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DICOTYLÉDONES
Géraniacées.
Appareil végétatif. — Les Géraniacées sont des herbes annuelles ou vivaces, grimpant parfois à l’aide des feuilles (Capucine, fig. 127, p. 314), à rhizome quelquefois tuberculeux (Oxalide, Capucine) ; ce sont aussi des arbrisseaux (Pélargone, etc.), rarement des arbres (Carambolier, Connaropse, etc.). Les feuilles y sont isolées ou opposées, simples (Géraine, etc.) ou composées (Oxalide, Carambolier, fig. 134, p. 323, etc.), souvent stipulées, à limbe fréquemment palminerve et diversement découpé, rarement entier. Les racines ont parfois un réseau de soutien dans leur assise subéreuse (Géraine, Pélargone, etc.) (p. 678).
Fleur. — Les fleurs sont hermaphrodites, ordinairement régulières, parfois zygomorphes par rapport au plan médian (Pélargone, Capucine, Impatiente, etc.), solitaires à l’aisselle des feuilles (Capucine, Limnanthe, Oxalide, etc.) ou diversement groupées, souvent en cymes bipares ou unipares héliçoïdes disposées en ombelle (Géraine, Pélargone, etc.). La fleur est pentamère, avec deux verticilles alternes d’étamines simples, et son organisation s’exprime par la formule F=;5S + 5P + 5E+ 5E' + (5C); elle est quelquefois trimère (Flœrkée).
Le calice est formé de cinq sépales, dont un postérieur, égaux (Géraine,
fig. 1102, A, Oxalide, etc.) ou dont le postérieur plus développé se prolonge en éperon Pélargone, fig.
1102, B , Capucine, fig. 1103 et fig. 166, p. 361, Impatiente), tandis que les deux
[- antérieurs plus " petits devien nent parfois rudimentaires (Impatiente glanduligère), ou même avortent complètement (I. ne-touchez-pas, Balsamine, etc.) ; ils sont quelquefois pétaloïdes (Capucine, Impatiente). La corolle se compose de cinq pétales alternes avec les sépales, égaux (Géraine, Oxalide, etc.) ou inégaux; dans ce dernier cas, tantôt ce sont les deux postérieurs qui se développent davantage, tandis que l’antérieur (Pélargone) ou les trois antérieurs (Capucine) sont plus petits, et même avortent tout à fait (Capucine pentaphylle) ; tantôt c’est au contraire le pétale antérieur qui est beaucoup plus grand et autrement conformé que les autres, qui demeurent libres (Ilydrocère) ou sont concrescents deux par deux (Impatiente); enfin, la corolle peut avorter tout entière (Rhyncholhèce). Entre la corolle et l’androcée, le réceptacle produit quelquefois cinq nectaires
Fig. 1102. — Diagramme floral : A, du Géraine sanguin ( Géranium sanguineum) ; B, du Pélargone zonal ( Pélargonium zonale ).
Fig. 1103. — Diagram de Ja fleur de la Caj cine grande (Tropa lum majus ).
GERANIACEES.
d'Oxalide
alternipétales (Géraine, Érode, Biebersteinie, Yivianie, Limnanthe, etc.). L’androcée comprend typiquement dix étamines en deux verticilles alternes, souvent toutes fertiles (Géraine, fig. 1102, A , Limnanthe, Oxalide, etc.); les étamines épipétales se réduisent parfois à leurs filets (Érode, Carambolier vrai), ou bien les trois inférieures avortent complètement (Pélargone, fig. 1102, B), ou bien elles avortent toutes complètement (Impatiente) ; ailleurs, l’épipétale inférieure et l’épisépale supérieure avortent et il y a huit étamines fertiles (Capucine, fig. 1103); ailleurs, au contraire, les épipétales se dédoublent, ce qui porte à quinze le nombre des étamines, qui en même temps s’unissent en cinq faisceaux épisépales (Monsonie, Sarcocaule, Hypséocharide). Les filets sont libres, parfois concrescents à la base (Géraine, Impatiente, etc.) ou dans une plus ou moins grande longueur en forme de tube (Oxalide, fig.
1104); les anthères introrses, oscillantes (Géraine, Oxalide,
Limnanthe, etc.) ou basifixes (Balbisie, Impatiente, etc.), quelquefois confluentes en tube autour du stigmate (Impatiente), ont quatre sacs et s'ouvrent par deux fentes longitudinales. Calice, corolle et androcée sont parfois concrescents en coupe à la base (Capucine). Le pistil se compose ordinairement de cinq carpelles épipétales (Géraine, fig. 1102, A, Oxalide, etc.) ou épisépales (Coriaire, fig. 1103), fermés et concrescents en un ovaire à cinq loges, renfermant chacune soit un grand nombre d’ovules anatropes descendants à raphé interne (Oxalide,
Impatiente, etc.), soit deux ovules pendants à raphé interne, dont un seul se développe en graine (Géraine, etc.), soit un seul ovule, tantôt pendant, à raphé interne (Capucine, Biebersteinie) ou externe (Coriaire), tantôt ascendant à raphé interne (Limnanthe, Flœrkée) ; les ovules sont donc épinastes dans les Limnanthe, Flœrkée et Coriaire, hyponastes dans la grande majorité des cas. Il n’y a parfois que trois carpelles, dont un postérieur (Capucine, Vivianie,
Wendtie). Lesstyles peuvent être libres, terminaux (Oxalide,
Coriaire, etc.) ou gynobasiques (Biebersteinie), et cetle indépendance peut s’étendre à la région ovarienne des carpelles, qui sont alors complètement séparés (Eichlérie, Coriaire, fig. 1105); mais le plus souvent, ils sont concrescents en un style plus ou moins long, divisé en cinq branches (Géraine, etc.) ou terminé par un stigmate lobé (Impatiente, Capucine, etc.), parfois gynobasique (Limnanthe, Flœrkée).
