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ORCHIDÉES

Épidendres,etc.); mais le plus souvent le pédicelle subit au cours du développement une torsion de 180 degrés qui ramène en arrière le sépale médian; quelquefois, la torsion est d’un tour entier, ce qui rétablit l'orientation primitive (Microstyle, certains Malaxides, etc.).

Le calice comprend trois sépales colorés, sensiblement égaux; quelquefois, les deux latéraux sont concrescents en arrière (Cypripède, Restrépie, certaines Bléties), ou même ils sont soudés tous les trois (Cryptochile) ; les deux latéraux sont parfois rudimentaires (Goodyère discolore). La corolle a presque toujours son pétale médian, nommé labelle, autrement conformé et beaucoup plus développé que les deux autres, qui ressemblent d’ordinaire aux sépales ; il en résulte une zygomorphie très prononcée (fîg. 1006). Rien de plus variable d’ailleurs que la forme du labelle, qui peut prendre les aspects les plus étranges ; il est parfois doué de mouvements périodiques spontanés, oscillant de haut en bas (Mégacline, voir p. 371) ou tournant autour de l’axe de la fleur (Galéane). Dans les Thélymitre, lsochile, Argyrorchideet Apostasie, ainsi que dans des formes anormales de quelques autres genres (Dendrobe, Spathoglotte, Sélénipède), il est pourtant semblable aux deux autres pétales. 11 est primitivement postérieur (fig. 1007) et quelquefois demeure tel (Épigoge, certains Epidendres, etc dont on a parlé plus haut

le ramène en avant. L’an- A ^

drocée comprend deux verticilles ternaires alternes ; presque toujours l’étamine antérieure, diamétralement opposée au labelle et qui est la médiane du verticille externe, est seule fertile, (fig.

1007, A); les deux latérales du verticille interne sont réduites à. leurs filets; les trois autres, situées en arrière du côté du labelle, sont plusoumoins complètement avortées, rarement représentées par des staminodes rudimentaires (Glossode,

Fig. 1006. — Epipacte lut i lolié (Epipactis lati folia). A, section longitudinale d’un bouton. B, fleur épanouie, dont on a enlevé le périanthe à l’exception du labelle l. C gynostème vu d’avant. D, comme B , après l’introduction d’une pointe de crayon, qu entraîne les pollinies E, F. fk, ovaire ; l labelle ; n, stigmate ; en, connectif ; p pollinies ; h, rétinacle ; xx , deux étamines latérales avortées ; i\ insertion du labelle coupé, s, gynostème.

mais d’ordinaire la torsion

Fig. 1007. — Diagramme de la Heur, supposée non tordue : A, dans les Orchidées ordinaires (Orehide, etc.) ; une seule étamine fertile et deux staminodes s ; B, dans les Cypripèdes ( Cypripedium ) ; deux étamines fertiles et un staminode s.

MONOCOTYLÉDONES

etc.). Dans les Cypripèdes, Sélénipèdes et Apostasies, dans les formes anormales d’Arondine, où les trois étamines postérieures avortent également, ce sont, au contraire, les deux latérales du verticille interne qui sont fertiles, tandis que la médiane du verticille externe est réduite à un staminode (fig. 1007, B et fig. 1008); enfin, dans les Neuwiedies, les étamines antérieures sont toutes les trois fertiles. L’anthère est introrse, à déhiscence longitudinale, ordinairement à quatre, quelquefois à huit sacs polliniques (Calanthe, etc.). Les grains de pollen sont libres (Cypripède), groupés en tétrades (Néoltie, etc.), ou réunis plus ou moins intimement en 2, 4, 6 ou 8 pollinies (voir p. 378, fig. 213).

Le pistil se compose de trois carpelles épisépales, concrescents ordinairement en un ovaire uniloculaire à trois placentes pariétaux (fig. 1007), rarement fermés en un ovaire

ig. 1008. — Fleur de Cypripède ( Cypri dedium Calceolus ), après l’enlèvement du périanthe p. A, de côté ; B , d’arrière ; C, d’avant, f , ovaire infère ; gs, gynostème ; n, stigmate ; aa, les deux an-

thères fertiles ; sommet de l’étamine triloculciire à placentation axile (Sélénipède> stérile, élargi en stammode. Apostasie, Neuwiedie, certains Phalénopsides).

Il est concrescent avec les verticilles externes dans toute la longueur de l'ovaire, qui est infère (fig. 1006 et 1008); au-dessus du niveau de séparation du calice et de la corolle, la concrescence continue entre les étamines, fertiles ou stériles, et le style, jusqu’au niveau de l’insertion de l’anthère; il en résulte un gynostème (fig. 1006 et 1008). Le style est terminé par un stigmate trilobé, dont le lobe antérieur, correspondant à l’étamine fertile, est plus développé et s’adapte à une fonction différente (fig. 1006); on le nomme rostelle. 11 est parfois relié aux pollinies par deux filets gommeux nommés caudicules ; ces filets aboutissentdans la substance du rostelle à une ou deux pelotes de tissu gélifié formant le rélinacle. C’est alors l’ensemble formé par les pollinies, les caudicules et le rétinacle qui est emporté par les insectes, comme il a été expliqué p. 445. Chaque placente porte un grand nombre de très petits ovules anatropes, qui ne s’y développent qu’à la suite de la pollinisation. Les tubes polliniques forment dans l’ovaire six gros faisceaux, un de chaque côté des trois placentes (voirp. 903, fig. 584). Pour les Orchidées ordinaires (fig. 1007, A), la formule florale s’écrit: F = (3S+3P+E+3C°).

Fruit et graine. — Le fruit est une capsule ovoïde ou cylindrique, parfois très longue et charnue (Vanille), qui s’ouvre en long de diverses façons. Le plus souvent, il se fait une fente de chaque côté des placentes, et la paroi s’ouvre en six valves qui restent réunies en bas par le pédicelle, en haut par le gynostème persistant, ou quelquefois se séparenten haut (Leptote) ; ailleurs, il se fait une fente au dos de chaque carpelle et les trois valves ainsi formées restent unies au sommet (Cattlée), ou s’y séparent (Fernandézie); ou bien encore, il ne se fait que deux fentes séparant deux valves inégales, unies au sommet (Pleurothalle) ou séparées (Vanille); enfin, il ne se produit quelque-

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