‹ Traité de botaniqueChapitre 183 sur 218 · CAPPARIDÉES · texte numérisé non relu

CAPPARIDÉES

g. 1098. — Diagramme de la fleur du Cléome épineux (Cleome spinosa).

posées, parfois munies de stipules épineuses (Câprier). Les fleurs sont hermaphrodites, rarement dioïques (Apophylle), régulières ou zygomorphes, tantôt solitaires à l'aisselle des feuilles (Câprier épineux, Cladostème), tantôt disposées en grappes simples terminales (Cléome, etc.) ou en ombelles (Apophylle, Câprier, Breynie, etc.), à l'aisselle de bractées qui avortent quelquefois (Cléome des marais, Cl. en arbre, etc.); elles peuvent être munies de deux petites bractées latérales (divers Cléornes, etc.), souvent atrophiées. L’organisation florale ressemble beaucoup à celle des Crucifères et s’exprime par la formule générale:

F~ 48 + 4P + 2L + 2 X 2E' + (2C°); l’orientation des par ties est aussi la même (fig. 1098).

Les quatre sépales sont le plus souvent libres, parfois concrescents jusqu’à mi-hauteur (Mérue, Câpriers de la section Beautempsie), ou même dans toute leur longueur en une sorte de coiffe, qui, à l’épanouissement, se déchire irrégulièrement (Stériphome), en quatre valves (Morisonie), ou par une fente circulaire détachant un couvercle (Thylache).

Les quatre pétales sont tou jours libres, ggaux,ou bienlesantérieurs plus grands (Stériphome), plus petits (Cristatelle, Cladostème, etc. ) ou nuis (certains Cadabes), ce qui rend la fleur zygomorphe; parfois même, ils avortent tous (Thylache, Boscie, Roydsie, divers Mérues, Cadabes, etc.). En général indépendante du calice, la corolle s’y unit quelquefois en un long tube (Mérue). Les étamines, qui peuvent être séparées du périanthe par un long entre-nœud (Gynandropse, Mérue), sont libres, à anthères introrses s’ouvrant par deux fentes longitudinales; elles varient en nombre et en fertilité. Il y en a tantôt quatre épisépales, toutes fertiles (Cléome tétrandre, etc.), ou l’antérieure seule fertile et les trois autres stériles (Daclylène); tantôt six, disposées comme dans les Crucifères, mais de même longueur, toutes fertiles (fsoméride, Cléomelle, certains Cléomes, fig. 1078, etc.), ou les deux postérieures réduites à des staminodes et les deux antérieures plus grandes (Dianthère) ; tantôt un plus grand nombre, parce que les médianes se dédoublent en plus de deux (Physostème, Polanisie ebrysanthe, etc.), ou parce que les latérales se dédoublent comme les médianes (Polanisie puante, Câprier, etc.). Le pistil est ordinairement séparé de l’androcée par un entre-nœud plus ou moins long (fig. 1099), pouvant mesurer jusqu’à trente centimètres (Cléome longipède), quelquefois concrescent avec les filets des étamines (Rœpérie, Cladostème); il se compose de deux carpelles latéraux, ouverts et concrescents en un ovaire à deux plaçantes pariétaux couverts d'ovules anatropes, toujours dépourvu de la fausse cloison qu'il prend chez les Crucifères, et surmonté d’un style court avec un stigmate globuleux ; l’un des deux plaçantes est parfois seul fertile et uniovulé (Apophylle). Le pistil peut comprendre plus de deux, jusqu’à 10 et 12 carpelles, avec autant de placentes pariétaux, quelquefois unis par de

Fig. 1099. — Pistil de Câprier ( Capparis ), séparé de l’andtocée par un long entrenœud, ou gynophore.

DICOTYLÉDONES

fausses cloisons transversales (Stériphome, Câprier avicennifolié) ou proéminant jusqu’à se rencontrer au centre de l’ovaire en forme de cloisons toutes couvertes d’ovules (Câprier épineux).

Avec deux carpelles, le fruit est une silique (Cléome, etc.\ ou une silicule (Cléomelle); quand les carpelles sont plus nombreux, c’est une baie, rarement une drupe (Roydsie). La graine, dépourvue d’albumen, rarement munie d’un albumen assez abondant (Tovarie), renferme un embryon courbe à cotylédons plans (Cléome, etc.) ou plissés (Câprier, etc.), toujours incombants, danslequc1 la tigelle est séparée des cotylédons par un repli du tégument, comme dans les Résédacées, au lieu de les toucher directement comme dans les Crucifères; le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie de la graine.

Les Capparidées ont des propriétés antiscorbutiques analogues à celles des Crucifères. Les jeunes boutons du Câprier épineux, etc., ou câpres, sont employés comme condiment; les feuilles de certains Cléomes (Cl. pentaphylle, etc.) sont comestibles comme celles du Cresson et leurs graines servent aux mêmes usages que celles de la Moutarde.

