II. Carpelles concrescents
6. Flindersiées. — Capsule plnriloculaire, pas d’albumen : Flindersie [Flindersia), etc.
7. Toddaliées. — Fruit indéhiscent, albumen : Toddalie {Todclalia), Ptélce (Ptelea), Acronychie ( Acronychia ), Skimmie ( Skimmia ), etc.
8. Amyridées. — Un seul carpelle, drupe, pas d’albumen : Amyride ( Amyris ).
9. Citrées. — Baie, pas d’albumen: Glycosme ( Gtijcosmis ), Limonie ( Limonia ), Clausène ( Clausena ), Atalantie ( Atalantia ), Citronnier ( Citrus ), Eglé [Ægle), etc.
Avec l’extension qu’on lui donne ici, c'est-à-dire en n’jr comprenant que des plantes pourvues de poches sécrétrices, les Rutacées forment une famille nettement circonscrite, mais qui se lie intimement, d’une part, aux Géraniacées par les Zygophyllées, de l’autre, aux familles suivantes des Méliacées, Simarubacées et Anacardiacées.
Méliacées. — Les Méliacées renferment 36 genres, avec environ 276 especes répandues dans les régions chaudes de l’Asie et de l’Amérique. Ce sont des arbustes et dos arbres, rarement des herbes (Munronie, Narégamie), à bois ordinairement dur, coloré, parfois aromatique, à feuilles isolées, souvent composées pennées, sans stipules; la lige et les feuilles sont dépourvues de ces poches sécrétrices qui caractérisent les Rutacées. Les fleurs sont petites, régulières, hermaphrodites, pentamères (fig. 1115), mais variant assez fréquemment par 4 ou 6, disposées ordinairement en grappes composées, terminales ou axillaires.
Les sépales sont souvent unis en un calice gamosépale; les pétales sont libres, quelquefois concrescents (Calodrye, etc.). Les deux verticilles d’étamines sont ordinairement fertiles (fig. 1115) ; les épipétales avortent quelquefois (Cédrèle, Aglaie, Milnée) ; leurs filets sont rarement libres (Cédrèle), le plus souvent unis, soit seulement à la base (Trichilie, etc.), soit dans toute leur longueur en un tube (Méfier, fig. 1115,Quivisie, fig. 1116), parfois très long (Turrée), dont le bord porte les anthères et se prolonge dans les intervalles en autant de dents Fig. niî>. - Dia- Fig. u i6. Audiocée stipulaires alternes, qui sont parfois disposées
fieTdu Méiiér fa^TviXTean! Par P^res (Swieténie) ; les anthères sont intror-
azédérach (j/e- dre (Quivisia de- ses, à quatre sacs, et s’ouvrent en long. Entre
lia Azederach). candra). , , , . . ,
cet androcee gamostemone et le pistil, Je réceptacle se renfle en un disque annulaire ou cupuliforme, parfois lobé. Le pistil est formé de carpelles fermés et concrescents en un ovaire pluriloculaire, contenant dans chaque loge quelquefois deux rangs d’ovules anatropes (Cédrèle, Swieténie, Carape, etc.), le plus souvent deux ovules pendants, à raphé interne, superposés ou collatéraux, rarement un seul ovule (Owénie, etc.). Il y a quelquefois cinq carpelles, épipétales (Méfier, fig. 1115, etc., ou épisépales (Turrée, Quivisie, etc.), le plus souvent trois (Trichilie, Chloroxyle, etc.), rarement deux ou un seul (Aglaie), ou au contraire 12 (Owénie) et jusqu’à 20 (certaines Turrées).
Le fruit est une capsule loculicide (Trichilie, Guarée, Carape), ou septicide Swieténie, Cédrèle), une drupe (Méfier, Mallée) ou une baie (Vavée). La’graine,
MÉLIACÉES — SIMARUBACÈES.
parfois ailée (Cédrèle, Swieténie) ou munie d'un arille charnu (Aglaie, etc.), renferme un embryon mince ou épais, muni d’un albumen charnu (Mélier, Swieténie, etc.) ou sans albumen (Trichilie, etc.), dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.
Les genres peuvent être groupés en quatre tribus :
1. Méliées. — Étamines concrescentes, deux ovules, albumen charnu: Quivisie ( Qui visia), Turrée ITurræa), Mélier ( Melia ), etc.
I 2. Trichiliées. — Etamines concrescentes, deux ovules, pas d’albumen : Dysoxyle ( Dysoxy lum), Aglaie (Aglaia), Milnée ( Milnea ), Guarée Guarea), Trichilie ( Trichilia ), Carape (Carapa), etc.
Swietémées. — Étamines concrescentes, nombreux ovules : Swieténie ( Swietenia ), Éluthôrie ( Elutheria ), etc.
4. Cédrélkes. — Etamines libres, nombreux ovules : Cédrèle ( Cedrela ), Chloroxyle (Chloroxylon ), etc.
Plusieurs Cédrélées et Swieténiées donnent des bois recherchés pour l’ébénisterie (Cédrèle odorant, Khaye du Sénégal, Chloroxyle, Swieténie, etc.); le plus utile de tous est celui du Swieténie acajou. D’autres plantes de cette famille ont des fruits comestibles (Sandoric, Lanse, Aglaie, etc., ou des graines dont on extrait de l’huile (Mélier, etc.). Les Méliacées se rattachent directement aux Rutacées par les Flindersies; elles en diffèrent notamment par l’absence de poches sécrétrices et par la gamostémonie de l’androcée.
Simarubacées. — Les Simarubacées comprennent 30 genres, avec 112 espèces, croissant la plupart dans les régions chaudes et tropicales. Ce sont des arbustes ou des arbres à feuilles isolées, rarement opposées (Brunellie), ordinairement composées pennées, parfois simples (Soulamée, Holacanthe, etc.), à quelques exceptions près (Brunellie, Rigiostachide, Irvingie) sans stipules. La tige et les feuilles sont dépourvues de poches sécrétrices; mais, en re- I vanche, elles possèdent ordinairement des canaux sécréteurs oléorésineux. Ces canaux sont disposés dans le bois primaire, à la périphérie de la moelle, aussi bien dans le pétiole que dans la lige. Le bois secondaire en est dépourvu, et la racine n’en possède à aucun âge. Certaines de ces plantes sont entièrement privées de ces canaux sécréteurs (Quassie, Brunellie, Picramnie. etc.).
Les fleurs sont régulières, le plus souvent polygames ou unisexuées, rarement hermaphrodites (Quassie, Simabe), disposées en grappes, simples (Quassie) ou plus fréquemment composées avec terminaison en cymes (Allante, etc.), pentamères, mais parfois aussi tétramères (Kœberlinie), trimères (Soulamée) ou octomères (Holacanthe). Leur organisation générale demeure la même que dans les familles précédentes.