Fruit et graine. — Le fruit est une capsule loculicide (Oxalide, Balbisie, Vivianie, etc.), s’ouvrant parfois avec élasticité (Impatiente), ou une capsule septilrage à cinq valves soulevées par autant de lanières provenant du style accru et divisé, lanières qui se recourbent vers le haut (Géraine) ou même s’enroulent en spirale (Érode, Pélargone); ailleurs, il est sec aussi, mais ne s’ouvre pas et se sépare en cinq (Limnanthe, Biebersteinie, Coriaire) ou trois akènes (Capucine, Flœrkée); ailleurs encore, il est charnu, une baie (Carambolier, Connaropse) ou une drupe (Hydrocère). La graine, dont le tégument est
VAN TIEGHEM, TRAITÉ, 2e ÉDITION. [03
Fig. 1 105. — Diagramme de la fleur de la Coriaire myrtifoliée (Coriaria myrtifolia).
DICOTYLÉDONES
parfois charnu dans la zone externe, qui se déchire et se sépare avec élasticité des couches plus profondes (Oxalide), renferme un embryon droit à cotylédons plans (Limnanthe, Oxalide, Impatiente, Capucine, etc.) ou courbe à cotylédons plissés (Géraine, Érode, Biebersteinie, Balbisie, etc.) ; il est tantôt muni d'un albumen charnu (Oxalide Balbisie, Vivianie, etc.), parfois peu abondant (Géraine, Biebersteinie, Coriaire), tantôt dépourvu d’albumen (Pélargone, Capucine, Impatiente, Limnanthe, etc.). Le plan médian de l’embryon tantôt coïncide avec le plan de symétrie de la graine (Capucine, Biebersteinie, etc.), tantôt lui est perpendiculaire (Oxalide, Géraine, Impatiente, etc.).
Principaux genres. — Avec l’extension qu’on lui donne ici, la famille des Géraniacées comprend 21 genres et environ 750 espèces, répandues dans toutes les régions tempérées et subtropicales du globe, très nombreuses surtout dans l’Afrique australe; on compte 220 Oxalides, 170 Pélargones, 135 Impatientes, plus de 100 Géraines. Beaucoup sont cultivées dans les jardins pour la beauté de leurs fleurs. Les unes produisent de l’huile essentielle et sont aromatiques (Géraine, Pélargone, etc.) ; les autres forment des principes sulfurés antiscorbutiques et ressemblent, sous ce rapport, aux Crucifères (Capucine, Oxalide, Limnanthe) ; les Oxalides et les Caramboliers sont, en outre, très riches en acide oxalique à l’état de quadroxalate de potasse. Plusieurs sont alimentaires par leurs tubercules (beaucoup d’Oxalides, divers Géraines, Érodes et Pélargones), parleurs feuillescuites ou en salade (diverses Oxalides), par leurs fleurs (Capucine) ou leurs jeunes fruits (Capucine, Carambolier). Les feuilles de la Coriaire myrtifoliée, vulgairement Redoul, sont riches en tannin et servent à la fois à tanner les peaux et à teindre en noir.
Les genres peuvent être groupés en cinq tribus, de la manière suivante :
1. Géraniées. — Capsule septifrage ; deux ovules: Géraine [Géranium), Érode ( E radium ),
Pélargone [Pélargonium), Alonsonie ( Monsonia ), Sarcocanle [Sareocaulon), Rkynchothèce [Rhynchotheca).
2. Tropæoeées. — Polyakéne ; un ovule pendant, hypouaste : Biebersteinie ( Biebersteinia ),
Capuciue [Tropæolum).
3. Limnanthées. — Polyakéne ; un ovule ascendant ou pendant, épinaste : Limnanthe (Lim-
nanthes), Flœrkée ( Flœrkea ), Coriaire [Conaria).
4. Oxalidées. — Capsule loculicide ou baie; dix étamines : Vivianie [Viviania), Balbisie
[Balbisia), Wendtie [Wendtia), Oxalide [Oxalis), Hypséocharide (Hypseocharis), Carambolier [Averrhoa), Conuaropse [Cnnnar ipsis), Dapauie (Dapania). o. Balsaminées. — Capsule loculicide ou drupe ; cinq étamines : Balsamine ( Balsamina ), Impatiente [Impatiens), Hydrocère [Hydroeera).
Affinités. — Les Géraniacées ressemblent aux Malvacées, dont elles ont l’androcée diplostémone; elles en diffèrent surtout parce que les étamines ne s’y ramifient pas ; pourtant on a vu les étamines épipétales se dédoubler chez quelques-unes d’entre elles (Monsonie, Sarcocaule, Hypséocharide), ce qui indique une transition vers le type méristémonc, tel qu’il est réalisé, par exemple, chez les Crucifères.
