EUPHORBIACÉES
Iporcs terminaux (Poranthère) ; les deux moitiés de l’anthère sont quelquefois séparées au-dessus de leur insertion sur le filet et enroulées en spirale (Acalyphe).
Le pistil se compose de carpelles fermés et concrescents en un ovaire pluriloculaire, renfermant dans chaque loge ordinairement un seul ovule anatrope pendant à raphé interne, plus rarement deux ovules pendants collatéraux (Phyllanthe, Bridélie, Calétie, etc.), quelquefois séparés par une |fausse cloison (Callitriche); l’ovule a souvent son micropyle coiffé d’une petite masse de tissu émanée du placente au-dessus de lui. L’ovaire est surmonté d’un style court, divisé en autant de branches que de carpelles, branches qui demeurent simples (Mercuriale, Calétie, Excécaire, etc.), se bifurquent (Euphorbe, llicin, Crolon, etc.) ou se ramifient (Acalyphe, etc.) ; ailleurs, le style est long (Hure, etc.), parfois même indivis (Dalechampie, etc.). Il y a rarement cinq carpelles épisépales (Payérie) ouépipélales (Wielandie), le plus souvent trois carpelles (fig. 1076 et 1077), rarement deux (Mercuriale, Callitriche) ou un seul (Érémocarpe, Crotonopse), parfois 6-9 (tlippomane) ou 10-20 (Hure).
Le fruit est ordinairement une capsule à la fois loculicide, septicide et septifrage, s’ouvrant avec élasticité, parfois même avec fracas (Hure crépitant), en laissant subsister une colonne centrale où s’attachent les graines; c’est rarement une drupe à trois noyaux (Bridélie, etc.) ou à un seul noyau pluriloculaire (tlippomane), une baie (Bischoffie) ou un létrakène (Callitriche). La graine, souvent munie d'une caroncule provenant de l’épaississement du tégument autour du micropyle, renferme un embryon à cotylédons ordinairement larges et foliacés, parfois très étroits (Ricinocarpe, Calétie, etc.), avec un abondant albumen charnu et oléagineux; quelquefois les cotylédons sont épais et la graine est dépourvue d’albumen (Cleistanlhe, Amane, Ilévée, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide ordinairement avec le plan de symétrie de la graine et du carpelle (Ricin, Croton, Jatrophe, etc.) ; quelquefois pourtant, il lui est perpendiculaire (Hure, Hippomane, Hyénanche, etc.).
Parmi les nombreux produits utiles provenant des Euphorbiacées, il faut ' citer : le caoutchouc, fourni par le latex de la Siphonie élastique et de plusieurs autres espèces de l’Amérique tropicale ; la gomme-résine de l’Euphorbe résinifère et la laque de l’Aleurite laccifère ; le latex vénéneux du Hure crépitant, de l’ilippomane mancenillier, de l'IIyénanche globuleux, etc., employé pour empoisonner les flèches de chasse ; le tournesol en drapeaux préparé avec le suc exprimé du Chrozophore tinctorial ; le tapioca extrait du rhizome féculent du Manioc utile et du M. alpi ; l’huile grasse et purgative de l’albumen des graines de l’Euphorbe épurge, du Ricin commun, du Jatrophe curcas, du Croton tigle, etc. ; le beurre du tégument des graines de la Stillingie sébifère ; des bois de construction (divers Excécaires, llippomanes, etc.) ; etc. Les genres peuvent être groupés en quatre tribus :
1. EuriioiiiiiÉES. — Carpelles uuiovulés, fleurs mâles mouandres groupées en cymes autour d’une fleur femelle centrale : Anthostcme ( Anthoslema ), Calycopèple ( Calyco peplus), Pédilanthe ( Pedilanütus ), Synadène ( Synadeniurn ), Euphorbe ( Euphorbia ).
2. CnoTONÉES. — Carpelles uuiovulés, fleurs mâles et femelles séparées : Ricin ( Hicinus) , Jatrophe ( Jalropha ), Manioc [Mani/tot), Chrozophore [Chrozophora), Hévée [llevca), Croton
DICOTYLÉDONES
(Croton), Cluytée ( Cluytea ), Mercuriale [Mercuriale), Acalyphe ( Acalrjpha ), Alchornée ( Alchornea ), Mallote (Mallotus), Macarauge ( Macaranga ), Ûalechampie ( Ualechampia ), Excécaire ( Excæcaria ), Sébastianie (Selastiania), etc.