Les sépales sont plus ou moins concrescents, parfois unis dans toute leur longueur en une coiffe qui se déchire à l’épanouissement (Hanne); les pétales sont toujours libres. L’androcée comprend tantôt deux verticilles alternes (Ailante, Quassie, etc.), tantôt un seul, les étamines épipétales (Picrène, Brucée, etc.) ou les épisépales (Picramnie, Picrolemme, etc.) ayant avorté; ailleurs, au contraire, il y a dédoublement et le nombre des étamines s’élève jusqu’à 10 (Mannie). Les filets sont libres, parfois munis à la base d’une écaille ligulaire (Quassie, Simarube, fig. 228, p. 383, etc.) ; les anthères sont introrses, à quatre sacs, s’ouvrant en long. Entre l’androcée et le pistil, se voit un disque
DICOTYLÉDONES
nectarifère, annulaire ou cupuliforme, qui manque quelquefois (Eurycome). Le pistil se compose de cinq carpelles clos, contenant ordinairement un seul, parfois deux (Suriane, Picramnie, etc.), rarement quatre (Cadellie) ou de nombreux (Kœberlinie) ovules anatropes pendants à raphé interne; ces carpelles sont tantôt entièrement libres (Suriane, etc.), ou libres dans la région ovarienne, mais avec soudure des styles (Simarube, Quassie, etc.), qui sont plus ou moins gynobasiques (Suriane, etc.), tantôt complètement concrescents (Picramnie, -etc.) ; il n’y en a quelquefois que deux (Irvingie) ou un seul Amarorie).
Le fruit est le plus souvent une drupe ; quand les carpelles sont libres, il y a tout autant de drupes. Quelquefois c’est une samare (Ailante), une baie (Picramnie) ou une capsule à déhiscence suturale, dans laquelle les deux couches du péricarpe se séparent avec élasticité (Dictyolome, Brunellie). La graine, parfois ailée (Dictyolome), a un embryon droit ou courbe, à cotylédons plans, parfois enroulés et plissés (Picrodendre), ordinairement dépourvu rarement muni (Soulamée, Irvingie) d'un albumen. Le plan médian de l’embryon tantôt coïncide avec le plan de symétrie de la graine (Suriane, Cnéore, Harrissonie, Dictyolome, etc.), tantôt lui est perpendiculaire (Ailante, Quassie, Soulamée, etc.).
Les genres sont groupés en deux tribus :
1. Simarubées. — Carpelles libres : Quassie ( Quassia ), Simabe (Simaba), Simarube ( Swia -
ruba), AilaDte ( Ailantus),Cüèove {Cneorum), Suriane (Suriana), Brunellie {Brune Ilia), etc.
2. Picraminiées. — Carpelles concrescents : Spathélie ( Spathelia ), Picranmie ( Picramnia ),
Irvingie ( Irvingia ), etc.
Les Simarubacées sont remarquables par l’amertume et la propriété fébrifuge de leur bois et de leur écorce, caractère qui atteint son plus haut degré dans la Quassie amère, le Picrène élevé, et la Soulamée amère; celte amertume est due à un principe ternaire cristallisable, la quassine. L’Ailante glanduleux est un arbre des plus utiles, dont la culture s’est généralisée en Europe. Cette lamiile se relie intimement aux Rulacées et se rattache aux Géraniacées par les Surianes, qui sont très voisins des Biebersteinies. Elle est nettement caractérisée, notamment par les canaux sécréteurs du bois primaire.
Anacardiacées. — Les Anacardiacées renferment 60 genres avec environ 600 espèces, presque toutes tropicales; on en connaît environ 73 espèces fossiles tertiaires, appartenant notamment aux genres Sumac, Pistachier, etc. Ce sont des arbres ou des arbusles à feuilles isolées, très rarement opposées (Bouée), souvent composées pennées, sans stipules. La tige et les feuilles sont dépourvues de poches sécrétrices, mais munies de canaux sécréteurs oléorésineux, renfermés dans la région libérienne des faisceaux libéroligneux. La racine en possède aussi dans ses faisceaux libériens. Cette disposition des canaux sécréteurs caractérise cette famille et la distingue de toutes les précédentes, notamment des Rulacées et des Simarubacées.
Les fleurs sont régulières (flg. 1117, A et B), rarement zygomorphes avec plan de symélrie oblique (Anacarde, flg. 1117, C), hermaphrodites, ou po>ygames avec monœcie ou diœcie, disposées en grappes simples ou composées, se terminant en cymes bipares ou unipares héliçoïdes, pentamères (flg. 1117),
ANACARDIACÉES.
mais parfois aussi tétramères (Parishie, Nothopégie, etc.), trimères (Canare, Trattinickie, etc.) ou hexamères (Prote, etc.); les fleurs mâles sont parfois pentamères et les femelles trimères (Boswellie gommifère). La constitution générale de la fleur est la même que dans les familles précédentes.
Les sépales sont plus ou moins concrescents, parfois unis en une coiffe qui se déchire à l’épanouissement (Glute), souvent persistants et pouvant même s’accroître en ailes après la floraison (Loxostyle, Astrone, Parishie). Les pétales sont libres, rarement concrescents à la base (Hedwigie), parfois unis avec le calice (Sémécarpe, etc.), rarement persistants et accrescents (Swintonie, Mélanorrhée), quelquefois nuis (Pistachier, Ganophylle). II peut arriver que le calice et la corolle manquent à la fois (fleur femelle delà Dobinée).L’androcée comprend d'ordinaire deux verlicilles alternes d’étamines toutes fertiles (lig. 1117, A), ou dont une seule quelquefois a du pollen dans son anthère(Manguier, Anacarde, lig. 1117, Z?);
Pistachier, Crôpidosperme, etc), ou les épisépales (Ganophylle) peuvent avorter, ou se réduire à des staminodes (Corynocarpe); ailleurs, au contraire, il y a dédoublement et production de nombreuses étamines partielles (Mélanorrhée, Sclérocare, diverses Sorindées). Les filets sont libres, rarement concrescents en tube (Canaire, Anacarde), ou unis à la base avec le calice et la corolle (Garuge, etc.); les anthères sont introrses, souvent oscillantes, à quatre sacs s’ouvrant en long. Le disque intrastaminal est bien développé, annulaire ou cupuliforme, rarement nul (Pistachier, Anacarde). Le pistil est composé de carpelles clos renfermant soit deux ovules anatropes collatéraux pendants à raphé interne, c’est-à-dire hyponastes (Gommart, Boswellie, Baumier, etc.), soit un seul ovule pendant à raphé externe, ou ascendant à raphé interne, c’est-à-dire épinaste (Sumac, Pistachier, Monbin, etc.); ces carpelles sont quelquefois libres (Bucbananie, etc.), le plus souvent concrescents à la base (Monbin) ou dans toute la longueur (Gommart, Boswellie, etc.). Il y en a parfois autant que de sépales (Monbin, Buchananie, Iledwigie, etc.), ils sont alors épipétales; le plus souvent, il n’y en a que trois, dont un postérieur (lig. 1117, A et B), parfois même deux (Sclérocare) ou un seul latéral antérieur (Manguier, Anacarde, fîg. 1117, C). Ils se développent parfois tous également (Boswellie, Baumier, Monbin, Sclérocare, etc.) ; mais souvent, lorsqu'il y a trois carpelles, l’un des deux antérieurs, superposé à l’étamine fertile quand il n’y en a qu’une, se développe seul, les deux autres se réduisant au slyle et au stigmate (Sumac, fig. 1117, A et B, Pistachier, etc.), ce qui rend le pi-til et la fleur tout entière zygomorphe par rapport au plan oblique correspondant, tout aussi bien que dans les Anacardes et les Manguiers. Le
l’ig. 1117. — Diagramme floral : A, du Schinmollé ( Sc/iinus Molle); B, du Sumac des corroyeurs IJlhas coriaria ); C, de l’Anacarde d’Occident (Anacardtum occidentale) : une étamine fertile.
les épipétales (Sumac, fig. 1117, C, Manguier
DICOTYLÉDONES
pistil est quelquefois concrescent avec les trois verticilles externes, et l’ovaire devient infère (Drimycarpe, Holigarne).
