II. Fleurs hermaphrodites
3. PoTAMÉKS. — Uu ovule campylotrope pendant ou ventral : Posidonie ( Posidonia
Amphibole ( Amphibolis ). — Ruppie ( Ruppia ), Potamot ( Potamogeton ).
4. Ai'onogktkes. — Plusieurs ovules anatropes dressés: Aponogète [Aponogeton), Ouvi-
raudre ( Ouvirandra ).
Affinités. — Par la simplicité de structure des fleurs, dépourvues de périanthe et souvent réduites à une étamine et à un carpelle, comme par le milieu de végétation, les Naïadacées se rattachent aux Lemnacées, et par elles aux Centrolépidées et aux Cypéracées. Elles diffèrent des quatre familles précédentes par l’absence totale de l’albumen, qui se trouvait déjà bien réduit, comme on sait, dans les Wolffies.
famille 6 Aroïdées.
Appareil végétatif. — Les Aroïdées offrent les modes de végétation les plus divers: elles sont terrestres, avec un rhizome tuberculeux (Gouet, Serpentaire, Amorphophalle, etc.) ou avec une grosse tige dressée à courts entre-nœuds (Colocase, etc.); marécageuses, avec un rhizome horizontal l rameux (Acore, Galle, Oronte) ; aquatiques nageantes, avec une rosette de feuilles sur une tige très courte (Pistie); grimpantes et épidendres, avec une tige ligneuse et ramifiée, à longs entre-nœuds, souvent dorsiventrale, produii sant des racines aériennes aux nœuds et parfois sur toute sa surface inférieure (Philodendre, Monstère, Pothe, etc.). Les feuilles sont ordinairement I disposées suivant les divergences j, ~ , etc. ; quand elles sont distiques, si la tige est dorsiventrale, leurs deux rangées sont plus rapprochées sur la face supérieure, tandis que les bourgeons axillaires demeurent diamétralement I opposés (Monstère, etc.). Les feuilles sont engainantes, quelquefois rubanées I (Acore), ordinairement pétiolées avec un large limbe à nervation pennée ou j palmée, entier ou diversement découpé (voir fig. 114, p. 294), quelquefois 1 percé de trous (Monstère, Tornélie, etc.).
La structure de l'appareil végétatif est aussi très diverse. Notons seulement que beaucoup de ces plantes ont un appareil sécréteur très développé ; ce sont tantôt des cellules oléifères isolées (Acore), tantôt des files de cellules laticifères, indépendantes (Gouet, Richardie, etc.), ou anastomosées en réseau (Colocase, Calade, etc.), tantôt des canaux sécréteurs oléifères (Philodendre, Schismatoglotte, racine des llomalonèmes, etc.), ou des poches sécrétrices (tige des llomalonèmes). Les Philodendres ont à la fois des files de cellules
MONOCOTYLÉDONES
laticifères, annexées aux faisceaux libéroligneux de la tige et des feuilles, et des canaux oléifères dans le parenchyme; les canaux de la racine y sont enveloppés d’une gaine fibreuse. D'autres sont dépourvues d’appareil sécréteur, mais ont le parenchyme des divers organes traversé et soutenu par les poils fibreux internes qui ont été signalés à la page G 45, figure -436 (Monstère, Spathiphylle, etc.). D’autres, enfin, n’ont ni appareil sécréteur, ni poils internes (Pistie, Pothe, Antliurion, etc.). La Pistie offre, comme on sait (p. 697), dans le mode de croissance terminale de sa racine et de ses radicelles une ‘remarquable exception à la règle. Elle n’a pas d’épiderme, partant pas de calyptre. La coiffe y est donc formée exclusivement par la poche digestive émanée de la tige ou de la racine mère, suivant qu’il s'agit d’une racine latérale ou d’une radicelle (p. 712).
