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ORCHIDÉES

fois qu'une seule fente (Angrec). Les graines sont très nombreuses, très petites et d’organisation fort simple. Leur tégument membraneux ne contient, en effet, qu’un petit embryon homogène, ovoïde ou sphérique (fig. 1009), qui n’en remplit pas toute la capacité, sans aucune trace d’albumen (voir aussi p. 910, fig. 589 et 590). On a expliqué (p. 949) comment cette graine germe pour reproduire la plante.

Principaux genres. — La

famille des Orchidées est la plus nombreuse de la classe des Monocotylédones; elle renferme, en effet, 334 genres, avec environ 5 000 espèces, répandues dans toutesles contrées tempérées et chaudes du globe, rares dans les climats froids, où la Calypso boréale parvient, jusqu’au 68° degré de latitude boréale, manquant tout à fait dans les régions arctiques. Le plus grand nombre, et notamment toutes les épiphyles, habitent, les forêts tropicales, surtout celles d’Amérique ; l'Europe ne possède que des espèces terrestres. On connaît plus de 400 Épidendres et Habénaires, 350Pleurothalles, 300 Dendrobes, 250 Oncides, etc. A part les nombreuses espèces cultivées dans les serres pour la beauté de leurs fleurs, la famille des Orchidées nous donne peu de produits utiles. Les tubercules radicaux de divers <)rchides(0. mâle, O.morio, etc.) sont alimentaires à la fois par l’amidon et la gomme qu’ils renferment et constituent le salep des Orientaux. Les feuilles, aromatiques de l’ Angrec odorant sont employées en tisane, scusle nom de thé Bourbon. Les capsules charnues et parfumées de la Vanille sont recherchées comme condiment.

En s’appuyant sur le nombre des anthères, le degré de cohérence du pollen et la manière d’être des pollinies par rapport au rostelle. on groupe les genres en quatre tribus : «

Fig. 1009. — Embryons mûrs d'Orchidées. .4. du Cypripède ( Cypri pedium), sans suspenseur. B, de l'Orchido i/lichis), avec suspenseur.

1. Epidendrêks. — Une anthère, pollinies cireuses, libres : Pleurothalle ( Pleurothallis ),

Stèle ( Stelis ), Masdevallie ( Masdevallia ), Malaxide (Malcuis), Liparide (Liparis), Corallorhize (Corallorhiza), Dendrobe (Dendrobium), Bulbophylle ( Buloophyllum ), Erie(Eria), Phaje ( Phajus ), Blétie ( Bletia ), Célogyne (Cælogyne) , Pholidote ( Pholidota ), Calanthe (Calanthe), Epidendre ( Epidendron ), Gattlée ( Cattleya ), etc.

2. Yandées. — Une anthère, pollinies cireuses, attachées au rostelle : Eulophie ( Eulophia ),

Cymbide ( Cymbidium ), Cyrtopode ( Cyrtopodium }, Zygopétale ( Zygopetalum ), Stanhopée ( Stanlwpea ), Catasète ( Catasetum ), Maxillaire ( Maxillaria ), Odontoglosse ( Oclonto qlossum ), üncide (Oncidium), Phalénopse ( Pbalænopsis ), Vande ( Vanda ), Angrec ( Angræcum ), Notylie (Notylia), etc.

3. Néottiées. — Une anthère, pollinies granuleuses, pulvérulentes ou sectiles, libres :

Vanille (Vanilla), Sobralie ( Sobralia ), Néottie ( Neottia ), Listère ( Listera ), Spiranthe (Spiranthes), Goodyère ( Goodyera ), Pogonie i Pogonia), Epipoge ( Èpipogon ), Limodore ( Limodorum ), Céphalanthère (Cepkalanthera), Epipacte ( Epipactis ), etc.

4. Ophrydées. — Une anthère , pollinies granuleuses, attachées au rostelle : Orchide

( Orchis ), Ophryde ( Ophrys ), Acèrate (Acer as), Sérapie ( Serapias ), Hermine ( llerminiun ), Habénaire ( Habenaria ), Satyre ( Satyrium ), Dise ( Disa ), etc.

5. Cypripédiées. — Deux ou trois anthères : Cypripède ( Cypripedium ), Sélénipède ( Seleni -

pedium), Apostasie ( Apostasia ), Neuwiedie (Neuwiedia) .

