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Agavées. — Rhizome ou tige dressée

A. Sépales, pétales et étamines libres : Alstrémère (Alstrœmeria), Bomarée [lin-

marea), Fourcroyer ( Fourcroya ), etc.

B. Sépales, pétales et étamines concrescents : Polianthe (Polianthes), Agave (Agave),

Doryanthe ( Donjant/ies ), etc.

3. Vellosiées. — Plus de six étamines : Veilosie ( Vellosia ), Barbacénie ( Barbanenia ).

4. Hypoxidées. — Rhizome tuberculeux : Curculige ( Curculigo ), Hypoxide ( Ihjpoxis ), Pauridi ■

( Pauridia ), Campvnème ( Campgnema ).

5. Taccéks. — Placentation pariétale : Taque ( Tacca ), Schizocapse (Sc/tizocapsa).

6. Burmanniées- — Embryon rudimentaire : Burmannie ( Burmannia ), Dictyostégie ( Dictyo -

stegia ), Thismie ( Thfsmia ), Corsie ( Corsia ), etc.

Affinités. — Les Amaryllidacées se rattachent directement aux Liliées, dont elles ne diffèrent que par l’ovaire infère, caractère que nous avons vu s’annoncer déjà chez les Liliacées, dans le Stichoneure, etc. Ce sont, pour ainsi dire, des Liliacées à ovaire infère, à peu près comme les Liliacées sont des Joncacées à périanthe pétaloïde. La ressemblance est telle que, si l’on arrivait à observer, dans la concrescence du pistil avec les autres verticilles qui produit l’ovaire infère, des transitions plus nombreuses et plus marquées, on serait conduit à réunir ces deux familles en une seule.

famille 21 Dioscoréacées.

Appareil végétatif. — Les Dioscoréacées ont une tige plus ou moins ligneuse, volubile à gauche (Tamier, Dioscorée batate, etc.) ou à droite (Dios-

MONOCOTYLÉDONES

corée villeuse, D. cultivée, etc.), où les faisceaux libéroligneux sont disposés en un seul cercle et cheminent comme il a été dit p. 746, fig. 497. Le premier entre-nœud de la tige se renfle quelquefois en un gros tubercule (Testudinaire, Tamier, etc.) ; ou bien, à l'aisselle d’une feuille inférieure, il se forme une branche souterraine sans feuilles, c’est-à-dire qui n'allonge que son premier entre-nœud, branche qui se renfle en massue pour former un réservoir nutritif (Dioscorée); dans plusieurs espèces (D. ailée, D. batate, etc. ), ces tubercules, qui peuvent peser jusqu’à 20 kilogrammes, sont comestibles. Qu'ils aient l’une ou l’autre origine, ces entre-nœuds tuberculeux sont le siège d’une formation de faisceaux libéroligneux secondaires, issus du péricycle (p. 828). Les feuilles sont distiques, parfois opposées, pétiolées, à limbe entier ou palmilobé, à nervation palmée et réticulée. A leur aisselle, la tige produit parfois des bourgeons renflés en bulbilles (Dioscorée bulbifère, etc.).

Fleurs. — Les fleurs sont situées à l'aisselle des feuilles, très petites, unisexuées et dioïques par avortement, les mâles disposées en épis ou en grappes -impies, les femelles en épis ou en grappes composés, qui se continuent en cymes unipares héliçoïdes. Billes sont quelquefois hermaphrodites (Sténoméride, Once, etc.).

La fleur est trimère et régulière ; le premier verticille est successif, les autres simultanés. La fleur mâle a le calice et la corolle concrescents ; les six étamines, parfois réduites aux trois externes (certaines Dioscorées), sont concrescentes avec le tube du périanthe et portent des anthères introrses, oscillantes, à quatre sacs polliniques et à déhiscence longitudinale. La fleur femelle (fig. 999) a son périanthe concrescent avec le pistil dans toute la longueur de l’ovaire, qui est infère et à trois loges; chaque loge contient deux ovules anatropes pendants et superposés, rarement deux rangées d’ovules (Sténoméride) ; les styles sont courts, libres ou concrescents, et terminés par un stigmate entier ou bilobé (fig. 999). Quelquefois deux des carpelles avortent et l'ovaire n’a qu’une loge uniovulée (Rajanie).

