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GRAMINÉES

I que soit le nombre des étamines, en bas sa ligne dorsale, en haut sa suture ventrale marquée d’un sillon, toujours superposé par conséquent à l'étamine antérieure (fig. 977). L’ovaire est globuleux, à paroi épaissie, surtout en arrière ! et en haut; i! se termine quelquefois par un long style entier, droit(Nard, Maïs, Lygée, Anomochle), contourné en spirale (Streptochète), parfois divisé au sommet en trois branches sligmatiques, une antérieure et deux latérales (Phare, Leptaspie); ailleurs, le style est plus court (Larmille, Pénicillaire) ; enfin, dans la grande majorité des cas, il est nul et les branches stigmatiques sont sessiles 1 sur l’ovaire. Ces trois branches sessiles sont parfois également développées (Bambou, Arondinaire, etc.), mais d’ordinaire la médiane se réduit à une petite pointe (Phragmite, Lamarckie, Riz, etc.), ou même avorte complèlei ment, de sorte que l’ovaire paraît surmonté de deux stigmates latéraux. Les ! branches du stigmate sont ordinairement filiformes et toutes couvertes de longs ! poils qui les rendent plumeuses. Dans l'ovaire, sur la suture ventrale et à une | distance de la base qui varie suivant les genres, se trouve largement inséré un ! ovule anatrope ou semi-anatrope à. deux téguments, ascendant à raphé ventral, qui remplit toute la cavité. La formule florale est : F = 3, E + C.

La fleur terminale de la Flouve et du Streptochète mérite une mention spéciale. Dans le premier genre, après la sixième bractée distique, viennent deux étamines qui continuent la même disposition et un carpelle superposé comme toujours à l’étamine antérieure ; la fleur •est diandre, mais d’une tout autre manière que celle de la Diarrhène, etc.

Dans le second exemple, après la onzième bractée, la fleur comprend deux verticilles ternaires d’étamines et se termine par le carpelle normal.

Fruit et graine. — Pendant le développement de l’ovaire en fruit, le sac embryonnaire attaque et résorbe non seulement le nucelle et les deux téguments de l'ovule, mais encore les assises les plus internes du péricarpe; après quoi il se soude intimement avec le reste du péricarpe, qui devient sec, ordinairement membraneux (fig. 978), quelquefois ligneux (Larmille, Bambou, etc.)

La graine est donc dépourvue de tégument et il en résulte cette variété de l'akène à laquelle on donne le nom de caryopse (voir p. 933). A son tour, ce caryopse est quelquefois soudé aux deux bractées entre lesquelles il est compris (Orge, etc.).

La graine renferme un abondant albumen amylacé, dont l’assise externe, nettement différenciée, ne contient pas d’amidon (fig. 978). A la base et en de-

Fig. 078. — Section longitudinale du caryopse du Maïs, c, péricarpe; ??, cicatrice du style; 5, pédicelle ; eg , portion jaunâtre et dure de l’albumen ; cw, portion blanche et molle du même • ss , sc, cotylédon enveloppant tout l’embryon ; e , son épiderme palissadique en contact avec l’albumen st, tige; V), radicule endogène., dans sa poche: ws ; h , gemmule; w\ première racine latérale. Les cordons blancs sont les futurs faisceaux libéroligneux.

MONOCOTYLÉDONES

hors de cet albumen, sur la face antérieure et convexe du fruit, se trouve situé l’embryon, dont le plan médian coïncide à fois avec le plan de symétrie de l’ovule et du pistil et avec le plan médian de la fleur. Cet embryon est profondémentdifférencié. Saligelle porte sur sa face postérieure, du côté du raphé, unlarge cotylédon qui descend lelongdeson extrémité inférieure et en même temps se reploie en avant de manière à envelopper tout le reste de l’embryon comme d'un manteau; son épiderme extérieur est intimement appliqué contre l’albumen (fîg. 978, sc). En bas, la tigelle renferme une racine terminale, solitaire (Stipe, Ivraie, Riz, Maïs, (fîg. 978, w,, etc.), ou accompagnée de plusieurs racines latérales (Blé, Orge, Avoine, etc.). En haut, elle porte, immédiatement au-dessus du cotylédon, et en superposition avec lui une gaine membraneuse binerve qui n’est autre chose que la ligule du cotylédon; puis vient une seconde feuille diamétralement opposée au cotylédon, suivie à son tour de plusieurs feuilles dans l'ordre distique. L’ensemble formé par la ligule cotylédonaire et par les feuilles incluses constitue une gemmule fortement développée.