Fleur». — Les fleurs sont disposées en un épi plus ou moins longuement pédicellé, terminal ou axillaire, muni d’une spathe diversement conformée et colorée, persistante (Gouet, Calle, etc.), ou caduque (Monstère, etc.), quelquefois concrescente avec l’axe de l’épi dans toute sa longueur (Spathicarpe, Spathanthée), rarement rudimentaire (Oronte). Le plus souvent, l’axe de l’épi est recouvert jusqu’au sommet par les fleurs, qui sont très nombreuses et très serrées, rarement en petit nombre (Ambrosinie, Pistie); ailleurs, au contraire, il se prolonge au-dessus des fleurs en un appendice stérile de conformation variée (Gouet, Serpentaire, Amorphophalle, etc.) (fig. 984).
Toujours dépourvues de bractées mères et de bractées propres, les fleurs sont constituées, suivant les genres, sur trois types différents : elles sont nues et unisexuées (Gouet, etc.), nues et hermaphrodites (Calle, etc.), ou périanthées et hermaphrodites (Acore, etc.). Dans le premier cas, les fleurs mâles et femelles sont presque toujours réunies dans le même épi, les premières en haut, les secondes en bas, tantôt se suivant sans interruption (Richardie, Amorphophalle, Philodendre, etc.), tantôt laissant entre elles un espace vide (Syngone), ou occupé par des fleurs rudimentaires (Gouet, fig. 984, etc.); de pareilles fleurs rudimentaires se retrouvent aussi au-dessus des fleurs mâles quand l'axe de l’épi se prolonge en un appendice stérile (Gouet, fig. 984, etc.); il y a très rarement diœcie (Arisème). Quand la spathe est concrescente avec l’épi, les fleurs femelles sont sur deux rangées longitudinales contiguës à la spathe, les fleurs mâles sur une troisième rangée médiane (Spathicarpe, Spathanthée). Les fleurs femelles ne forment quelquefois qu’un seul verticille (Cyptocoryne) ou même se réduisent à l’unité (Ambrosinie, Pistie).
Le périanthe, quand il existe (fig. 985), est formé de deux verticilles alternes, binaires (Anlhurion, Gymnostachide, etc.) ou ternaires (Acore, Pothe, etc.), de petites écailles libres, rarement concrescentes en coupe (Spathiphylle).
ig. 984. — Spathe du Gouet maculé {Arum maculalum ), coupée en avant pour laisser voir l’épi, portant en bas les fleurs mâles, plus haut les fleurs femelles.
sépaloïdes
AROIDÉES.
Dans les fleurs hermaphrodites, l’androcée se compose de deux verticilles alternes, binaires (Calle, Monstère,' Anthurion, etc.), ou ternaires | (fig. 985) (Acore, Spathiphylle, etc.), d’étamines libres, superposées aux sépales | et aux pétales. Dans les fleurs mâles, il est formé d’un nombre variable d’éta" i mines : 1 (Arisare, Biare, Pinellie, etc.), 2 (Aglaonème, Pistie, etc.), 3 (Richardie, Ariopse, etc.), 3-4 (Gouet, Serpentaire, etc.), 3-5 (Golocase, etc.), 4-6 (Xanthosome, etc.), 8-10 (Ambrosinie, etc.); ces étamines, ordinairement sessiles, sont tantôt libres et à connectif peu développé (Gouet, Serpentaire, etc.), tantôt concrescentes par la face dorsale de leur volumineux connectif (Coloj case, Calade, Philodendre, etc.) ; quelquefois même la concrescence s’opère aussi d’une fleur à l'autre, de manière à souder ensemble toutes les étamines | de la région mâle de l’épi (Ariopse). Les anthères sont extrorses, très rarement introrses (Acore), à quatre sacs polliniques, et s’ouvrent soit par deux fentes longitudinales (Calle, Monstère, Pollie, Acore, etc.), soit par des pores terminaux (Colocase, Richardie, Philodendre, etc.), quelquefois prolongés en bec (Bucéphalandre) ; quand la déhiscence est poricide, le pollen demeure souvent agglutiné en un filament vermiforme.