Familles rattachées aux Géraniacées. — Aux Géraniacées se rattachent une série de dix-sept familles, douées de la même organisation florale, c’està-dire ayant comme elles l’androcée formé de deux vertici lies alternes d’élaminessimples, mais en différant par des caractères secondaires: ce sont les Linacées, Crassulacées, Élalinées, Caryophyllées, Porlulacées, Zyyophyllées, Hutacées, Méltacées, Simarubacées,Anacardiacées, Sapindacées, Malpighiacées ,
LINACEES.
Fig. 1 IOG. — Diagramme de la Heur du Lin commun (Linum usitatissimum) .
Rolygalées, Trémandrées, \ ochgsiacces, Légumineuses zi Rosacées , que nous allons caractériser sommairement.
Linacées. — Les Linacées comprennent 14 genres, avec 135 espèces, les unes herbacées, annuelles ou vivaces, habitant surtout les régions tempérées de l’hémisphère boréal, les autres frutescentes ou arborescentes, quelquefois grimpantes (Hugonie), croissant pour la plupart entre les tropiques. Leurs feuilles sont isolées, rarement opposées (Radiole, Aneulophe, Lin cathartique, etc.), simples, entières, tantôt sans stipules (Lin, Radiole), tantôt munies de stipules latérales (Reinwardtie) ou axillaires (Anisadénie, Érythroxyle). Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, parfois hétérostylées (Lin, fig. 283, p. 422), pentamères, rarement tétramères (Radiole), souvent disposées en grappes de cymes bipares (Radiole), avec tendance à la cyme unipare héliçoïde (Lin cathartique, etc.), ou scorpioïde (L. ténuifolié, etc.).
Le calice est formé de cinq sépales (fig. 1103), parfois concrescenls (Érythroxyle) ; la corolle a cinq pétales tordus dans la préfloraison (fig. 191, p. 370), parfois ligulés (Érythroxyle). L’androcée comprend dix étamines en deux verlicilles alternes, toutes fertiles (Érythroxyle, Hugonie, etc.) et parfois dédoublées, ce qui en porte le nombre à 15 (certaines Rouchéries) ou 20 (Ixonanlhe), ou les épipétales réduites à de petits staminodes (Lin, Anisadénie, etc.), qui avortent parfois complètement (Radiole) ; les filets, concrescents en tube à la base, portent des anthères introrses à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil est composé de carpelles clos et concrescents en un ovaire pluriloculaire, (renfermant dans chaque loge deux ovules anatropes pendants, à raphé interne, souvent coiffés d’une petite masse parenchymateuse émanée du placente (Lin, Hugonie, etc.) ; l’ovaire est surmonté d'autant de styles libres (Lin, fig. 243, p. 392, etc.), rarement concrescents (Ixonanthe). 11 y a tantôt cinq carpelles épipétales (Lin, quatre dans la Radiole), tantôt seulement trois, dont un postérieur (Reinwardtie, Anisadénie, Érythroxyle, etc.). Les loges sont souvent partagées entre les deux ovules par une fausse cloison (Lin, Radiole, etc.) ; elles sont parfois uniovulées (Durandée, certains Érylhroxyles).
Le fruit est une capsule septicide (Lin, etc.), une drupe à plusieurs noyaux (Hugonie) ou à un seul noyau (Érythroxyle, etc.), parfois un akène (Anisadénie) ; dans les deux derniers cas, il y a eu avortement de toutes les loges moins une. La graine, dont les cellules gélifient parfois leurs membranes (voir p. 564 et 608), a un albumen charnu, avec un embryon droit à cotylédons plans, dont le plan médian est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument (Lin, etc.).
La plante la plus utile de cette famille est le Lin commun, dont la lige fournit par son péricycle des fibres textiles et la graine en même temps un mucilage par l’épiderme de son tégument et une huile siccative par son albu. men et sonembryon. Les feuilles de l’Érylhroxyle coca sont employées dans
DICOTYLEDONES.
l’Amérique méridionale au même usage que celles du Caféier d'Arabie et du Gamélier à thé.
Les genres peuvent être groupés en deux, tribus :
1. Linkes. — Cinq étamines fertiles : Radiole ( Radiola ), Lin ( Linutn ), Reiuwardtie ( Hein -
wardtia), Anisadénie ( Anisadenia ).
2. Érythhoxylées. — Dix étamines fertiles : Hugonie ( Huyonia ), Rouchérie ( Roucheria ),
Érythroxyle (Erythroxylan), Hébépétale ( Hebc petalum} , lxoïianthe ( lxonanlhes ), etc.
Les Linacées se rattachent très directement aux Géraniacées, dont on pourrait les considérer comme n’étant qu’une tribu, caractérisée par la déhiscence septicide du fruit, quand il est capsulaire, et par les feuilles à limbe entier. Elles ressemblent aussi, par conséquent, aux Malvacées, surtout aux Ternstrémiacées et aux Humiriées, auxquelles elles se relient par l’Ixonanlhe. où les étamines épipétales subissent une ramification et où les styles sont concrescenls ; elles diffèrent des Ternstrémiacées notamment par la constante byponastie des ovules. Enfin, par les Érythroxylées, elles se rattachent aussi aux Malpighiacées, qui seront étudiées plus loin.