A la germination (voir fig. 62, p. 200, et fig. 72, p. 226), la racine terminale, ainsi que les racines latérales quand il en existe, attaquent, digèrent et finalement percent l’écorce de la tigelle qui les contient, pour s’échapper au dehors. Le cotylédon demeure en place dans la graine sans se développer; sa ligule s’allonge d’abord, puis est percée au sommet par la gemmule; entre cette ligule et le limbe cotylédonaire, le premier nœud de la tige s’accroît quelquefois, de manière à séparer ces deux parties de la même feuille (Maïs, Sorgho, Avoine, Ivraie, etc.), qui demeurent fréquemment unies à travers l’écorce par un faisceau Iibéroligneux inverse. La ligule cotylédonaire joue évidemment vis-à-vis de la gemmule le même rôle protecteur que la préfeuille du rameau vis-à-vis du bourgeon.

Principaux genres. — Très vaste et pourtant très homogène et très nettement circonscrite, la famille des Graminées comprend plus de 3 200 espèces, réparties dans 300 genres. Elles sont abondamment répandues par toute la Terre, aussi bien dans les régions arctiques et alpines que dans les contrées les plus chaudes et les plus arides de la zone équatoriale.

On en a rencontré à l’état fossile 63 espèces, réparties en 8 genres, dont 6 actuellement vivants; toutes appartiennent aux terrains tertiaires.

Plusieurs nourrissent de leurs graines l’homme et les animaux, et sont cultivées depuis les temps les plus anciens; on les réunit sous le nom de céréales. Ce sont: au premier rang, les Blés ou Froments, les Orges, le Seigle céréale, les Avoines, le Maïs cultivé et le Riz cultivé ; au second rang, les Panics, les Sorghos, les Éleusines, le Paturin d’Abyssinie, le Pénicillaire à épis, le Phalaride des Canaries, etc. D'autres sont cultivées pour leur moelle sucrée, comme la Canne des officines et le Sorgho à sucre; pour leurs principes odorants, comme le Barbon muriqué, qui donne le vétiver ; pour leur tige dure et ligneuse, comme le Roseau à quenouille et les Bambous ; pour leurs feuilles résistantes servant à faire des ouvrages de sparterie, comme le Lygée Spart et surtout le Macrochle tenace, vulgairement Alfa. Un grand nombre enfin sont fourragères et varient beaucoup suivant les pays et la nature du sol.

CYPÉSACÉES. 1485

Les principaux genres peuvent être groupés, comme il suit, en deux grandes tribus :

( i. Phalahidées. — Une seule fleur, presque terminale, rarement terminale, au-dessus de laquelle se trouve quelquefois une fleur rnàle ou rudimentaire ; épillet ordinairement articulé avec son pédicule à la base: Panic ( Panicum ), Sétaire [Setaria), Larmille (Coix), Maïs(Zea), Riz ( Onjza ), Lersie ( Beersia ), Bardauette ( 'l'ragus ), Canne (Saccharum), Barbon [Andropogon), Sorgho (S or g hum), Phalaride (Phalaris), Klouve Anthoxanthum), Vulpin (Alopecurus), etc.

2. Poées. — Une ou plusieurs fleurs, au-dessus desquelles se trouve un certain nomore de bractées stériles ou portant des fleurs rudimentaires; épillet non articulé avec son pédicule à la ba=e : Stipe ( Stipa ), Millet [Milium), Phléole ( Phleum ), Agrostide f Agros tis ), Calamagrostide ( Calamagrostis ), Canche [Aira], Houque Ulolcus), Avoine [Avenu), Chiendent [Cynodori), Éleusine [E'eusine), Gyuère [Gynérium), Roseau ( Arundo ), Phragmite ( Phragmites ), Mélique ( Melica ), Dactyle [Dactylis), Rrize (Briza), Paturin [Poa), Glvcérie ( Glyceria ), Fétuque [Festuca). Brome [Bromus), Brachypode ( Brachypodium ), Ivraie [Lolium], Seigle ( Secale ), Blé [Trilicurn), Agropyre [Ayropyrum], Nard [Nardus), Orge ( Hordeum ), Bambou [Bambusa), etc.

