‹ Traité de botaniqueChapitre 176 sur 218 · MALVACÉES · texte numérisé non relu

MALVACÉES

rarement descendant à raphé externe (Side, etc.), quelquefois deux ou un plus grand nombre d’ovules (Abutile, Glyphée, Apeibe, etc.).

Fruit et graine. — Quand les carpelles sont libres, le fruit est formé de cinq follicules (Sterculie, Hélictère, etc.) ou de cinq akènes (Tarriétie). Quand ils sontconcrescents, le fruit est ordinairement une capsule loculicide (Ketmie, Fromager, etc ) ou seplicide (Sparmannie, Corrète, etc.), quelquefois revêtue à l’intérieur de poils laineux qui enveloppent les graines (Fromager, Ériodendre); ailleurs, c’est un polyakène (Urène, Mauve, Malope, etc ), rarement une baie (Théobrome, Malvavisque, Prockie, etc.), une drupe (Grouie, Fléocarpe, etc.), ou un simple akène par avortement (Tilleul). Il se partage quelquefois par de fausses cloisons transversales (Callirhée, Modiole, etc. b La graine, dont le tégument est parfois revêtu de longs poils (Cotonnier), ailé (Ptérosperme) ou pourvu d’un arille (Lasiopétale), renferme un embryon droit ou courbe, à cotylédons ordinairement larges et reployés, avec un albumen charnu, quelquefois sans albumen (Théobrome, Ilériti're, Mauve, Brownlowie, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide d’ordinaire avec le plan de symétrie de la graine; il lui est parfois perpendiculaire (Théobrome).

Principaux genres. — Avec l'extension qu’on lui donne ici, la famille des Malvacées comprend 140 genres, renfermant environ 1550 espèces, répandues par toute la terre, mais abondant surtout dans les régions chaudes et tropicales. Il faut y ajouter une centaine d’espèces fossiles, trouvées dans le crétacé et surtout dans le tertiaire, notamment 11 Tilleuls, 16 Sterculies, etc. Les Malvacées nous donnent par leurs graines le coton (Cotonnier) et le cacao (Théobrome cacaoyer); elles produisent aussi des fruits comestibles (Grouie, Fléocarpe), des fibres textiles (Corrète, Tilleul) et notamment le jute (Corrète capsulaire et C. potagère), des bois de construction (Tilleul, Éléocarpe, taillée, etc.), etc.

Ln tenant compte de la conformation de l’androcée, on groupe les genres en trois grandes tribus :

1. Tiliées. — Etamines libres ou à peine concresccntes à la base, anthères à quatre sacs : Grouie (Grevjia), Trionife te (Triumfetla), Sparmannie (Sparmnnnià), Corrète (Corchoius), Luhée (Luhea), Till 3ul ( Tilia ), Sloauée ( Sloanea ), Eléocarpe ( Elæocaryus ), etc.

2. Sterculiéks. — Etamines concrescenles eu tube, anthères à quatre sacs : Sterculie ( Ster cm! ta), Héritière ( Heritiera ). Hélictère ( HeUcteres ), D unbeyer ( Dombeya ), Hermaunie (Hermannia), Théobrome [ Theobrqma ), Buttnérie ( Buttncria ), Lasiopétale ( Lasiopeta lüm), etc.

;i Malvkes. — Etamines concrescentes en tube, anthères à deux sacs: Malope (1/a/ope), Guimauve (ALthæa), Lavatère (Lavatera), Mauve (.Malva), Plagianthe (P/agianthus), Side (Sida), Abutile ( Abutïlon ), Pavouie ( Pavonia ). Malvavisque ( Matvaviscus ), Ketmie (Hibiscus), Cotonnier (Gossypium), Adansonier (Adansonia), Fromager ( Bom box), Eriodeudre (Eriodendroti), etc.

Affinités. — Les Malvacées ressemblent aux Renonculacées par le nombre indéfini des étamines et par le pistil, dont les carpelles, parfois libres, sont souvent en nombre considérable et indéterminé; mais cette ressemblance est bien plus apparente que réelle, car le même résultat est atteint des deux côtés par un mécanisme tout différent: chez les Renonculacées, par une multiplication des verticilles ou des tours despire, chaqueétamine etchaquecarpelle étant une feuille entière; chez les Malvacées, par la ramification des éléments qui composent les deux verticilles de l’androcée et l’unique verticille du

DICOTYLÉDONES

pistil, chaque étamine et chaque carpelle n’étant qu une foliole d’une feuille composée. Si l'on ne considère que les étamines, on peut définir cette seconde manière d’être en disant que l androcée est mérislémone, tandis qu’il est polystémone chez les Renonculacées.