Le pistil est composé habituellement, suivant que la fleur est dimère ou trimère, de deux ou trois carpelles concrescents, ouverts et formant ensemble un ovaire uniloculaire (Colocase, Pistie, Calle, etc.), ou fermés et constituant un ovaireà deuxou trois loges (fig. 985) (Calade, Richardie,
} Anthurion, Acore, etc.); entre ces deux cas extrêmes, on observe beaucoup d’intermédaires. Il n’y a quelque- ! fois qu’un seul carpelle fermé (Gouet, Lasie, Cyrto- I sperme, Gymnostachide, etc.) ; rarement le nombre des carpelles s’élève à 4, 5, 6 et jusqu’à 9 (Spalhanthée, etc.). L’ovaire est surmonté d’un stigmate diver-
Kig. 985. — Diagramme de la fleur de l’ Acore calame (Acorus Calamus ).
sement conformé, quelquefois trilobé (Astérostigme), ordinairement sessiie, parfois à l’extrémité d’un style (Amorphophalle). Rien de plus variable que la forme, le nombre et le mode d’insertion des ovules. Ils sont souvent orthotropes (Gouet, Colocase, Philodendre, Acore, etc.), assez fréquemment anatropes ou semi-analropes (Calade, Richardie, Dieffenbachie, Lasie, Spathiphylle, etc.), plus rarement campylotropes (Draconte, Symplocarpe, Cyrtosperme, etc.), le même genre pouvant d'ailleurs posséder ces trois formes à la fois, comme on le voit dans les Anthuriuns. Tantôt il n’y a qu’un seul ovule dans l’ovaire uniloculaire (Biare, Scindapse, Lasie, Oronte, etc.) ou dans chaque loge de l’ovaire pluriloculaire (Dieffenbachie, Pothe, etc.); tantôt il y a deux ovules dans l’ovaire uniloculaire (Sauromate, Hélicophylle, etc.) ou dans chaque loge de l’ovaire pluriloculaire (Monstère, Anthurion, etc.) ; tantôt il existe un plus grand nombre d’ovules dans l’ovaire uniloculaire (Gouet, Colocase, Calle, etc.) ou dans chaque loge de l’ovaire pluriloculaire (fig. 985) (Calade, Richardie, Acore, etc.). Enfin les ovules sont fixés soit à la base du carpelle et dressés ou ascendants (Pistie, Alocase, Calle, Monstère, etc.), soit à diverses hauteurs sur la paroi (Gouet, Colocase, Calade, etc.), soit au sommet et pendants
MONOCOTYLÉDONES
(Raphidophore, Lasie, Acore, Gymnostachide, etc.), soit en même temps à la base et au sommet (Serpentaire, etc.).
Fruit et graine. — Le fruit est une baie dont la .pulpe est constituée, du moins en grande partie, par des poils charnus développés dans l’ovaire ou dans ses loges ; quelquefois le péricarpe est sec et membraneux (Oronte) ; parfois aussi il s’ouvre irrégulièrement au sommet. Quand les fleurs sont unisexuées, il peut arriver que toutes les baies de la partie inférieure de l’épi se soudent entre elles en un fruit composé (Cryptocoryne). L’axe de l’épi peut aussi s’épaissir et devenir charnu, formant avec les baies qui le couvrent un fruit composé comestible (Tornélie odorante). ,La graine est le plus souvent pourvue d’un albumen charnu abondant (Gouet, Golocase, Philodendre, Anthurion, Calle, Acore, etc.) ; mais quelquefois cet albumen est peu développé et il n’est pas rare qu'il s’annule complètement(Aglaonème, DiefTenbachie, Draconte, Monstère, Pothe, etc.). L’embryon est ordinairement droit, macropode quand l’albumen fait défaut, rarement arqué (Cyrtosperme) ; son plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument et le cotylédon est tourné du côté du raphé.
Principaux genres. — La famille des Aroïdées comprend à peu près 900 espèces réparties dans 98 genres, abondamment répandues dans la zone tropicale des deux continents, plus rares dans les régions tempérées, manquant dans les contrées froides; ce sont les Galles et les Orontes, plantes aquatiques à rhizome, qui remontent le plus haut. Plusieurs Aroïdées sont recherchées et cultivées pour leur tige amylacée et alimentaire (Colocase des anciens, C. del'Himalaya, C. macrorhize, Arisème utile, etc.), pour leurs jeunes pousses, mangées) sous le nom de chou caraïbe (Xanthosome sagittifolié), pour leurs fruits comestibles et parfumés (Tornélie odorante, etc.).