D’après la constitution de l’ovaire et la nature du fruit, les genres se groupent en deux tribus, dont la premières rapproche des Crucifères beaucoup plus que la seconde ;

1. Clkomées. — Herbes à silique : Cléome ( Cleome ), Dactylène ( Dactijlæna ), Isoméride

( Isomeris ), Polauisie ( Polanisia ), Gynandropse (Gi/nandropsis), etc.

2. Cappahéf.s. — Arbustes ou arbres à baie ou à drupe : Câprier ( Capparis ), Thylache

( Thijlachium ), Niebuhrie [Niebuhria), Mérue ( Mærua ), Cadabe (Cadaba), etc.

Les Capparidées, comme on voit, se rattachent directement aux Crucifères, dont les Cléomées ne diffèrent que par l'androcée, l’absence de fausse cloison dans l’ovaire et la fréquente zygomorphie de la fleur.

Papavéracées. — Les Papavéracées renferment 24 genres, avec environ 160 espèces, vivant la plupart dans les régions tempérées subtropicales de l’hémisphère boréal. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, souvent d’un vert glauque, quelquefois grimpant à l’aide des feuilles (Fumeterre, Corydalle) ou munies d’un rhizome tuberculeux (Corydalle), rarement des plantes ligneuses (Dcndromèce, Bocconie frutescente) ; elles sont fréquemment pourvues de cellules laticifères, isolées (Sanguinaire, Glaucière, etc.), en files fusionnées (Chélidoine, voir p. 623, fig. 423) ou anastomosées en réseau (Pavot, etc.), à latex blanc (Pavot, etc.), jaune (Chélidoine, etc.) ou rouge (Sanguinaire); d'autres genres sont entièrement dépourvus de ces cellules laticifères (Fumeterre, Corydalle, etc.). Leurs feuilles sont isolées, sans stipules, simples ou composées. Les fleurs sont hermaphrodites, régulières (Chélidoine, etc.) ou zygomorphes (Fumeterre, etc.), solitaires terminales (Pavot, etc.) ou diversement groupées en grappes (Bocconie, Fumeterre, Corydalle, etc.), ombelles (Chélidoine), cymes bipares avec tendance héliçoïde (Glaucière, Hypécon, etc.), avec ou sans bractées latérales. L’organisation florale peut s’exprimer par la formule : F := 2S -f- 2P -f- 2P' 4- oo E + (2C°) et par le diagramme de la figure 1 100.

Le calice est formé de deux sépales médians, libres, très caducs, rarement de trois (Argémone, Piatystème, Platystigme, Romnée) ; il sont quelquefois concrescents dans toute leur longueur et se détachent circulairement à la base,

PAPAVÉÏUCÉES.

à la façon d’un éteignoir (Escholtzie). La corolle comprend quatre pétales libres en deux paires alternes avec le calice (fig. 1100, A), ou six en deux verticilles (quand le calice est ternaire) (fig. 1100, B), rarement 8-12 par dédoublement avec calice binaire (Sanguinaire); elle avorte parfois (Bocconie). Les deux paires de pétales sont semblables (fig. 1100) (Pavot, etc.), ou dissemblables, l’externe

, , ! 1.' Fig.1100. — Diagramme floral : A, de la Glaucière jaune (Glau-

ayant S6S deux pétales latéraux cium /lavum) ; B, du Platystème de Californie ( Platystemon

dilatés en sac à la base (Dicen- cal,f°' mcum) ■

tre, Adlumie)ou seulement un de ses pétales prolongé en éperon (Fumeterrc, Corydalle, fig. 1101), ce qui rend la fleur transversalement zygomorphe. L’androcée est constitué sur deux types différents. Tantôt, il comprend un grand nombre d’étamines, simples et libres, à anthères munies de quatre sacs polliniques et s’ouvrant en dehors ou latéralement par deux fentes longitudinales (Chélidoine, Pavot, etc.) (fig. 1100) ; ces étamines sont disposées en verlicilles, soit sans ordre appréciable (Pavot, etc.), soit par trois (Chélidoine) ou par trois rangées verticales de trois (Escholtzie) devant chaque pétale; leur nombre peut descendre à 6-9 (Canbye). Tantôt, il est formé de deux verticilles binaires, dont le supérieur, qui est médian, avorte, tandis que l’inférieur, qui est latéral, ramifie chacune de ses étamines en trois : la branche médiane porte sur son filet une anthère extrorse à quatre sacs, les deux latérales une anthère extrorse à deux sacs (fig. 1001). Ces trois étamines partielles sont libres (Dicentre du Canada), ou unies en bas jusqu’à une assez grande hauteur(Fumeterre,

Corydalle, etc-), ou encore libres à la base et soudées plus haut (Dicentre remarquable) ; dans l’Hypécon, les deux étamines à deux sacs se séparent de la médiane, convergent en avant et en arrière et s’unissent dans le plan médian en donnant l’illusion d’une paire d’étamines antéro-postérieures à quatre sacs. Dans l’Escholtzie, le calice, la corolle et l’androcée sont concrescents en une coupe, au fond de laquelle est inséré le pistil.