Cypéracées.

Appareil végétatif. — Les Cypéracées sont des herbes ordinairement vivaces à l'aide d'un rhizome rameux, végétant en sympode (voir p. 265), rarement annuelles, qui abondent dans les lieux humides ou marécageux, où elles se substituent souvent aux Graminées. Les branches du rhizome se renflent quelquefois en tubercules remplis d'amidon (Souchet long, S. rond, S. articulé, etc.), parfois comestibles (Souchet comestible). Les extrémités dressées des branches du rhizome ont leurs entre-nœuds inférieurs et souterrains très courts; l’entre-nœud supérieur, au contraire, s’allonge beaucoup et | forme toute la portion aérienne et florifère de la tige, qui parait, en conséquence, dépourvue de nœuds. Cette tige aérienne est tantôt prismatique trian- | gulaire (Laiche, Souchet, etc.), tantôt cylindrique (Scirpe, Clade, etc.); sa large moelle, d’abord pleine, se creuse souvent plus tard. Les feuilles sont tristiques et ont la même forme que celles des Graminées, avec cette différence J que les bords de la gaine y sont presque toujours concrescents dans toute leur I longueur en un tube fermé ; la ligule est ordinairement peu développée et le limbe avorte quelquefois au sommet de la gaine. La première feuille de chaque branche est une gaine binerve adossée à la tige et qui enveloppe la base de la branche comme d’un étui. La racine a son écorce lacuneuse (voir p. 680); dans plusieurs genres (Laiche, Scirpe, etc.), les radicelles y prennent naissance en face des faisceaux libériens, parce que le péricycle fait défaut en face des faisceaux ligneux (voir p. 681 et p. 707).

Fleurs. — Les fleurs sont toujours disposées en petits épis, rarement solitaires et terminaux (Psyllophore, Scirpe des marais, Sc. ovale, etc.), le plus souvent groupés à leur tour en épis, en grappes simples ou composées, en ombelles, etc. Chaque branche de l'inflorescence, et notamment celle qui se termine par l'épi, se forme à l’aisselle d’une bradée bien développée, quelquefois foliacée, comme dans l’ombelle des Souchets,et commence par une bractée adossée, binerve, engainante, à la façon d’un rameau végétatif. De là une double différence avec les Graminées.

1486 MONOCOTYLÉDONES

Éludions maintenant la structure de l’épi et considérons d'abord les Laiches et les genres voisins, où les fleurs sont unisexuées. Les bractées ne sont pas tristiques, mais spiralées suivant des divergences variées; ainsi l’on trouve dans l’épi femelle : f (Laiclie des bois, L. panicée\ j) (L. espacée, L. hérissée), |â (L. pâle, L. jaune), (L. ovale), f (L. cespiteuse, L. grêle), - (L. des

marais), etc. Dans l’épi mâle des Laiches, on rencontre, à l’aisselle de chaque bractée, une fleur mâle dépourvue à la fois de bractée adossée et de périanthe, composée de trois étamines, une en avant et deux en arrière (fig. 979, A). 11 en est tout autrement dans l’épi femelle. Là chaque bractée forme à son aisselle un petit rameau qui produit une bractée adossée, reployée en avant en forme de gaine, et avorte au-dessus d’elle, en se réduisant à un petit mamelon (fig. 979, /i). A l’aisselle de cette bractée adossée, il se forme ensuite une fleur femelle dépourvue de bractée adossée et de périanthe ; elle est composée de trois carpelles ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire, surmonté d’un style terminé par trois stigmates; l’un des carpelles est antérieur par rapport à la bractée adossée, les deux autres sont postérieurs. Il n’y a quelquefois que deux carpelles, qui sont alors latéraux. La fleur femelle des Laiches est donc de troisième génération par rapport à l’épi, tandis que la fleur mâle est de seconde génération; il y a ici, entre la fleur mâle et la fleur femelle, une discordance analogue à celle qui a été constatée plus haut chez les Conifères. Les genres voisins des Laiches (Uncinie, Schénoxiphe, Élyne, Kobrésie, Sclérie) se comportent de la même manière, à de légères différences près. Dans l’Uncinie, le ramuscule femelle de seconde génération se prolonge notablement au-dessus de la bractée adossée et se termine en crochet; dans l’Élyne, il s'allonge davantage et produit une seconde bractée à l’aisselle de laquelle naît une fleur mâle; dans le Schénoxiphe, il se développe encore plus et constitue un épillet mâle au-dessus de la fleur femelle : dans ces deux derniers exemples, l’épi est androgyne et la fleur mâle est de même génération que la fleur femelle. Il en est de même encore dans la Kobrésie et la Sclérie.