En s’appuyant sur l’organisation florale, on groupe les genres en trois grandes tribus :
1. Arées. — Fleurs nues unisexuées: Pistie (Pistia), Ambrosinie (Ambrosinia), Cryptoeo-
ryne (C ryptocoryne), Arisare ( Arisarum ), Arisème ( Ariseema ), Bia.re(Biarum), Gouet (Arum), Ty phone (Typhonium) , Serpentaire (Dracuncu/us), Amorphophalle ( Arnorpho phallus), Colocase ( Colocasia ), Alocase ( Alocasia ), Calade (Caladium), Xanthosome ( Xanthosoma ), Philodendre ( Philodendron ), Syngone ( Synqonium ), Aglaonème ( Aglao nema), Richardie ( Richardia ), Homalonème ( Homalonema ), Dieffenbachie (Die/fenbachia), Spathicarpe ( Spathicarpa ), Spathauthée (. Spalhantheum ), etc.
2. Cai,lées. — Fleurs nues hermaphrodites : Calle (L'alla), Monstcre ( Monstera ), Scindapse
( Scindapsus ), Raphidophore (Raphidophora), Tornélie ( T orne lia ), etc.
3. Acorées. — Fleurs périanthées hermaphrodites : Oronte (Orontium), Draconte (Draron-
tium), Lasie (Lasin), Cyrtosperme ( Cyrtosperma ), Spathiphylle (Spathiphyllum), Anthurion (Anthurium), Pothe ( Pothos ), Acore (Acorus), Gymnostachide ( Gymnostachys ), etc.
Affinités. — Par les Arées, et notamment par les Ambrosinie et Pistie où l’épi ne compte qu’une seule fleur femelle avec un petit nombre de fleurs mâles, les Aroïdées touchent aux Lemnacées et aux Naïadées; parles Callées, elles se rapprochent des Potamées; enfin parles Acorées, qui ont une corolle sépaloïde, elles tendent vers Tordre des Joncinées. Les variations dans la forme, le nombre et le mode d’attache des ovules se reproduisent ici telles qu’on les a observées plus haut dans les Lemnacées et les Naïadacées; l’absence d’albumen dans bon nombre de genres est un lien de plus avec cette dernière famille.
TYPHACÉES.
FAMILLE 7 Typhacées.
Appareil végétatif. — Les Typhacées sont des herbes aquatiques ou marécageuses, vivaces, pourvues d'un rhizome ramifié, qui produit chaque année des brandies dressées, à feuilles distiques, rubanées et engainantes.
Fleurs. — Les fleurs, unisexées et monoïques, sont disposées en épis cylindriques (Massette) ou en capitules (Rubanier), les uns mâles, les autres femelles. Dans les Massettes, l’extrémité de la tige porte un épi femelle surmonté d'un ou de plusieurs épis mâles, séparés de l’épi femelle et les uns des autres par autant de bractées. Dans les Rubaniers, les capitules sont disposés en un épi distique, les femelles en bas, les mâles plus nombreux en haut. La Heur mâle J (fig. 986, /l), dépourvue de bractée mère, se compose normalement de trois ! etamines, une en avant, deux en arrière, quelquefois d’un nombre plus grand ou plus petit, libres (Rubanier) ou concrescentes par leurs filets (Massette), à quatre sacs polliniques et à déhiscence longitudinale ; dans les Massettes, les grains de pollen demeurent groupés en tétrades. La fleur femelle (fig. 986, B), ordinairement munie d’une bractée mère, se compose d’un seul carpelle postérieur, dont l’ovaire contient un seul ovule anatrope pendant, à raphé ventral, et dont le style se termine par une languette stigmalique. Dans les Rubaniers, les fleurs ont en outre un calice formé de trois petites écailles, une en arrière, deux en avant (fig. 986, B). Dans les Massettes, elles ont seulement un certain nombre de poils, que l’on peut, au même titre que dans les Eriophores, considérer comme un calice rudimentaire.
Fruit et graine. — Le fruit des Massettes est sec et déhiscent; celui des Rubaniers est une drupe. La graine renferme un abondant albumen amylacé, avec un embryon axile et cylindrique.