Familles rattachées aux Maivaeées. — Aux Malvacées se rattachent vingtquatre familles, ayant comme elles les étamines disposées en deux vcrticilles et ramifiées, c’est-à-dire réalisant le type méristémone. Mais ces familles forment deux séries. Les unes, au nombre de onze, ont, comme les Malvacées, les carpelles habituellement clos et la placentation axile; les autres, au nombre de treize, ont les carpelles ordinairement ouverts et la placentation pariétale. Nous étudierons d’abord les premières, puis les secondes.

1^ série. — Placentation axile. — Les onze familles de la première série, qui, parleur placentation axile, se rapprochent plus que les autres des Malvacées, sont les Ternslrémiacées, Clusiacées, Hypéricacées, Dilléniacées, Ochnacées, Diptérocarpées , Sarcolénées, Humiliées, Euphorbiacêes , Buxées etEmpéirées] nous allons en tracer sommairement les caractères.

Terastrémiacées. — Les Ternstrémiacées comprennent 32 genres avec environ 260 espèces, croissant presque toutes entre les tropiques, la plupart en Amérique, en Asie et dans l’archipel indien; on en a trouvé plusieurs à l’état fossile dans le tertiaire , notamment 2 Ternstrémies et 2 Saurauies. Ce sont des arbres ou des arbustes dressés, rarement épiphytes ou grimpants (Marcgravie, Ruyschie, etc.), à feuilles isolées, rarement opposées (Caryocar, Marile), simples et sans stipules, parfois composées palmées (Caryocar, Anthodisque),àlimbepenniverve entier ou denté, souvent coriace. On connaît l’usage et les propriétés des feuilles du Gamélier à thé.

Les fleurs régulières, hermaphrodites, rarement polygames ou dioïques (Actinidie, Omphalocarpe), sont solitaires à l’aisselle des feuilles (Camélier, etc.) ou disposées en grappes (Ruyschie, etc.) et en ombelles (Marcgravie); dans ce dernier cas, les bractées mères sont très développées et vivement colorées, le plus souvent en rouge. Le pédicelle porte des bractées dont le nombre, ordinairement de 2 (Ternstrémie, etc.), s’élève parfois à 4 et jusqu’à 6 (Camélier), formant un involucre sous la fleur et passant insensiblement au calice.

Le calice et la corolle sont pentamères (fig. 1072), rarement tétramères (Stachyure) ; les pétales sont parfois concrescents entre eux à la base (Camélier), au sommet (Antliodisque) ou dans toute la longueur en une sorte de coiffe qui tombe lors de l’épanouissement (Marcgravie). L’androcée se compose quelquefois de deux verticilles alternes d’étamines simples (Stachyure, certaines Visnées), dont les épipétales peuvent se dédoubler, ce qui porte à 15 le nombre total (certaines Marcgravies), ou, au contraire, avorter, ce qui le réduit à 5 (Pentaphvlace, Pellicière, Ruyschie) ; mais le plus souvent, pendant que les étamines épisépales se réduisent à autant de staminodes (Omphalocarpe) ou avortent, les épipétales se ramifient en un grand nombre d’étamines

Fig. 1072. — Diagramme de la Heur du Camélier du Japon ( Camellia japonica); par exception, cinq carpelles.

CLUSIACEES.

libres, massées en cinq groupes (Gordonie, etc.) ou uniformément réparties tout autour du pistil (Gamélier, fîg. 1072, Ternstrémie, etc.), parfois concrescentes avec les pétales à la base (Camélier, Garyocar, etc.). Les anthères, basifixes (Ternstrémie, Marcgravie, etc.) ou oscillantes (Gordonie,* Saurauie, etc.), sont introrses au début, rarement extrorses (Camélier), à quatre sacs et s’ouvrent par deux fentes longitudinales, rarement par des pores terminaux (Pentaphylace, Saurauie). Calice, corolle et androcée sont parfois concrescents à la base en une coupe, au fond de laquelle est situé le pistil (Visnée, Anneslée). Le pistil est formé quelquefois de cinq carpelles épisépales (Saurauie, Stachyure, etc.), ou épipétales (Gordonie, Stuartie, Ruyschie, etc.), souvent de '3 (Camélier, Visnée, etc.) ou de 2 (Ternstrémie, Pellicière, etc.), rarement de 3 à 10 (Laplacée, Marcgravie, etc.) et jusqu’à 20 carpelles (Anthodisque, etc.); ils sont clos et concrescents en un ovaire pluriloculaire, surmonté d’autant de styles libres (Camélier, Laplacée, Sauranie, etc.) ou concrescents en un style unique (Gordonie, etc.). A l’angle interne de chaque loge s’attachent ordinairement un plus ou moins grand nombre d’ovules anatropes ascendants (Marcgravie, Bonnétie, etc.) ou pendants (Camélier, Ternstrémie, etc.), rarement deux ovules ascendants (Stuarlie) ou pendants (Pentaphylace), ou un seul ovule pendant (Pellicière, Caryocar). Quand l’ovule est pendant, son raphé est tantôt ventral (Caraïpe, Gordonie, Caryocar, etc.), tantôt dorsal (Pellicière, Ternstrémie, etc.); hyponaste dans le premier cas, il est épinaste dans le second.

