prend, par suite de cette compression même, une forme particulière, qui lui a valu le nom de préfeuille (voir p. 312). Au milieu, où la pression est la plus forte, elle est mince, dépourvue de nervures, concave en dehors et embrassant la tige dans sa concavité; de chaque côté, où la pression cesse, elle est épaissie en une sorte de carène occupée par une forte nervure; en outre, elle se divise souvent au sommet en deux dents ou lobes plus ou moins profonds, correspondant à ses deux nervures latérales. Les feuilles ont souvent à leur aisselle plusieurs bourgeons collatéraux, pouvant se développer en autant de branches divergentes.

La racine a son écorce creusée de lacunes, comme il a été dit p. 680; dans bon nombre de genres (Orge, Seigle, Avoine, Paturin, Fétuque, etc.), le péricycle manque en face des faisceaux ligneux (voir fig. 448, p. 682), ce qui entraîne la naissance et la disposition des radicelles en face des faisceaux libériens (voir fig. 469, p. 708).

Fleur. — Les fleurs sont presque toujours disposées plusieurs ensemble en petits épis ou épillets, groupés à leur tour en épi ou en grappe, de manière que l’inflorescence est un épi composé ou une grappe composée d'épis, terminant la tige et les branches; très rarement l’épi est simple, parce que chaque épillet se réduit à une seule fleur, qui est terminale (Flouve, Streptochète).

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