C. Phyllanthées. — Carpelles biovnlés, sans fausse cloison : Bridélie ( Bridelia }, Cleistanthe (Cleistanthus) , Phyllantbe ( Phyllanthus ), Breynie (Breynia), Baccaurée (Baccaurea), Anlidesme (Antidesma), etc.
k. Cai.i.itrichées. — Carpelles biovulôs, avec fausse cloison : Callitriche ( Callitriche ).
Fig. 1070. — Diagramme des fleurs du Buis toujours-vert ( Duxus sempcrvirens) . A, fleur femelle; B , fleur mâle.
Par la constante unisexualité des fleurs, le fréquent avortement de la corolle, l’absence de calice et la réduction de l’androcée à une seule étamine dans plusieurs genres, la famille des Euphorbiacées se montre le représentant le plus dégradé du type méristémone à placentation axile.
Buxées. — Les Buxées comprennent 5 genres avec environ 30 espèces habitant les climats tempérés et chauds. Ce sont des arbustes (Buis, Sarcocoque, Simmondsie), des arbres (Stylocère) ou des herbes vivaces (Pachysandre), à feuilles isolées, rarement opposées (Buis), simples et sans stipules, à limbe entier, coriace et persistant. Les fleurs sont unisexuées monoïques, rarement dioïques (Simmondsie), groupées en grappes ou en épis, axillaires ou terminaux.
Le calice se compose de quatre (fleurs mâles), ou cinq sépales (fleurs femelles et fleur mâle de Simmondsie) (fig. 1079) ; il avorte quelquefois (fleur mâle de Stylocère); ia corolle manque toujours. L’androcée comprend soit deux verticiiles alternes (Simmondsie), soit un seul verticille épisépale (Buis, fig. 1079, B, Pachysandre, etc.), soit un grand nombre d’étamines, jusqu’à 30, provenant d’une ramification (Stylocère); les anthères sont ir.trorses à déhiscence longitudinale. Le pistil est formé de trois (Buis, fig. 1079, A, etc.) ou deux (Simmondsie) carpelles clos et concrescents, contenant dans chaque loge ordinairement deux ovules anatropes pendants à raphé externe, parfois séparés par une fausse cloison (Stylocère), rarement un seul ovule (Simmondsie).
Le fruit est une capsule loculicide (Buis, etc.), ou une baie (Sarcocoque), quelquefois une drupe (Stylocère). La graine a un albumen charnu et un embryon à larges cotylédons, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.
Genres : Buis ( Buxux ), Pachysandre ( Pachysandra ), Simmondsie ( Simmondsia ), Sarcocoque ( Sarcococca ), Stylocère ( Stylocera ).
Le Buis toujours-vert est recherché pour son bois homogène, précieux notamment pour le dessin et la gravure. Cette petite famille est très voisine des Euphorbiacées biovulées, dont elle diffère surtout par l’épinaslie de l’ovule.
Empêtrées. — Les Empêtrées ne comprennent que 3 genres, avec 4 espèces habitant l’hémisphère boréal. Ce sont de petits arbustes toujours verts, à port de Bruyère, à feuilles isolées et serrées, linéaires, simples et sans stipules. Les fleurs sont unisexuées dioïques (Corème, Gératiole) ou monoïques (Camarine), dimères (Cératiole) ou trimères (Camarine, fig. 1080), avec un seul verticille à l’androcée; les étamines, alternes avec les pétales, ont les anthères introrses
1080. — Diagramme de la fleur de la Camarine noire (Empetrum nigrurn ), supposée hermaphrodite.
CISTÉES.
|i quatre sacs s’ouvrant en long, avec le pollen en tétrades. Le pistil comprend 2 (Cératiole), 3 (Corème) ou 6-9 (Camarine, fig. 1080) carpelles clos, concrescents, contenant chacun un seul ovule ascendant, à raphé interne. Le fruit est une drupe à autant de noyaux que de loges. La graine a un albu- [men charnu avec un embryon droit à cotylédons très petits.