Le fruit, autour duquel le calice persiste quelquefois en devenant charnu (Visnée, Anneslée), est tantôt une capsule loculicide (Gordonie, Camélier, etc.) ou septicide (Bonnétie, Caraïpe, etc.), tantôt une baie (Eurye, etc.), une drupe (Rhizobole, Ternstrémie, Caryocar, Omplialocarpe, etc.) ou un akène par avortement de l’une des deux loges uniovulées (Pellicière). La graine renferme un embryon doit (Camélier, Bonnétie, etc.), courbe (Ternstrémie, Caryocar, etc.) ou spiralé (Anthodisque), à tigelle parfois très grosse portant de très petits cotylédons (Caryocar); il est dépourvu d’albumen (Camélier. Marcgravie, Gordonie, Bonnétie, etc.), ou muni d’un albumen charnu (Ternstrémie, etc.), quelquefois abondant (Saurauie, etc.). Son plan médian tantôt coïncide avec le plan de symétrie du tégument (Camélier, Gordonie, Caryocar, etc.), tantôt lui est perpendiculaire (Stuartie, Schime, etc.).

Principaux genres : Caryocar [Caryocar), Marcgravie ( Marcgravia ), Ruyschie ( Ruyschia ), Ternstrémie ( Ternstrœmia ), Eurye (, Eurya ), Saurauie [Saurauia ), Gordonie ( Gorclonia ), Laplacée ( Laplacea ), Camélier ( Camellia ), Bonnétie ( Bonnctia ), etc.

Les Ternstrémiacées se rattachent intimement aux Malvacées, notamment aux Tiliées, qui ont, comme elles, les étamines libres et les anthères à quatre sacs.

Clusiacées. — Les Clusiacées comprennent 24 genres, avec 230 espèces environ, toutes tropicales, vivant la plupart en Amérique et en Asie. Ce sont des arbres ou des arbustes, quelquefois épiphytes (diverses Clusies, Ilenggérie), rarement grimpants (certaines Clusies); les feuilles sont opposées, rarement verticillées (certains Quiines et Ochrocarpes), simples, entières et sans sti

VAN TIEGHEM, TRAITÉ, 2e EDITION. 10 i

DICOTYLÉDONES

Fig. 1073. — Diagramme de la fleur de la Platonie insigne ( Platonia insif/nis) .

pules, très rarement penniséquées (certains Quiines) ou stipulées (Quiine). Racines, tiges et feuilles y sont ordinairement pourvues de canaux sécréteurs ^produisant un latex résineux (Clusie, Tovomite, etc.) ou gommeux (Chrysochlamyde), souvent jaune (Clusie, Rheedie, Garcinie, Pentadesme, etc.).

Les fleurs sont régulières, rarement hermaphrodites (Symphonie, Mésue, etc.), ordinairement polygames (Mammée, Garcinie, Calopliylle, etc.) ou o dioïques (Rengife, diverses Glusies, etc.), solitaires ou grou-

pées en cymes et en grappes, quelquefois accompagnées d’un involucre de bractées, comme dans les Gaméliers (Rengife, certaines Clusies).