Dans les autres genres de la famille, les fleurs sont hermaphrodites et la discordance dont il vient d’être question n'y peut plus exister. Les bractées de l’épi, dont les deux inférieures sont souvent stériles, comme dans les Graminées, sont tantôt distiques (Souchet, etc.), tantôt spiralées avec ~ (Acrolépide, Iléléocharide), * (Sc. aciculaire, Sc. couché, Ériophore alpin, É.latifolié, etc.) J (Sc. lacustre, Sc. triquèlre, Sc. maritime, Fimbristyle annuelle, etc.), f, (Sc. sétacé),fï- (Choin scarieux, Scicpe ovale, Ériophore angustifolié), ” (É. à gaine). Chaque bractée fertile produit directement une fleur à son aisselle, le plus souvent sans bractée adossée (fig. 9S0); certaines espèces exotiques forment pourtant une pareille bractée. La fleur est tantôt dépourvue de toute trace de

Fig. 979. — Diagramme des fleurs de la Laiche panirée [Carex panicea).A,W^\x\' mâle. B , fleur femelle; elle est de seconde génération et procède du rameau avorté a, à l’aisselle de la bractée mère w, qui l’enveloppe.

CYPÉRACÉES.

Fig. 980. — Diagramme de la fleur du Scirpe de? bois ( Scirpus sylvaticus).

périanlhe (Souchet, Glade, Scirpe flottant, Sc. sétacé), tantôt munie à sa base de quelques filaments ou poils qui sont parfois au nombre de six, en deux verlicilles ternaires (Scirpe des bois (fig. 980, Sc. lacustre,

Ériophore alpin, etc.), souvent en nombre moindre et variable, parfois en nombre plus grand (Rhynchospore) ou même indéfini (Ériophore latifolié, É. angustifolié). On regarde quelquefois ces filets soyeux comme un périanthe rudimentaire. Seul l'Üréobole a un périanthe mieux caractérisé, formé de six petites écailles rigides. Les étamines sont ordinairement au nombre de trois, disposées comme dans les Laiches; l’antérieure avorte dans les Clades,les deux postérieures dans le Diplacre et certaines Scieries; il y en a six en deux verticilles alternes dans certains Lamprocares, Gahnies et Ideléries; on en compte un grand nombre dans les Évandre, Chrysitriche, Chorisandre et Lépirone, Le pistil est conformé comme dans les Laiches et ses trois carpelles sont superposés aux étamines, ou à celles du rang externe quand il y en a six; lorsque les carpelles se réduisent à deux, ils sont latéraux. Le style se termine par huit branches dans l’Évandre. La formule florale est : F = 3 E + (3 C°).

Partout les étamines ont leurs anthères basifixes, introrses, à quatre sacs polliniques et à déhiscence longitudinale; partout aussi F ovaire uniloculaire renferme, attaché vers la base de sa suture postérieure, un ovule anatrope à deux téguments, dressé, à raphé postérieur.

Fruit et graine. — Le fruit est un akène à péricarpe membraneux ou crustacé, rarement charnu dans la zone externe (Diplasie). La graine contient un abondant albumen amylacé, quelquefois charnu, à la base et en dehors duquel, du côté antérieur, se trouve un petit embryon lenticulaire ou en forme de toupie, parfois entouré de tout côté par l'albumen (Laiche, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie de l'ovule et avec le plan médian de la fleur; la tigelle porte en arrière, du côté du raphé, un cotylédon bombé, appliqué contre l'albumen, avec une ligule uninerve qui coilfe la gemmule. A la germination, le nœud cotylédonaire s'allonge, laissant le cotylédon dans la graine et soulevant la ligule, qui demeure réunie au cotylédon à travers l’écorce par un faisceau libéroligneux inverse.

