PALMIERS
mifiée(Hyphônede Thèbes, etc.), quelquefois armée d’épines (Bactride, etc.). Elle peut être très courte (Sabal, Rhapide) et se renfle alors parfois en tubercule (Pliénice acaule, Astrocare acaule); ailleurs, au contraire, elle est très grêle,
| grimpante, enlace en tous sens les arbres des forêts, qu’elle rend impénétrables, et peut atteindre jusqu’à 500 et 600 mètres de longueur (Calame, Plectocomie, etc.). Les feuilles sont spiralées, engainantes, plus ou moins longuement pétiolées, à limbe entier dans le jeune âge et plissé dans le bourgeon, penninerve oupalminerve; leur limbe reste quelquefois simple (Manicairesuccifère, etc.), mais le plus souvent il se déchire plus tard en segments pennés ou palmés, rarement bipennés (Garyote). Elles sont souvent énormes, pouvant mesurer jusqu’à 10 et 12 mètres de longueur.
Fleurs. — Les fleurs sont petites et réunies en très grand nombre, quel- • quefoisjusqu’à 200000, en épis axillaires, rarement solitaires, ordinairement groupés en grappes, munis d’une spathe générale quelquefois énorme et très dure, t avec ou sans spathes secondaires, plus rarement de spalhes secondaires, sans I spathe générale (Métroxyle). Dans l’épi, les fleurs sont tantôt isolées, sessiles ou même enfoncées dans l’axe charnu, spiralées, plus ou moins rapprochées, ou distiques (Calame, etc.), tantôt groupées plusieurs ensemble au même point, superposées en ligne droite (Morénie) ou en zigzag (Synéchanthe), ou juxtaposées par trois (Arec, Géonome, etc.).
Les fleurs sont rarement hermaphrodites (Coryphe, Sabal, Livistone, etc.) ou polygames (Chamérope), ordinairement unisexuées par avortement, monoïques(Arec, Bactride, Cocotier, etc.) ou dioïques (Phénice, Chamédore, Borasse, etc.), avec rudiments des organes avortés. Les bractées mères sont tantôt développées(Cbamérope, Itaphie, Géonome, etc.), tantôt avortées (Morénie, Synéchanthe, Pinange, etc.) ; quand la disposition est distique, la fleur commence par une bractée adossée hinerve, et l'inflorescence ressemble beaucoup à celle desGrarninées (Rapide, Mauritie, Calame, etc.). Le périanthe comprend trois sépales (fig. 989), dont un antérieur, et trois pétales sépaloïdes alternes, libres ou plus ou moins concrescentsen une corolle gamopétale (Bactride, Astro- 1 care, etc.), caractère qui varie d’ailleurs dans les espèces d’un même genre (Chamédore, etc.). Les sépales dépassent quelquefois beaucoup les pétales (fleur mâle de Nenge) ; ailleurs, au contraire, ce sont les pétales qui sont très longs (fleur femelle de Phytéléphant). Le périanthe tout entier est parfois rudimentaire (Thrinace, Hémithrinace, fleur femelle de Nipe). L’androcée se compose de six étamines, en deux verticilles alternes avec ceux du périanthe, libres ou concrescentes en tube, indépendantes du périanthe ou concrescentes avec lui ; les anthères dorsifixes, introrses, quelquefois séparées en deux moitiés pendantes I (Géonome) ou enroulées en spirale (Orbignie), ont quatre sacs polliniques et j s’ouvrent par deux fentes longitudinales. Elles se réduisent quelquefois à 3 ï (certains Phénices et Arecs), ou au contraire se dédoublent de manière à en donner 9, superposées 3 par 3 aux pétales (Arec monostache), 12 superposées 2 par 2 aux sépales et aux pétales (Thrinace), ou même un plus grand nombre toujours multiple de 3 (Atlalée, Seaforthie, Arenge, Caryote, Borasse, etc.). Le pistil est formé de trois carpelles superposés aux sépales, fermés, quelquefois libres (Phénice, Chamérope, etc.), ordinairement concrescents dans leur
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région ovarienne (fig. 989), et ne laissant libres que des stigmates sessiles, ou plus rarement leurs styles etleurs stigmates; il y a quelquefois 6 carpelles par dédoublement. L’ovaire développe parfois à sa surface des émergences écailleuses, spiralées, recourbées vers le bas, qui le recouvrent d’une sorte de cuirasse (Calame, etc.). Chaque loge contient, attaché près de la base, rarement plus ou moins haut sur la suture (Nenge, Euterpe, etc.), un seul ovule anatrope, semi-anatrope ou même orthotrope, ascendant, rarement pendant ; l’ovule anatrope ascendant a son raphé ordinairement interne, quelquefois externe (Galame, etc.). Dès le moment de la floraison, on aperçoit parfois une tendance marquée à l’avortement de deux des ovules; c’estalors l’antérieur seul qui se développe (Arec, etc.). Fruit et graine. — Si les carpelles sont libres, deux d’entre eux avortent ordinairement pendant la transformation du pistil en fruit; quelquefois deux ou même tous les trois se développent (Ghamérope). Si les carpelles sont concrescents, il y a quatre cas à distinguer : 1° il y atrois ovules bien conformés, un seul est fécondé, les deux autres, avec les loges qui les renferment, avortent complètement (Chamédore, etc.) ; 2° il y a trois ovules bien conformés, qui se développent tous les trois en graines (Dorasse, etc.); 3° il y a trois ovules bien conformés, un seul est fécondé et forme une graine, les deux autres carpelles ne s'en développent pas moins en petites loges vides à la maturité (Calame, etc.); 4° enfin, un seul ovule est bien conformé, les carpelles s’accroissent néanmoins tous les trois pour former le péricarpe (Arec, etc.).
Le fruit est une baie ou une drupe, renfermant quelquefois trois graines (Borasse, etc.), ordinairement une seule, comme il vient d’être dit. Dans la drupe, la zone externe est, suivant les cas, plus ou moins résistante, tantôt fibreuse (Cocotier, etc.), tantôt oléagineuse (Eléide, etc.); la zone interne, ordinairement très dure, laisse parfois à la base de la loge un orifice arrondi par où la radicule de l’embryon s’échappe à la germination (Cocotier, Borasse, etc.). Les drupes des diverses fleurs se soudent quelquefois latéralement en un fruit composé (Nipe, Phytéléphant). Quand l’ovaire est recouvert d’écailles imbriquées, ces écailles s’accroissent, deviennent cornées et recouvrent la baie d’une cuirasse luisante (Calame, Raphie, etc.). La graine contient un volumineux albumen charnu ou corné (Phénice, Phytéléphant, etc.), plein, ou creusé d’une cavité remplie de liquide laiteux (Cocotier), homogène, ou ruminé (Arec, Calame, etc.), avec un petit embryon cylindrique ou conique. A la germination, le pétiole cotylédonaire s’allonge beaucoup vers le bas, de manière à enterrer profondément la radicule et la base de la tige, comme il a été expliqué page 947, fig. 613.
Principaux genres. — La famille des Palmiers comprend 1100 espèces réparties en 132 genres, presque toutes tropicales, croissant la plupart en Amérique, moins nombreuses en Asie et en Australie, très rares en Afrique. Parmi les genres extra-tropicaux, le Ghamérope remonte vers le Nord jusqu'à
Fig. 989. — Diagramme de la fleur d’un Chamédore ( Cha mædorea), supposée hermaphrodite.