Fruit et graine. — Le fruit, est quelquefois une baie (Tamier, Once), le plus souvent une capsule loculicide (Dioscorée, Testudinaire), rarement un akène ailé ou samare (Rajanie). La graine est ronde dans les baies, ailée dans les capsules; son albumen charnu est plein (Tamier) ou creux au centre (Dioscorée) ; il renferme un petit embryon ovoïde (Tamier), le plus souvent creusé en forme de spatule (Dioscorée, Rajanie).

Principaux genres. — La famille des Dioscoréacées contient 8 genres, avec environ 160 espèces, répandues dans les régions chaudes du globe, la plupart dans l’Amérique et l’Asie tropicales, quelques-unes en Afrique et en Australie, deux seulement en Europe. Plusieurs Dioscorées (D. cultivée, D. ailée, D. batate, etc.) sont cultivées dans les régions tropicales pour leurs tubercules alimentaires. Les genres peuvent se grouper en deux tribus :

Fig. 999. — Section longitudinale de la Heur femelle du Tamier commun ( Tanins communis)-, ab, base apparente de la fleur.

IRIDÉES. 1525

1. Dioscokkébs. — Fleurs dioïques : Dioscorée ( Dioscovea ), Testudiuaire (Testudinaria) , ' Rajanie ( Rajania ), Tarnier ( Tamus ).

2. Sténoméridées. — Fleurs hermaphrodites : Sténoméride ( Stenomeris ), Trichope ( Tri -

chopus), Once ( Oncus ), Pétermamiie ( Fetermannia ).

Affinités. — Les Dioscoréacées sont très voisines des Amaryllidacées, dont elles dillèrent surtout par la diœcie des genres normaux. Avec les feuilles réticulées des Taques, elles ont la tige volubile des Bomarées. Elles se rattachent aux Liliacées aussi directement que les Amaryllidacées; seulement, c’est plutôt aux Asparagées, notamment auxSmilaces, qu’elles se relient, par la conformation de l’appareil végétatif, la diœcie, etc.; ce sont pour ainsi dire des Smilacées à ovaire infère et à ovules anatropes.

Iridées.

Appareil végétatif. — La tige aérienne des Iridées procède ordinairement soit d’un rhizome horizontal rameux (Iride), quelquefois très raccourci (Diplarrhène), soit d’un tubercule à croissance verticale sympodique (Glaïeul, Safran, fig. 92, p. 26b). Ailleurs, la tige est dépourvue de rhizome ou de tubercule, herbacée (Sisyrinque) et alors parfois annuelle (S. micranthe), ou ligneuse (Witsénie, Klattie, Nivénie). 11 n’y a jamais de bulbe; les modifications de l’appareil végétatif sont donc moins étendues que dans les Liliacées et les Amaryllidacées. Les feuilles sont distiques, engainantes et équitantes, sessiles, à limbe entier rectinerve. A leur aisselle, la tige forme quelquefois des bulbilles (diverses Morées, Sparaxides, Hespéranthes).

Fleur. — Les fleurs sont quelquefois solitaires, terminales (Safran, Iride nain, etc.), le plus souvent groupées en épis simples (Glaïeul, etc.), ou en grappes d’épis (Diasie, etc.). Le pédicelle porte en arrière une bractée bicarénée dont la région médiane est comprimée par l’axe et dont les nervures latérales se développent davantage; dans le jeune âge, la fleur est- tout entière enveloppée, comme dans une spathe, par sa bractée mère et par cette bractée adossee. Lesépale médian est antérieur. La fleur ne se compose que de quatre verlicilles ternaires, concrescents dans toute la longueur de l’ovaire, qui est infère; sa formule peut donc s’écrire P — (3S + 3P-f-3E-f3C) ; son diagramme est représenté figure 1000. Dans la Witsénie, la concrescence s’étend moins haut et l’ovaire n’est qu’à demi infère.