La fleur estsouvent pentamère (Clusie, Renggéric, Platonie, fig. 1073, etc.), parfois tétramère (Havétie, Havéliopse, Garcinie, OEdématope, etc.), ou tétramère avec un calice binaire (Tovomite, Rheedie, etc.). L’androcée se compose quelquefois de deux verticilles alternes d’étamines simples (Renggérie, OEdématope , etc.), dont les épisépales (Havétiopse. Rengife) ou les épipétales (Havétie) peuvent avorter; mais le plus souvent, tandis que les étamines épisépales avortent, les épipétales se ramifient au sommet (Symphonie, Chrysopie, Monorobée, Xanthochyme, Platonie, Pentadesme, etc.) ou dès la base (Clusie, Garcinie, Mammée, Calophylle, Quiine, etc.) en un plus ou moins grand nombre d’étamines partielles. Dans le premier cas, les (roncs communs sont quelquefois libres (Xanthochyme, etc.); le plus souvent, ils sont concrescents en tube, comme dans les Malvacées (Symphonie, Chrysopie, etc.). Les anthères sont introrses (Xanthochyme, etc.), latérales (Rengife, etc.) ou extrorses (Symphonie, etc.), à quatre sacs polliniques s’ouvrant en long; elles ont quelquefois plus de quatre sacs (Clusie) et s’ouvrent alors par des pores ou par un opercule (diverses Clusies et Garcinies). Le pistil est formé de carpelles concrescents, en même nombre que les sépales, auxquels ils sont superposés, ordinairement fermés en un ovaire pluriloculaire contenant à l’angle interne de chaque loge tantôt deux séries d’ovules anatropes horizon taux (Clusie, Rengife, etc.), tantôt deux ovules pendants à raphé dorsal (Havétie, etc.) ou ascendants à raphé ventral (Mammée, Mésue, Quiine, etc.), tantôt un seul ovule ascendant à raphé ventral (Tovomite, Chrysochlamyde, Garcinie, Rheedie, etc.); ils demeurent rarement ouverts en formant un ovaire uniloculaire à placente basilaire (Calophylle, Kayée), parfois uniovulé (Calophylle). Les stigmates, en même nombre que les loges, sont sessiles (Clusie, Garcinie, etc.) ou portés sur un style plus ou moins long (Symphonie, Calophylle, etc.); rarement les styles sont distincts (Quiine).

Le fruit est une baie (Garcinie, Rheedie, Symphonie, etc.), une drupe (Mammée, Calophylle, etc.), ou une capsule septicide (Clusie, Havétie, Rengife, etc.). La graine, souvent munie d’un arille (Clusie, Renggérie, Rengife, etc.), dépourvue d'albumen, renferme un embryon ordinairement macropode, à grosse tigelle et à cotylédons très petits (Clusie, Garcinie, etc.) ou même nuis (Symphonie, etc.); rarement, au contraire, la tigelle est petite et les cotylédons très développés (Mammée, Calophylle, Quiine).

HYPÉRICACÉES.

Plusieurs Clusiacées sont recherchées pour leur latex, qui donne de la gomme-gutte (divers Garcinies et Xanthochymes), des baumes (Calophylle calabe, etc.), des résines (C. à encens, etc.). D’autres produisent des baies comestibles, comme la Garcinie mangoslan, la Mammée d’Amérique et plusieurs Ochrocarpes, Platonies, Rheedies, etc. ; la baie du Pentadesme butyracé donne une sorte de beurre très estimé. D'autres encore fournissent des bois de bonne qualité (Calophylle, Mésue, Monorobée, etc.).

Principaux genres: Clusie {Clusia),Chrysoch\a.myde(Cfi7'ysochlamys), Tovomite ( Tovomita ), Symphonie ( Symphonia ), Garcinie ( Garcinia ), Rheedie. ( llkeedia ), Calophylle [Calophyllurn), Mammée (M arrime a), Quiine (Quiina), etc..

Les Clusiacées se relient étroitement aux Ternstrémiacées, dont elles diffèrent surtout par leurs feuilles opposées et leurs canaux sécréteurs.

Hypéricacées. — Les Hypéricacées comprennent 9 genres, avec 222 espèces, dont 160 pour le seul genre Millepertuis, répandues dans toutes les contrées tempérées et chaudes du globe. Ce sont des herbes vivaces, des arbustes, rarement des arbres, à feuilles opposées, simples et sans stipules, à limbe penninerve entier. La tige et la racine contiennent des canaux sécréteurs oléifères et la feuille est, en outre, parsemée de poches sécrétrices auxquelles les Millepertuis doivent leur nom.

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, le plus souvent disposées en grappe de cymes bipares ou unipares scorpioïdes, parfois munies de deux bractées latérales (Millepertuis, etc.). Elles sont pentamères (fig. 1074), au moins dans les deux verticilles externes, qui sont rarement tétramères (Ascyre).

L’androcée comprend quelquefois deux verticilles alternes d’étamines. Souvent les épisépales sont réduites à des staminodes, tandis que les épipétales se ramifient en une phalange d’étamines partielles, plus ou moins profondément séparées; ces deux verticilles sont tantôt pentamères (Vismie, fig. 1074, A, Haronge,

Psorosperme), tantôt trimères (Cratoxyle, Éliée, Millepertuis des sections Élode, Triadénie et Adénotriade). Ailleurs les étamines du verticille externe avortent complètement, pendant que les autres se ramifient comme il vient

d’être dit, en formant cinq phalanges épipétales (Millepertuis des sections Androsème et Érémanthe, fig. 277, p. 416) ou trois phalanges (Ascyre, autres Millepertuis, fig. 1074, B et fig. 231, p. 438). Dans tous les cas, les anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil a cinq carpelles épisépales si l’androcée est pentamère (fig. 1074, A), trois s’il est trimère (fig. 1074, B)-, ses carpelles sont concresccnts, tantôt ouverts avec placentes pariétaux peu saillants (Ascyre) ou fortement proéminents (divers Millepertuis), tantôt fermés dans leur moitié inférieure (beaucoup de Millepertuis) ou

Fig. 1074. — Diagramme floral: A, dune Vismie ( Vismia cayennensis) ; s, staminodes. B, d’un Millepertuis ( Bype ricum quadrangularc) .