Genres. — Composée des deux seuls genres Massette ( Typha ) et Rubanier ( Sparganium ), renfermant ensemble 16 espèces vivantes, auxquelles il faut ajouter 5 Massettes et 8 Rubaniers fossiles rencontrés dans les couchestertiaires, la pelite famille des Typhacées se relie d’une part aux Cypéracées, notamment aux Caricées, de l’autre aux Aroïdées et surtout aux Arées.
Fig. 986. — Diagramme des Heurs du Rubanier ( Sparganium ). A, Heur mâle. H, fleur femelle.
Pandanées.
Appareil végétatif. — Les Pandanées sont des plantes ligneuses, arborescentes (Yaquois) ou grimpantes (Freycinctie), dont la tige, simple ou ramifiée en fausse dichotomie, se soutient par un étui de fortes racines latérales et
MONOCOTYLÉDONES
porte à son extrémité un bouquet de feuilles tristiques, rubanées, engainantes, épineuses sur les bords et le long de la nervure dorsale.
Fleurs. — Les fleurs, unisexuées etdioïques, sont disposées en épis plusou moins longuement pédicellés, terminaux (Vaquois) ou axillaires (Freycinétie), solitaires (Vaquois femelle) ou groupés en grappe (Vaquois mâle), munis à leur base de bractées tristiques dont les supérieures sont souvent colorées et rapprochées en involucre. Elles sont dépourvues de bractées mères et nues^ La fleur mâle est formée d’un grand nombre d’étamines à filets grêles, libres ou concrescents, à quatre sacs polliniques et à déhiscence longitudinale. La fleur femelle se compose d’un nombre indéterminé de carpelles, tantôt ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux portant un grand nombre d’ovules anatropes (Freycinétie), tantôt fermés et contenant chacun un seul ovule analrope basilaire (Vaquois) ; dans ce dernier genre, les carpelles sont, suivant les espèces, libres ou concrescents en un ovaire pluriloculaire à placentation axile. Les Freycinéties ont autour du pistil un certain nombre d’étamines stériles, ou staminodes, qui manquent aux Vaquois.
Fruit et graine. — Les fruits sont des baies (Freycinétie) ou des drupes (Vaquois), soudées en un fruit composé. La graine renferme un volumineux albumen charnu et un petit embryon droit.
Genres. — Composée des deux genres Vaquois (Pandanus) et Freycinétie ( Freycinetia ), comprenant ensemble environ 80 espèces vivantes, auxquelles il faut ajouter 5 Vaquois trouvés dans le crétacé et dans les couches tertiaires, cette petite famille est localisée dans la région tropicale ou subtropicale, en majorité dans les îles de l’Afrique orientale, de l’archipel indien et de l’océan Pacifique. Elle se rattache intimement aux Typhacées et aux Aroïdées, notamment aux Arées.
famille 9 Cyclanthacées.
Appareil végétatif. — Les Cyclanthacées sont des plantes herbacées à rhizome, ou ligneuses grimpantes et épidendresà racines aériennes; les feuilles, distiques ou spiralées, sont pétiolées, à limbe flabelliforme, entier (Ludovie), bifide ou bipartit (Carludovice, Cyclanthe).
Fleurs. — Les fleurs unisexuées sont disposées en un épi monoïque axillaire, muni à la base de quelques bractées caduques formant involucre. Dans cet épi, les fleurs mâles et femelles, dépouvues de bractées mères, sont régulièrement entremêlées : tantôt chaque fleur femelle est entourée de quatre fleurs mâles (Carludovice, etc.), tantôt les fleurs mâles et les fleurs femelles forment des cycles alternants (Cyclanthe). La fleur mâle se compose d’un grand nombre d’étamines à filets concrescents, entourées d’un périanlhe tubuleux multidenté (Carludovice, etc.), ou de six étamines sans périanthe (Cyclanthe). La Heur femelle est formée d’un calice de quatre sépales, auxquels sont superposés autant de staminodes en forme de longs filaments (Carludovice), et de quatre carpelles alternes avec les sépales, ouverts et
RESTIACÉES.
concrescents en un ovaire uniloculaire à quatre placentes pariétaux ; l’ovaire est surmonté de quatre stigmates ordinairement sessiles, terminant quelquefois un style épais (Stéléstyle) ; il contient un grand nombre d’ovules ! anatropes sessiles (Carludovice) ou longuement funiculés (Gyclanthe).