1536 MONOCOTYLÉDONES

Les Épidendrées et les Yandées sont pour la plupart tropicales, les Ophrydées habitent en majeure partie les contrées extra-tropicales, les Néottiées et les Cypripédiées se rencontrent également entre les tropiques et dans les régions tempérées.

Affinités. — Les Orchidées se rattachent directement aux Scitaminées par la zygomorphie des fleurs, l’avortement partiel de l’androcée et l'absence de l’albumen, qui manque aussi, comme on l’a vu, dans les Marantées. Elles s’en distinguent nettement par leur gynostème, la conformation habituelle du pollen, la placentation pariétale, l'homogénéité de l’embryon, et constituent de la sorte une famille bien limitée.

famille 27

Hydrocharidées.

Appareil végétatif. — Les Hydrocharidées sont des plantes aquatiques à tige tantôt courte et stolonifère, portant une rosette de feuilles spiralées (Yallisnérie, Stratiote, etc.), tantôt allongée, ramifiée en tous sens dans le liquide et portant le long de sa surface des feuilles espacées, isolées (Lagarosiphon) ou verticillées (Élodée, Hydrille). Les feuilles sont sessiles ou pétiolées, submergées (Élodée, Vallisnérie, etc.) ou nageantes (Hydrocharide, etc.), quelquefois dimorphes (Hydrocharide, Oftélie, etc.).

Fleur. — Les fleurs sont disposées à l’aisselle des feuilles, solitaires (Hydrille, etc.) ou groupées en cymes unipares héliçoïdes, enveloppées dans tous les cas par une spathe ; cette spathe est constituée tantôt par une seule bractée (Hydrocharide, etc.), tantôt par deux (Elodée, Ottélie, Yallisnérie, etc.) ou par trois bractées (Stratiote, etc.), libres ou plus souvent concrescentes. Les fleurs sont unisexuées par avortement (fîg. 1010), rarement hermaphrodites (Ottélie).

Le calice est sépaloïde et formé de trois sépales; la corolle est pétaloïde avec trois pétales, dont deux avortent quelquefois (fleur mâle de Yallisnérie, fîg. 1010, A), ou qui avortent tous (fleur femelle d’Hydromystrie). Dans la fleur femelle desBootties et Hydrocharides, les pétales portent un appendice nectarifère. L’androcée comprend un nombre variable de verticilles ternaires et alternes d’étamines, dont les anthères à quatre sacs polliniques sont ordinairement introrses, rarement extrorses (Hydrocharide) ; il y a tantôt un seul verticille complet (Hydrille) ou ayant une étamine réduite à un staminode (Yallisnérie, fig. 1010, A); tantôt deux verticilles, dont l’interne est stérile (Lagarosiphon) ; tantôt deux ou trois (Élodée) ou trois à cinq (Limnobe, Hydromystric) verticilles fertiles ; tantôt trois verticilles d’étamines fertiles, suivis d’un quatrième d’étamines stériles (Boottie) et quelquefois d'un cinquième de staminodes rudimentaires (Hydrocharide); tantôt, enfin, trois verticilles fertiles, dont l’externe dédoublé comprend six étamines superposées par paires aux sépales (Stratiote, Ottélie). Le pistil est partout composé de trois carpelles épisépales ouverts, concrescents entre eux en un ovaire uniloculaire à trois placentes pariétaux, et avec les verticilles externes en un ovaire complètement infère (fig. 1010, B). Ces carpelles sont au nombre de 3 (Élodée, Hydrille,

HYDROCHARIDÉES.

Vallisnérie, etc.), de 6 (Hydrocharide, Stratiote, Hydromystrie), de 6-9 (Limnobe),de 9-12 (Boottie) ; les bords placentaires avancent quelquefois jus^ qu’à se rencontrer au centre, mais sans s’y souder (Stratiote, etc.). Ils portent plusieurs ovules ordinairement anatropes, quelquefois orthotropes (Élodée, Lagarosiphon), ascendants ou pendants.

L’ovaire est surmonté d’autant de styles que de carpelles, entiers (Hydrille, etc.) ou bifides (Hydrocharide, Stratiote, etc.).