DICOTYLÉDONES

dans toute leur longueur (Vismie, Haronge, Eliée, Gratoxyle) par la jonction centrale des placentes. Ceux-ci portent un grand nombre d’ovules anatropes, quelquefois seulement deux (Haronge, Psorosperme, Éliée) ou un seul ovule pendant (Endodesmie). L’ovaire est surmonté d’autant de styles libres qu'il y a de carpelles, terminés chacun par un stigmate renflé.

Le fruit est une capsule loculicide (Cratoxyle, Eliée) ou septicide Millepertuis, Ascyre), une baie (Vismie, Psorosperme) ou une drupe à cinq noyaux (Haronge). La graine, dépourvue d’albumen, renferme un embryon droit, rarement courbe (divers Vismies et Millepertuis), dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.

Les genres se groupent en deux tribus:

1. Hypéricées. — Capsule: Ascyre ( Ascyrum ), Millepertuis ( Hijpericum ), Éliée ( Eliæa ), Cra-

toxyle ( Cratoxylon ).

2. Vismiées. — Fruit charnu : Endodesmie ( Ertdodesmia ), Vismie ( Vismia ), Psorosperme

( Psorospermum ), Haronge (Hai'onga) .

Les Hypéricacées se relient directement aux Glusiacées, à la fois par leurs feuilles opposées et par leurs canaux sécréteurs.

Diiiéniacces. — Les Dilléniacées comprennent 16 genres, avec environ 180 espèces, presque toutes tropicales, dont la moitié habitent l’Australie. Ce sont des arbres ou des arbustes, souvent grimpants, parfois vol ubiles indifféremment à droite ou à gauche (certaines Hibberties, Daville, etc.), rarement des arbres (Acrolrème), à feuilles isolées, très rarement opposées (certaines Hibberties), simples et sans stipules, à limbe entier, rarement pennifide (Acrotrème), parfois réduit à de petites écailles (Pachynème). Plusieurs lianes de cette famille offrent dans la structure secondaire de leur tige l’anomalie des Chénopodiacées (Doliocarpe, Curatelle, etc.).

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, rarement polygames dioïques par avortement (certains Tétracères et Actinidies), groupées en inflorescences très diverses. Elles sont pentamères avec deux verticilles alternes à l’an- Q drocée (tig. 1075); mais les étamines et les carpelles subis-

sent plusieurs modifications. Il y a quelquefois deux verticilles d’étamines simples (Adrastée, Pachynème); mais le plus souvent les épipétales avortent et les épisépales se ramifient en autant de faisceaux de 2 à 5 étamines chacun (Candollée) ou en un grand nombre d’étamines libres également espacées tout autour du pistil (Tétracère, fig. 1075, Dillénie, Wormie, Hibberties de la section Cyclandre, etc.), dont les internes peuvent être stériles (Gapellie); quelque-

Fig* 1075. — Diagramme de la Heur du Téiracère volubile ( Te tracera volubilis).

fois, toutes les étamines situées d’un côté de la fleur sont

stériles (Hibberties de la section Hémipleurandre) ou avortent complètement (Hibberties de la section Pleurandre) ; parfois même les étamines externes de la moitié fertile se réduisent à leur tour à des staminodes (Hibberties de la section Hémistemme). Les anthères sont introrses, rarement extrorses (Empédoclée, Actinidie), à quatre sacs, et s’ouvrent par deux fentes longitudinales, rarement par des pores terminaux (Wormie, certains Acrotrèmes). Androcée, corolle et calice sont con-

OCIINACÉES.

crescents en coupe dans le Crossosome. Le pistil se compose de carpelles fermés et libres (fig. 1075), rarement concrescents en partie (Dillénie, Wormie) ou en totalité (Actinidie), contenant soit deux rangées d’ovules anatropes horizontaux (ïétracère, Dillénie, Actinidie, etc.), soit deux ovules ascendants à raphé externe (Candollée, Daville, Adrastée, Pachynème, etc.), soit un seul pareil ovule (Schumachérie, etc.). Il y a tantôt 5 carpelles épipétales (Tétracère, fig. 1075, Dillénie, diverses Candollées, Hibberties, etc.), tantôt moins : 3 (certaines Candollées, etc.), 2 (Adrastée, Pachynème, diverses Hibberties, 610.), 1 (Daville, Doliocarpe, Trisème, etc.); tantôt davantage et jusqu’à 10, 20 ou 30 (Dillénie, Actinidie, Wormie, etc.) ; chacun d’eux est muni d’un style à extrémité stigmatifère, quelquefois réfléchi horizontalement en étoile (Dillénie, Actinidie).