Le fruit est une drupe, dont la couche charnue se sépare quelquefois du noyau (Boswellie, Baumier) et qui se développe parfois en aile au sommet (Loxoptéryge) ou à la base (Faguétie), rarement une haie (Comocladie) ou un akène concrescent avec la bractée mère (Dobinée). Le pédicelle se renfle quelquefois en forme de poire au-dessous du fruit (Anacarde, fig. 1118, Sémécarpe). La graine renferme un embryon droit ou courbe, à cotylédons plans (Sumac, Pistachier, etc.) ou plissés (Gommart, etc.), sans albumen; le plan médian de l’embryon est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument.
Les genres peuvent être groupés en deux tribus :
1. Bi rsérées. — Deux ovules hypouastes : Boswellie ( Boswellia ), Garuge (Garuga), Bautuier [Balsainea), Gommart [Bursera), Cauaire ( Cana rium), Hedwigie ( Hedwigia ), etc.
2. Anacardiées. — Un ovule épinaste : Sumac ( Rhus ), Pistachier (Pistacia), Manguier ( Mangifera ), Anacarde ( Anacarclium ), Schin ( Schinus ), Sémécarpe ( Semecarpus ), Monbin ( Spondias ), Sclérocare ( Sclerocdrya ), Dobinée (Dobinea), etc.
Fig, il 18. — Fruit à pédicelle charnu de l’Anacarde d’Occident.
Ces plantes produisent en abondance des résines, baumes, gommes, essences ou vernis employés à divers usages : tels sont la myrrhe (Baumier myrrhe), le bdellium (B. d’Afrique), le baume de la Mecque (B. de la Mecque), l'encens (Boswellie de Carter, B. papyrilère, B. thurifère), la gomme chibou (Gommart gommifère), la résine élémi (divers Canaires, Gommarts, etc.), le vernis du Japon et la laque de Chine (Sumac vernis, etc.), le vernis noir (Mélanorrhée usitée), la térébenthine de Chio (Pistachier térébinthe), le mastic d’Ürient (P. lentisque), le mastic d'Amérique (Schin mollé), etc. Elles sont également riches en tannin et servent au tannage des peaux, notamment les Sumacs (S. des corroyeurs, S. fustet, etc.). Plusieurs sont comestibles par leurs fruits, comme le Manguier de l’Inde et les Monbins (M. doux, M. jaune, M. pourpre, etc.), par leur pédicelle renflé sous le fruit (Anacarde, Sémécarpe), ou par leur graine, comme le Pistachier vrai, etc. De leurs graines on extrait aussi de l'huile et parfois un beurre, connu sous le nom impropre de cire du Japon, qui sert à fabriquer des bougies (Sumac, voir p. 518). Enfin, beaucoup de ces arbres donnent des bois recherchés en ébénisterie (Sumac, Pistachier, Comocladie, etc.).
Si l’on considère l’ensemble de leurs caractères et de leurs propriétés, on voit que les Anacardiacées se relient intimement par les Bursérées, d’une part aux Rutacées et notamment aux Zanthoxylées, de l’autre auxSimarubacées. Ces trois familles sécrètent des produits résineux et essentiels, les Rutacées dans des poches sécrétrices appartenant au parenchyme de la tige et de la feuille, les Simarubacées dans des canaux sécréteurs appartenant au bois primaire de la tige et de la feuille, les Anacardiacées dans des canaux sécréteurs appartenant au liber primaire et secondaire des trois membres de la plante.
Sapindacées. — Les Sapindacées renferment 73 genres, avec environ 760
SAPINDACÉES.
espèces, appartenant la plupart à la région tropicale ; on en connaît plus de 120 à l’état fossile dans le terrain tertiaire. Ce sont des arbres ou des arbustes, rarement des plantes presque herbacées (Cardiosperme, Diplopelte), qui grimpent assez souvent à l’aide de vrilles raméales et offrent alors dans leur tige les anomalies de structure signalées page 824 et 840, figure 540 (Serjanie, Paullinie, Thouinier, Cardiosperme, etc.); la tige peut être volubile en même temps que grimpante (Paullinie). Les feuilles sont isolées, rarement opposées (Marronnier, Érable, Staphylier), sans stipules, parfois munies de stipules caduques libres (Paullinie, etc.), ou axillaires (Mélianthe, Bersème), fréquemment composées pennées, quelquefois composées palmées (Marronnier), rarement simples (Érable, etc.).
Les fleurs sont hermaphrodites, parfois polygames monoïques (Érable champêtre, É. faux-platane, etc.), ou dioïques (Érable à sacre, etc.), quelquefois régulières (Erable, Greyie, etc.), le plus souvent zygomorphes, avec plan de symétrie médian (Mélianthe, etc.) ou oblique, passant par le second (Érable, etc.) ou par le quatrième sépale (Marronnier, etc.), disposées en grappes simples ou plus souvent en grappes de cymes. Elles sont pentamères (fig. 4119), parfois tétramères (Cardiosperme, Schmidélie, Aitonie, etc.).
Les sépales sont libres, ou plus ou moins concrescents (Mélianthe, Marronnier, etc.). Les pétales sont libres, égaux (Érable, Savonnier, etc.) ou inégaux, celui qui est situé dans le plan de symétrie avortant assez souvent (Mélianthe, Marronnier, Serjanie, Paullinie); ils sont munis parfois, sur la face interne, d’un ou deux appendices ligulaires (Paullinie, Serjanie, Urvillée, etc.); ils peuvent avorter tous (Dodonée, Schleichérie, Négonde, etc.). Entre la corolle et l’androcée, le réceptacle se renfle en un disque plus ou moins proi fondément lobé, portant quelquefois cinq prolongements en forme de cornes alternipétales (Xanthocère), unilatéral quand la fleur est zygomorphe (Serjanie, Urvillée, Mélianthe, etc.); ce disque peut aussi être situé entre l’androcée et le pistil (Staphylier, Ptéroxyle, etc.) . L’androcée comprend typiquement dix étamines en deux verticilles alterne s ; mais elles sontrarement toutes fertiles (Savonnier, Lécaniodisque, Paranéphèle, Scorodendre); le plus souvent il en avorte plusieurs et le nombre se réduit ordinairement à huit (Marronnier, fig. 1119, Serjanie, Paullinie,
Érable, etc.), quelquefois à cinq épipétales (Pavier, Érable dasycarpe), à quatre superposés aux quatre pétales les plus développés (Mélianthe, Pomélie, Ptéroxyle), ou à cinq épisépales (Staphylier, etc.); ailleurs, au contraire, il y a dédoublement et l’on compte 12-20 (Deinbollie) ou même plus de 20 étamines (Distichostème). Les filets sont libres; parfois, les deux postérieurs se trouvent unis par f'g- ui9. — Dîagram-
, -, . . me de la fleur du Mar-
une membrane (Melianthe) ou bien ils sont tous con- ronuier hippocastane crescents en tube (Aitonie) ; les anthères sont introrses, ( Æscuius Htppoca*-
' 11 tanum).