Le calice et la corolle sont concolores, pétaloïdes et réguliers, rarement zygomorphes (Glaïeul), concrescents en tube après la séparation du pistil. Ils sont semblables (Safran, Sisyrinque, Pardanthe, etc.) ou différemment conformés (Iride, etc.); les pétales sont quelquefois beaucoup plus petits (certains Irides, etc.), ou même rudimentaires (Patersonie). Les trois étamines

Pseudo-acorus),

MONOCOTYLEDON ES.

sont superposées aux sépales et représentent le verticille externe de l’androcçe des Liliacées et des Amaryllidacées. Les étamines du rang interne avortent constamment chez les Iridées; elles se développent pourtant plus ou moins complètement dans certaines fleurs anomales d’Iride et de Glaïeul. Les filets staminaux, concrescents avec le tube du périanthe, sont libres entre eux après leur séparation (Iride, Glaïeul, Safran) ou demeurent concrescents en tube (Tigridie, Galaxie, Sisyrinque); les anthères sont extrorses, à quatre sacs polliniques et à déhiscence longitudinale, basifixes (Safran, Iride) ou oscillantes (Sisyrinque, Watsonie, etc.); dans le Diplarrhène, l’une des trois étamines est stérile. Le pistil est formé de trois carpelles épisépales, fermés et concrescents en un ovaire triloculaire à placentation axile, qui contient dans chaque loge deux rangs d’ovules anatropes horizontaux, à raphés contigus (fig. 1000), quelquefois ascendants (Safran, Galaxie) ou pendants (Glaïeul, Watsonie); dans l'Hermodactyle, les carpelles demeurent ouverts et l’ovaire est uniloculaire à trois placentes pariétaux. Les styles, concrescents dans leur région inférieure, se séparent plus haut et prennent d’ordinaire un grand développement, se dilatant en entonnoir à bord frangé (Safran, fig. 1001), ou s’étalant en une lame pétaloïde (Iride) ; ils correspondent quelquefois, comme d’ordinaire, au dos des loges (Iride, Morée, Tigridie); ailleurs,, ils sont superposés aux cloisons (Safran, Sisyrinque, Ixie, etc.), parce que chacun d’eux s’est bifurqué et que les branches voisines se sont unies deux par deux.

Fruit et graine. — Le fruit est une capsule loculicide à trois faces planes ou concaves, dont le péricarpe est tantôt membraneux, tantôt coriace ou même ligneux. Les graines, nombreuses, arrondies ou discoïdes, ont un tégument membraneux, coriace ou charnu. L’albumen volumineux, charnu ou corné (Safran, etc.), contient un’petit embryon inclus, axile ou excentrique, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie de l’ovule et qui tourne son cotylédon vers le raphé.

Principaux genres. — La famille des Iridées renferme 57 genres avec environ 700 espèces, répandues dans toutes les régions tropicales et tempérées; elles sont nombreuses dans la région méditerranéenne et dans l’Afrique australe: près de la moitié vivent au Gap; c’est en Asie qu’il y en a le moins. Les Safrans sont cultivés pour la matière colorante jaune renfermée dans leurs styles très développés (fig. 1001).

En se basant sur la disposition des branches du style, tantôt superposées, tantôt alternes aux sépales, et sur l’inflorescence, on groupe les genres en trois tribus, de la manière suivante :

i. Moréées. — Branches du style épisépales : Iride {Iris), Hermodactyle ( Hermodactylus ), Morée {Morse a), Marice ( Miirica ), Tigridie ( Tigridta ).

1(ig. 1001. — Les trois styles du Safran cultivé ( Crocus sativus ), enroulés en cornet, libres en haut, concrescents en bas.

HÉMODORACÉES.

2. SisYiiiiNCiuÉiîs. — Branches du style alteruisépales, fleurs solitaires terminales : Safran

(Crocus), Galaxie ( Galaxia ), Romulée ( Romulea ), Sisyriuque (Sisyrinchium), Diplarrhène ( Diplarrhena ), Patersouie (Patersonia), Aristée (Aristea), Witsénie ( Witsenia ), etc.