Genres : Camarine’ (Empelrum), Cératiole (Ceratiola), Corème ( Corema ).
Les affinités de ce petit groupe sont encore assez obscures; par l’unisexualité des fleurs, ilse rattache, d’une part, aux Euphorbiacées uniovulées, de l’autre et surtout, aux Buxées, qui présentent comme lui l’épinastie de l’ovule.
2° série. Placentation pariétale. — La seconde série des Dialypétales supérovariées du type méristémone se distingue de la première et des Malvacées elles-mêmes par la placentation habituellement pariétale ; elle comprend treize familles, qui sont les Cistées, Bixacées , Samydées, Passiflorées, Tamaricacées , Violacées, Droséracées, Sarracéniées, Népenthées , Résédacées, Crucifères, Capparidées et Papavéracées. Nous allons en tracer les principaux caractères.
Cistées. — Les Cistées ne comprennent que 4 genres, avec environ 60 espèces, habitant la plupart les lieux arides de la région tempérée de l’hémisphère boréal, principalement de la région méditerranéenne; on a rencontré 2 Cistes dans le tertiaire. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, ou des arbrisseaux, à feuilles opposées, rarement isolées, simples et ordinairement stipulées, à limbe entier. Les fleurs sont hermaphrodites régulières, solitaires (divers Cistes) ou en cymes unipares héliçoïdes (Hélianthème, Hudsonie, Léchée), pentamères ; dans les Léchées, il y a trimérie à partir de la corolle. Il y a quelquefois dimorphisme, avec fleurs cléistogames à corolle avortée et androcée appauvri (Hélianthème du Canada, H. aggloméré, etc.).
Les sépales sont égaux (la plupart des Cistes, fig. 1081, A); ou bien les deux extérieurs sont plus petits que les trois autres (Hélianthème, fig. 1081, B,
Léchée); ils avortent même quelquefois (Hélianthèmes de la section Halime, Cistes de la section Ladane). Les pétales tantôt alternent avec les sépales comme de règle (Ciste de Crête, etc.), tantôt leur sont superposés par suite d’un déplacement latéral (Ciste acutifolié, fig.
1081,4, etc.); ils avortent quelquefois (certaines Léchées). L’androcée comprend typiquement deux verticilles d’étamines alternes ; elles peuvent être toutes simples (Léchée thymifoliée), mais le plus souvent les épisépales se ramifient en autant de groupes d’étamines libres, pendant que les épipétales demeurent simples (Ciste,
Fig. 1081. — Diagramme floral : A, du Ciste aculifulié ( Cistus acutifolius) ; les placentes ne se joignent pas au centre, comme sur la figure. B, de l’Hélianthème vulgaire (Helianthemum vulgaré).
IGM
DICOTYLÉDONES
fig. 1081, A) ou avortent (Hélianthème, fig. 1081, Æ, lludsonie) ; les anthères sont introrses à quatre sacs et s’ouvrent par deux fentes longitudinales ; elles manquent quelquefois aux étamines externes, qui se réduisent à des filets stériles (Hélianthèmes de la section Pumane). Les carpelles sont ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux, couverts d’ovules orthotropes (fig. 1081) (Ciste, Hélianthème), ou seulement biovulés (lludsonie, Léchée); les ovules sont rarement semi-anatropes (Hélianthèmes de la section Fumane); l’ovaire est terminé par un style portant soit un stigmate globuleux ou discoïde (Ciste, Hélianthème), soit trois stigmates distincts (Léchée). Le nombre et la position des carpelles varient; il y en a cinq alternisépales (Ciste, fig. 1081, .4) ou trois, tantôt alternes avec les trois sépales internes (Léchée, lludsonie, Hélianthèmes de la section Fumane), tantôt superposés à ces sépales (autres Hélianthèmes, fig. 1081, B). Dans les Cistes, les placentes pariétaux proéminent souvent jusqu’au centre, de manière à fermer les carpelles et à cloisonner l’ovaire (fig. 1081, A).
Le fruit est une capsule à déhiscence dorsale ou loculicide. La graine a un albumen amylacé et un embryon ordinairement recourbé ou spiralé, rarement droit (Léchée), dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie de la graine.