Fruit et graine. — Les fruits sont des baies, soudées latéralement en un fruit composé. La graine a un albumen charnu ou corné et un petit embryon droit.
Genres. — Cette petite famille contient 4 genres avec 35 espèces, habitant toutes l’Amérique tropicale; il faut y ajouter 2 Ludoviopses de l’éocène. Elle est très voisine des Aroïdées et des Typhacées. Les feuilles du Carludovice j palmé, fendues en lanières étroites, séchées et blanchies, servent à fabriquer les chapeaux de paille dits de Panama. Les genres s’y répartissent en deux l tribus :
i 1. Carludovicées. — Fleurs mâles groupées par quatre autour de chaque fleur femelle : Stéléstyle ( Stelistylis ), Carludovice ( Carludovica ), Ludovie ( Ludovia ).
I 2. Cyclanthées. — Fleurs mâles et femelles groupées eu cycles alteruauts : Cyelanthe (Cyclanth us).
ORDRE 11 JONCINÉES.
Caractères généraux. — L’ordre des Joncinées tire son nom de la famille des Joncacées, où l’organisation florale se montre la plus complète. On y trouve toujours non seulement un calice, mais encore une corolle, peu développée, il est vrai, et sépaloïde, qui laisse la Heur presque aussi petite et aussi peu apparente que chez les Gramininées. En même temps, les caractères floraux y ont une plus grande fixité. On n’y voit plus cette variation pour ainsi dire désordonnée dans le nombre, la disposition et la forme des parties, dont les familles de l’ordre précédent ont offert tant d’exemples, Division de l’ordre des Joncinées en cinq familles. — En tenant Compte de la présence et de la nature de l’albumen, de l’inflorescence et de la conformation du fruit, on divise l’ordre des Joncinées en cinq familles, définies de la manière suivante :
Joncinées. Albumen
! amylacé < nul
V charnu .
( Épillet. .
( Capitule
l Fruit charnu ( Capsule
Itesliacées.
Êriocaulées.
Triglochinées.
Palmiers.
Joncacées.
Appareil végétatif. — Les Restiacées sont des herbes ordinairement vivaces, à rhizome ram eux, dur, dont les branches aériennes, rigides, simples ou rameuses, portent à leur base des feuilles engainantes, parfois munies d’un limbe analogue à celui des Cypéracées, le plus souvent réduites à leur gaine, le limbe ayant avorté; les bords delà gaine sont d'ailleurs libres, comme dans les Graminées.
M0N0C0TYLÉD0NES.
Fleurs. — Les fleurs, ordinairement unisexuées, très rarement hermaphrodites (Lépyrodie, certaines Resties), sont disposées en épillets, eux-mêmes groupés en épis, en grappes ou en capitules. A l'aisselle de chaque bractée de l'épillet, se trouve une fleur dépourvue de bractée adossée. Le périanthe est sépaloïde et se compose de trois sépales, dont un antérieur, et de trois pétales alternes souvent plus petits que les sépales. La fleur mâle possède trois étamines superposées aux pétales, libres, très rarement concrescentes en colonne (Lyginie); elles sont pourvues le plus souvent de deux (lleslie, Elégie, etc.), quelquefois de quatre sacs polliniques (Lyginie, Anarthrie), et s'ouvrent par une ou deux fentes longitudinales. Dans la fleur femelle, le pistil se compose de trois carpelles épisépales, fermés et concrescents en un ovaire triloculaire, surmonté de trois styles filiformes, libres ou concrescents à la base, prolongés en autant de stigmates plumeux. Chaque loge renferme, fixé à son angle supérieur, un ovule orthotrope pendant. La fleur est quelquefois dimère, avec sépales et carpelles latéraux.
Fruit et graine. — Le fruit est tantôt lin akène, parce que deux des loges avortent (Élégie, Loxocare, Hypolène, etc.), tantôt une capsule loculicide, mettant en liberté ses trois graines (Anarthrie, llestie, etc.). La graine renferme un abondant albumen amylacé et un petit embryon ovoïde ou lenticulaire» situé à l’opposite du hile.