3. Ixiées. — Branches du style alternisépales, fleurs en épi ou eu grappe : lxie ( Ixia ) ,

Watsonie ( Watsonia ), Tritouie ( Tritonia ), Sparaxide ( Sparaxis ), Glaïeul ( Gladiolus ), Autholyze ( Antholijza ), etc.

Affinité» — Leslridées se rattachent directement aux Amaryllidacées, dont elles ne diffèrent que par l’avortement des trois étamines du rang interne et a disposition extrorse des anthères. La transition s’établit par le genre australien Campynème, dont les étamines, encore au nombre de six, sont extrorscs et qui, en outre, a son style divisé en trois branches dès la base, comme dans beaucoup d’Iridées. Les Iridées sont donc, pour ainsi dire, des Amaryllidacées à trois étamines extrorses.

famille 23

Hémodoracées.

Appareil végétatif. — Les Hémodoracées sont des plantes vivaces, glabres ou velues, à rhizome souvent tuberculeux, dont la tige porte vers sa base des feuilles ordinairement distiques, engainantes et ensiformes, comme celles de beaucoup d’Iridées. Dans les Alètres, la tige s’épaissit par la formation de faisceaux libéroligneux secondaires (pag. 827), suivant le mode décrit plus haut chez les Liliacées, pour les Dragonniers.

Fleur. — L'inflorescence est une grappe ou un épi, une grappe composée, ou une grappe d’épis; les fleurs y sont souvent remplacées par des cymes unipares scorpioïdes. Le pédicelle porte le plus souvent une bractée latérale, ce qui place en arrière le sépale médian ; il est quelquefois dépourvu de bractée (Ophiopoge).

La fleur est ordinairement régulière, quelquefois zygomorphe (Anigozanthe, Wachendorfie, Dilatre, Cyanelle, Zéphyre, etc.). Le calice et la corolle sont pétaloïdes, souvent couverts de poils en dehors. L'androcée comprend quelquefois six étamines fertiles (Anigozanthe, Alètre, Péliosanthe, Conanthère, etc.); ailleurs, deux des étamines externes (Zéphyre) ou toutes les trois (Dilatre) se réduisent à des staminodes; assez souvent ce verlicille externe avorte complètement et l’androcée ne se compose que de trois étamines superposées aux pétales (Hémodore, Wachendorfie, Xiphide, etc.). Dans tous les cas, les anthères sont introrses, à quatre sacs polliniques, ordinairement à déhiscence longitudinale, quelquefois rapprochées en cône et s’ouvrant par un pore terminal (Conanthère, Cyanelle, etc.). Le pistil comprend trois carpelles épisépales, fermés, concrescents en un ovaire triloculaire, devenant quelquefois uniloculaire par destruction des cloisons (Phlébocare); le style se termine par un stigmate simple ou trilobé ; chaque carpelle contient un (Wachendorfie, Phlébocare, etc.), deux (Hémodore, Péliosanthe, Ophiopoge, etc.) ou un grand nombre d’ovules anatropes ou semi-anatropes (Xiphide, Conanthère, Cyanelle, etc.). Ainsi conformé, tantôt le pistil est libre et supère (Wachendorfie, Xiphide, Sanseviérie, etc.), tantôt il est concrescent avec l’ensemble des verticilles externes à sa base seulement

MONOCOTYLÉDONES

(Hémodore), jusqu’au milieu de la longueur de l’ovaire, qui est semi-infère (Alètre, Gonanthère, Cyanelle, etc.), ou jusqu’à la base du style, ce qui rend l’ovaire tout à fait infère (Dilatre, Lachnantlie, Phlébocare, Gonostyle, Anigozanthe, Péliosanthe, Ophiopoge, etc.).

Fruit et graine. — Le fruit est une capsule loculicide, rarement un akène par avortement de deux ovules (Phlébocare). Les graines, peltées quand elles proviennent d’ovules semi-anatropes, ont un tégument membraneux et contiennent un albumen charnu avec un petit embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie de l’ovule.