à quatre sacs s’ouvrant en long. Calice, corolle et androcée peuvent être concrescents en une coupe, au fond de laquelle s'attache le pistil I (Akanie, Euscaphe). Le pistil se compose rarement d’autant de carpelles que de sépales, épipétales (Greyie) ou épisépales (Aitonie); il en compte ordinaire-
VAN TIEGIIEM, TRAITÉ, 2e ÉDITION. 104
DICOTYLÉDONES
ment trois dont un dans le plan de symétrie (fig. 1119), parfois deux dans le plan de symétrie (Érable) ou quatre, deux médians et deux latéraux (Mélianlhe). Ces carpelles sont clos, concrescents en un ovaire pluriloculaire contenant dans chaque loge un (Savonnier, Paullinie, Serjanie, etc.), deux (Marronnier, Érable, etc.), rarement de plus nombreux (Xanthocère, Staphylier, etc.), ovules anatropes ou campylotropes, ascendants à raphé interne, c'està-dire épinastes, très rarement pendants à raphé interne, c’est-à-dire hyponastes (Aitonie); l'ovaire est terminé quelquefois par deux styles libres (Érable), ordinairement par un style indivis ou trifide. La fermeture des carpelles peut demeurer incomplète, ce qui rend la placentation pariétale (Greyie); ailleurs encore, les trois carpelles sont libres (Euscaphe) ou seulement concrescents à la base (Staphylier).
Le fruit est tantôt une capsule à déhiscence loculicide (Marronnier, Kœlreutérie, Bersame, Cardiosperme, etc.), seplicide (Paullinie, Greyie, etc.) ou apicale (Hélianthe, Staphylier), tantôt un polyakène (Savonnier, Érioglosse), souvent ailé au-dessus (Atalaie, Thouinier, Érable, Négonde, etc.), au milieu (Urvillée) ou au-dessous de chaque loge (Serjanie), et devenant ainsi une trisamare (Serjanie, Atalaie, etc.) ou une disamare (Érable, etc.). Ailleurs, c’est un triple follicule (Euscaphe), une drupe (Mélicoque, Lépisanthe), ou une baie (Stadmanie). La graine, parfois ailée (Ptéroxyle), assez souvent munie d’un arille (Deinbollie, Spanoghée, Néphèle, Euphorie, Bersame, etc.), renferme un embryon quelquefois droit (Staphylier, Néphèle, etc.), le plus souvent courbé ou enroulé sur lui-même, à cotylédons parfois foliacés et plissés (Érable, etc.), sans albumen, rarement avec un albumen charnu ou corné (Mélianthe, Staphylier, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide le plus souvent avec le plan de symétrie du tégument (Kœlreutérie, Marronnier, Savonnier, Paullinie, Mélianthe, etc.), mais parfois aussi lui est perpendiculaire (Érable, Staphylier, Ptéroxyle, Magonie, etc.).
Plusieurs Sapindacées donnent des fruits comestibles (Savonnier corne, stible, Schmidélie comestible, Érioglosse comestible, Pappée du Gap, etc.) ou des graines comestibles soit par leur arille charnu (Euphorie longane, Néphèle lappacé, Cupanie sapide, etc.), soit par leur embryon amylacés (Paullinie sorbile, Marronnier hippocastane, diverses Cupanies, etc.). Les Savonniers renferment de la saponine (voir p. 541) dans tous leurs tissu notamment dans l’écorce et dans le péricarpe, et sont employés à la lessive. La lige des Érables (É. à sucre, etc.) contient au printemps une sève sucrée qu’on exploite au Canada; on perfore le bois pour la faire écouler et l’on peut en extraire, par arbre et par saison, jusqu’à 2 kilogrammes de sucre de Canne. Enfin, ces plantes donnent des bois recherchés, notamment les Érables, les Marronniers, la Stadmanie, sidéroxyle, le Ptéroxyle utile, etc.
Les genres sont groupés en quatre tribus :
1. Sapindées. — Trois carpelles, pas d’albumen : Urvillée ( Urvillea ), Serjanie (Serjania),
Cardiosperme ( Cardiospermum ), Paullinie (Paullinia), Schmidélie ( Schmidelia ), Kœlreutérie (Kœlreuteria), Marronnier (Æscutus), Cupanie ( Cupania ), Ratonie ( Ratonia ), Savonnier ( Sapindus ), Dodonée (Dodonæa), ,e te.
2. Acérées. — Deux «arpelles, pas d’albumen: Érable (Acer), Négonde ( Negundo ).
3. Méuanthées. — Disque extrastaminal, albumen charnu : Mélianthe ( Melianthus ), Ber-
same ( Bersama ), Greyie ( Greyia ).
SABIÉES — MALPIGHIACÉES. 1651
4. Staphyléées. — Disque intrastaminal, albumen charnu : Staphylier ( Staphylea ), Euscaphe
(Euscaphis), Turpinie (Turpinia).
Les Sapindacées se relient aux Anarcardiacées, dont elles diffèrent par l’absence de canaux sécréteurs, la fréquente zygomorphie des fleurs et la situation presque toujours extrastaminale du disque; elles ressemblent aussi beaucoup aux Méliacées, dont elles se distinguent surtout par la direction de l’ovule et la position du disque; enfin, elles se rapprochent encore des Malpighiacées, comme il sera dit plus loin.
Sablées. — Les Sabiées comprennent quatre genres, avec 32 espèces, croissant dans la région tropicale et subtropicale de l’hémisphère boréal. Ce sont ■des arbres et des arbustes à feuilles isolées, sans stipules, simples ou composées pennées. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites ou polygames, pentamères avec pistil dimère, disposées le plus souvent en grappes composées. La corolle est superposée au calice, au lieu d’alterner, comme d’ordinaire, avec lui ; ses pétales sont parfois inégaux (Phoxanthe), deux d’entre eux demeurant très petits et les trois grands étant doublés d’appendices ligulaires (Méliosme). L’androcée est également superposé à la corolle, dont il est séparé par un disque annulaire; ses cinq étamines sont toutes fertiles (Sabie) ou bien les trois superposées aux grands pétales se réduisent à des staminodes (Méliosme, Phoxanthe). Le pistil se compose de deux carpelles médians, clos, libres (Sabie) ou concrescents dans toute leur longueur, avec un style unique terminé par un stigmate bilobé (Méliosme), renfermant chacun deux ovules anatropes ascendants à raphé ventral. Le fruit est une drupe simple (Méliosme, Phoxanthe) ou double (Sabie). La graine contient un embryon courbe à cotylédons épais, souvent enroulés, sans albumen.
