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VIOLACÉES

Les cinq sépales sont libres, souvent persistants, parfois appendiculés à la base (Violette, fig. 1087, A). Les cinq pétales sont libres, rarement soudés en tube à la base (Gléosperme, Paypayrole), égaux (Alsodée, fig. 1087, B, Sauvagésie, etc.), ou inégaux, l’inférieur plus grand, dilaté en sac (Ionide) ou prolongé en éperon (Violette, fig. 1087, (A), les deux supérieurs plus petits, parfois rudimentaires (certains Ionides). Les pétales portent quelquefois à leur base des appendices ligulaires formant une couronne : ce sont tantôt cinq écailles, petites (Lavradie), parfois plus

Fig. 1087. — Diagramme floral : A, de la Violette canine (Viola canina) ; B, d’une Alsodée (Alsodeia) .

grandes et pétaloïdes (diverses Sauva gésies) ou concrescentes en tube autour des étamines (Lavradie), tantôt un grand nombre de filaments disposés en deux rangées (Schurmansie), tantôt à la fois de nombreux filaments en dehors et cinq écailles épipétales en dedans (la plupart des Sauvagésies), ces dernières quelquefois dédoublées et concrescentes avec les filets des étamines (Neckie). L’androcée comprend cinq

étamines épisépales libres, rarement soudées (Gléosperme, Paypayrole), à filets courts, à anthères introrses munies de quatre sacs s’ouvrant en long? les deux antérieures prolongées quelquefois en appendices nectarifères enfoncés dans l’éperon du pétale antérieur (Violette, fig. 1087 et fig. 300, p. 344), appendices qui peuvent se développer aussi sur les étamines latérales (Corynostyle). Le pistil se compose ordinairement de trois, rarement de deux (Hyménantbère) ou de quatre à cinq (Mélicyte) carpelles ouverts, concrescents en un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux (fig. 1087), portant un grand nombre d’ovules anatropes, rarement un ou deux ovules seulement (Hyménanthère, diverses Alsodées); cet ovaire est terminé par un style unique avec un stigmate en tête (Violette, fig. 249, p. 393, et fig. 300, p. 344, etc.), rarement trilobé (Schweiggérie).

Le fruit est une capsule à déhiscence dorsale (Violette, Alsodée, etc.) ou suturale (Sauvagésie, etc.), rarement une baie (Léonie, Mélicyte, etc,) ; dans l’Anchiétée, l’ovaire s’ouvre bien avant la maturité, et les graines mûrissent à l’air libre. La graine a un albumen charnu et un petit embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.

D’après la conformation de la corolle et le mode de déhiscence du fruit, les genres se groupent en trois tribus:

1. Violées. — Corolle zygomorphe : Corynostyle (Corynostylis), Violette (Viola), Ionide

( lonidium ), etc.

2. Alsodeikes — Corolle régulière, sans couronne, capsule à déhiscence dorsale : Pay-

payrole ( Paypayrola ), Alsodée (Alsodeia), Mélicyte ( Melicytus ), Hyménanthère ( Hyme nanthera ), etc.

3. Sauvagésiêes. — Corolle régulière, avec couronne, capsule à déhiscence suturale : Sau-

vagésie ( Sauvagesia ), Lavradie ( Lavradia ), Neckie (Mec/cia), etc.

Par ses genres à corolle régulière, la famille des Violacées se rattache intimement aux Bixacées isostémones, dont elle diffère surtout par l’indépendance des trois verticilles externes de la fleur; par eux elle se relie aux Cislées,

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dont elle se distingue notamment par l’anatropie de l’ovule; eufin, parles Sauvagésiées, elle se rapproche des Frankéniées.

Droséracées. — Les Droséracées comprennent 6 genres avec environ 110 espèces, dont 100 pour le seul genre Rossolis, répandues dans toutes les régions tempérées et tropicales du globe. Ce sont des herbes vivaces, rarement des arbrisseaux, vivant la plupart dans les marécages, notamment dans les tourbières, à feuilles spiralées, disposées en rosette et souvent hérissées soit de lobes filiformes irritables (Rossolis, voir p. 329, fig. 139), soit de poils excitables (Aldrovandie, Dionée, fig. 138), sécrétant un suc qui paraît doué de propriétés digestives (p. 340). Les fleurs sont solitaires axillaires (Aldrovandie) ou disposées en grappes (Roridule), grappes d’ombelles (Dionée) ou cymes unipares héliçoides (Rossolis), avec une bractée latérale (Rossolis) ou sans bractée (Aldrovandie). Elles sont hermaphrodites régulières (fig. 1088), parfois tétramères (Rossolis de la section Bryastre).