Fruit et graine. — Le fruit est une baie plus ou moins charnue, dont le péricarpe se détruit lentement dans l’eau pour mettre les graines en liberté. Dans son tégument membraneux ou crustacé, la graine ne renferme qu’un embryon droit, normalement conformé, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument et qui tourne son cotylédon vers le raphé quand l’ovule est anatrope, sans trace d’albumen.

Principaux genres. — La famille des Hydrocharidées renferme ligenres avec environ 40 espèces, la plupart répandues dans les eaux douces de toutes les contrées chaudes et tempérées du globe, quelques-unes propres à la mer des Indes. En tenant compte du milieu de végétation, de la proéminence des placentes et de la conformation de la tige, on peut grouper les genres en quatre tribus:

Fig. 1 U 10. — Diagramme des fleurs de la Vallisnérie spirale ( Vallisneria spiralis). A, fleur mâle : p , pétale unique; s, staminode. B, fleur femelle.

1. Hydrillées. — Plantes d’eau douce, tige allongée, couverte de petites feuilles submergées,

placentes peu proéminents : Hydrille ( Hydrilla ), Iodée ( Elodeci ), Lagarosiphon (Lagarosiphon) .

2. Vallisnériées. — Piantes d’eau douce, tige très courte, à longues feuilles submergées,

placentes peu proéminents : Vallisnérie ( Vallisneria ), Blyxe ( Blyxa ), Hydrotrophe (Hydrotrophus).

3. Stratiotées. — Plantes d’eau douce, tige très courte, à feuilles en partie nageantes,

placentes très proéminents : Limnobe ( Limnobium ), Hydrocharide ( Hydrocharis ), üttélie ( Ottelia ), Boottie ( Hoottia ), Stratiote ( Stratiotes ).

4. Thalassiées. — Plantes marines: Euhale ( Enhalus ), Thalassie ( Thalassia ), Halophile

(Halophila) .

Affinités. — Par l’ovaire infère, les placentes pariétaux et l’absence d’albumen, les Hyrdocharidées se rattachent directement aux Orchidées, dont elles diffèrent surtout par la régularité de la fleur. Elles s’éloignent, au contraire, beaucoup des Naïadacées et des Alismacées, auxquelles elles ressemblent par leur végétation aquatique et par l’absence d’albumen. Elles sont, pour ainsi dire, dans l’ordre des Iridinées, ce que sont les Alismacées dans celui des Liliinées, les Triglochinées dans celui des Joncinées et les Naïadacées dans celui des Gramininées.

VAN T1EGHEM, TRAITÉ, 2e ÉDITION.

IniDiNÉEs. Albumen

MONOCOTYLEDONES.

COROLLE

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DICOTYLÉDONES

CLASSE III

DICOTYLÉD OIVES

Caractères généraux. — Deux cotylédons à l’embryon, quand il est différencié : tel est le seul caractère connu qui, appartenant en commun à toutes les Dicotylédones, tandis qu’aucune Monocotylédone ne le partage, puisse entrer dans la définition de la classe, comme il a été dit page 1180.

Plusieurs autres méritent pourtant d’être signalés, parce que, tout en étant sujets à exception, ils sont assez fréquemment réalisés pour donnera l'ensemble une physionomie spéciale, différente de celle des Monocotylédones. be plus souvent, l’assise pilifère de la racine dérive de l’épiderme, qui, après s’élre cloisonné pour former les calottes de la coiffe et les avoir exfoliées, laisse son assise interne adhérente au corps de la racine; ii n’y a d’exception que chez les Nymphéacées, qui se comportent, sous ce rapport, comme les Monocotylédones. Le plus souvent, les feuilles ne prennent à la tige qu’un petit nombre de faisceaux libéroligneux et ont la nervation pennée ou palmée. Le plus souvent, les faisceaux libéroligneux de la tige sont peu nom- I breux et disposés en un seul cercle à la périphérie du cylindre central. Le plus souvent, la racine et la tige s’épaississent par la formation d’un cercle de faisceaux libéroligneux secondaires ou d'une couche libéroligneuse continue, situés au bord interne du liber primaire dans la racine, intercalés au liber et i au bois primaires dans la tige, comme il a été expliqué p. 714 et p. 792. Le plus souvent, la fleur est construite sur le type cinq. Le plus souvent, quand | le périanthe est double, les deux verticilles qui le composent sont différenciés 1 et adaptés à des fonctions différentes. Le plus souvent, à l'intérieur des quatre sacs polliniques que porte habituellement chaque étamine, les grains de pollen naissent dans leurs cellules mères simultanément, par une quadripartition.

