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PALMIERS

44° en Europe (le Gh. nain croît encore spontanément à Nice), le Nannorhope jusqu'à 34° en Asie et le Sabal jusqu’à 36° en Amérique; dans l'hémisphère austral, le Rhopalostyle vit par 44° à la Nouvelle-Zélande, le Jubée par 37° au Chili et le Phénice par 34° en Afrique. Il fauty ajouter les Palmiers fossiles. On en trouve déjà dans le terrain houiller ; on en connaît une espèce à feuilles pennées dans le jurassique, 17 espèces à feuilles palmées dans le crétacé et le tertiaire; 23 espèces sont représentées par leurs tiges dans les couches tertiaires et une espèce par son inflorescence femelle dans la molasse de Suisse : en tout 81 espèces dans 13 genres.

Les usages des Palmiers sont aussi nombreux que variés. Les uns sont comestibles parleurs fruits, comme le Phénice dattieret l’flyphène de Thèbes, vulgairement Doum, par leurs graines comme le Cocotier à noix, par leur bourgeon terminal, qui est le chou-palmiste (Oréodoxe potager, Euterpe potager). D’autres fournissent, parleur parenchyme féculent, le sagou (Métroxyle de Rumph, M. lisse, etc.); par leur sève sucrée, du sucre de Canne et par conséquent du vin et de l’eau-de-vie (Arenge à sucre, Mauritie vinifère, etc.); par leur péricarpe, de l’huile dite de palme ( Eléide de Guinée); parleur albumen corné, de F ivoire végétal (Phytéléphant) ; par leurs feuilles, de la cire (Céroxyle des Andes, Copernicierà cire, etc.), des fibres textiles, du papier; par leur tige ligneuse, enfin, des bois de construction et, quand elle est grimpante et flexible comme celle du Calame rotang, des cannes, des meubles treillissés, etc.

En se basant sur la constitution du pistil et sur celle du fruit, on répartit les genres en cinq tribus, de la manière suivante :

1. Coryphées. — Carpelles libres : Coryphe ( Corypha ), Sabal (Sabal), Chamérope (Cha-

ma-rops), Copernicier ( Copernicia), Livistone (. Livistona ), Rhapide (Rhapis), Thriuace ( Thrinax ), Phénice ( Phoenix ), etc.

2. Lépidocaryées. — Carpelles concrescents, écailleux : Calame ( Calamus ), Plectocomie

( Plectocomia ), Métroxyle (. Metroxylon ), Raphie (Raphia), Mauritie ( Mauritia ), Lépidocare (Lepidocaryum), etc.

3. Bohassées. — Carpelles coucrescents, uus ; feuilles palmées : Borasse ( Borassus ),

Lodoicée ( Lodoicea ), Latanier (Latania), Hyphène ( Hyphæne ), etc.

4. Cocosées. — Carpelles concresceuts, nus; feuilles pennées ; drupe à noyau perforé :

Bactride ( Bactris ), Desmonce (Desmoncus), Astrocare (Astrocaryum), Eléide ( Eheis ), Cocotier (Cocos), Attalée (Attalea), Jubée ( Jubæa ), etc.

•i. Arécées. — Carpelles concresceuts, nus; feuilles pennées; drupe à noyau fermé: Arec (Areca), Pinauge (Pinanga), Iriartée (Iriartea), Céroxyle ( Ceroxylon ), Chamédore (G7xzmædorea). Géonome (Geonoma), Arenge ( Arenga ), Carvote ( Caryota ), etc. — Manicaire ( Manicaria ), Léopoldinie (Leopoldinià), Nipe (Vipa), Phytéléphant (Phytelcphas).

Affinités. — Les Palmiers forment une famille nettement circonscrite, qui ne se rattache étroitement à aucune des précédentes. Par leur inflorescence distique et leurs fleurs munies d’une bractée adossée bicarénée, les Lépidocaryées et notamment les Rapides rappellent les Graminées; par leurs feuilles, les types flabelliformes ressemblent aux Cyclanthacées. Mais c'est surtout avec la famille suivante des Joncacées que les Palmiers ont les affinités les plus certaines et c’est par l’intermédiaire de cette famille qu’ils se relient ensuite à toutes les précédentes.