Genres : Ciste ( Cistus ), Hélianthème ( Helianlhemum ), lludsonie (. Hudsonia ), Léchée ( Lechea ).
Les Cistées se rattachent aux Malvacées, dont elles diffèrent notamment par la placentation pariétale ; mais surtout elles se relient intimement à la famille suivante des Bixacées, dont elles ne se distinguent guère que par l’orthotropie des ovules.
Bixacées. — Les Bixacées renferment 33 genres, avec environ 240 espèces, habitant la zone tropicale. Ce sont des arbres ou des arbustes, parfois aromatiques (Canelle, Ginnamodendre, etc.) ou pourvus de laticifères en réseau (Papayer, Jacaratie), à feuilles isolées, simples, à limbe entier ou denté. Les fleurs sont régulières, parfois hermaphrodites (Rocouyer, etc.), fréquemment polygames ou dioïques par avortement (Flacourfie, Pange, Papayer, etc.), solitaires, en grappes ou en cymes (Canelle, Cinnamodendre, etc.).
Le calice a cinq (Rocouyer, fig. 1082, Cochlosperme, Papayer, etc.) ou trois (Carpotroche, Oncobe, Canelle, etc.) sépales libres, rarement concrescents dans toute la longueur en une coiffe caduque (Pange, etc.). La corolle a cinq (Rocouyer, Papayer, etc.) ou six (souvent dans les fleurs à calice trimère) pétales libres, parfois concrescents en tube (Cinnamosme, Papayer) ou munis d’appendices ligulaires formant couronne (Pange, Erblichie, etc.); elle avorte quelquefois (Flacourtie, Létie, Azare, Canelle, etc.). L’androcée a rarement deux verticilles alternes d’étamines (Létie, Papayer, etc.), dont les épipétales avortent quelquefois (Erylhrosperme, Bergsmie, Trichadénie, Turnère, etc.); le plus souvent, il possède un grand nombre d’étamines ordinairement libres (Rocouyer, fig. 1082, Carpotroche, etc.), parfois concrescentes (Canelle, etc.), provenantde la ramification de l'un oude l’autre de ces deux verticilles; lesétamines sont quelquefois concrescentes avec la corolle gamopétale (Papayer). Les anthères sont le plus souvent extrorses, à quatre sacs s’ouvrant par deux
SAMYDÉES.
Fig. 1082. — Diagramme delà fleur du Rocouyer orellane ( Bixa orellana ).
fentes longitudinales, rarement par des pores terminaux (Rocouyer, Cochlosperme, etc.), ou à deux sacs s’ouvrant par une seule fente longitudinale (Canelle, etc.). Le calice et la corolle (Wormskioldie), et parfois aussi l’androcée (Turnère, Erblichie), peuvent être concrescents en un tube au fond duquel se trouve le pistil. Le pistil se compose de deux carpelles médians (Rocouyer, fig. 1082, Mayne, etc.), de trois carpelles, dont un postérieur (Létie, Gochlosperme, Turnère, etc.), ou de cinq carpelles épisépales (Papayer), ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à plaçantes pariétaux couverts d’ovules anatropes hyponastes, terminé par un style divisé en autant de branches que de carpelles ; les placentes peuvent se prolonger jusqu’au centre en cloisonnant l’ovaire (Amoreuxie, Flacourtie, certains Cochlospermes) ; ils sont parfois uniovulés (Tricbadénie, Dovyale) ou biovulés (Canelle,. Cinnamosme).
Le fruit est ordinairement une baie, rarement une capsule à déhiscence dorsale (Rocouyer, Cochlosperme, Turnère, etc.). La graine, parfois munie d’un arille (Létie), renferme un albumen charnu et un embryon droit ou courbe, dont le plan médian tantôt coïncide avec le plan de symétrie du tégument (Rocouyer, Turnère, etc.), tantôt lui est perpendiculaire (Pange, etc.).
Les Bixacées donnent des bois utiles (Rocouyer, Pange, Azare, etc.) ; des fruits alimentaires, comme le Papayer et les Flacourties; des graines dont l’amande est comestible (Pange comestible), ou dont le tégument contient un principe colorant employé dans la teinture en jaune et en rouge, comme le Rocouyer et le Cochlosperme. Le latex du Papayer contient de la trypsine et exerce, en conséquence, sur la viande une remarquable action digestive, qui est utilisée dans les pays d’origine.