Principaux genres. — La famille des Hémodoracées renferme environ 120 espèces en 21 genres, toutes exotiques, habitant la plupart l’Australie austrooccidentale, l’Afrique australe, l’Amérique du Nord et le Brésil. En se basant sur le nombre des étamines, le mode de déhiscence des anthères et le nombre des ovules dans chaque loge, on groupe les genres en quatre tribus;

1. Hëmodorées. — 3 étamines épipétales ; Hémodore ( Hæmodorum ), Wachendorfie ( H'a-

chendorfia), Dilatre ( Dilatris 1, LacLuiauthe ( Lacknanthes ), Xiphide ( Xiphidium ), Phlébocare ( Phlebocarya ), etc.

2. Comost ylées . — 6 étamines, carpelles multiovulés : Conostyle ( Conostylis ), Anigozanthe

(Anigozanthos), Alètre ( Ale tris ), etc.

3. Ophiopogonées. — 6 étamines, carpelles biovulés : Péliosanthe (Peliosanlhes), Ophiopoge

( Ophiopogon ), Liriope (Liriope), Sanseviérie (Sansevieria) .

4. Conanthérées. — Anthères poricides ; Couanthère ( Conanthera ), Cyanelle ( Cyanella ),

Zéphyre (Zéphyr a), Técophilée (Tecophilæa), etc.

Affinités. — Les Hémodoracées se rattachent aux Liliacées par les genres qui ont l’ovaire supère, aux Amaryllidacées par ceux qui ont l’ovaire infère avec six étamines, aux lridées par ceux qui ont l’ovaire infère avec trois étamines et aussi parleurs feuilles distiques et ensiformes; elles diffèrent pourtant des lridées par la position épipétale de ces trois étamines et par les anthères introrses. En même temps, elles relient entre elles ces trois familles, et c’est là l’intérêt propre de leur étude.

famille 24 Broméliacées.

Appareil végétatif. — Les Broméliacées sont des plantes ordinairement épidendres, à racines aériennes, quelquefois même dépouvues de racines. La tige, souvent très courte, porte une rosette de feuilles spiralées, engainantes, sessiles, à limbe étroit et long, canalicuié, souvent bordé de dents épineuses, fréquemment couvert d’écailles grises ou blanc d’argent. Vers le centre de la rosette, les feuilles se raccourcissent et se colorent de plus en plus, établissant ainsi une transition vers les bractées florales.

Fleur. — Rarement solitaires (certaines Tillandsies), les fleurs sont groupées ordinairement en épi ou en grappe, quelquefois en grappe d’épis (Echmée), à l’aisselle de bractées très développées, souvent vivement colorées en rouge ou en jaune, parfois distiques (Tillandsie). Il n'y a pas de fleur terminale et, dans l’Ananas, la tige se prolonge même au-dessus de l’épi et se termine par un

BROMÉLIACÉES. . 1529

j bouquet de feuilles. Le pédicelle est dépourvu de bractées et le sépale médian 1 est antérieur.

La fleur est formée de cinq verticilles ternaires alternes et réguliers(fig. 1002). Le calice est sépaloïde; quelquefois les deux sépales postérieurs (Tillandsie) ou même tous les trois (Pholidophylle) sont concrescents. La corolle est pétaloïde et les pétales sont plus ou moins concrescents à la base. Les étamines des deux rangs sont égales (Streptocalice, fig. 1002, etc.) ou inégales (Bilbergie, etc), à anthères introrses munies de quatre sacs et s’ouvrant par deux fentes longitudinales; elles avortent dans les Hechties, qui sont dioïques. Toujours concrescents entre eux en un ovaire à trois loges, à l’exception des places réservées aux nectaires septaux, les trois carpelles du pistil sont tantôt indépendants du périan- I the et de l’androcée, tantôt concrescents avec le périanthe et l’androcée dans la moitié ou dans la totalité de la longueur de l’ovaire; en d’autres termes, l’ovaire est, suivant les genres, supère (Tillandsie, Dyckie, etc.), semi-infère (Pitcairnie) ou infère (Bromélie, Bilbergie, etc.). Chaque loge contient ordinairement deux rangs d’ovules anatropes horizontaux, quelquefois un petit nombre d’ovules pendants (Ananas). Le I style, plus ou moins long, se termine par trois stigmates ou trois branches I stigmatifères.