Principaux genres. — Abondamment répandue dans toutes les régions du globe, la famille des Cypéracées comprend plus de 2 200 espèces, réparties dans 61 genres; on compte plus de 800 Laiches et plus de 700 Souchets. On en a rencontré environ 50 espèces fossiles dans le terrain tertiaire. Quelques Cypéracées produisent des tubercules amylacés et alimentaires (Souchet comestible, etc.); d’autres servent par leurs tiges aériennes à confectionner des paillaissons (Scirpe lacustre) ou des chaises (Laiche nerveuse, etc.); c’est avec les tiges aériennes du Souchet à papier, découpées en tranches, que les anciens fabriquaient leur papier.

Comme il a été dit plus haut, les genres se groupent en deux grandes tribus, caractérisées par l’hermaphrodisme ou l’unisexualité des fleurs :

4. Scim-ÉKS. — Fleurs hermaphrodites : Souchet ( Cyperus ), Hélôocharide ( Heleocharis ),

MONOCOTYLÉDONES

Fimbristyle ( Fimbristylis ), Scirpe ( Scirpus ), Ériophore ( Eriophorum ), Ficinie (Finnia), Mapauie ( Mapania ), Oréobole (Oreobolus), Ithynchospore ( Rhynchospora ), Choiu (Scnœnus), Elyuaothe ( Elynanthus ), Clade ( Cladium ), Gahnie ( Gahnia ), etc.

2. Caricées. — Fleurs unisexuées : Sclérie (Sc/eria), Kobrésie ( Kobresia ), Schénoxiphe (Schœnoxiphium) , Uucinie ( Uncinia ), Laiche ( Carex ).

Affinités. — Les Cypéracées se rapprochent beaucoup des Graminées, tant par la conformation de l’appareil végétatif que par l’organisation florale. Elles en diffèrent pourtant très nettement par leur tige aérienne sans nœuds et souvent anguleuse, la disposition tristique des feuilles, la concrescence en tube des gaines foliaires, le développement de bractées mères sous les épillets et de préfeuilles à leurs bases, l’absence de bractée adossée sur le ramuscule floral, les anthères basifîxes, la structure du pistil, ternaire ou binaire avec carpelles ouverts, enfin la nature du fruit. Sous aucun de ces rapports, on ne trouve d’intermédiaire entre ces deux familles, qui se montrent ainsi plus différentes au fond qu’elles ne paraissent tout d’abord.

FAMILLE 3 Centrolépidèes.

Appareil végétatif. — Les Centrolépidées sont de très petites herbes, annuelles ou vivaces à port de Cypéracée. Comme chez beaucoup de Graminées et de Cypéracées, la racine a son péricycle interrompu en face dos faisceaux ligneux et produit en conséquence ses radicelles vis-à-vis des faisceaux libériens (p. G82 et p. 707).

Fleurs. — Les fleurs y sont disposées en un épi distique, terminal ou axillaire, ou plus souvent en petites cymes unipares héliçoïdes, groupées en épi. Elles sont unisexuées, monoïques dans le même épi ou dans la même cyme, dépourvues de périanthe et de la structure la plus simple. La fleur mâle se réduit, en effet, à une seule étamine, dont l’anthère introrse et oscillante ne porte que deux sacs polliniques et s’ouvre par une seule fente longitudinale. La fleur femelle se réduit aussi à un seul carpelle, terminé par un style et un stigmate filiforme, et renfermant un seul ovule orthotrope à deux téguments, pendant au sommet de l’ovaire. Le fruit est sec et, bien que monosperme, il s’ouvre le long de la ligne dorsale pour mettre sa graine en liberté. Cette graine contient un albumen amylacé, avec un embryon lenticulaire situé à l’opposite du hile et tournant sa radicule vers la base du fruit, puisque l’ovule était orthotrope et pendant.

Genres. — Les quatre genres : Centrolépide ( Centrolepis ), Aphélie ( Aphelia ), Trithurie ( Trithuria ), Gaimardie (Gaimarclia), qui forment cette petite famille, comprennent environ 30 espèces, presque toutes australiennes. Elles diffèrent des Graminées et des Cypéracées par l’extrême simplicité de la fleur, mais surtout par l’ovule orthotrope pendant et le fruit monosperme déhiscent.

LEMNACÉES.

FAMILLE 4 Lemnacées.