Le fruit, autour duquel le calice persiste, se compose d’autant de follicules que de carpelles (Candollée, Hibbertie, Tétracère, Délime, etc.), plus rarement d'akènes (Schumachérie) ; ailleurs, c’est unegrosse baie (Dillénie, Actinidie, etc.). La graine, pourvue d’un arille, à l’exception des Dillénies et Actinidies, a un albumen charnu et un petit embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.

Principaux genres : Daville ( Dcivilla ), Doliocarpe ( Doliocarpus ), Tétracère ( Tetracera ), Wormie ( Worm'ia ), Dillénie (. Dillenia ), Hibbertie [Hibbertia), Candollée ( Candollca ), Pachynème (Pachynema), Crossosome ( Crossosoma ), etc.

Les Dilléniâcées se distinguent des Clusiacées et des Hypéricacées par les feuilles isolées et l’absence de canaux sécréteurs, deux caractères, qui, en même temps, les rapprochent des Ternstrémiacées, dont elles diffèrent par l’indépendance des carpelles et la graine arillée; sous ces deux rapports, les Dillénies et les Actinidies, qui ont les carpelles plus ou moins concrescents et la graine dépourvue d’arille, font transition vers les Ternstrémiacées, notamment vers les Saurauies. Cette indépendance des carpelles a fait souvent rapprochera tort les Dilléniâcées des Renonculacées, dont elles diffèrent profondément, comme on sait, par la structure de l’androcée.

Ochnacces. — Les Ochnacées renferment 12 genres, avec environ 140 espèces, toutes tropicales, vivant la plupart en Amérique. Ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles isolées, simples et stipulées, à limbe coriace, luisant sur les deux faces, ordinairement entier. Les fleurs sont régulières, rarement zygoinorphes (Luxembourgie), hermaphrodites, solitaires (AVallacée) ou groupées en grappessimples (Luxembourgie, etc.), en grappes composées (Godoyer, etc.) et en grappes de cymes (Gomphie, etc.).

Le calice et la corolle sont pentamères, rarement tétramères (Tétramériste) , les sépales sont quelquefois munis d’appendices ligulaires (Godoyer). L’androcée comprend tantôt deux verticilles alternes d’étamines simples (diverses Gomphies, Elvasie, Godoyer, etc.), dont les épipétales se réduisent parfois à dcsstaminodes (Euthémide)ou avortent (Tétramériste), tantôt un grand nombre d’étamines provenant de la ramification des précédentes (Ochne, Luxembourgie, etc.); dans ce dernier cas, les étamines externes sont parfois stériles, les internes fertiles se réduisant à dix (Blastémanthe) ou à cinq (Pécilandre, Wallacée, etc.); les filets sont libres, courts et portent des anthères à quatre

sacs s’ouvrant par des pores terminaux, rarement par deux fentes longitudinales (Wallacée, etc.). Le pistil se compose de cinq carpelles épisépales, concrescents jusqu’au sommet du style, se réduisant parfois à trois (Pécilandre, Wallacée, etc.) ou s’élevant jusqu’à dix (certains Ochnes et Gomphies) ; ils sont tantôt ouverts avec placentes pariétaux plus ou moins saillants portant un grand nombre d’ovules anatropes (Pécilandre, Wallacée, Luxembourgie, etc.) ou biovulés (Eulbémide), tantôt fermés à loges multiovulées (Godoyer, etc.) ou uniovulées (Ocbne, Gomphie, etc.); quand il est unique, l’ovule est ascendant à raphé ventral (Ochne, Gomphie, etc.), ou pendant à raphé ventral (Euthémide), épinaste dans le premier cas, hyponaste dans le second. Le style, terminé en pointe au sommet, est parfois gynobasique avec proéminence et séparation des carpelles dans la région ovarienne (Ochne, Gomphie).

Le fruit est une capsule septicide (Luxembourgie, Godoyer, Wallacée, etc.), une drupe à cinq noyaux (Euthémide) ou une série de drupes à un noyau (Ochne, Gomphie, etc.). La graine est tantôt munie (Euthémide, Godoyer, Luxembourgie, etc.), tantôt dépourvue d’albumen (Ochne, Gomphie, Elvasie, etc.), avec un embryon droit dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.