Crassuiaeées. — Les Crassulacées comprennent 14 genres, avec environ 400 espèces, dont 120 pour le genre Crassule et autant pour le genre Orpin, répandues la plupart dans les climats tempérés et subtropicaux, en Europe, en Asie occidentale, dans l’Afrique australe et dans l’Amérique du Nord; on a trouvé une espèce d’Orpin dans le succin. Ce sont des herbes ou des sousarbrisseaux de port très divers, à feuilles charnues, riches en bimalate de chaux (voir p. 287), isolées ou opposées, sans stipules, simples et entières, rarement lobées ou composées pennées (certains Bryophylles et Kalanches). Plusieurs de ces plantes sont remarquables par la facilité avec laquelle elles produisent des bourgeons adventifs sur leurs feuilles (Bryophylle calicin, Rochée en faux, etc.) (voir p. 247 et 863). Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, rarement di oïques (Orpins de la section Rhodiole), disposées le plus souvent en cyme bipare avec tendance héliçoïde, ou en simple cyme héliçoïde, parfois en grappe ou en épi (la. plupart des Ombilics et des Cotylets). Leur organisation s’exprime, par la formule générale : F = nS -f- «P
+ n E -f- nE' + n C, dans laquelle n prend, suivant les genres, dts valeurs très différentes : 3 (certaines Tillées), 4 (Bryophylle, Kalanche, Tillée pédonculaire, T. de Vaillant, etc.), 5 (Cotylet, Echévérie, Ombilic, (Crassule, Rochée, etc.), 4-7 (Orpin, fig. 1107, A), 6-12 (Monanthe), 6-30 (Joubarbe, fig. 1107, B).
Les sépales sont libres (fig. 1107), rarement concrescents en tube (Bryophylle). Les pétales aussi sont ordinairement libres, mais quelquefois ils sont collés bord à bord (Rochée, Grammanthe), ou même réellement concrescents en une corolle gamopétale tubuleuse (Bryophylle, Cotylet, Ombilic), laquelle est parfois unie à la base avec le tube du calice. Les étamines sont en général
Eig. 1107 — Diagramme floral: A. de l’Orpin d'Espagne (Scdum hispanicum) ; B, de la Joubarbe de montagne ( Senpervivum montanum).
CRASSULACÉES. — ÉLATINÉES.
libres, concrescentes à la corolle quand celle-ci est gamopétale, concrescentes à la base avecles deux verticilles externes quand ceux-ci sont unis; les anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Les étamines épipétales sont ; quelquefois stériles (Aithale) ou même avortentcomplètement (Tillée, Crassule, Rochée, Dinacrie, Grammanthe). Entre l’androcée et le pistil, le réceptacle porte sous les carpelles autant de petites écailles ordinairement libres, quelquefois soudées aux carpelles (Bryophylle, etc.) ou unies latéralement deux par deux (certaines Joubarbes); ces écailles sont déformé diverse, parfois pé-. taloïdes(Monanthe), rarementnulIes(Tilléepédonculaire. quelques Joubarbes) ; i elles doivent être considérées comme des appendices dorsaux des carpelles. Le pistil se compose d’autant de carpelles que de sépales (fig. 1107), rarement de trois seulement dans une fleur pentamère (Triactine), épipétales, à une 1 seule exception près où ils sont épisépales (Orpins de la section Rhodiole) ; ces carpelles sont fermés, libres, rarement concrescents à la base (Diamorphe, Triactine) et contiennent chacun, sur les bords de la suture, deux ou plusieurs rangées d’ovules anatropes horizontaux, ou ascendants, à raphé interne, rarement deux (Tillées de la section Disporocarpe) ou un seul ovule (Tilléesde la section Hélophyte, Orpin nain).
Le fruit est composé d’autant de follicules que de carpelles. La graine, ordinairement petite, contient un embryon droit, avec un albumen charnu peu abondant ou nul. Le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie de la graine.
Principaux genres: Tillée (ïïllæa), Crassule ( Crassula ), Rochée (ftochea), Cotylet ( Cotylédon ), Orpin ( Sedum ), Joubarbe ( Sempervivum ), etc.
Les Crassulacées forment une famille très nettement caractérisée, qui se distingue des Géraniacées et des Linacées nolamment par l’appareil végétatif et l’indépendance des carpelles. C'est avec les Saxifragacées, famille que nous étudierons plus loin en commençant l’ordre des Dialypétales inférovariées, que leurs affinités sont le plus étroites.
Eintînées. — Les Élatinées ne comprennent que les deux genres Élatine ( Elatine ) et Bergie ( Bergia ), avec environ 20 espèces répandues par toute la Terre. Ce sont des herbes ou des arbrisseaux rampants, aquatiques, à feuilles opposées ou verticillées, simples et stipulées, à limbe entier ou denté.
Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, solitaires, axillaires sans bractées (Elatine, Bergies des sections Mérismée et Elatinoïde) ou en cymes bipares avec bractées (Bergies de la section Bergiotype). Elles sont isomères dans toutes leurs parties, avec deux rangs d’étamines: dimères (Elatine minime), trimères (E. hexandre, etc.), tétramères (E. faussealsine, fig. 1108) ou pentamères (diverses Bergies, etc.); les filets sont libres et les anthères introrses, à deux sacs s'ouvrant par une fente longitudinale. Les carpelles, toujours épipétales, sont fermés, concrescents en un ovaire pluriloeulaire avec de nombreux ovules anatropes dans l’angle interne de chaque loge, et portant autant de styles libres terminés par un stigmate renflé.
Fig. 1108. — Diagramme de la fleur tétramère de TElatine fausse-alsine ( Elatine Alsinastrum ).
DICOTYLÉDONES
Le fruit est une capsule septicide. La graine contient un embryon courbe, sans albumen, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.
Cette petite famille se rattache à la fois aux Crassulacées, dont elle se distingue par ses feuilles non charnues et stipulées, aux Ilypéricacées et Tamaricacées étudiées plus haut, enfin à la famille suivante des Caryophyllées.
Caryophyllées. — Les Caryophyllées renferment 35 genres, avec environ 1000 espèces, répandues dans toutes les régions extralropicales de l’hémisphère boréal. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement ligneuses à la base, à rameaux souvent renflés aux nœuds, caractère d’où la famille a tiré son nom; les feuilles y sont opposées, souvent concrescenles à la base, simples, entières, fréquemment uninerves, sans stipules, rarement pourvues de petites stipules scarieuses (Spargoute, Spergulaire, Polycarpée). Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, rarement dioïques par avortement (Mé-
Fig. 1109. — Diagrame floral: A, tlu Lychnitle viscaire (Lychnis Viscaria)\ B, du Silène enflé ( Silene inflata); C, de l’Œillet barbu (Dianthus barbatus).
landre dioïque, etc.), disposées en cymes bipares terminales ou axillaires se poursuivant en cymes héliçoïdes, ou en grappes de pareilles cymes. Elles sont pentamères avec deux verticilles à l’androcée (fig. 1109), parfois tétramères (Buffonie, Sagines de la section Saginelle, Méhringie moussue, etc.).
Le calice est gamosépale (fig. 176, p. 366) (Silène, etc.) ou dialysépale (Alsine, etc.). La corolle, quelquefois séparée du calice par un long entrenœud (Lychnide, Œillet, fig. 190, p. 369, etc.), a ses pétales libres, souvent onguiculés (fig. 176), parfois munis d’appendices ligulaires formant une couronne (Lychnide, fig. 190, x, fig. 1109, A. etc.); elle est quelquefois rudimentaire ou nulle (Colobanlhe, Schiedée, Quérie, Microphye, Sagine apétale, etc.). L’androcée comprend ordinairement deux verticilles alternes d’étamines à filets libres, ou concrescents à la base (Agrostemme, etc.), à anthères introrses, munies de quatre sacs s’ouvrant en long; les étamines épipétales avortentquelquefois (Buffonie, Sagines de la section Spergelle, etc.); plus rarement, ce sont les épisépales qui avortent (Colobanthe). Calice, corolle et androcée peuvent être concrescents à la base (Drymaire, Colobanthe, Thylacosperme, etc.). Le pistil est composé de carpelles clos et concrescents dans la région ovarienne en un ovaire pluriloculaire, surmonté d’autant de styles libres qu’il y a de carpelles et portant sur chaque bord une rangée d’ovules campylotropes épinastes. De très bonne heure, la partie médiane des cloisons disparaît, laissant libre au centre la colonne placentaire formée par
CARYOPHYLLÉES. — PORTULACEES.
l’union des bords carpellaires (fig. 1109); ce placente ne porte quelquefois que deux ovules par carpelle (Butfonie) ou un seul ovule pour trois carpelles (Quérie). Le nombre et la disposition des carpelles et des styles varient avec les genres : il y en a cinq, épisépales (Lychnide, fig. 1109, .4, Céraiste, etc.) ou épipétales (Agrostemme, Spargoute, etc.), trois dont un postérieur (Silène, fig. 1109, H. Stellaire, Alsine, etc.), ou deux médians (Saponaire, OEillet, fig. 1109, C , Gypsophile, etc.). La concrescence s’étend parfois jusqu’aux styles, qui s’unissent en un style unique divisé plus haut en autant de branches (Polycarpée, Ortégie, etc.).
Le fruit est une capsule s’ouvrant à la partie supérieure par des fentes longitudinales correspondant aux dos des carpelles (Alsine, Spargoute, etc.), ou aux cloisons (Agrostemme, Lychnide, etc.), ou à la fois aux dos et aux cloisons (Mélandre, Céraiste, Silène, etc.), rarement par une fente circulaire détachant un couvercle (Drypside, Acanthophylle) ; c’est quelquefois une baie (Cucubale). La graine a un albumen amylacé, rarement charnu, avec un embryon ordinairement courbé en Fig. îno.— Graine de anneau autour de l’albumen (fig. 1110), rarement droit (OEillet, Vélézie, Tunice, etc.) ou à peine arqué (Ortégie, Lœflingie, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide presque toujours avec le plan de symétrie de la graine ; il lui est très rarement perpendiculaire (BufTonie, Polycarpée, Lœflingie, Sabline couchée).
Les genres sont groupés en trois tribus :
Cucubale (Cucubalus) coupée en long.