Appareil végétatif. — Les Lemnacées sont des plantes aquatiques nageantes, dont l’appareil végétatif offre une dégradation profonde. La tige s’y réduit, en effet, aune petite lame verte, arrondie ou ovale, à face inférieure renflée en lentille, tantôt entièrement dépourvue de racines et de feuilles (Wolf(ie), tantôt munie seulement d’une racine sur sa face inférieure (Lemne, Telmatophace), tantôt pourvue à la fois de plusieurs racines et d’une feuille engainante (Spirodèle); c’est seulement dans ce dernier genre que les vaisseaux du cylindre central de la tige et de la racine achèvent leur différenciation.

Dans tous les cas, la tige se ramifie dans son plan, avec prompte dissociation des branches successives. Dans lesWolffies, les branches naissent isolément au voisinage du sommet; dans les Lemne, Telmatophace, Spirodèle, elles se forment latéralement deux par deux, presque à la même hauteur; l’une d’elles, toujours située du même côté, prenant d'ordinaire un accroissement prédominant, il en résulte une ramification en cyme unipare scorpioïde. La base rétrécie de la branche est enveloppée par l’écorce de la tige comme dans une sorte de poche. Les racines ne se ramifient pas; elles sont dépourvues de poils et possèdent une coiffe persistante très développée. L’épiderme y demeure simple et ne s’exfolie pas. C’est la poche digestive qui seule forme la coiffe (voir p. 69fl et p.789). Celte coiffe n’est donc pas comparable à celle des plantes ordinaires.

Fleur». — Les fleurs sont unisexuées, nues et réduites, comme chez les Centrolépidées, à leur plus grande simplicité, la fleur mâle à une étamine, la fleur femelle à un carpelle. Elles sont groupées par deux ou trois en petits épillets monoïques, diversement disposés. Dans les Wolffies, le groupe floral naît, sans trace de bractée mère, sur la face supérieure de la lame, au fond d’une petite dépression; il y en a tantôt un seul, médian (W. arliize) l ou un peu latéral (W. hyaline), tantôt deux ! situés à. droite et à gauche de la ligne médiane (W. de Welwitsch). Dans les Lemne,

Telmatophace et Spirodèle (fig. 981), l’épillet prend naissance latéralement, aux lieu et place du rameau le moins développé, à

. . . . i Hg. i»8l. — Telmatophace gihbeux ( Tcfma -

1 aisselle d une bractee qui se reploie quelque- topha^ yibba). a, épiiiet formé de deux

fois autour de lui en un sac presque clos (Spi- flfurs n,aleset dune <lcur femelle; *, pis-

r 1 til ouvert montrant les ovules.

rodèle). L’épillet de la Wolflie se compose

d’une étamine inférieure à deux sacs polliniques et d un carpelle supérieur contenant un seul ovule dressé, orthotrope a deux téguments. Celui des Lemne, Telmatophace et Spirodèle comprend deux étamines à quatre sacs polliniques, nées successivement, et un carpelle formé en dernier lieu (fig. 981, a); ce car-

VAN TIKG1IBM, TRAITÉ, 2* ÉDITION. 94

MONOCOTYLÉDONES

pelle contient, dressés au fond de l’ovaire, tantôt un seul ovule orthotrope ou semi-anatrope (Lemne), tantôt deux ovules anatropes (Spirodèle), tantôt deux à sept ovules anatropes (Telmatophace) (fig. 981, b).

Fruit et graine. — Le fruit est un akène à péricarpe membraneux, quelquefois polysperme (Telmatophace, Spirodèle). Le tégument de la graine, épais et charnu dans sa couche externe, renferme un albumen amylacé plus ou moins épais, se réduisant parfois à une seule assise de cellules (Wolffie). L'embryon, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie de la graine et du carpelle, tourne son cotylédon vers le raphé; sa gemmule, dilatée en lame, renferme déjà dans son bord une pousse secondaire.

Genres. — Cette petite famille comprend quatre genres avec 21 espèces, plusieurs très répandues dans les eaux douces et stagnantes de toutes les régions du globe, cinq confinées dans la zone tropicale, six dans les contrées tempérées. Joignant à l’extrême simplicité de l’organisation florale, telle qu’on vient de la constater chez les Centrolépidées, l’extrême dégradation du système végétatif, elle occupe une place à part dans la classe des Monocotylédones.