Les genres se groupent en trois tribus :

1. Ochnées. — Carpelles uniovulés, pas d'albumen : Ocline (Ochna), Gomphie ( Gomphia ),

lîrackenridgée ( Hlackenridgea ), Elvasie (Ehasid), Tétramériste (Te t ramer is ta).

2. Euthémidées. — Carpplles biovulés, albumen charnu : Euthémide ( Euthemu ).

3. Luxkmboukgiées. — Carpelles mulliovulés, albumen charnu : Luxembourgie [Lurcm-

boûrgia), Godoyer [Godoya], Pécilandre ( Pœcilandra ), Blastémanlhe ( Blastcmanthus ),

Wallacée (Watïacea), Cespédésie [Cespedesia) .

Les Ochnacées ont, comme les Ternstrémiacées et les Dilléniacées , les feuilles isolées, mais elles diffèrent de ces deux familles par la présence de stipules; elles se distinguent, en outre, des Dilléniacées par la concrescence complète des carpelles.

Diptérocarpées. — Les Diptérocarpées renferment 12 genres, avec 112 espèces, toutes tropicales. Ce sont des arbres souvent de grande taille, à feuilles isolées, simples et pourvues de petites stipules caduques, à limbe penninerve entier. Ils produisent, notamment au pourtour de la moelle et parfois aussi dans le bois secondaire de la lige, des canaux sécréteurs oléorésineux. En passant dans la feuille, les faisceaux libéroligneux entraînent avec eux les canaux sécréteurs périmédullaires et séjournent plus ou moins longtemps dans l’écorce avant d’entrer dans le pétiole.

Les fleurs sont hermaphrodites, régulières', pentamères, disposées en grappes axillaires. Les sépales sont concrescents en cloche et les pétales sont unis à la base avec le calice. L’androcéa comprend quelquefois deux vertieilles alternes d’étamines simples (Pétalandre), dont les épipétales se dédoublent (Vatice) ou, au contraire, avortent (Monoporandre) ; mais le plus souvent il est formé d’un grand nombre d’étamines provenant de la ramification des précédentes, uniformément réparties autour de l’axe; les anthères ont ouatre sacs et s’ouvrent en dedans ou latéralement par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose de trois carpelles fermés et concrescents, contenant chacun deux ovules anatropes pendants à raphé interne. Il est ordinai-

SÀRCOLÉNÉES.

rement libre, quelquefois concrescent avec le tube formé par les verticilles externes, ce qui rend l’ovaire infère (Pacbynocarpe, Anisoptère).

Le fruit, monosperme par avortement, est un akène, rarement une capsule seplicide (Dryobalanope). Il est souvent enveloppé parle calice qui s’accroît en cinq grandes ailes (Dryobalanope, Yatice), ou dont trois ou deux sépales seulement se développent en trois (Schorée, Doone) ou deux grandes ailes (Diptérocarpe, Hopée). La graine renferme un gros embryon à cotylédons épais sans albumen; ordinairement plans-convexes, ces cotylédons sont quelquefois chiffonnés et le tégument envoie des prolongements entre leurs replis, de manière à simuler un albumen ruminé (Doone).

Ces arbres sont recherchés pour la dureté de leur bois, qui sert aux constructions, et pour leurs sucs résineux; on en extrait notamment le camphre dit de Bornéo l Dryobalanope aromatique) et Y huile de bois (divers Diptérocarpes).

Principaux genres : Dryobalanope ( Dryobalanops ), Diptérocarpe [Diplerocarpus), Yatice ( Valicà), Schorée ( Shorea ), Yatérie ( Vateria), etc.

Les Diptérocarpées diffèrent des Ochnacées, qui ont aussi les feuilles isolées et stipulées, notamment par la persistance et l’accrescence du calice autour du fruit; ce même caractère, joint à la présence des stipules, les distingue des Ternstrémiacées. Elles different encore des Ochnacées et des Ternstrémiacées parleurs canaux sécréteurs; par là, elles ressemblent aux Clusiacées et aux Ilypéricacées, mais elles s’en distinguent par la position de ces canaux sécréteurs, toujours localisés au pourtour de la moelle et dans le bois secondaire, régions où on ne les rencontre pas chez les Clusiacées et les Hypéri eacées.

S arcolénée s . — Les Sarcolénées ne comprennent que 4 genres avec 8 espèces, toutes originaires de Madagascar. Ce sont des arbrisseaux à feuilles isolées, simples et pourvues de stipules caduques, à limbe entier et coriace. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, disposées en cymes bipares ou en grappes composées, munies d’un involucre persistant, uniflore ou billore, pentamères à pistil trimère.