Division de la classe des Dicotylédones en six ordres. — D’autres CaraC-

I tères varient davantage et servent à partager la classe en un certain nombre I de grandes divisions, qu’on peut regarder comme des ordres.

C’est d’abord l’existence ou l’absence d’une corolle et, quand il y en a une, l’indépendance des pétales, qui forment une corolle dialypétale, ou leur concrescence, qui rend la corolle gamopétale. De là, trois grands groupes ou sousclasses : les Apétales, les Dialypétales et les Gamopétales. C’est ensuite l'indépendance du pistil par rapporta l'ensemble des verticilles externes, qui laisse l’ovaire supère, ou sa concrescence avec l’ensemble des verticilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, qui rend l’ovaire infère. Cette seconde différence est indépendante de la première et se rencontre dans chacun des trois groupes précédents, qu’elle sert à dédoubler. Il en résulte une division très simple de la classe des Dicotylédones en six ordres qui, suivant la marche ascendanle de la complication et du perfectionnement de l’organisme floral, se rangent ainsi : les Apétales à ovaire supère, les Apétales à ovaire infère, les Dialypétales

DICOTYLÉDONES

à ovaire supère, les Dialypétales à ovaire infère, les Gamopétales à ovaire supère, les Gamopétales à ovaire infère.

11 faut remarquer cependant que la division basée sur l’état supère ou infère du pistil n’est pas d’une application aussi générale chez les Apétales que chez les Dialypétales et les Gamopétales. En effet, quand les fleurs sont unisexuées, ce qui a lieu chez beaucoup d’Apétales, pour que l’ovaire puisse se montrer supère ou infère, il faut que la fleur femelle ait un calice. Or, un certain nombre d’Apétales ont leur fleur femelle nue et le caractère ne s’y applique pas; pour les rattacher à l’un ou à l’autre groupe, il faudra consulter alors l’ensemble de leurs affinités, et l’on conçoit que, dans plusieurs cas, leur place puisse demeurer douteuse.

Les caractères ordinaux sur lesquels nous venons de nous appuyer sont, comme il convient, de même valeur que ceux qui nous ont servi chez les Monocotylédones et sujets aux mêmes exceptions. Il y a toutefois une différence, qui va nous conduire à modifier un peu la forme de notre exposé. La classe des Monocotylédones ne renfermant que 27 familles, les ordres y étaient assez homogènes et il a été possible d’étudier avec un certain détail toutes les familles qui les composent. Il ne saurait en être de même pour la classe des Dicotylédones, où le nombre des familles admises dans ce Traité est de 145, c’est-à-dire plus que quintuple, la variation des caractères beaucoup plus étendue et, par conséquent, les ordres beaucoup plus vastes et plus hétérogènes. Nous devrons prendre ici dans chaque ordre un certain nombre de familles principales, que nous étudierons avec soin et auxquelles nous rattacherons les familles moins importantes, objets d’une description plus sommaire. Pour la classe tout entière, il nous suffira de considérer de la sorte 21 familles types.

Suivant la marche ascendante adoptée dans la seconde partie de ce Traité, on commence par les Apétales à ovaire supère, pour finir par les Gamopétales à ovaire infère. En procédant ainsi, on ne pourra pas s'empêcher de rompre en bien des points le réseau des affinités, ce qui est de toute manière inévitable dans l’exposition continue d’un livre. Pour exprimer plus fidèlement les rapports, il suffira au lecteur de disposer les six ordres en deux séries parallèles dans un tableau à double entrée.

APÉTALES SUPÉROVARIÉES.

