GRAMINÉES
Au-dessous de chaque épillet, sessile ou pédicellé, la bractée mère avorte ordinairement et n'est représentée que par un petit bourrelet ou un petit talon, plus apparent dans le jeune âge que plus tard ; elle existe cependant chez quelques Bambous; dans l’Anomochle marantoïde, elle se développe même normalement en une grande spathe.
Chaque épillet commence par deux bractées bien développées, mais stériles, qui l’enveloppent dans le jeune âge comme dans un involucre et qui prolongent quelquefois leur nervure médiane en forme d'arête (Phléole, Orge, etc.) ; elles sont insérées l'une au-dessus de l'autre, à droite et à gauche si le distique est transversal (Blé, Seigle, etc.) ou s’il commence par être transversal pour devenir ensuite longitudinal (Orge), la première en arrière, la seconde en avant s'il est dès le début longitudinal (Fétuque, Paturin, Houque, etc.). Il est 1 à remarquer que, dans ce dernier cas, la bractée postérieure est convexe et pourvue d'une nervure médiane comme sa congénère, tout autrement conformée,par conséquent, que la préfeuille des rameaux végétatifs; la chose s’explique si l’on réfléchit que, par suite de l’avortement de la bractée mère, le jeune épillet ne subit pas la compression à laquelle le bourgeon végétatif est soumis entre sa feuille mère et la tige. Dans les épillets latéraux de l’Ivraie, où le distique est et demeure longitudinal, la bractée supérieure avorte d’ordinaire et, quand elle se développe, elle est bicarénée ; dans le Nard, le Goléanthe, l’Anomochle, les deux bractées avortent à la fois. Ailleurs, au contraire, le nombre des bractées stériles s’élève à trois (Panic, Sétaire, Barbon, etc.) ou à quatre (Riz, Phalaride, etc.). Dans la Flouve et le Streptochète, enfin, toutes les bractées de l’épillet sont stériles et contribuent à former l’involucre de Punique fleur terminale ; dans la Flouve, il y en a six, disposées en ordre distique longitudinal ; dans le Streptochète, il y en a d’abord deux latérales, suivies de neuf autres en trois verticilles ternaires alternes.
Dans le cas ordinaire, après les deux bractées stériles, viennent un certain nombre de bractées plus petites, mais fertiles, au-dessus desquelles l'axe se termine ; plus fréquemment que les deux premières, ces bractées se prolongent I en une arête représentant le limbe de la feuille dont la bractée représente la I gaine; l’arête est tantôt terminale (Fétuque, Blé, etc.), tantôt insérée au-dessous du sommet (Brome), au milieu (Avoine) ou même presque à la base (Canche);
' la portion de bractée située au-dessus du point d’attache de l’arête représente la ligule de la feuille. Ces bractées fertiles sont distiques comme les premières, dont elles continuent d’ordinaire la disposition ; quelquefois pourtant, leur distique est longitudinal quand celui des premières est transversal (Orge). Il n'y a parfois qu’une seule bractée fertile; souvent il n’y en a qu’une seule qui porte une fleur bien conformée, les autres, situées ordinairement au-dessus de la première (Agrostide, Millet, Phléole, etc.), quelquefois au-dessous (Panic, Sétaire, etc.), ne forment que des fleurs incomplètes ou rudimentaires. Ailleurs, l’épillet renferme deux bractées à fleurs bien conformées (Canche, Houque, Arrhénathère, etc.) ou même un grand nombre de pareilles bractées (Paturin, Fétuque, Brome, etc.). On utilise, comme on verra plus loin, la disposition terminale ou basilaire des bractées fertiles pour diviser la famille en deux grandes tribus.
MONOCOTYLÉDONES
Considérons maintenant le ramuscule floral (fig. 977). 11 commence par une bractée postérieure, comprimée dans le jeune âge entre la bractée mère et l'axe de l’épillet, et prenant, par suite de celte compression, la conformation bicarénée et bifide constatée plus haut dans la préfeuille du rameau végétatif. Quand la pression est plus forte que d’ordinaire, elle est divisée en deux dans toute sa longueur (Triachyre, Diachyre),ou même elle avorte complètement (Trichode, Élionure, certains Vulpins); quand la pression est, au contraire, moins forte, elle développe, outre ses deux nervures latérales, une nervure médiane (Riz, Tétrarrhène, Microlène, etc.) ; enfin, si la pression est nulle, parce que c'est la dernière bractée de l’épillet qui est fertile et que l’axe avorte au-dessus, elle est convexe avec une nervure médiane, comme les deux bractées de l'in vol ucre (Hiérochle) ; mais, même dans ce cas, elle est toujours dépourvue d’arête. Cette première bractée est suivie d’une seconde en avant et d'une troisième en arrière, beaucoup plus petites, mais conformées de la même manière; seulement, sous l'influence d’une compression plus forte, la partie médiane ne s’est pas développée et chacune de ces bractées est représentée par deux petites écailles latérales, comme la première l’est déjà dans les Triachyre et Diachyre. Quelquefois cependant, la pression étant moins forte du côté postérieur, la troisième bractée développe en arrière sa partie médiane et se trouve représentée par trois petites écailles (Bambou, Arondinaire, Stipe, etc.); ailleurs, la compression est, au contraire, plus forte, soit en avant, et la seconde bractée avorte complètement (Crypside, Stipe), soit en arrière, et c’est la troisième qui disparait (Riz, Phalaride), soit des deux côtés en même temps, et les deux bractées avortent à la fois (Vulpin).*
fleur dans la plupart des Gra- Au-dessus de la troisième bractee, vient la fleur minées, sans la troisième proprement dite (fig. 977). Elle est dépourvue de périanthe, ordinairement hermaphrodite, rarement unisexuée (Maïs, Pariane, Larmille, Tripsac, etc.). L’androcée se compose d'un verticille de trois étamines, une en avant, deux en arrière. Leurs filets longs et grêles, rarement concrescents en tube (Streptochète, Gigantochle, Oxyténanthère), portent, attachées vers le milieu du connectif, des anthères introrses dont les quatre sacs polliniques très allongés dépassent le connectif en haut et en bas et divergent en forme d’X après la déhiscence, qui est longitudinale. Quelquefois, l'étamine antérieure avorte et la fleur est diandre (Diarrhène, Orthoclade, certains Féluques et Paturins, etc.), ou bien ce sont les deux étamines postérieures qui ne se développent pas et la fleur est monandre (Nard, Lvgée, Fétuque queue-de-rat, Monandraire glauque, Riz monandre, etc.). Ailleurs, au contraire, le nombre des étamines est supérieur à trois; il en a quatre en deux paires croisées dans les Tétrarrhène, Microlène, Anomochle, six en deux verticilles ternaires alternes dans les Riz, Streptochète, Bambou, etc. ; on en compte parfois davantage : 7 à 14 (Luziole), G à 30 (Ochlandre), 18 à 40 (Pariane).
Le pistil est constitué par un seul carpelle fermé, tournant toujours, quel-