Le pistil se compose ordinairement de deux carpelles latéraux, alternisépales, ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire, à deux placentes pariétaux chargés d’ovules analropes épinasles (fig. 1100, A et 1101) ; cet ovaire est surmonté d’un style court, muni de deux stigmates qui correspondent soit aux dos des carpelles (Fumeterre, etc.), soit aux placentes (Chélidoine, etc.), ou de quatre stigmates correspondant deux aux dos des carpelles, deux aux placentes (Escholtzie). Il se fait quelquefois, comme chez les Crucifères, mais plus tardivement, une fausse cloison entre les placentes (Glaucière) ; quelquefois aussi un seul des deux placentes produit un unique ovule dressé (Fumeterre, certaines Bocconies). Quand le cali»e et la corolle sont trimères, le pistil a trois carpelles alternisépales au lieu de deux (Platystigme). Ailleurs, que

Fig. 1101. — Diagramme • de la fleur du Corydalle creux (Corydallis cava).

DICOTYLÉDONES

Je périanthe soit dimère (Pavot, etc.) ou trimère (Platystème, fig. 1100, fi, etc.), le nombre des carpelles est plus grand : 4 (Méconopse de Cambrie, Pavot argémone), 7-8 (Pavot douteux), 9-12 (Pavot coquelicot), 7-15 (Pavot somnifère), etc. Dans ce dernier cas, les placentes proéminent beaucoup vers le centre et sont couverts d’ovules dans toute leur largeur; ils peuvent même arriver à se toucher dans l’axe en cloisonnant l’ovaire (Eomnée) ; alors aussi, les stigmates sont superposés tantôt aux carpelles (Platystigme, Platystème, Romnée), tantôt aux placentes (Pavot, etc.).

Avec deux carpelles, le fruit est ordinairement une silique s’ouvrantde bas en haut, comme dans les Crucifères et les Capparidées (Ghélidoine) ou de haut en bas (Glaucière), quelquefois indéhiscente, partagée par défaussés cloisons entre les graines et se rompant en akènes (Ilypécon) ; c’est parfois une capsule à déhiscence simplement suturale et dont les deux valves portent les graines sur leurs bords (Eschollzie, Dendromèce, Hunnemannie ) ; c’est rarement une drupe sèche (Fumeterre). Avec plus de deux carpelles, la capsule s’ouvre de même ordinairement de haut en bas de chaque côté des placentes, tantôt très peu, ne laissant qu’un petit orifice triangulaire pour la sortie des graines (Pavot), tantôt jusque vers le tiers (Argémose) ou la moitié (Arctomèce) de la hauteur, tantôt jusqu’à la base en laissant en place une sorte de lanterne formée par les placentes ( Canbye, Stylophore ). Chez les Platystème, Platystigme et Romnée, la déhiscence de la capsule est simplement suturale ; dans le premier genre, les carpelles se ferment complètement à la maturité et se divisent entre les graines par des cloisons transversales ; après quoi, ils se séparent d’abord l’un de l’autre en manière de follicules, puis se fragmentent chacun en akènes. La graine, dont le raphé se dilate quelquefois en crête (Chélidoine, Sanguinaire), contient un albumen charnu oléagineux et un petit embryon droit ou courbe, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument. C’est de l’albumen du Pavot somnifère (variété à graines noires) que l’on extrait l’huile dite d 'œillette, tandis que le latex concrété de cette même plante (variété à graines blanches) est l’opium.

D’après la constitution de la corolle et de l’androcée, les genres se groupent en deux tribus :

1. Papavérées. — Ordinairement latex, pétales semblables, nombreuses étamines :

Platystème ( Platystemon ), Pavot ( Papaver ), Argémone ( Argemone ), Sanguinaire ( San quinaria), Bocconie ( Bocconia ), Glaucière ( Glaucium ), Chélidoine (Chelidonium), Escholtzie ( Eschholtzia ), etc.

2. Fumariées. — Pas de latex, pétales dissemblables, deux étamines trifurquées : Hypécon

(. lltjpecoum ), Dicentre ( Dicentra ), Corydalle ( Corydaliis ), Fumeterre ( Fumaria ), etc.

Les Papavéracées sont une famille bien distincte, qui se relie à la fois aux Capparidées et aux Crucifères par la structure du pistil, aux Berbéridées par la double corolle dimère ou trimère.

Résumé des Dialypétales supérovariées du type méristémone. — En résumé, et à part les exceptions, les vingt-cinq familles de l’ordre des Dialypétales supérovariées qui se rattachent au type méristémone peuvent être distinguées, entre elles et des Malvacées qui ont servi de point de départ, comme l’indique le tableau suivant :

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