L’ordre des Apétales supérovariées est celui de tous où l'organisation florale est la plus simple. Avec les limites qu’on lui assigne ici, il renferme vingt familles ; nous en choisirons cinq parmi les plus importantes , pour les étudier en détail en y rattachant toutes les autres. Ces cinq familles types sont : les Urticacées , les Pipéracées, les Polygonacées , les Chénopodiacées et les Protéacées ; on peut les caractériser d’un mot comme il suit :

! unisexuées Urticacées.

i Pas de calice Pipéracées.

hermaphrodites ) , orthotrope Polygonacées.

j Un calice. Ovule ’ campylotrope . . . Chénopodiacées.

( auatrope Protéacées.

URTICACÉES.

Urticacées.

Appareil végétatif. — La famille des Urticacées renferme beaucoup d'arbres, comme l’Orme, le Micocoulier, le Mûrier, le Figuier, l’Artocarpe, etc., mais aussi des herbes comme le Chanvre, l’Ortie, la Ramie, la Pariétaire, etc., et quelques plantes vivaces à tige volubile vers la gauche, comme le Houblon. Les feuilles, ordinairement isolées et spiralées, quelquefois distiques (Orme, Mûrier, etc.), plus rarement opposées (Ortie, Houblon, Chanvre, etc.), sont péliolées et stipulées, à limbe entier ou diversement lobé, penninerve ou palminerve, rarement charnu (Thélygone). Les stipules, persistantes (Houblon, Chanvre, etc.) ou caduques (Orme, Figuier, etc.), rarement avortées (Pariétaire), sont tantôt latérales et distinctes (Orme, Mûrier, Chanvre, Ortie, etc.), tantôt concrescentes, soit dans la même feuille, de manière à envelopper comme dans un étui l'extrémité de la branche (Figuier, Artocarpe, etc.), soit d’une feuille à l’autre quand elles sont opposées (Houblon) (voir p. 293). Beaucoup de ces plantes sont munies d’un appareil sécréteur laticifère, composé .de ces articles indéfiniment allongés et rameux qui ont été étudiés à la page 620, figure 421 (Mûrier, Figuier, Artocarpe, etc.). Un plus grand nombre encore développent dans leurs tissus ces incrustations calcaires locales de la membrane des cellules, connues sous le nom de cystolithes (voir p. 570, fig. 391), et dont la forme varie beaucoup suivant les genres (Mûrier, Figuier, Ortie, Houblon, etc.). Quelques-unes sont munies de poils sécréteurs, soit formés de simples cellules et urticants (voir p. 601, fig. 409, e , f, g), comme sur les feuilles de l’Ortie et des genres voisins, soit composés d’un disque de cellules et produisant une huile essentielle, comme sur les bractées femelles du Houblon (voir p. 625, fig. 425).

Fleur. — Les fleurs sont d’ordinaire unisexuées monoïques (fig. 1011 et 1012'), tantôt séparées dans des inflorescences distinctes (Mûrier, Cécropie, Artocarpe, etc.), tantôt réunies dans la même inflorescence, les femelles au centre, parfois réduites à une seule (Brosime, etc.), les mâles à la périphérie (Dorsténie, Figuier, etc.); il y a quelquefois diœcie (Houblon, Chanvre, Maclure, Broussonétie, etc.), rarement hermaphrodisme avec polygamie (Orme, Micocoulier, Pariétaire, etc.). Très rarement solitaires (fleurs femelles d'Olmédie et d’Antiar), les fleurs sont habituellement disposées en cyrmes bipares,avec tendance à la formation de cymes unipares héliçoïdes, plus ou moins contractées; à leur tour, ces cymes sont groupées en grappe (fleurs mâles de Chanvre, Houblon, etc.), en épi (Mûrier, Cécropie, fleurs mâles de Broussonétie, Maclure, etc.), ou en capitule (Orme, Artocarpe, fleurs femelles de Broussonétie, Maclure, etc.). Le réceptacle du capitule est renflé en cône ou en sphère (Conocéphale, Broussonétie, Artocarpe, etc.), dilaté en plateau circulaire ou quadragulaire, abord entier ou diversement lobé (Dorsténie, p. 346, fig. 151), évidé en coupe (Olmédie), ou creusé en bouteille à col étroit (Figuier, p. 346, fig. 152); le capitule femelle peut être unitlore (Olmcdie, Antiar, etc.). Les

DICOTYLÉDONES

1011. — Dia}

ranime des fleurs de

f Ortie dioïque (Urtira dioica).

fleur mâle ; B, Heur femelle.

cropie, Thélygone, etc.;

Fig. 1012. — Diagramme des Heurs du Chanvre cultivé ( Cannabis saliva). A, Heur mâle; B, fleur femelle, dont le calice est gamosépale.

bractées mères des fleurs sont quelquefois développées (Orme, Ortie, Chanvre, Houblon, etc.), souvent avortées (Mûrier, Artocarpe, etc.); les capitules sont

munis parfois d’un cercle de bractées stériles formant involucre (Figuier, Dorsténie, Olmédie, Antiar, etc.).