D’après ce qui en a été dit, les genres peuvent s’y grouper en deux tribus :

1. Lemivées. — Épillets latéraux, diandres : Lemne (T.emna), Telmatophace ( Telmatophace ),

Spirodèle (Spirodcla).

2. Wolffiées. — Épillets dorsaux, mouandres : Wolffie ( Wol/'fia ).

Naïadacées.

Appareil végétatif. — Les Naïadacées sont des plantes aquatiques submergées, à feuilles supérieures quelquefois nageantes (Potamot nageant, Aponogète, etc.), annuelles (Naïade) ou vivaces avec un rhizome ; les unes habitent les eaux douces (Naïade, Zannichellie, Potamot, Aponogète, etc.), les- autres la mer (Zostère, Posidonie, Cymodocée, Ftuppie maritime, etc.;. La tige, enracinée aux nœuds inférieurs et rameuse, porte (des feuilles distiques, quelquefois rapprochées par paires (Naïade, etc.), engainantes, souvent munies de deux stipules ou d’une ligule axillaires (Zostère, Cymodocée, Potamot, Zannichellie, etc.), quelquefois pétiolées (Potamot nageant, P. luisant, etc.), à limbe entier ou denté (Naïade), ordinairement rubané, parfois très long (Zostère), à nervation souvent réticulée; le parenchyme peut faire défaut et le limbe se réduire à son réseau de nervures (Ouvirandre . Le rhizome est quelquefois tout entier tuberculeux (Aponogète, Ouvirandre' ; dans le Potamot perfolié, ce sont les rameaux formés en automne qui se renflent en tubercule au sommet.

Fleurs. — La disposition et l’organisation des fleurs varient beaucoup et il convient de les étudier dans les principaux genres.

Dans les Naïades, les fleurs sont unisexuées, monoïques (N. mineure, etc. ou dioïques (N. majeure, etc.), solitaires à la base des rameaux végétatifs, chacune à l’aisselle de la première feuille de ce rameau, transformée et

iNAIADACEGS.

bractée ou avortée. La Heur mâle, enveloppée par sa bractée mère qui se reploie et se soude en tube au-dessus d’elle, commence par une bractée adossée et se réduit à une seule étamine, dont l'anthère sessile est concreseente jusque vers le sommet avec cette bractée adossée; l’anthère contient tantôt un seul sac pollinique s’ouvrant irrégulièrement (Naïade mineure, etc.), tantôt quatre sacs s’ouvrant par autant de valves enroulées vers le bas (N. majeure, etc.); les grains de pollen sont sphériques. La fleur femelle est quelquefois aussi enveloppée par sa bractée mère (N. ténue, N. ancistrocarpe), qui avorte le plus souvent ; elle manque toujours de bractée adossée et se réduit à un seul carpelle dont le style très court se divise au sommet en deux branches sligmatiques; l’ovaire renferme, attaché à la base de sa suture, un | ovule anatrope à deux téguments, dressé, à raphé ventral.

Dans les Zostères, les fleurs mâles et femelles sont réunies en un épi terminal, enveloppé d’une spathe, au-dessus duquel la tige se développe en i sympode. L’axe aplati de l’épi porte toutes les fleurs du meme côté, vers la fente de la spathe; elles y sont disposées suivant deux séries parallèles, où les mâles alternent régulièrement avec les femelles, de façon qu’à chaque niveau on trouve une fleur mâle à côté d’une fleur femelle. Toutes ces fleurs sont également dépourvues de bractées mères et de bractées propres. La fleur mâle est formée d’une étamine dont le court filet se bifurque à la base et porte deux moitiés d’anthère contenant chacune deux sacs polliniques, dont les grains sont allongés en tube. La fleur femelle se compose d’un carpelle, terminé par un style court à deux branches sligmatiques, dont l’ovaire contient un ovule orthotrope pendant. Les Phyllospadices se comportent de la même manière, mais avec diœcie. Dans les Cymodocées, qui sont aussi dioïques, les fleurs sont solitaires, terminales, enveloppées dans un involucre formé par les deux dernières feuilles modifiées; à l’aisselle de l’avant-dernière feuille, la tige se ramifie en sympode. La fleur se compose de deux étamines dont les anthères extrorses et concrescentes ont quatre sacs polliniques remplis d’un pollen tubuleux. La fleurfemelle est formée de deux carpelles libres, terminés par deux branches stig matiques et renfermant chacun un ovule orthotrope pendant.