Trois des cinq sépales se développent seuls normalement, les deux autres étant rudimentaires (Rhodolène) ou complètement avortés (Sarcolène, Leptolène , Schizolène); les cinq pétales sont égaux et libres. Entre la corolle et les étamines , le pédicelle produit une sorte de disque membraneux en forme de tube à bord uni ou denté, qui enveloppe les filets staminaux dans la moitié de leur longueur. Il y a quelquefois dix étamines en deux verticilles alternes ( Leptolène) ; mais le plus souvent elles se ramifient et produisent un grand nombre d’étamines disposées tout autour du pistil (Sarcolène, Schizolène, Rhodolène); les filets sont libres et portent des anthères oscillantes, introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil se compose de trois carpelles fermés et concrescents en un ovaire triloculaire, contenant dans chaque loge tantôt deux ovules anatropes pendants à raphé interne (Sarcolène, Leptolène), tantôt quatre (Rhodolène) ou un plus grand nombre de pareils ovules horizontaux (Schizolène); il est terminé par un style unique à stigmate trilobé. Le fruit est une capsule loculicide, rarement un akène enveloppé dans l'involucre épaissi (Leptolène). La graine renferme

DICOTYLÉDONES

un embryon droit, à cotylédons foliacés, dans l’axe d'un albumen charnu.

Genres : Sarcolène ( Sarcolæna ), Leptolène ( Leptolæna ), Schizolène (Schizol.vna ), Rhodolène ( lihodolæna ).

Les Sarcolénées se distinguent de toutes les familles précédentes par le disque tubuleux qui enveloppe l’androcée.

iiumirices. — Les Ilumiriées ne renferment que 3 genres, avec 20 espèces croissant toutes, à l’exception d’une seule, au Brésil et à la Guyane. Ce sont des arbustes ou de petits arbres souvent aromatiques, à feuilles isolées, simples et sans stipules, à limbe coriace, entier ou denté. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, pentamères et disposées en cymes. Au calice et à la corolle succèdent parfois deux verticilles alternes de cinq étamines (Saccoglotte) ; ailleurs, chacune des étamines épisépales se trifurque,et il y en a 20(Humirie); ou bien elles se ramifient en formant un grand nombre d’étamines partielles, 50 et au delà, disposées tout autour du pistil (Yantanée). Celui-ci se compose de cinq carpelles épisépales, fermés et concrescents en un ovaire à cinq loges, contenant chacune un seul ovule anatrope pendant, à raphé interne; il est terminé par un style unique à stigmate entier ou denté. Le fruit est une drupe. La graine renferme un petit embryon daiîs l’axe d’un albumen charnu.

Genres: Saccoglotte ( Saccoglotlis ), Ilumirie ( Iiumiria ), Yantanée [Vantaneci ).

I.es Ilumiriées se distinguent des Diptérocarpées par le défaut de stipules, le pistil pentamère, les carpelles uniovulés et le calice non accrescent.

Euphorbiacées. — La vaste famille des Euphorbiacées compte 200 genres, avec environ 3500 espèces, dont la grande majorité habitent la zone tropicale; le genre Euphorbe en renferme plus 700, les genres Croton et Phyllanthe chacun plus de 500. On en connaît 12 espèces fossiles provenant du terrain teritaire. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, des arbustes ou des arbres de port très divers, rarement aquatiques (Callitriche), à feuilles isolées, très rarement opposées (Callitriche, Euphorbe épurge, etc.), simples et souvent stipulées, parfois rudimentaires sur une tige charnue et verte, ce qui donne à la plante l’aspect d’une Cactée (Euphorbe brillante, E. splendide, etc.), ou concrescentes entre elles et avec le rameau qui les porte, d’où résultent des cladodes aplatis (Phyllantbes de la section Xylophylle) (voir p. 299). Tige et feuilles sont souvent traversées par ces articles laticifères indéfiniment rameux qui ont été étudiés à la page 620, figure 421.

Les fleurs sont régulières, unisexuées avec monœcie (Ricin, etc.) ou diœcie (Mercuriale, etc.), groupées en inflorescences terminales ou axillaires de forme très variée, par exemple en grappe de cymes (Ricin), en ombelle de cymes bipares, terminées par de petits capitules de cymes unipares héliçoïdes (Euphorbe, etc.). Quand il y a monœcie, les fleurs mâles et femelles sont souvent rapprochées dans la même inflorescence Ainsi, dans le Ricin, les cymes inférieures de chaque grappe sont mâles, les cymes supérieures femelles, et il y a souvent, entre les deux, des cymes mixtes où des fleurs mâles sont groupées autour d’une fleur femelle centrale. Cette dernière disposition est constante dans certains genres. La cyme s’y termine par une

Fig. 1076. — Diagramme de l’inflorescence monoïque de l'Euphorbe pèple(É,«pÂoi’bia Peplus) ; la pièce stipulaire antérieure de l’involucre gamophylle a avorté.

Page 1