Principaux genres. — Cette famille comprend environ 230 espèces, réparties dans 20 genres, dont les principaux sont: Anarthrie (A nartkria), Lépyrodie ( Lcpyrodia ), Restie ( Itestio ), Elégie (Elegia), Leptocarpe ( Leptocarpus ), Hypolène ( Hypolæna ), etc.
Toutes sont exotiques ; la plupart habitent l’Afrique australe, notamment le Cap, et l’Australie, quelques-unes la Nouvelle-Zélande. Par le port et l’inflorescence, elles ressemblent aux Cypéracées, et, parle double verticille du périanthe, aux Joncées; mais elles diffèrent des Cypéracées par les gaines foliaires ouvertes, des Joncées par la nature de l’albumen et de ces deux familles à la fois par les ovules orthotropes pendants.
Ériocaulées.
Appareil végétatif. — Les Ériocaulées sont des plantes marécageuses, ordinairement vivaces, dont la tige courte porte à sa base une rosette de feuilles charnues, étroites, parfois fisluleuses, plus ou moins engainantes. Les racines ont très souvent leur péricycle interrompu en face des faisceaux ligneux (p. fi82), et les radicelles y naissent en conséquence vis-à-vis des faisceaux libériens (p. 707); d’où une ressemblance avec les .Graminées et les Cypéracées. L’écorce de la racine est creusée de lacunes aérifères, entrecoupées, à intervalles réguliers, par des diaphrag mes percés à jour.
Fleurs. — Les fleurs sont groupées en capitules au sommet de pédicelles axillaires, ordinairement tordus vers la droite et munis à la base d'une bractée adossée engainante; ces capitules, solitaires (Ériocaule, etc.) ou
TRIGLOCHINÉES.
j réunis en ombelle (Pépalanthe), ressemblent à ceux des Composées et, comme ceux-ci, sont pourvus à la base de bractées stériles formant un involucre. Les bractées fertiles sont ordinairement bien développées.
Les fleurs, dépourvues de bractées adossées, sont unisexuées monoïques ; les mâles et les femelles se trouvent réunies dans le même capitule, tantôt mélangées sans ordre ou alternant côte à côte (Tonine), tantôt les mâles rassemblées au centre, les femelles à la périphérie (Ériocaule, Pépalanthe). Il y a très rarement diœcie (Ériocaule comprimé). Le périanthe est formé de trois i sépales ordinairement libres et de trois pétales sépaloïdes (fig. 987), le plus souvent concrescents en tube ou en entonnoir; il est parfois zygomorphe, et alors la corolle est bilabiée ; ailleurs, la corolle est rudimentaire ou avorte | complètement (fleur mâle de Lachnocaule, fleur femelle de certains Ériocaules) ; ou bien le périanthe avorte tout entier (fleur femelle de Lachnocaule). Les étamines forment tantôt deux verticilles ternaires alternes (Ériocaule, Mésanthème), tantôt un seul (Pépalanthe, Lachnocaule, etc.) ; les anthères sont introrses, dorsifixes, à quatre sacs polliniques (Ériocaule, Mésanthème, Pépalanthe) ou à deux sacs (Philodice, Tonine, Lachnocaule), s’ouvranl par deux fentes longitudinales dans le pemier cas, par une seule fente dans le second. Le pistil se compose de trois carpelles épisépales, fermés et concrescents 'i;uî8d^toS“Sri!™u. en un ovaire triloculaire dont chaque loge renferme ,on)- supposée hermaphro un ovule orthotrope pendant (fig. 987) ; le style
court est terminé par trois stigmates plumeux. Les fleurs sont quelquefois dimères (certains Ériocaules et Pépalanthes).
Fruit et graine. — Le fruit est une capsule loculicide. La graine a un tégument coriace, luisant, pourvu d’ailes longitudinales qui se séparent plus tard en autant de rangées de poils délicats. Llle contient un albumen amylacé ou charnu, et un petit embryon lenticulaire.