Genres : Sabie ( Sabia ), Méliosme ( Meliosma ), Phoxanthe ( Phoxanthus ), Ophiocare ( Ophiocaryon ).
Les Sabiées se rattachent directement aux Sapindacées, dont elles se distinguent surtout par la superposition des pétales aux sépales; l’indépendance des carpelles rapproche les Sabies surtout des Staphyliers.
Malpighiacées. — Les Malpighiacées renferme 49 genres, avec environ 580 espèces, la plupart tropicales, croissant principalement au Brésil ou à la Guyane; on en connaît 30 espèces foseiles tertiaires. Ce sont des arbres ou des arbustes, souvent volubiles à droite (Tryalle, etc.) ou grimpants et dont la tige offre alors une structure anomale (voir p. 823 et 829, fig. 543) ; les feuilles
Ii sont ordinairement opposées, simples, munies de stipules diversement conformées, parfois sans stipules, portant des poils couchés en navette (voir p. 602, fig. 410). Les fleurs sont hermaphrodites, rarement polygames (Coléostachide, Ryssoptéride), régulières (Malpighier, Byrsonime, etc.) ou zygomorphes avec plan de symétrie oblique passant par le troisième sépale (Hiptage, Stigmaphylle, etc.), le plus souvent groupées en grappes, en ombelles ou en grappes composées, rarement solitaires (diverses Gamarées). Elles sont i pentamères avec deux rangs d’étamines et un pislil trimère (fig. 1120).
Les sépales, plus ou moins concrescents, sont fréquemment munis, sur leur face externe, de deux glandes (fig. 10^0), qui manquent sur le troisième sépale quand la fleur est zygomorphe (Stigmaphylle, Hétéroptère, etc.), ou même so
réduisent à une seule située du côté opposé, entre les sépales 2 et 4 (Iliptage) ; ces glandes peuvent faire défaut (Galphimie, Coléostachide, etc.). Les pétales sont onguiculés, libres, le plus souvent égaux, parfois inégaux (llirée, Banistérie, etc.), le postérieur pouvant même prendre une forme et une couleur différentes (Iliptage). Les dix étamines sont ordinairement toutes fertiles (Malpighier, fig. 1020, etc.); l’une d’elles, superposée au troisième sépale, est parfois beaucoup plus grande que les neuf autres (Hiptage) ; les épipétales avortent quelquefois, toutes (Aspicarpe, Gaudichaudie) ou à l’exception d’une seule (Schwannie, Camarée). Les filets staminaux, souvent concrescents à la base, portent des anthères introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long, souvent munies d'appendices variés (Ptérandre, Lophanthère,etc.). Les trois carpelles sont fermés et concres- F'de îV fleur "du Mafpi^gh?» cents, à l’exception des styles qui demeurent libres;
macrophyiie (Maipighia chaque loge contient un seul ovule semi-anatrope, pres-
macrophylla). . , , , .
que orthotrope ou campylotrope, descendant a raphe interne, hyponaste par conséquent. 11 n’y a quelquefois que deux carpelles (Dicelle) ; ailleurs, le carpelle superposé au troisième sépale est seul pourvu d’un style, qui est plus ou moins gynobasique (.Schwannie, Camarée, Gaudichaudie, etc.).
Le fruit est un triakène (Ptérandre, Coléostachide, etc.), souvent muni de côtes ou d’ailes, dorsales (Banistérie, Lophoptéride) ou latérales (Mirée, Aspidoptéride, Iliptage, etc.), qui en font une trisamare, rarement une capsule loculicide (Galphimie, etc.), une drupe (Malpighier, Byrsonime, etc.) ou un simple akène par avortement (Dicelle, Diacidie, etc.). La graine, dépourvue d’albumen, renferme un embryon droit ou courbe avec des cotylédons souvent inégaux, dont un seul se développe quelquefois (divers Brachyptérides et Mirées) ; le plan médian de l’embryon coïncide à la fois avec le plan de symétrie du tégument et avec le plan médian du carpelle.
Les drupes de divers Malpighiers et Byrsonimes sont comestibles. Le bois de plusieurs de ces plantes, et notamment des Byrsonimes, est riche en tannin et en un principe colorant rouge qui le fait employer en teinture ; il sert aussi aux constructions (Bembice couvrant, etc.).
Genres principaux : Byrsonime ( Byrsonima ), Malpighier ( Maipighia ), Galphimie ( Galphimia ), Acridocarpe (Acridocarpus), Stigmaphylle ( Stigmaphyl lum)y Banistérie ( Banisteria ), Tétraptéride (. Tetrapterys ), Hirée (Hiræa), Gaudichaudie ( Gaudichaudia , etc,).
Les Malpighiacées sont une famille très homogène, qui se relie à la fois aux Sapindacées, dont elles se distinguent par les feuilles opposées et simples, par les glandes du calice, par l’absence d’appendices ligulaires aux pétales, par l’absence ordinaire du disque et la forme presque orthotrope des ovules, et aux Érythroxylées (tribu des Linacées), dont elles diffèrent par les feuilles opposées, l’unité de l’ovule et l’absence d'albumen.
Polygalées. — Les Polygalées comprennent 14 genres, avec environ 400 espèces, dont 200 pour le seul genre Polygale, répandues dans toutes les régions
POLYGALÉES.
tempérées et chaudes du globe. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, des arbustes qui grimpent parfois à l’aide de branches ordinaires, enroulées en vrille (Sécuridace,Comésperme, etc), rarement de petits arbres (divers Xanthophylles) ; les feuilles sont isolées, rarement opposées (Polygales du Gap), simpleset sans stipules, à limbe entier. Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes par rapport au plan médian, disposées en épis, grappes ou capitules, rarement solitaires (Muraltie), pentamères avec deux rangs d'étamines et un pistil dimère (fîg. 1021).
Les sépales sont libres, parfois égaux (Salomonie, Muraltie), ordinairement les deux internes et latéraux beaucoup plus grands que les trois autres, et pélaloïdes (fig. 1021). Les pétales peuvent être égaux, libres (Xanthophylle) ou con- | crescents (Carpolobie) ; mais le plus souvent les deux latéraux avortent et la ! corolle se réduit à. trois pétales, dont l'antérieur est beaucoup plus grand que les deux autres (fig. 1021), ployé en carène,
; souvent muni à l'extérieur d’appendices frangés (Sécuridace, divers Polygales). Les deux étamines situées dans le plan médian avortent ; les huit autres sont libres (Xanthophylle) ou s’unissent par leurs filets en un tube fendu en arrière (fig. 1122), lui-même concrescent dans une plus ou moins grande longueur avec la corolle, notamment avec la carène (Polygale, etc.) ; il n’y a quelquefois que sept (certaines Muralties), cinq (Carpolobie, Trigoniastre) ou quatre étamines (Salomonie); les anthères ont quatre sacs, quelquefois deux sacs seulement (Muraltie), et s’ouvrent par deux pores terminaux, rarement par deux fentes longitudinales (Xanthophylle). Le pistil est formé de deux carpelles médians, rarement de trois (Trigoniastre) dont un postérieur; ils sont concrescents, tantôt fermés et renfermant dans chaque loge un ovule anatrope pendant à raphé interne (Polygale, fig. 1121, etc.), tantôt ouverts et portant deux ovules sur chaque placente pariétal (Xanthophylle); l’ovaire est surmonté d'un’ style courbé dan s le plan de symétrie, à extrémité bilobée. Le carpelle postérieurest parfoisrudimentaire ou avorté (Sécuridace, Monnine).