Le calice a le plus souvent quatre sépales, deux médians et deux latéraux (Ortie, fig. 1011, Pariétaire, Mûrier, etc.), quelquefois cinq (Orme, fig. 1013, fleurs mâles de Chanvre, fig. 1012, A, Procride, Elatoslème, etc.), trois (fleurs femelles de Pilée, Lécanthe, Elatostème, Thélygone, etc,), ou deux (fleurs mâles de Dorsténie, Céfleurs femelles de Gyrolénie, etc.) ; il est parfois nul, dans les fleurs mâles (Caslillée, Pseudolmédie), dans les fleurs femelles (Forskohlée, Myriocarpe, etc.), ou dans les deux sortes de fleurs à la fois (Brosime). Les sépales sont ordinairement libres, surtout dans les fleurs mâles, quelquefois concrescents en cloche, en tube ou en grelot, surtout dans les fleurs hermaphrodites (Orme, etc.) et femelles (Chanvre, fig. 1012, H, Houblon, Broussonétie, Olmédie, Thélygone, etc.). Les étamines sont ordinairement en même nombre que les sépales, auxquelles elles sont superposées (fig. 1011, 1012,

1013); dans le bouton, leurs filets sont tantôt droits ( Orme, Figuier, Artocarpe, Chanvre, etc.), tantôt recourbés en dedans et se dé- : £, ployant brusquement en dehors au moment de

'***- l’épanouissement (Ortie, Mûrier, etc.); leurs an-

thères ont quatre sacs polliniques, ordinairement introrses, rarement extrorses (Orme, fig. 1013, A), et s’ouvrent par deux fentes longitudinales. Le nombre des étamines est quelquefois double de celui des sépales (Holoptélée), ou plus considérable (Ampélocère, Thélygone), ou, au contraire, moindre par avortement, réduit à deux(Coussape, Pharmacosycée), ou même aune seule (Forskohlée, Artocarpe, Urostigme, Brosime, etc.).

Le pistil comprend typiquement deux carpelles médians, fermés et concrescents; mais le carpelle postérieur tantôt avorte c.omplètement(Ortie,fig. 1012, B, Broussonétie, Artocarpe, etc.), tantôt se réduit à un sligmate pareil à celui du carpelle antérieur (Orme, Mûrier, Figuier, Chanvre, fig. 1012 et 1014, Houblon, etc.), plus petit (Dorsténie, Figuier), ou même rudimentaire (Maclure). Le carpelle antérieur développe donc seul son ovaire, que termine un style et un stigmate diversement conformé; cet ovaire renferme un unique ovule à deux téguments, dont l’insertion

Fig. 1U 13. — Diagramme de la fleur hermaphrodite : A , de l'Orme champêtre ( Ulmus campestris)\ B , du Micocoulier austral (Celtis australis).

Fig. 1014. —

Pistil du Chanvre cultivé.

URTICACÉES.

et la forme varient à la fois : il est tantôt attaché à la base de

la suture, dressé et orthotrope (Ortie, Pariétaire, Conocéphale, Thélygone, etc.), tantôt fixé plus ou moins haut, jusque près du sommet, pendant et campylotrope à micropyle tourné en haut et en avant (Mûrier, Chanvre, Micocoulier, etc.) ou anatrope a raphé ventral (Orme, Artocarpe, etc.). Dans le Thélygone, la face antérieure de l’ovaire prend un accroissement prédominant, ce qui rejette le style en arrière et le rend gynobasique ; en même temps, l’ovule ortholrope, dont le micropyle correspond toujours à la base du style,