1. Silknkes. — Calice gamosépale : OEillet ( Dianthus ), Gypsophile ( Gijpsophila ), Saponaire
( Snponaria ), Silène ( Silene ), Cucubale [Cucubalus), Lychnide ( Lychnis ), etc.
2. Alsinéks. — Calice dialysépale, styles libres : Céraiste ( Cerastium ), Stellaire ( Stellaria ),
Sabline ( Arenaria ), Bulfonie ( Buffonia ), Sagine ( Sagina ), Spargoute ( Spergula ), etc.
3. Polycahpées. — Calice dialysépale, styles concreseents : Drymaire (Drijmaria), Poly-
carpe ( Polycarpon ), Polycarpée ( Polycarpæa ), etc.
Les Caryophyllées se distinguent nettement de toutes les familles précédentes par les feuilles opposées sans stipules, la prompte disparition des cloisons ovariennes, la forme de l’ovule et la structure de la graine. Par l’ovule campylotrope et l’embryon courbé en anneau autour d’un albumen amylacé, elles ressemblent aux Chénopodiacées et aux familles voisines, notamment aux Illécébrées et surtout aux genres de cette famille qui sont dépourvus de stipules (Gnavelle, etc.), comme il a été dit page 1560. Entre les Caryophyllées et les Illécébrées, la transition s’établit d’un côté parles genres apétales dont le pistil est pauciovulé ou uniovulé, notamment par la Quérie, de l’autre par les genres pourvus de petites écailles alternisépales que l’on peut tout aussi bien considérer comme des pétales rudimentaires que comme des staminodes (Herniaire, Corrigiole, Illécèbre). C’est un des points du système naturel où l’on observe les passages les plus gradués entre le groupe des Apétales et celui des Dialypétales.
Portulacées. — Les Portulacées comprennent 15 genres, avec environ 125 espèces, la plupart américaines. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement des arbrisseaux, à feuilles isolées ou opposées, simples, entières, souvent charnues, munies de petites stipules frangées ou sans stipules. Les
DICOTYLÉDONES
hig. 1111. — Diagramme floral : A, (le la Calaudrinie couchée ( Calandrinia procumbens ); B. de la Montie des fontaines ( Montia fontana ).
fleurs sont régulières, hermaphrodites, tantôt solitaires terminales, tantôt disposées en cymeshipares ou hélicoïdes, elles-mêmes groupées en grappe, épi ou capitule.
Le calice est formé de deux sépales médians (fig. 1111), rarement de cinq sépales (Léwisie), libres ou plus ou moins conerescents. La corolle est composée de cinq pétales, dont un antérieur, libres (Galandrinie, fig. 1111, A, Pourpier, etc.) ou conerescents en une corolle gamopétale (Claytonie, Montie, iîg. 1111, B. Calyptride). L’androcée comprend quelquefois dix étamines en
deux verticilles alternes, qui se dédoublent en partie ou en totalité (Galandrinie élégante, Talin étalé, Pourpier grandiflore, etc.), de manière à produire de nombreuses étamines. Ailleurs, les épisépales avortent, tandis que les épipétales se dédoublent (Pourpier potager), ou bien demeurent simples (Galandrinie couchée, fig. 1111, A), ou même avortent en partie et se réduisent à trois (Montie, fig. 1111,/?) ou à une seule (Monocosmie, Silvée). Les filets sontlibres entre eux, mais souventconcrescents avec la corolle; lesanthèresintrorses sont munies de quatre sacs et s’ouvrent en long. Le pistil est composé de trois carpelles fermés et conerescents, à cloisons incomplètes et fugaces comme dans les Çaryophyllées (fig. 1111), avec une colonne placentaire portant un grand nombre d’ovules campylotropes épinasles (Pourpier), ou un renflement basilaire n’en portant qu’un petit nombre (Claytonie), trois, un pour chaque carpelle (Montie), ou même un seul (Portulacaire) ; l’ovaire est surmonté d’un style unique, divisé en trois branches stigmatiques. Le pistil est parfois concrescent à la base avec le tube formé par les trois verticilles externes, ce qui rend l’ovaire semi-infère (Pourpier).
Le fruit est une capsule s’ouvrant soit en pyxide (Pourpier, Léwisie), soit par des fentes loculicides (Montie, Talin, Claytonie), septicides (Spraguée), ou à la fois loculicides et septicides (Anacampsère, etc.); c’est rarement une samare à trois ailes (Portulacaire). La graine contient un albumen amylacé et un embryon courbé autour de l’albumen, rarement droit (Talinope, Grahamie), dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie de la graine.
Principaux genres : Pourpier ( Portulaca ), Talin ( Talinum ), Calandrinie [Calandrinia), Claytonie ( Claytonia ), Montie ( Monlia ), etc.
Plusieurs de ces plantes sont potagères, comme le Pourpier potager et diverses Calandrinies. Par la slructure du pistil, des ovules et des graines, les Portulacées se montrent très voisines des Çaryophyllées, dont elles diffèrent notamment par le calice dimère et la fréquente ramification des étamines ; par ce dernier caractère, en même temps qu’elles se rapprochent des Phytolaccacées et des Aizoacées, elles font transition vers les Dialypétales du type méristémone.