Le fruit est le plus souvent une capsule loculicide (Polygale, Muraltie, Comésperme, etc.), parfois un akène muni d’une aile circulaire (Monnine) ou unilatérale (Sécuridace), une trisamare (Trigoniastre), une drupe comestible (Carpolobie, Mundtie) ou une baie (Xanthophylle, Moutabée). La graine, dont le tégument est parfois muni d’une aigrette de poils (Comésperme) ou d’un arille (Polygale, Muraltie, etc.), contient un embryon à cotylédons minces avec un albumen abondant (Polygale, Muraltie, etc), ou un embryon à cotylédons épais sans albumen (Sécuridace. Xanthophylle, Polygales de la section Phylace, etc.).
Genres pricipaux : Polygale ( Polygalu ), Muraltie ( Muraltia ), Comésperme ( Comesperma ), Sécuridace ( Securidaca ), Monnine (/I tonnina), Xanthophylle ( Xanthophyllum ), etc.
Polygale vulgaire ( Po - cée du Polygalt
lygala vulgaris). ( Polygala ).
DICOTYLÉDONES
Les Polygalées se relient aux Sapindacées zygomorphes, dont elles se distinguent surtout parles feuilles simples, la position du disque et la direction des ovules.
Trémandrées. — Les Trémandrées ne comprennent que 3 genres, avec 24 espèces, propres à l’Australie extra-tropicale. Ce sont de petits arbustes à feuilles isolées, opposées ou verlicillées, simples, entières, sans stipules. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, solitaires à l’aisselle des feuilles. Elles sont pentamères (Plalylhècc, Trémandre) ou tétramères (Tétrathèce), avec deux rangs d'étamines et un pistil dimère. Les sépales et les pétales sont libres. Les étamines sont en deux verlicilles alternes (Platylhèce, Trémandre), ou bien les épisépales avortent et les autres se dédoublent de façon que, devant chaque pétale, ilyadeux étamines (Tétrathèce) ; les anthères ont quatre (Tétrathèce, Platythèce)ou seulement deux (Trémandre) sacs polliniques qui s’ouvrent par un pore terminal. Le pistil est formé de deux carpelles médians, clos et concrescents en un ovaire biloculaire, contenant dans chaque loge un (Platylhèce) ou deux (Trémandre, etc.) ovules anatropes pendants à raphé interne. Le fruit est une capsule loculicide. La graine, munie près de la chalaze d’un appendice enroulé en spirale (Trémandre, Tétrathèce), renferme un albumen charnu avec un petit embryon droit.
Ce petit groupe se rattache directement aux Polygalées, dont il peut être considéré comme étant la forme régulière.
Genre : Trémandre ( Tremandra ), Platylhèce ( Platytheca ), Tétrathèce ( Telratheca ).
Vochysîacées. — Les Vochysiacées contiennent 7 genres avec 127 espèces
propres à l’Amérique tropicale, presque exclusivement confinées au Brésil et à la Guyane. Ce sont des arbres ou des arbustes à suc résineux, parfois grimpants (Trigonie), à feuilles opposées (Trigonie, Érisme, etc.), verticillées (Salvertie, etc.) ou isolées (Lightie), simples, entières, avec de petites stipules caduques. Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes avec plan de symétrie oblique passant par le quatrième sépale (Vochysie, Salverlie, etc.) ou par le troisième (Trigonie, etc.), disposées en grappes simples ou composées, en grappes d’ombelles, ou en cymes hipares avec tendance liéliçoïde (Trigonie, Qualée, etc.). La fleur est pentamère avec deux rangs d’étamines et un pistil trimère (fig. 1123).
Les sépales plus ou moins concrescents sont presque égaux (Trigonie, etc.) ou très inégaux (fig. 1123), le quatrième étant beaucoup plus grand que les autres et éperonné (Vochysie, fig. 1123, etc.), parfois seul caduc (Érisme). Les pétales sont toujours inégaux ; celui qui est diamétralement opposé au troisième sépale (Trigonie) ou au quatrième (Salvertie, fig. 1123) est le plus grand, parfois éperonné (Trigonie); les deux voisins sont moyens, les deux postérieurs plus petits; ces derniers avortent parfois, ne laissant que trois pétales (Lightie, Vochysie); les moyens peuvent avorter aussi et la corolle se réduire au grand pétale (Érisme, Qualée, Callisthène). Une partie seulement des
i’ig. i 123. Diagramme de la fleur de la Salvertie convallariodore ( Salvertia convallar iodora ).
LÉGUMINEUSES
i étamines est fertile : tantôt les six (Trigonie) ou les quatre (Lightie) situées du côté du troisième sépale, qui sont concrescentes en tube, tantôt une seule, qui est superposée soit au grand pétale (Vochysie, Salvertie, fig. 1123), soit au cinquième sépale et extérieure au plan de symétrie (Érisme, Qualée, Callisthène); toutes les autres étamines sont réduites à des staminodes, ou même manquent complètement. Les anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Calice, corolle, androcée, sont concrescents en coupe à la base, rarement libres (Trigonie). Le pistil est formé de trois carpelles, dont un dans le plan de symétrie (fig. 1123), rarement de ce dernier seulement (Érisme) ; ces carpelles sont fermés et concrescents en un ovaire contenant dans l’angle interne de chaque loge deux ovules descendants à raphé interne, rarement ascendants à raphé interne (Érisme), collatéraux, anatropes ou semi-anatropes (Érisme, Vochysie, Salvertie, Lightie), ou deux rangs d’ovules (Qualée, Callisthène, Trigonie): l’ovaire est terminé par un style simple avec un stigmate diversement conformé. Le pistil est parfois concrescent avec les verticilles externes, ce qui rend l'ovaire infère (Érisme) .
Le fruit est une capsule loculicide (Vochysie, etc.) ou septicide (Trigonie, etc.), rarement un akène couronné par le calice persistant et accru (Erisme). La graine, ailée (Vochysie, Salvertie, etc.), ou couverte de poils cotonneux (Trigonie), contient un embryon à cotylédons plans avec un albumen charnu (Trigonie, etc.), ou à cotylédons repliés sans albumen (Vochysie, etc.).
Les genres se groupent en deux tribus, nettement séparées :
1. Vochysikes. — Capsule loculicide, pas d’albumen : Vochysie ( Vochysia ), Salvertie ( Sal -
vertia), Callisthéoe ( Callisthène ), Qualée (Quai en), Erisme ( Erisma ).