Les genres peuvent se grouper, comme il suit, en cinq tribus :
1. Bixées. — Étamines libres à quatre sacs, corolle: Rocouyer (Bira), Cochlosperme
(Cochlospermum)1Oncohe(Oncoba),Ca.i potroche (Carpotrocha), Pange (Pangium), Bergsruie (Brrgsmia), Ilydnocarpe ( Hi/dnocarpus ), etc.
2. Flacouutiées. — Etamines libres à quatre sacs, corolle nulle ou rudimentaire : Létie
(Lætià), Azare ( Azara ), Scolopie (Scolo/n'a), Erythrosperme ( Erythrospermum ), Flacourtie (Flacourtia), Xylosme ( Xylosma ), etc.
3. Canellées. — Etamines concrescentes entre elles, à deux sacs : Canelle ( Canella ), Cin-
namodendre ( Cinnamodendron ), etc.
4. Papayées. — Étamines concrescentes avec la corolle : Papayer ( Papaya ), Jacaratie
(Jacaralià).
5. Turnérées. — Calice, corolle et étamines concrescents en tube : Turnère ( Turnera ),
Erblichie' [Erblichia), Wormskioldie ( Wormskioldia ).
Les Bixacées se rattachent directement aux Malvacées, notamment aux Tiliées, et aux Ternstrémiacées, dont elles diffèrent surtout par la placentation pariétale. Leur étroite affinité avec les Cistées a été signalée plus haut.
Samydées. — Les Samydées comprennent 17 genres, avec environ 150 espèces, toutes tropicales ; on a trouvé 3 Samydes dans le tertiaire. Ce sont des arbustes ou des arbres à feuilles isolées distiques, rarement opposées ou verticillées (Abatie, etc.), simples, pourvues de petites stipules caduques ou sans stipules, à limbe quelquefois parsemé de poches sécrétrices (Samyde, etc.). Les
DICOTYLÉDONES
fleurs sont petites, régulières, hermaphrodites ou polygames, disposées en grappes, simples ou composées, en épis, etc. , souvent pentamères (Caséaire, etc.) ou tétramères (Tétrathylace), avec deux rangs d’étamines, parfois sur un type numérique plus élevé, 6-8 par exemple (Blackwellie) (fig. 1083).
Calice, corolle et androcée sont concrescents à la base en un tube plus ou moins long, tube qui est parfois constitué seulement par les deux premiers verticilles, les étamines demeurant libres à la base (Calantice). La corolle est parfois sépaloïde (Homale, etc.); elle manque assez souvent (Caséaire, Samyde, Abalie, etc.) et le calice est alors pétaloïde. Les étamines peuvent être toutes fertiles et simples, libres au-dessus du périanthe (Caséaire) ou concrescentes en tube (Samyde); ailleurs, les épisépales , , „ se réduisent à des staminodes (Blackwellie, Tétrathylace, etc.)
gramme de lu rieur x 1 J 7 1
iiexamère a un ou avortent (Calantice); ailleurs encore, les épipétales se rami- !!um)aIe ( Uoma~ fient en autant de groupes d'étamines alternes avec les staminodes (Homale, fig. 1083) ;ou bien les étamines des deux verticilles se ramifient toutes et les nombreuses étamines partielles qui en résultent se trouvent distribuées régulièrement tout autour de l’axe, sans interposition de staminodes (Banare, Kuhlie, etc.). Les anthères sont introrses, rarement extrorses (Calantice, Lunanie). Le pistil comprend quelquefois autant de carpelles que de sépales et alternes avec eux (Homale, fig. 1083), le plus souvent un nombre moindre, trois ou quatre ; ces carpelles sont ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux portant de nombreux ovules anatropes, quelquefois seulement un ou deux ovules ascendants (Eucérée), ou pendants (divers Homales) ; les styles sont rarement séparés (Osmélie, Calantice), le plus souvent concrescents en un style unique à stigmates distincts. Le pistil est ordinairement libre au fond du tube formé par l’union des verticilles externes, quelquefois concrescent avec ce tube dans la moitié de la longueur de l’ovaire, qui est semi-infère (Homale, Byrsanthe).