Fruit et graine. — Le fruit est tantôt une baie (Ananas, Echmée, etc.), tantôt une capsule, septicide (Dyckie, Pitcairnie, etc.), rarement loculicide (Puie), ou à la fois septicide et loculicide (Dyckie). La graine a un tégument membraneux dans les capsules , charnu dans les baies. L’albumen est | amylacé, et non charnu comme dans toutes les familles précédentes; il enveloppe un petit embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument et qui tourne son cotylédon vers le raphé. Le fruit : comestible et parfumé de l’Ananas, pour lequel cette plante originaire de 1 l’Amérique du Sud est cultivée dans toutes les régions tropicales et en serre i dans les contrées tempérées, se compose non seulement des baies de l’épi, mais encore de l’axe d’inflorescence et des bractées mères des fleurs, le tout devenu charnu et intimement soudé pendant le développement.

Principaux genres. — La famille des Broméliacées renferme environ ! 350 espèces en 27 genres, toutes américaines et vivant la plupart dans les I forêts tropicales ou subtropicales, sur les arbres ou les rochers, rarement sur la terre. On a trouvé une Bromélie fossile dans le tertiaire de Suisse. D’après la situation de l’ovaire et la nature du fruit, les genres peuvent être groupés j en deux tribus :

t . Tii.laNdsiées. — Ovaire supère, capsule : Tillandsie ( Tillandsia ), Heclitie ( Hechtici ), Dyckie ( Dyc/cia ), Puie ( Puj/a ), Pitcairnie ( Pitcairnia ), etc.

I 2. Broméliéks. — Ovaire infère, baie : Bilbergie ( liillbergia ), Echmée ( Æchmea ), Ananas [Ananassa), Bromélie ( Bromelia ), etc.

Affinités. — Les Broméliacées se rattachent aux Hémodoracées ; elles ont les mêmes variations dans la concrescence de l’ovaire, mais avec une plus grande

Fig. 1002. — Diagramme de la Heur de la Bilbergie agréable (Billbergia amæna).

MONOCOTYLÉDONES

fixité dans l'androcée. Elles diffèrent surtout des Hémodoracées, comme de toutes les familles précédentes, par leur port spécial, leur calice sépaloïde et leur albumen amylacé.

famille 25

Scitaminées.

Appareil végétatif. — Les Scitaminées sont des plantes herbacées, de grande taille, atteignant jusqu’à 5 et 6 mètres, ordinairement vivaces avec un rhizome parfois renflé en tubercule (Curoume, etc.), rarement annuelles; la tige aérienne, tantôt très courte, mais prolongée en apparence par les gaines foliaires emboîtées (Bananier, Héliconie, etc.), tantôt s’élevant jusqu’à 5 mètres de hauteur (Alpinie, etc.), est simple et porte de grandes feuilles engainantes, à large limbe penninerve, sessile ou longuement pétiolé.

Fleur. — Les lleurs sont groupées en grappes ou en épis terminaux, quelquefois distiques (Héliconie, Ravénale, etc.), rarement simples (Rénéalmie, etc.), le plus souvent composés de cymes unipares héliçoïdes. Le pédicelle porte une bractée, quelquefois adossée et bicarénée (Rénéalmie), ordinairement latérale. Le sépale médian est placé tantôt en arrière (Héliconie, fig. 1003, Strélitzie, etc.), tantôt en avant (Bananier, Rénéalmie, fig. 1004, etc.). Ordinairement hermaphrodites, rarement unisexuées et monoïques par avortement (Bananier), les fleurs sont fortement zygomorphes.

Le calice est formé de trois sépales sensiblement égaux, verts ou faiblement colorés, libres (Héliconie, etc.) ou concrescents en un tube tridenté (Gingembre, etc.). Tantôt les trois pétales sont sensiblement égaux, libres (Héliconie, fig. 1003) ou concrescents en tube (Gingembre, Alpinie, etc.); tantôt les deux pétales latéraux sont plus développés que le médian, unis entre euxenune gaine bilobée (Strélitzie), ou concrescents avec les trois sépales en une gaine à cinq lobes fendue en arrière (Bananier). L’androcée est très diversement conformé. Tantôt, il y a six étamines fertiles (Ravénale), à quatre sacs polliniques, à déhiscence longitudinale introrse, la postérieure quelquefois plus courte que les cinq autres (Bananier ensète). Tantôt, il n’y a que cinq étamines fertiles, la postérieure se réduisant à un staminode écailleux (Héliconie, fig. F ' La" fîéur deTr Hé Uconïe 'n^étai- 1003, divers Bananiers), ou même avortant sans laisser Mque (Hdiconia metaiiica ). (je trace (Strélitzie, Bananier rose, etc., fig. 271, p. 416). s stammode un, i . Tantôt, au contraire, l’étamine postérieure sedéveloppe