MONOCOTYLÉDONES

FAMILLE 14 Joncacées.

Appareil végétatif. — Les Joncacées sont des plantes presque toujours vivaces à l’aide d’un rhizome, tantôt rampant et produisant a l’aisselle de ses écailles des branches aériennes herbacées qui ne se ramifient ordinairement pas (Jonc, etc.), tantôt se redressant en une tige ligneuse simple ou ramifiée (Xanthorrhée,Dasypoge, etc.), parfois grimpante (Flagellaire). Dans le premier cas, les branches dressées ont une moelle spongieuse très développée, pleine et formée par un parenchyme étoilé, ou creuse et entrecoupée de diaphragmes, structure qui est en rapport avec la végétation de ces plantes dans les lieux humides et marécageux; elles portent des feuilles spiralées ou distiques à limbe entier, aplati ou cylindrique, parfois rudimentaire, attaché par une gaine à bords libres (Jonc) ou concrescents (Luzule) ; quelques espèces sont annuelles (Jonc des crapauds, J. nain, etc.). Dans le second cas, les feuilles rubanées sont ramassées en bouquet au sommet de la tige ligneuse (Xanthorrhée, Kingie, etc.), ou éparses le long de la tige grimpante (Flagellaire). La tige desXanthorrhées est remarquable par la course horizontale des faisceaux foliaires (voir p. 758); elle laisse exsuder une résine jaune-brun à odeur de benjoin. Les Flagellaires grimpent à l'aide de la nervure médiane de la feuille, prolongée en vrille au delà du limbe (Fl. indienne). Dans les Joncs, les Luzules, les Distichies, etc., les racines ont le péricycle interrompu en dehors des faisceaux ligneux et produisent par conséquent leurs radicelles en face des faisceaux libériens(p. 681 et p. 707). Sous ce rapport, ces plantes ressemblent aux Graminées, Cypéracées, Eriocaulées, etc.

Fleur. — L’inflorescence est toujours terminale, mais il n'est pas rare de voir, dans les Joncs, la feuille cylindrique sous-jacente se placer exactement dans le prolongement de la tige qu'elle paraît continuer, en rejetant latéralement le groupe floral (Jonc épars, J. maritime, J. filiforme, etc.). Les fleurs sont rarement solitaires (Galectasie, Baxtérie, Jonc appauvri), le plus souvent en grappe composée (Jonc, Luzule, Xérote, Flagellaire, etc.), quelquefois en épi (Xanlhorrhée) ou en capitule (Dasypoge, Kingie, etc.). Dans les Joncs et les Luzules, la grappe composée présente deux modifications. Tantôt c'est jusqu’au bout une grappe proprement dite et les fleurs y sont isolées au sommet de pédicelles portant plusieurs bractées (Jonc épars, J. glauque, J. bulbeux, etc., Luzule printanière, L. de Forster, etc.); seulement, il arrive souvent que le nombre des bractées fertiles se réduisant d’abord à deux, puis à un, la grappe se continue par des cymes bipares, pour se terminer par des cymes unipares scorpioïdes; la cyme unipare scorpioïde peut même s’introduire dès le début (Jonc des crapauds). Tantôt les derniers rameaux de la grappe composée portent à l’aisselle de leurs bractées autant de fleurs sessiles, ramassées en épis courts ou capitules (J. couché, J obtusiflore, J. des bois, J. lamprocarpe, etc., Luzule champêtre, L. maxime, etc.). Quand les fleurs sont isolées, chaque pédicelle floral commence par une bractée adossée à l’axe, comprimée et binerve, ordinairement stérile; il porte ensuite

JONCACEES.

en ordre distique longitudinal un plus ou moins grand nombre de bractées dont les deux dernières, situées sous la fleur, sont toujours stériles, tandis que les moyennes produisent des rameaux axillaires; suivant le nombre de ces bractées moyennes, la ramification se poursuit en grappe, en cyme bipare ou en cyme unipare. L’orientation du calice dépend aussi du nombre de ces bractées moyennes ; s’il est impair, le sépale médian est postérieur; s’il est pair, ce sépale est antérieur. Quand les fleurs sont en capitule, les bractées moyennes n'existent pas sur leur pédicelle ; mais tantôt la première et les deux dernières sont présentes (Luzule champêtre, etc.), tantôt elles sont absentes et le pédicelle ne porte aucune bractée (Jonc lamprocarpe, etc.); dans l’un et l’autre cas, le sépale médian est antérieur.