Zjf>ophyin-e*. — Les Zygophyllées renferment 18 genres, avec environ
ZYGOPHYLLÉES.
100 espèces, habitant pour la plupart les contrées chaudes de l'hémisphère boréal ; on a trouvé un Zygophylle et 2 Gaiacites dans le tertiaire. Çe sont des herbes ou des arbustes, rarement des arbres (Gaïac), à feuilles opposées, composées pennées, rarement simples (Nitraire, Séricode, Augée), dépourvues de poches sécrétrices, munies de stipules parfois épineuses. Les fleurs sont hermaphrodites, régulières, pentamères, rarement tétramères (Chitonie), solitaires ou groupées en cymes bipares, qui passent à des cymes unipares héliçoïdes (Pégan, Nitraire, Tribule, etc.).
Le calice est formé de cinq pétales, dont un postérieur (fig. 1112), la corolle de cinq pétales alternes, qui avortent quelquefois pendant que le calice devient pétaloïde (Miltianthc, Setzénie). L’androcée comprend, le plus souvent, dix étamines fertiles, en deux verticilles alternes ; les épipétales se dédoublent quelquefois, ce qui porte le nombre à 15 (Pégan) ou, au contraire, avortent, ce qui le réduit à 5 (Setzénie, Miltianthe) ; dans ce dernier cas, il peut arriver que les épisépales se ramifient en trois, ce qui en donne encore 15 (Nitraire). Les filets sont libres, souvent munis d’appendices frangés de nature stipulaire ou ligulaire, qui manquent parfois (Fagonie, Pégan, Nitraire, Chitonie) ; les anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Entre l’androcée et le pistil, le réceptacle se renfle souvent en un disque nectarifère, annulaire ou cupuliforme (Augée). o
Le pistil comprend ordinairement cinq carpelles épipétales (fig. 1112) (4 dans la Chitonie), quelquefois trois, don t un postérieur (Pégan, Nitraire), ou deux médians(Gaïac), rarement 10 (Kallstrémie) ; ils sont fermés, concrescenls en un ovaire pluriloculaire contenant dans chaque loge soit deux rangs d’ovules anatropes (Zygophylle, Porliérie, Gaïac, etc.), soit seulement deux(Fagonie, Chitonie) ou un seul ovule (Nitraire, Séricode, Setzénie, etc.) ; les ovules sont ordinairement pendants à raphé interne, rarement ascendants à raphé externe (Fagonie,
Augée), dans les deux cas hyponastes; les Nitraires font exception, l’ovule y est pendant à raphé externe, épinaste par conséquent. Le style, parfois gros et court (Tribule), se termine par un stigmate entier ou lobé.
Le fruit est une capsule parfois loculicide (Pégan, Zygophylle fabagelle) le plus souvent septicide; les carpelles, une fois séparés, s’ouvrent en dedans (Gaïac, etc.) ou demeurent indéhiscents parce qu’il s’y est formé des cloisons transversales entre les graines (Tribule), ou parce qu’ils ne renferment qu’une seule graine (Séricode) ; dans les Nitraires, c’est une drupe. La graine, le plus souvent munie d’un albumen charnu, parfois sans albumen (Tribule, Nitraire, etc.), renferme un embryon droit ou faiblement courbé, dont le plan médian tantôt coïncide avec le plan de symétrie du tégument (Pégan, Tribule, etc.), tantôt lui est perpendiculaire (Zygophylle, Setzénie, Nitraire, etc.).
Genres principaux : Tribule ( Tribulus ), Pégan ( Peganum ), Zygophylle (. Zygophyllum ), Fagonie ( Fagonia ), Gaïac ( Guaiacum ), Nitraire [Nitraria),e te.
Le bois du Gaïac officinal, du G. saint, etc., renferme une résine remar-
Fig. 1112. — Diagramme de la fleur du Tribule terrestre {Tribulus terrestris).
DICOTYLÉDONES
quable par la facilité avec laquelle elle se colore en vert ou en bleu sous l'influence des agents oxydants. Les Zygophyllées se rattachent directement aux Géraniacées par l’intermédiaire des Biebersleinies; elles se relient aussi très intimement à la famille suivante des Rutacées.
Rutacées. — Les Rutacées comprennent 83 genres, avec environ 700 espèces répandues dans toutes les contrées tempérées et chaudes du globe; elles abondent surtout dans l’Afrique australe et en Australie ; on en connaît 18 espèces fossiles tertiaires appartenant aux trois genres Clavalier, Ptélée, Protamyride. Ce sont des arbustes ou des arbres, rarement des herbes (Monniérie, etc.), dont les feuilles sont souvent opposées, simples ou plus fréquemment composées, sans stipules, à limbe entier, parfois denté. L’écorce de la tige et le parenchyme des feuilles y sont toujours parsemés de poches sécrétrices remplies d'huile essentielle (voir p. 627, fig. 427).
Les fleurs sont ordinairement hermaphrodites, rarement polygames dioïques (Clavalier), ou unisexuées avec monœcie (Empleure) ou diœcie (Empleuride), régulières, parfois zygomorphes (Dictame, fig. 234, p. 386, Galipée, etc.), diversement disposées en grappes, en épis,' ou en cymes unipares héliçoïdes. Le pédicelle commun est parfois concrescent avec la tige (Érythrochile) et
cette concrescence peut s’étendre jusqu’au niveau de la feuile superposée, à la nervure médiane de laquelle le pédicelle s’unit (E. hypophyllanlhe).