seule, les cinq autres se réduisant à autant de staminodes; les trois staminodes externes pétaloïdes sont plus développés, indépendants (fledyche, fig. 274, p. 416), ou concrescents en une large gaine pétaloïde fendue en arrière du côté de l’étamine fertile et formant comme une seconde corolle qui augmente l’éclat de la fleur (Alpinie, Rénéalmie, fig. 1004, etc.); les deux staminodes internes sont très petits ou même réduits à des appendices glanduleux. Tantôt, enfin, l’étamine fertile elle-même se pétalise dans une de ses

SCITAMINEES.

Fig. 1004. — Diagramme de la fleur d’une Rénéalmie ( Heneal mia ). . î , staminode composé pétaloïde.

Fig. 1005. — Diagramme de la fleur du Balisisier indien ( Canna indien).

s, s , staminodes pétaloïdes.

moitiés et la Heur n'a plus qu'une demi-anthère à deux sacs polliniques ( fi g . 1005) ; les autres étamines sont alors transformées en staminodes pétaloïdes dont le nombre varie : on en trouve 1 (Balisiers de la section Distémone), 2 (Marantopse, Monostiche), 3 (Calathée/fhalie, beaucoup de Balisiers) ou 4 (Phryne, Marante, certains Balisiers). Le pistil se compose de trois carpelles épisépales, ordinairement fermés et concrescenls en un ovaire triloculaire, pourvu de nectaires septaux, rarement ouverts avec placentation

pariétale (Mantisie, Globbe, etc.). L’ovaire, toujours concrescent avec les verticilles externes dans toute sa longueur, est par conséquent tout à fait infère; il se termine par un style simple, parfois pétaloïde (Balisier, fig. 1005). Chaque loge renferme le plus souvent deux rangées d’ovules anatropes horizontaux (Hédyche, Balisier, Bananier, etc.), quelquefois un seul ovule dressé anatrope (Héliconie) ou campylotrope (Calathée, etc.); plus rarement deux des loges sont vides, la troisième seule contient un ovule campylotrope (Marante, Thalie, etc.)

Fruit et graine. — Le fruit est quelquefois une baie (Bananier, Marante, etc.), le plus souvent une capsule loculicide ( Strélitzie, Balisier, Hédyche, etc.). La graine, souvent pourvue d’un arille charnu (Gingembre, Marante, Ravénale, etc.), contient tantôt un albumen amylacé abondant (Bananier, Héliconie, etc.), tantôt un petit albumen amylacé au voisinage de l’embryon et un abondant périsperme charnu ou corné (Gingembre, Alpinie, etc.), tantôt seulement un périsperme corné, sans trace d’albumen (Balisier, etc.). L’embryon est droit (Gingembre, Balisier, etc.) ou arqué (Marante, etc.); son plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument et il tourne son cotylédon vers le raphé, si l’ovule est anatrope, vers la concavité de la courbure, s’il est campylotrope.

Principaux genres. — La famille des Scitaminées contient 36 genres, avec environ 450 espèces, répandues dans toutes les régions chaudes du globe, presque toutes tropicales. Les baies du Bananier, ou bananes, sont comestibles et jouent un grand rôle dans l’alimentation de l’homme dans tous les pays chauds. Le rhizome de quelques Curcumes et surtout celui du Marante arondinacé fournissent une fécule très estimée, l 'arrow-root. Le rhizome de plusieurs Curcumes et Kæmpféries renferme une matière colorante jaune et sert à la teinture ; celui du Gingembre officinal, ainsi que le fruit des Amomes, est aromatique et employé comme condiment.