2. Tiugoniées. — Capsule septicide, un albumen : Trigonie ( Trigonia ), Lightie ( Lightia ).
Légumineuses. — La vaste famille des Légumineuses comprend 400 genres, avec environ 6300 espèces, répandues par tout le globe, depuis les régions équinoxiales jusqu’aux terres arctiques et aux montagnes élevées. On en connaît environ 250 espèces fossiles, toutes tertiaires, appartenant en grande majorité aux genres actuellement vivants. Ce sont des herbes, des arbustes ou des arbres, de port très divers, parfois grimpant à l’aide de vrilles foliaires (Gesse, Vesce, Entade grimpant, Bauhinier,etc.), ou volubilesà droite (Haricot, Glycine) et offrant alors les anomalies déstructuré signalées, p. 822, 828, 830 , fig. 543. Les feuilles sont isolées, rarement opposées (Jansonie, Platymisce, Tétrapleure, certains Podalyries et Diptéryces, etc.), composées palmées ou pennées, rarement simples (Brachysème, Chorizème, Mirbélie, certains Genêts, etc.), quelquefois réduites au pétiole dilaté en phyllode (fig. 93, p. 283) (divers Acaciers, Mimoses, Prosopes, Casses), munies de stipules parfois très petites et rudimentaires.
Les fleurs sont ordinairement hermaphrodites, rarement polygames, tantôt régulières (Mimose, etc.), tantôt zygomorphes par rapport au plan médian (Haricot, etc.), parfois solitaires, le p lus souvent en grappes simples ou composées, en grappes d'épis ou de capitules, rarement en cymes (Dalbergie, etc.). Elles sont pentamères avec deux rangs d’étamines et un pistil monomère, rarement tétramères (Copaïer de Langsdorf, Mimose
DICOTYLÉDONES
Fig. 1124. — Diagramme de la fleur de la Fève vulgaire ( Fa ba vuîgaris ).
Fig. 1125. — Diagramme de la fleur duGaiuier siliquastre (Cercis Siliquastrum).
pudique, Acacier latifolié, etc.), ou trimères (Apulée, Acacier junipérin).
Le calice offre quelquefois l’orientation normale, c’est-à-dire que le sépale médian est postérieur (Mimose, Acacier, Inge, etc.), mais le plus souvent il est orienté en sens inverse, avec le sépale médian en avant, superposé à la
bractée mère. Les sépales sont libres ou concrescents en tube et en cloche, égaux ou inégaux (fig. 1124 et 1125); dans ce dernier cas, c’est ordinairement le côté . w . inférieur qui est plus développé que l’au-
y ^re> rarement le côté supérieur (Ptérode, Diptéryce, Monoptéryce), et, s’il est gamosépale, le calice est plus ou moins profondément bilabié (Ajonc, etc ) ; les sépales peuvent être unis dans toute leur longueur en une coiffe qui se déchire à l’épanouissement (Fissicalice, Baphie, Swartzie) ; ailleurs, au contraire, ils sont rudimentaires (Mimose, Caroubier, etc.). La corolle a ses pétales parfois égaux (Cadier, tribu des Mimosées), le plus souvent inégaux (fig. 1124 et 1125). Dans ce dernier cas, il arrive que le pétale médian, qui est postérieur et qu’on nomme l 'étendard, recouvre dans le bouton les deux latéraux nommés les ailes, qui, à leur tour, recouvrent les deux antérieurs appliqués bord à bord et formant ensemble ce
qu'on appelle la caréné (fig. 1124); la préfloraison est dite alors véxillaire et la corolle papilionacée (fig. 1126). Cette disposition caractérise la tribu des Papilionacées; l’étendard y est, en général, plus grand que les autres pétales; quelquefois cependant il est plus petit que les ailes et c’est la carène qui est la partie la plus développée (Mucune Edwardsie). Ailleurs, au contraire, ce sont les deux pétales antérieurs, qui recouvrent les deux latéraux, lesquels à leur tour recouvrent le postérieur (fig. 1125) ; la préfloraison est dite carénale, bien que les deux pétales intérieurs ne soient pas réellement unis en carène et ne diffèrent pas beaucoup des deux latéraux; celte disposition caractérise la tribu des Césalpiniées. Égaux ou inégaux, les pétales sont souvent libres, mais parfois aussi concrescents en une corolle gamopétale, régulière (Acacier, Mimose, etc.), ou zygomorphe (Trèfle) ; la concrescence peut ne porter que sur les deux pétales de la carène, ou sur les quatre pétales antérieurs (Astragale). On voit avorter quelquefois soit les deux pétales d’avant (Amherslie, Tamarin, Kramérie, etc.), soit les quatre pétales antérieurs (Amorphe, Attélée, Swartzie, Macrolobe, Afzélie, etc.), soit même la corolle tout entière (Paryelle, Caroubier, Copaïer, Diale, Crudie, etc.).
L’androcéeest composé ordinairement de dix étamines en deux verticilles alternes, toutes libres (Podalyrie, Sophore, Brésillet, Gainier, Cadier, 1 aikie, etc.), toutes concrescentes en tube (Genêt, Cytise, Bugrane, etc.), ou la
Fig. 1126. — Corolle papilionacéa ; a, étendard ; 6, ailes; c, carène.
LÉGUMINEUSES
supérieure seule libre, les neuf autres concrescentes en tube fendu en haut, en face de l’étamine libre (fig. 1127) (Haricot,
Yesce, Trèfle, Amherstie, etc.). Une partie de ces étamines avorte quelquefois : tantôt l’avortement s'opère régulièrement autour de Taxe, réduisant les étamines épisépales à des staminodes (Dimorphandre) ou supprimant les épipétales (Caroubier,
Apulée, Mimose pudique, etc.) ; tantôt il pro- Fie- 1127gresse d’arrière en avant, supprimant l’épi pétale postérieure (Chorizandre), réduisant à des staminodes les trois postérieures (beaucoup de Casses), supprimant la postérieure et réduisant à des staminodes les quatre autres épipétales ainsi que les deux épisépales postérieures et ne laissant subsister que les trois épisépales antérieures (Tamarin), ou supprimant tout à fait ces sept étamines déjà stériles (Macrolobe) ; tantôt, enfin, il marche d’avant en arrière, supprimant toutes les étamines, moins les deux épipétales postérieures (Diale), quelquefois accompagnées des trois épisépales postérieures réduites à des staminodes (Distémonanthe). Ailleurs encore, les épipétales avortent, ainsi que l’épisépale antérieure, et l’androcée n’est formé que de quatre étaminesdidynames (Kramérie). Quelquefois, au contraire, les étamines se multiplient, soit partiellement, les antérieures demeurant simples, tandis que les postérieures sont remplacées par de nombreuses étamines (Swartzie), soit totalement; dans ce dernier cas, les nombreuses étamines qui résultent de cette ramification se trouvent groupées uniformément tout autour du pistil, libres (Acacier, Aldine, etc.) ou concrescentes en tube (Albizzie, Inge, etc.). Par ces genres à étamines ramifiées, les Légumineuses font transition vers Je type méristémone. Les anthères sont ordinairement introrses, à quatre sacs contenant des grains de pollen simples et s’ouvrant par deux fentes longitudinales, rarement par des pores terminaux (Kramérie) ; quelquefois, elles ont un plus grand nombre de sacs, produisant chacun une petite masse pollinique (Mimose, Acacier, etc., voir p. 378); elles sont parfois terminées par une glande caduque (Adénanthère, etc.). Quand la corolle est gamopétale, les étamines peuvent être concrescentes avec elle (Trèfle, Inge) ; d'autre part, le calice, la corolle et l’androcée sont assez souvent concrescents en coupe ou en tube à la base (Cadier, Brésillet, Tamarin, Hématoxyle, Sclérolobe, etc.). Enfin, entre l’androcée et le pistil, le réceptacle produit quelquefois un disque annulaire ou lobé (Haricot, etc.).