Les fleurs sont d’ordinaire hermaphrodites, rarement unisexuées et dioïques (Xérote, Distichie, Suse). Elles ont cinq verticilles ternaires, réguliers, tous simultanés, avec carpelles concrescents(fig. 990). Galice et corolle sont concolores et ordinairement sépaloïdes; rarement ils se colorent et deviennent pétaloïdes (Flagellaire, Calectasie). Les étamines ont des anthères à quatre sacs polliniques, dorsifixes (Xérote, Xanthorrhée, Dasypoge, etc.) ou basifixes (Jonc, Luzule, Calectasie, etc.), inlrorses, à déhiscence longitudinale, rarement poricide (Calectasie) ; celles du verticille interne avortent quelquefois, partiellement ou complètement (Jonc capité, Fig. 990. Diagramme de la fleur J. aggloméré, J. couché, etc.) ; rarement elles avor- du jonc lamprocarpe ( / uncus

, n . , . , , . lamprocarpus)

tent toutes et les fleurs deviennent unisexuees. Les trois

carpelles sont concrescents en un ovaire surmonté d’un style unique, souvent court, terminé par trois stigmates filiformes, rarement de trois styles distincts (Xérote). Dans les Luzule, Dasypoge et Calectasie, les carpelles sont ouverts et munis chacun à la base d’un seul ovule anatrope, dressé, à raphé interne, de sorte que l’ovaire est uniloculaire à placentation basilaire. Dans les Xérote, Kingie, Flagellaire, etc., les carpelles sont fermés et l’ovaire a trois loges uniovulées. Dans les Joncs, ils sont tantôt fermés du haut en bas (J. épars, J. glauque, etc.), tantôt fermés dans leur moitié inférieure, ouverts dans leur moitié supérieure (J. aigu, J. filiforme, etc.), tantôt ouverts dans toute leur longueur (J. nain, etc.), et, de plus, ils portent sur chaque bord un rang d’ovules anatropes; l’ovaire y est donc tantôt triloculaire à placentation axile, tantôt uniloculaire à placentation pariétale, tantôt mixte. Enfin, dans les Xanthorrhée, Prione, etc., les carpelles sont fermés et pluriovulés, de sorte que l’ovaire contient plusieurs ovules dans chaque loge. La formule florale est : F = 3S + 3P + 3E + 3E' + (3C).

Fruit et graine. — Le fruit est tantôt une capsule uniloculaire ou triloculaire, à déhiscence dorsale ou loculicide, renfermant trois graines (Luzule, Xérote), ou trois rangs de graines (Jonc, Xanthorrhée, etc.), tantôt un akène par avortement de deux des ovules (Kingie, Dasypoge, Calectasie), tantôt une drupe (Flagellaire, Suse, etc.). Les graines sont petites, à tégument membraneux, souvent muni d’appendices ; l’albumen est volumineux, ordinairement

i 508 M0N0C0TYLÉD0NES.

charnu, rarement amylacé (Flagellaire, etc.), et contient à sa base un petit embryon droit.

Principaux genres. — La famille des Joncacées comprend environ 250 espèces, réparties en 17 genres. Les deux genres les plus nombreux en espèces et les seuls indigènes, Jonc et Luzule, sont répandus dans les lieux humides de toutes les contrées tempérées; les autres appartiennent presque tous à l'hémisphère austral, à l’Australie (Xérote, Xanthorrhée, Dasypoge), à l’Afrique centrale .(Prione), à l’Amérique australe (Distichie) , quelquesuns aux régions chaudes de l’ancien continent (Flagellaire, Joinvillée). Les couches tertiaires ont fourni trois espèces de Jonc, avec leurs fructifications.

Les genres peuvent être groupés en quatre tribus, de la manière suivante:

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