L’androcée est ordinairement formé de cinq étamines à anthères extrorses (fig. 1088), munies de quatre sacs s’ouvrant par deux fentes longitudinales, rarement par des pores terminaux (Roridule, Biblyde); mais il compte quelquefois 10 à 20 étamines, par suite d'un dédoublement (Dionée, Drosophylle). Le pistil subit des variations plus étendues : il y a 2 (Biblyde), 3 (la plupart des Rossolis, fig. 1088), 4(Rossolis de la section Bryastre), ou S (Aldrovandie, Dionée, Drosopbylle, Rossolis de la section Thélocalice) carpelles concrescents, terminés par des styles soudés (Dionée, Roridule, Biblyde) ou libres (Rossolis, Aldrovandie, Drosophylle), simples (Aldrovandie) ou bifurqués (Rossolis, fig. 1088). Ces carpelles sont ordinairement ouverts et l’ovaire uniloculaire qui en résulte est pourvu soit d'autant de placentes pariétaux (Rossolis, fig. 1088, Aldrovandie), soit d’un gros placente basilaire (Dionée, Drosophylle), chargés d’ovules anatropes ; ils sont quelquefois fermés et portent dans l’angle interne de chaque loge soit un grand nombre d’ovules (Biblyde), soit seulement un ou deux ovules pendants (Roridule).

Le fruit est une capsule à déhiscence dorsale ou loculicide. La graine renferme un albumen charnu, avec un petit embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie de la graine.

Genres : Rossolis ( Drosera ), Aldrovandie ( Aldrovandia ), Dionée ( DionæaJ , Drosophylle (Drosophyllum), Roridule ( Roridula J, Biblyde (Biblys).

Sarracéniées. — Les Sarracéniées ne comprennent que 3 genres avec 10 espèces, toutes américaines. Ce sont des herbes marécageuses, à feuilles disposées en rosette et dépourvues de stipules; le pétiole, souvent ailé sur sa face ventrale, est creusé en tube ou en amphore, et constitue une ascidie (p. 315), munie sur sa face interne de poils qui sécrètent un suc doué de propriétés digestives; il porte un petit limbe entier ou bifurqué (Darlingtonie), tantôt dressé (Sarracénie pourpre, S. rouge), tantôt rabattu en avant en forme de couvercle sur l’ouverture de l’ascidie (S. perroquet, S. variolaire) ; de là, un appareil propre à attirer, à prendre et à digérer les insectes.

Fig. 1088. — Diagramme de la fleur du Rossolis rotondifolié ( Drosera rotundi folia).

SARRACÉNIÉES — NÉPENTHÉES.

Fig. 108P. — Diagramme de la fleur de la Sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea).

Les fleurs sont hermaphrodites régulières, pentamères (fig. 1089) ; elles sont tantôt solitaires terminales avec trois bractées formant involucre (Sarracénie) ou de petites bractées isolées le long du pédicelle (Darlingtonie), tantôt disposées en grappe terminale pau- o

ciflore (Héliamphore). L’Héliamphore n’a que quatre sépales et la corolle y avorte. Les étamines, dont il y a au moins 15 superposées trois par trois aux pétales (Darlingtonie), ordinairement un plus grand nombre provenant d'une ramification plus abondante (Sarracénie, fig. 1089,

Héliamphore), sont libres, à anthères oscillantes, introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil a ses carpelles fermés concrescents en un ovaire à cinq loges portant chacune de nombreux ovules anatropes ; le style unique se termine en tête (Héliamphore), en cinq branches enroulées (Darlingtonie) ou en un toit élargi (Sarracénie); il n’y a que trois carpelles dans l’Héliamphore.

Le fruit est une capsule loculicide. La graine contient un albumen charnu, avec un pelit embryon droit dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.)

Genres : Sarracénie ( Sarracmia ), Darlingtonie ( Darlingtonia ), Héliamphore ( Heliamphora ).

Les affinités des Sarracéniées sont assez obscures ; malgré leur placentation axile, on les place à côté des Droséracées, dont elles ont le mode de végétation.