Dans les Zannichellies, qui sont monoïques, la (leur femelle est terminale et se compose de quatre carpelles libres, enveloppés dans une sorte de calice campanulé (fig. 983, a); chacun d’eux se termine par un style portant un stigmate pelté et Fhup fem^e de la

renferme un ovule orlhotrope pendant (flg. 982, b). ZannjciieUie des marais (^«««1- La fleur mâle occupe le sommet du rameau qui nait à l’aisselle de l’avant-dernière feuille; elle est nue et se réduit à une étamine extrorse à quatre sacs polliniques, renfermant un pollen globuleux. Dans l’Althénie, c’est la fleur mâle qui est terminale, avec son unique étamine sessile contenant un seul sac pollinique, et ce sont les deux rameaux axillaires des deux bradées de l’involucre qui se

chellia palustris) (a) ; b, un carpelle coupé en long montrant î’ovule orthotrope pendant.

MONOCOTYLÉDONES

terminent par une fleur femelle à trois carpelles libres, contenant chacun un ovule orthotrope pendant.

Dans les Ruppies, la tige se termine par un épillet biflore, enveloppé par les deux dernières feuilles comme dans un involucre; elle poursuit ensuite sa ramification en cyme bipare à l’aisselle de ces deux feuilles. Les fleurs sont hermaphrodites, dépourvues à la fois de bractée mère et de bractée propre. L'androcée se compose de deux étamines latérales, dont les anthères extrorses, à quatre sacs polliniques remplis d’un pollen tubuleux, sont divisées en deux moitiés et ont le connectif prolongé en un petit appendice dorsal. Le pistil comprend quatre carpelles libres, deux latéraux et deux médians, terminés par un stigmate discoïde, contenant chacun un ovule cam-

pylotrope pendant, courbé vers le bas.

Les fleurs des Potamots (fig. 983) sont aussi hermaphrodites et groupées en épis terminaux; mais elles sont nombreuses dans chaque épi et disposées

Fig. 983. - Diagramme de la fieu,- en verticilles alternes par 2, 3 ou 4, rarement en du Potamot nageant ( Potamogc - spirale. Les bractéesmères s’v développent rarement et il n’y a pas de bractées propres. L’androcée comprend quatre étamines à anthères sessiles, extrorses, bipartites, munies chacune d’un appendice dorsal plus développé que dans les Ruppies et dont l’ensemble simule un calice. Le pistil se compose de quatre carpelles libres alternes avec les étamines, terminés par un stigmate sessile et renfermant un ovule campylotrope attaché plus ou moins haut sur la suture ventrale ou même pendant, courbé vers le bas.

Enfin, les Aponogètes ont encore les fleurs hermaphrodites nues, disposées en épi terminal à faisselle de bractées distiques souvent grandes et colorées. 11 y a six étamines, qui se multiplient parfois jusqu’à en faire 10 ou 20, à quatre sacs polliniques contenant un pollen globuleux. Le pistil comprend trois à cinq carpelles libres à stigmate sessile, contenant chacun au moins trois ovules anatrop es insérés en deux rangées à la base de la suture, dressés ou ascendants à raphé ventral.

Fruit et graine. — Le fruit est ordinairement un akène à péricarpe ligneux, quelquefois un follicule (Aponogète, Ouvirandre) ou une baie (Posidonie, Amphibole). La graine, dépourvue d’albumen, renferme un embryon ordinairement courbé dans son plan médian, qui coïncide avec le plan de symétrie de l’ovule et du carpelle, quelquefois droit (Naïade, Aponogète, Ouvirandre); sa tigelle très développée est plus volumineuse que le cotylédon; en un mot, il est macropode. Si la graine est anatrope, le cotylédon est situé du côté du raphé; si elle est campylotrope, il occupe la concavité de la courbure.

Principaux genres. — La famille des Naïadacées renferme 103 espèces, en 13 genres, répandues dans les eaux douces et salées de toutes les contrées du globe ; à part quelques Hydrocharidées, c’est à elle qu’appartient toute la végétation phanérogamique de la mer. Plusieurs ont été rencontrées à l’état

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