Le fruit est une baie (Samyde, Eucérée, Banare) ou une capsule loculicide (Caséaire, Abatie, Homale). La graine, parfois ailée (Abatie) ou cotonneuse (Calantice, Bivinie), a un albumen charnu avec un petit embryon droit à cotylédons plans.
Principaux genres : Caséaire ( Casearia ), Lunanie ( Lunania ), Samyde ( Samy da ), Banare ( Banara ), Abatie ( Abatia ), Homale ( Homalium ), etc.
Quelques .Samydées sont utiles par leur bois (Homale, etc.) ou par leurs feuilles comestibles (Caséaire comestible). On voit, par ce qui précède, combien ces plantes sont voisines des Bixacées; c’est aux Turnérées qu’elles se rattachent le plus directement par la concrescence des trois verticilles externes de la fleur; mais les Samydes se relient aussi aux Canellées, les Banares aux Azares, etc. Aussi pourrait-on tout aussi bien considérer les Samydées comme formant, dans les Bixacées, une sixième tribu, à la suite des Turnérées.
Passiflorces. — - Les Passiflorées renferment 16 genres, avec environ 230 espèces, tropicales ou subtropicales, croissant pour la plupart dans l’Amérique du Sud. Ce sont des arbustes ou des herbes de port divers, grimpant souvent à
PaSSIFLORÉES — TAMARICACÉES. 1617
l’aide de vrilles raméales (Passiflore, Modèce, Déidamie, Crossostemme, Tacsonie, etc.), à feuilles isolées, rarement opposées, simples, rarement composées (Gératiosice, etc.), stipulées (Passiflore, etc.) ou sans stipules (Malesherbie, etc.). Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, parfois unisexuées (Acharie, Modèce, Ophiocaule), solitaires, ou en grappes simples et composées, pentamères (fig. 1084), rarement tétramères(Acharie, Passiflores de la section Tétrapathée).
Le calice et la corolle sont concrescents à la base en une coupe, au bord de laquelle les pétales portent des appendices, eux-mêmes concrescents en forme de manchette frangée, souvent disposés en plusieurs cercles, et constituant une multiple couronne (fig. 1084), qui est parfois rudimentaire (Machade, certaines Modècus); les pétales peuvent demeurer unis en cloche audessus de la séparation du calice (Acharie), ou au, contraire, cesser à la gorge même du tube, de manière à paraître nuis (Tryphostemme, Passiflores de la section Cique, etc.). Au-dessus du périanthe, le pédicelle floral forme souvent un long entre-nœud qui porte, rapprochés au sommet, l’androcée et le pistil (Passiflore, etc.); ailleurs, il ne s’allonge pas, et les étamines sont insérées avec l’ovaire au fond du tube (Tryphostemme, etc.). L’androcée se compose de cinq étamines épisépales (Passiflore, fig. 1084 et fig. 250, p. 395, Malesherbie, etc.) ; plusieurs d’entre elles se dédoublent quelquefois et il y en a 8 (Déidamie), ou toutes se ramifient de manière à en produire 20 (Smeathmannie) ou davantage (Bartérie). Les anthères, parfois oscillantes (Passiflore, etc.), sont introrses à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil se compose de carpelles ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux, portant chacun un grand nombre d’ovules anatropes (fig. 1084), rarement un seul ovule (Basananthe); l’ovaire c st terminé par autant de styles libres (Passiflore, Malesherbie), par un style divisé en autant de branches (Deidamie, Basananthe) ou par un style indivis avec un stigmate entier (Bartérie, Crossostemme). Il y a rarement autant de carpelles que de sépales, et ils sont alors épipétales (certaines Smeathmannies, etc.); ordinairement le nombre des carpelles se réduit à trois, dont un postérieur (fig. 1084 et fig. 250).
Le fruit est une capsule à déhiscence dorsale (Malesherbie, Déidamie, Modèce, etc.) ou une baie (Passiflore, Tacsonie, etc.). La graine renferme un albumen charnu et un embryon droit à cotylédons foliacés, dont le plan médian est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument.
Principaux genres : Malesherbie ( Malesherbia ), Passiflore ( Passiflora ),
Tacsonie ( Tacsonia ), Déidamie ( Deidamia ), Modèce ( Modecca ), Acharie (Acharia), etc.