En tenant compte des modifications de l'androcée et en même temps

1532 MONOCOTYLÉDONES

de la structure de la graine, on groupe les genres en trois tribus :

1. Musées. — Cinq étamines fertiles, un albumen amylacé, pas de périsperme : Ravénale

(Ravenala) , Strélitzie (Strelitzia), Bananier (Musa)', Hélicouie ( Ileliconia ), etc..

2. Zingibérées. — Une étamine fertile, un albumen amylacé et un périsperme charnu :

Rénéalmie (Renealmia) , Alpinie ( Alpinia ), Coste ( Costus ), Gingembre (Zinaiber), Amome (Amomum), Curcume ( Curcuma ), Hédyche ( Il edychium ), Kæmpférie ( Kæmp feria), Globbe ( Globba ), Hémiorchide ( Hemiorcliis ), Mantisie ( Mantisia ), etc.

3. Mauantées. — Une demi-étamine fertile, pas d'albumen, un périsperme corné : Balisier

(Canna), Calathée ( Calathea ), Phryne ( Phrynium ), Thalie ( Thalia ), Stromanthe ( Stro manthe ), Marante (Marantà), etc.

Affinités. — Les Scitaminées forment une famille très nettement caractérisée par la zygomorphie de sa fleur et les altérations de son androcée. Par les Musées, dont plusieurs ont six étamines fertiles et chez lesquelles l’albumen est normal, elles se rattachent aux Amaryllidacées, ou mieux aux Broméliacées dont l’albumen est amylacé; par les Zingibérées, qui n’ont qu’une seule étamine fertile avec un albumen rudimentaire et dont plusieurs ont même la placentation pariétale (Mantisie, Globbe, Hémiorchide, Guillainie), et aussi par les Marantées, qui n’ont plus d’albumen du tout, elles se relient aux deux familles suivantes, qui ont précisément la placentation pariétale et l’albumen nul.

FAMILLE 26 Orchidées.

Appareil végétatif. — Les Orchidées sont des plantes herbacées vivaces, terrestres ou épiphytes. Terrestres, elles ont un rhizome rameux, quelquefois sans racines (Gorallorbize,Epipoge), ordinairement pourvu de racines adventives filiformes (Listère) ou charnues (Néottie); ou bien elles se maintiennent d’une année à l’autre à l’aide d’un tubercule formé par un faisceau de racines concrescentes, comme il a été expliqué p. 209, fig. 64 et 65 (Orchide, Ophryde, etc.) ; ou bien encore, elles renflent en tubercule la base même de leur tige (Liparide). Épiphytes, elles sont abondamment pourvues de racines aériennes, munies d’un voile dont la structure a été étudiée p. 195 et p. 677, dont l’origine a été indiquée p. 695, fig. 457 ; ces racines ont parfois leurs cellules corticales munies d’épaississements spiralés (Oncide, Cymbide, etc.). La tige de ces Orchidées épiphytes renfle souvent en tubercules ses entre-nœuds inférieurs ; quelquefois, au contraire, elle les allonge beaucoup et s’élance en grimpant à l’aide de ses racines enroulées en vrilles i^p. 208) (Vanille). Les feuilles sont distiques ou spiralées, engainantes, à limbe entier, rubané ou ovale, quelquefois charnu ou coriace, à nervation parallèle, rarement réticulée (Anectochile) ; le parenchyme contient quelquefois des cellules à épaisisssement spiralé, comme il aété dit à la page 850(Pleurothalle, etc.).

Fleur. — Rarement solitaires (Gypripède), les fleurs sont ordinairement groupées en grappes ou en épis terminaux ou axillaires, le plus souvent simples, quelquefois composés (Oncide, etc.). On y observe parfois un remarquable dimorphisme (Rénanthère) ou trimorphisme (Gatasète, Cycnoche), comme il a été dit p. 419. La fleur est dépourvue de bractée propre et tourne tout d’abord en avant son sépale médian, qui est le troisième (fig. 1007). Quelquefois, cette orientation se conserve indéfiniment (Épipoge, Slurmie, certains

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