Genres. — Cette famille comprend 6 genres, avec 25 espèces, répandues dans les régions chaudes du globe, surtout en Amérique et en Australie, la plupart tropicales. Ce sont les Eriocaule ( Eriocaulon ), Mésanthème ( Mesan lhemum), Pépalanthe ( Pæpalanthus ), Philodice ( Philodice ), Lachnocaule ( ' Lachnocaulon) et Tonine (Tonina).
FAMILLE 12 Triglochinées.
Appareil végétatif. — Les Triglochinées sont des herbes marécageuses à port de Jonc, dont la tige courte produit une rosette de feuilles à limbe ordinairement cylindrique, attaché par une longue gaine ouverte.
Fleurs. — Les fleurs sont disposées en épi ou en grappe terminale, distiques avec bractées mères (Scheuchzérie), ou spiralées sans bractées mères (Trocart), toujours dépourvues de bractées propres. Elles sont tantôt herma-
1502 MONOCOTYLÉDONES
phrodites (fig. 988) (Scheuchzérie, Trocart), tantôt unisexuées avec monœcie (Lilée) ou diœcie (Tétronce).
Le périanthe comprend trois sépales et trois pétales alternes, concolores et sépaloïdes (fig. 988) ; quelquefois, la corolle manque (Trocart de Montévidéo), ou le périanthe avorte tout entier (Lilée). L’androcée se compose de deux verticilles ternaires et alternes d'étamines à filets très courts, à anthères extrorses, munies de quatre sacs polliniques et à déhiscence longitudinale;
quelquefois; le rang interne fait défaut (Trocart de Montévidéo), ou même l’androcée se réduit à une seule étamine (Lilée). Le pistil est formé normalement de six carpelles en deux verticilles alternes ( Trocart maritime) (fig. 988) ; mais de ces six carpelles, trois se réduisent parfois à des lames stériles: ce sont les externes, superposés aux sépales, dans le Trocart des marais, les internes, superposés aux pétales, dans le Trocart de Montévidéo. Dansles Scheuchzéries, ces carpelles internes avortent complètement sans laisser de traces; les Lilées n’ont même qu’un * 'délateur du^Trocàrt seul carpelle. Les carpelles sont fermés, libres (Scheumaritime (. Trigiochin chzérie) ou concrescents à la base (Trocart), terminés
maritimum). . ' '
par un stigmate sessiie (trocart, Scheuchzérie, Tétronce) ou par un style très long (Lilée); ils renferment soit un seul ovule anatrope dressé à raphé ventral (Trocart, Tétronce, Lilée), soit deux pareils ovules collatéraux (Scheuchzérie). Le Tétronce a des fleurs dimères, avec quatre étamines et quatre carpelles libres dans leur moitié supérieure. La formule florale est, pour le Trocart : F = 3S + 3P + 3E -f- 3E' -f- 3C -f 3G'.
Fruit et graine. — Le fruit est formé d’autant de follicules que de carpelles, distincts (Scheuchzérie) ou unis à la base (Trocart, Tétronce); c’est rarement un akène (Lilée). La graine, dépourvue d’albumen, renferme un embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie de l’ovule et du carpelle, et dont le cotylédon très développé est tourné du côté du raphé.
Genres. — Cette petite famille comprend 17 espèces réparties dans les 4 genres : Scheuchzérie ( Scheuchzeria ), Trocart [Trigiochin), Tétronce (Telroncium) et Lilée (. Lilæa ) ; il y faut ajouter le genre fossile Laharpie ( Laharpia ), trouvé en fleurs dans le tertiaire d’OEningen. Elle se relie aux Joncacées par le périanthe, aux Naïadacées par le milieu de végétation, l'indépendance des carpelles et l’absence d’albumen.
Palmiers
Appareil végétatif. — Les Palmiers sont des plantes ligneuses, souvent de grands arbres s’élevant jusqu’à 80 mètres de hauteur. Leur tige se dresse d’ordinaire en forme de colonne simple, supportée par un faisceau conique de racines ad ventives et couronnées par un bouquet de grandes feuilles; elle est parfois dilaté een fuseau vers le milieu (Iriartée, Acrocomie, Jubée), rarement ra-