Les Passillorécs se relient très intimement aux Bixacées parles Samydées, q.ui les rattachent aux Turnérées et aux Papayées.
Tamaricacécs , — Les Tamaricacées renferment 5 genres, avec environ 40 espèces, croissant dans les régions tempérées et chaudes de l’hémisphère
VAN TIEGHEM, TRAITÉ, 2e ÉDITION. ■) Q2
Fig. 1084. — Diagramme de la fleur de la Passiflore villeuse (. Passiflora villosa).
DICOTYLÉDONES
boréal et de l’Afrique australe, la plupart sur les rivages maritimes. Ce sont des arbustes rarement des arbres ou des herbes vivaces à feuilles isolées, simples et sans stipules, petites, charnues, d’un vert bleuâtre. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, rarement dioïques (Tamaris dioïque), souvent très petites (Tamaris, Myricaire), parfois solitaires (Réaumurie), le plus souvent en grappes ou en épis simples ou composés.
Le calice est composé de cinq (fig. 1083), rarement de quatre(Tamaris tétrandre) sépales libres, la corolle d’autant de pétales libres (Tamaris, Myria caire, fig. 1083, Réaumurie) ou concres-
cents en tube (Fouquière). L'androcée, parfois trimère (Frankénie,flg. 1086), comprend soit un seul verticille d’étamines simples et libres, alternipétales (Tamaris), soit deux verticilles alternes d’étamines libres (Frankénie, fig. 1086) ou concrescentes en tube'(Myricaire, fig. 1083), soit un seul verticille d’étamines ramifiées en cinq phalanges épipétales (Réaumurie); les anthères, extrorses(Tamaris, Frankénie, fig. 1086) ou introrses (Myricaire, fig. 1083), ont quatre sacs ets’ouvrent par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose le plus souvent de trois, rarement de quatre ou cinq (divers Tamaris) carpelles ouverts, concrescents en un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux, libres (Myricaire, fig. 1083, Frankénie, fig. 1086) ou confluents en un placente basilaire (Tamaris), chargés d’ovules anatropes ; l’ovaire se termine par autant de styles libres (Tamaris, Frankénie) ou de stigmates sessiles (Myricaire).
Le fruit est une capsule loculicide. La graine porte des poils sur toute sa surface (Réaumurie, Hololachne), le long d’un anneau circulaire (Fouquière) ou seulement au sommet en forme d’aigrette (Tamaris, Myricaire). Elle renferme un embryon droit, tantôt sans albumen (Tamaris, Myricaire), tantôt avec un albumen amylacé (Frankénie, Réaumurie) ou charnu (Fouquière).
Les genres se groupent en quatre tribus :
ig. 1085. — Diagramme de la fleur de la Myricaire germanique ( Myricaria germanica).
Fig. 1086. — Diagramme de la fleur de la Frankénie pulvérulente ( Franke nia puluerulenta).
1 Tamaricées. — Pas d’albumen : Tamaris ( Tamarix ), Myricaire ( Myricaria ).
2. Réaumuriées. — Albumen amylacé, audrocée pentamère : Hololachne ( Hololachne )
Réaumurie (Reaumuria).
3. Frankéniées. — Albumen amylacé, androcée trimère : Frankénie ( Frankenia ).
4. Fouquiérées. — Albumen charnu, pétales concrescents : Fouquière ( Fouquiera ).
Violacées. — Les Violacées comprennent 21 genres avec environ 240 espèces répandues par toute la terre, les unes herbacées surtout dans les contrées tempérées, les autres ligneuses principalement dans la zone tropicale. Leurs feuilles sont isolées, simples, avec des stipules foliacées et persistantes dans les herbes, écailleuses et caduques dans les arbustes. Les fleurs sont hermaphrodites, pentamères, parfois dimorphes avec cléistogamie (voir p. 420), zygomorphes par suite du développement prédominant du côté inférieur (Violette, etc.) ou régulières (Alsodée, Sauvagésie, etc.), solitaires axillaires (Violette), ou disposées en grappes et en épis axillaires ou terminaux (Alsodée, Ionide), presque toujours munies de bractées propres.