La fleur est pentamère (fig. 1113 et 1114), assez souvent tétramère (Tétradicle, Thamnosme, Empleure, Amyride, parfois Rue, etc.), quelquefois trimère ( Triphasie, Rabelaisie , etc.). Les sépales sont libres (Monniérie, Ravénie,
la Rue puante (Ituta nier oranger ( Citrus etc.), OU plus OU moins COncreSCentS
yraveolens ). Aurantium). .
(Galipee, Pilocarpe, Erythrochile, etc.), rarement avortés (Clavalier fraxiné). Les pétales sont libres (Rue, Diostne, Pilocarpe, etc.) ou concrescents en tube (Galipée, Érythrochile, Ticorée, etc.), parfois nuis (Empleure, etc.). L’androcée se compose souvent de deux verticilles alternes d’étamines fertiles (Rue, fig. 1113, Dictame, Thamnosme, Corrée, Amyride, Triphasie, Glycosme, etc.); les étamines épipétales se réduisent parfois à des staminodes (Coléonème, etc.) et fréquemment avortent (Spiranthère, Pilocarpe, Barosme, Clavalier, Citronnier, etc.) ; dans ce dernier cas, les épisépales se dédoublent parfois, de manière à produire 20, 30 et jusqu’à 60 étamines, libres (Églé) ou concrescentes en tube (Citronnier, fig. 1114); ailleurs, trois des épisépales se réduisent à des staminodes comme les épipétales, ce qui abaisse à deux le nombre des étamines et rend la fleur zygomorphe (Galipée, Monniérie, etc.). Les anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Lorsque les pétales sont concrescents, les étamines s unissent au tube de la corolle gamopétale (Galipée, etc.). Entre l’androcée et le» pistil, s’étend un disque nectarifère, annulaire ou cupuliforme, entier ou partagé en lobes alternes avec les étamines, enveloppant parfois l’ovaire
Hg. 1113. — Diagramme Fig. 1114, Diagramme d’une fleur terminale de d’une fleur de Citron-
RUTACEES.
i «t même le dépassant (Érythrochite, etc.); en outre, le pistil est parfois séparé de l’androcée par un long entre-nœud (Thamnosme). Le pistil est composé de carpelles clos, renfermant dans l'angle interne quelquefois deux rangs d’ovules anatropes horizontaux à raphés contigus (Rue, Platydesme, Églé, Citronnier, etc.), le plus souvent deux ovules pendants, à raphé ventral (Érythrochite, Galipée, Diosme, Boronie, Clavalier, Ptélée, Amyride, Toddalie, etc.), plus rarement un seul ovule pareillement disposé (Triphasie, Skimmie, etc.). Ces carpelles sont tantôt complètement séparés (Tétradicle) ou seulement concrescents à la base (Rue, fig. 1113, Galipée, Diosme, Boronie, etc.), tantôt concrescents non seulement dans la région ovarienne, mais encore dans toute la longueur des styles (Ptélée, Toddalie,
! Citronnier, fig. 1114, etc.). Dans le premier cas, les styles demeurent rarement libres (Clavalier, Benninghausénie); ordinairement, ils se soudent en un style unique, gynobasique (Rue, Galipée, Diosme, etc.). Le pistil est le plus souvent isomère avec le calice et la corolle; les carpelles sont alors presque toujours épipétales (fig. 1113), très rarement épisépales (Triphasie); leur nombre se réduit parfois à trois (Clavalier, Ptélée), à deux (Thamnosme, Agathosme, etc.) ou à un seul (Amyride, Empleure), ou bien, au contraire, il s’élève à 10-20 (Églé, Citronnier).
Le fruit est le plus souvent formé. d’autant de capsules à déhiscence dorsale que de carpelles, s’ouvrant parfois avec élasticité en séparant brusquement la couche externe du péricarpe d’avec sa couche interne (Dictame, Galipée, Diosme, etc.) ; c’est quelquefois une capsule pluriloculaire loculicide(Fiindersie), une drupe (Toddalie, Phellodendre, etc.), une samare (Ptélée), ou une baie dont la pulpe comestible est composée de poils charnus issus de la face dorsale des carpelles (Citronnier, etc.). La graine renferme un embryon droit (Dictame, Diosme, etc.) ou courbe (Rue, Galipée, etc.), avec un albumen charnu (Rue, Boronie, Ptélée, etc.) ou sans albumen (Diosme, Galipée, Amyride, Citronnier, etc.). Celle des Citronniers est remarquable par sa polyembryonie (voir p. 915). Le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie de la graine.
Les Rutacées sont recherchées pour leurs huiles essentielles, et au premier rang figurent, sous ce rapport, les divers Citronniers (C. limonier, C. de Médie, C. oranger, etc.). Elles donnent aussi des bois aromatiqués précieux (divers Citronniers, Amyride, etc.), des écorces fébrifuges (Galipée fébrifuge, etc.) ou tinctoriales (Clavalier fraxiné, etc.), et des fruits à pulpe comestible, notamment les oranges et les citrons.
Les genres peuvent être groupés en neuf tribus, de la manière suivante :