I se courbe dans le plan médian du carpelle et devient campylotrope à micropyle inférieur et postérieur. Dans quelques genres, l’ovaire est conerescent avec la base du calice, ce qui le rend plus ou moins infère (Broussonétie, Pipture, Trophide, Antiar, Castillée, etc.). De cet avortement constant de l’un des deux carpelles, il résulte que la fleur femelle n’est symétrique que par rapport au plan médian, zygomorphie qui se retrouve aussi dans les fleurs mâles diandres (Coussape) ou monandres (Artocarpe, etc.), et qui retentit quelquefois jusque dans le calice (Pariétaire, Pilée, Forskohlée). Accidentellement, on voit, notamment dans les Ormes, les Artocarpes, les Figuiers, etc. . le carpelle postérieur se développer normalement et l'ovaire être biloculaire.

Fruit et graine. — Le fruit est tantôt un akène (Ortie, Chanvre, Artocarpe, Conocéphale, etc.), devenant quelquefois une samare à aile périphérique (Orme, etc.), tantôt une drupe (Micocoulier, Mûrier, Figuier, Broussonétie, Thélygone, etc.). Dans le Mûrier, toutes les drupes du capitule, enveloppées par les calices persistants et charnus, se pressent et se soudent en un fruit composé, qui est la mûre; celles du Figuier sont enfermées dans la bouteille charnue qui constitue la figue (voir p. 152, fig. 346); celles de la Broussonétie sont enchâssées dans le réceptacle du capitule, qui s’accroît et devient charnu. Dans l’Artocarpe intégrifolié, vulgairement Arbre à pain, et dans l’A. incisé, vulgairement Jacquier, les akènes sont enchâssés dans la substance du réceptacle sphérique, qui s’accroît en une masse comestible, à la fois charnue et amylacée. La graine contient un embryon droit (Ortie, Pariétaire, Orme, etc.), ou courbé de manière à appliquer sa tigelle sur le dos d'un des cotylédons (Mû rier, Chanvre, Micocoulier, Thélygone, etc.). Dans tous les cas, le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie de l’ovule et du carpelle, c’està-dire avec le plan médian de la fleur. L’albumen est charnu, rarement assez abondant (Mûrier, Pariétaire, Thélygone, etc.), ordinairement peu développé (Ortie, Chanvre, Figuier, etc.), souvent nul (Orme, Micocoulier, Maclure, Artocarpe, Cécropie, etc.).

Principaux genres. — Avec l’extension qu’on lui donne ici, la famille des Urtieacées contient 108 genres, comprenant environ 1500 espèces, largement répandues dans toutes les contrées du globe; le seul genre Figuier en renferme plus de 600. Il y faut ajouter bon nombre d'espèces fossiles rencontrées depuis le crétacé, et notamment dans le tertiaire, appartenant les unes à des genres vivants (Ortie, Figuier, Artocarpe, Cécropie, Houblon, Orme, Micocoulier, etc.), les autres à des genres éteints (Protofiguier, Artocarpide, etc.),

L’homme tire des Urtieacées un grand nombre de produits utiles: des bois

DICOTYLÉDONES

de construction (Orme, Micocoulier, etc.); des fibres textiles (Chanvre, Ortie, Ramie), une écorce servant à fabriquer du papier (Broussonétie à papier) ; des feuilles pour la nourriture des vers à soie (Mûrier blanc) ; un latex tantôt très vénéneux servant à empoisonner les flèches de chasse (Antiar vénéneux), tantôt jouissant des qualités nutritives du lait de vache (Brosime utile), tantôt fournissant du caoutchouc (Castillée élastique en Amérique, divers Figuiers en Asie, en Australie et en Afrique); une huile essentielle servant à aromatiser la bière (bractées femelles du Houblon) ; une huile grasse comestible (graines de Chanvre cultivé) ou à brûler (graines de Micocoulier); des fruits alimentaires (Mûrier, Figuier, Artocarpe, Bagasse, etc.) ; des graines comestibles (Brosime utile, divers Artocarpes, Chanvre, etc.); etc., etc.

En s’appuyant sur la forme et le mode d’insertion de l’ovule, sur la direction droite ou reployée des filets staminaux dans le bouton, sur le nombre des étamines, l’unisexualité ou l’hermaphrodisme des fleurs et la nature du fruit, on groupe les genres de cette vaste famille en huit tribus, de la manière suivante :

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