îMépenthées. — Les Népenthées sont formées par le seul genre Népenthe (IVe^enlhes), dont les 30 espèces tropicales habitent pour la plupart les îles de la Malaisie. Ce sont des arbrisseaux grimpants, dont le parenchyme est rempli de grandes cellules spiralées, comme il a été dit à la page 753. Leurs feuilles, dépourvues de stipules, ont le pétiole dilaté en aile à la base, puis aminci et enroulé en vrille, et enfin creusé dans sa région terminale en forme de tube ou de cruche dressée, de manière à former une ascidie, dont la paroi interne est tapissée de poils qui sécrètent un liquide doué de propriétés digestives (voir p. 315, fig. 129); leur limbe se réduit à un petit couvercle, qui peut se rabattre sur l’orifice de l’urne.

Les fleurs sont petites, dioïques, régulières, disposées en grappes simples ou composées de cymes unipares hélicoïdes. Le calice est formé de quatre sépales (fig. 1090), et la corolle est avortée, comme dans l’Héliamphore. 11 y a 4 à 16 étamines concrescentes en colonne, à anthères extrorses s’ouvrant en long (fig. 1090, A). Le pistil est forméde quatre carpelles fermés, concrescents en un ovaire quadriloculaire portant à l’angle interne de chaque loge un grand nombre d’ovules anatropes et terminé par un stigmate sessile discoïde (fig. 1090, /}).

Le fruit est une capsule loculicide. La graine, dont le tégument membraneux est souvent ailé, renferme un albumen charnu et un petit embryon droit,

Fig. 1090. — Diagramme des fleurs du Népenthe distillateur (Nepenthés distillatoria ). A, fleur mâle ; Æ, fleur femelle.

DICOTYLÉDONES

dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.

Les affinités des Népenthes sont difficiles à préciser; on peut les rapprocher des Sarracéniées apétales, et, par elles, des Droséracées ; par les Droséracées, ils se relient ensuite aux autres Dialypétales supérovariées méristémones à placentation pariétale.

Rés^dacées. — Les Résédacées ne comprennent que 6 genres, avec environ 30 espèces habitant la plupart le midi de l’Europe, le nord de l’Afrique, la Syrie, l’Asie mineure et la Perse. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement des arbrisseaux (Ochradène, Randonie), à feuilles isolées, entières ou diversement découpées, pourvues de petites stipules glanduleuses. Dans le Résède lutéole, vulgairement Gaude, l’appareil végétatif renferme une substance colorante jaune, employée en teinture. Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes par suite du développement prédominant du côté supérieur (fig. 1091), disposées en grappes ou en épis terminaux à l’aisselle de bractées stipulées, mais dépourvues de bractées propres.

Le calice est formé de cinq (Oligomère, Résède blanc, Astrocarpe sésa-

quand il y en a cinq, le postérieur est plus petit que les autres (Astrocarpe), ou tout à fait avorté /Résède lutéole). La corolle, isomère et alterne avec le calice, à ses pétales divisés en franges, au-dessus desquelles leur base élargie se prolonge en une sorte de ligule (fig. 1092) ; les postérieurs sont plus développés que les autres et leurs franges plus nombreuses, ce qui rend la fleur zygomorphe. Ils sont libres, les deux postérieurs parfois concrescents (Résède lutéole, Oligomère subulé) ; on voit avorter quelquefois les trois pétales antérieurs (Oligomère) ou même la corolle tout entière (Ochradène). Entre la corolle et l'androcée, le parenchyme du pédicelle se renfle en un disque nectarifère, peu saillant en avant, très relevé en arrière en forme d’écaille concave, ce qui augmente encore la zygomorphie de la fleur; ce disque fait défaut dans l’Oligomère. L'androcée comprend un nombre assez variable d’étamines libres, égales, à anthères introrses, munies de quatre sacs et s’ou vrant en long (fig. 1091); on en compte ordinairement dix à vingt, rarement trois (Oligomère subulé, etc.). Dans la Randonie, le calice, la corolle et l’androcée sont concrescents en coupe à la base. Le pistil est formé de deux (Randonie), trois (Ochradène, Résède, fig. 1091, /?), quatre (Oligomère), cinq ou six carpelles (Caylusée, Astrocarpe), ordinairement onverts et concrescents en un ovaire uniloculaire, à placentes pariétaux chargés d’ovules campylo-

moïde, fig. 1091, A)

Fig. 1091. Diagramme floral: A , de l’Astrocarpe sésamoïde ( Astrocarpus sesamoides) ; B, du Résède odorant ( Réséda odorata ).

Fig. 1092. — Un pétale de Résède odorant.

les deux extérieurs (Astrocarpe) ou les trois intérieurs (Oligomère) sont concrescents à la base;

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