Le pistil se compose d'un seul carpelle clos, médian, toujours antérieur, épisépale, par conséquent, quand le sépale médian est tourné en avant, comme dans la grande majorité des cas (fig. 1224 et 4125), épipétale, au contraire, quand ce sépale est placé en arrière, comme dans les exemples cités plus haut. Ce carpelle est sessile ou porté par un pétiole souvent assez long; dans ce dernier cas, si les quatre verticilles externes sont unis en tube à la base, il arrive parfoisque le pétiole ducarpelle estconcrescent avec ce tube sur sa face ventrale (Tamarin, Amherstie, etc.). Chaque bord de la suture ovarienne porte une rangée d’ovules anatropes ou campylotropcs, à deux téguments, horizontaux, ascendants ou pendants, toujours hyponasles (voir fig. 335, p. 389,
DICOTYLÉDONES
lig. 267 et 268, p. 410); chaque rangée se réduit parfois à un seul ovule (Kramérie, Hématoxyle, etc.), ou même l'un des bords est stérile, l’autre uniovulé (Diptéryce, Youacapoue,Psoralée, etc.). L’ovaire se termine par un style plus ou moins long, stigmatifère au sommet, souvent arqué ou enroulé. Le pistil comprend quelquefois plusieurs carpelles libres : deux médians, exceptionnellement dans les Haricots, normalement dans la Pulténée obovale,la Swart* zie dicarpe et quelques autres, deux à cinq dans le genre brésilien Affonsée.
Le fruit est une capsule allongée, parfois enroulée en spirale (Luzerne, Prosopes de la section Strombocarpc, etc.), s’ouvrant par deux fentes longitudinales, à la fois le long de la suture et suivant la ligne dorsale ; une pareille capsule a reçu le nom de légume (p. 995) et c’est à ce caractère que la famille doit son nom. Il se fait quelquefois entre les deux rangées de graines une fausse cloison longitudinale partant de la ligne dorsale (divers Astragales) ou de la commissure (Oxylrope); ailleurs, une série de cloisons transversales séparent les graines, qui alternent d'une rangée à l'autre. Dans ce dernier cas, le fruit demeure indéhiscent et se conserve entier (Casses de la section Cathartocarpe) ou bien se sépare en autant d’articles qui sont des akènes (Sainfoin, Mimose, Tamarin, etc.). Ailleurs, le fruit se réduit à un seul akène (Diptéryce, Esparcelte, Arachide, Hématoxyle, Dalbergie, etc.), parfois ailé (Ptérocarpe) ; ailleurs encore, c’est une drupe (Ooumaroune, Détare, Diale, etc.).
La graine, tantôt munie d’un albumen charnu ou corné (Mimose, Caroubier) fig. 600, p. 919, Casse, etc.), tantôt dépourvue d’albumen (Haricot, Yesce, etc.), renferme un embryon droit (Césalpiniées, Mimosées) ou courbe (Papilionacées), à cotylédons quelquefois plissés (Scorpiure, certaines Casses, etc.), orienté de manière que son plan médian soit perpendiculaire au plan de symétrie de la graine; s’il est courbe, les cotylédons sont par conséquent accombants. Les Casses de la section Cathartocarpe font exception, l’embryon y étant orienté à 45°. Plusieurs de ces plantes enfoncent leurs jeunes fruits dans le sol et mûrissent leurs graines sous terre (Arachide, Yoandzée, divers Trèfles, Vesces, Gesses, etc.). A la germination, les cotylédons sont tantôt hypogés (Vesre, etc.), tantôt épigés (Lupin, etc.).
Les genres sont groupés en trois grandes tribus, de la manière suivante :
1. Mimosées. — Corolle régulière, embryon droit : Parkie ( Parkia ), Entade ( Entacla ), Pip-
tadènie ( Piptadenia ), Prosope ( Proso/ns ), Mimose (Mimosa), Acacier (Acacia), Calliandrr ( Calliandra ), Pithécolobe (Pithecolobium), tnge (Inga), etc.
2. Césalpiniées. — Corolle zygomorphe à pré floraison carénale, embryon droit : Brésillet
( Cæsalpinia ), Casse (CassiaY Bauhinier (Hauhinia), Copaïer ( Copaifera ), Dimorphaudre (Dimorphandra), Swartzie (Swartzia), Kramérie (Krameria), etc.
3. Papilionacées. — Corolle zygomorphe à préfloraison véxillaire, embryon courbe :
Podalyrie ( Podalyria ), Oxylobe ( Oxylobium ), Lotonoue (Lotononis), Crotalaire ( Crota - /aria), Lupin (Lupinus), Genêt ( Genista),A]one(Ulex ), Cytise (Cytisus), Bugrane(0«o?u’s), Trigonelle (Trigonella), Luzerne (Medicago), Trèfle (Trifolium), Lotier (Lotus), Psoralée ( Psoralea ), Dalée (Dalea), Indigotier (Indigofera), Galège (Ga/ega), Téphrosie (Tephrosia), Astragale (Astragalus), Oxytrope (Oxytropis), Coronille ( Coronilla ), Sainfoin ( Hedysu rum), Esparcette (Onobrychis), l)e3inode (Dcsmodium), Vesce (Vicia), Gess e (Lathyrus), Haricot ( Phaseolus ), Dolic ( Dolichos), Rhyuchosie (Rhynchosia), Dalbergie (Dalbergia), Sopliore (Sophora), etc.
La famille des Légumineuses est une des plus utiles à l’homme. Les Papilionacées donnent des graines alimentaires (Pois, Haricot, Dolic, Fève, Vesce, Chiche, Lentille, Lupin, Cajan, etc), ou oléagineuses (Arachide,
LÉGUMINEUSES
CONNARÉES.
i Voandzée), des fourrages (Trèfle, Esparcette, Sainfoin, Lupin, Casse, Lotier, Yesce, Ornithope, etc.), des principes colorants, notamment l’indigo (Indigotier), des matières sucrées (racines de Réglisse, Abre, Astragale glycyphylle, etc., manne écoulée des branches des Alliages, etc.), des gommes (gomme adragant de divers Astragales), du tannin (kino et cachou des Ptérocarpe et Ilécastophylle), des résines (baume de Tolu des Toluifères, gomme laque des Butées), de beaux bois de construction ou d’ébénisterie (Robinier, Aubour, Ptérocarpe, Dalbergie, Andire, Coumaroune, Lonchocarpe, etc.) ou des bois extrêmement mous et légers (Érythrine, Eschynomène, Sesbanie, etc.). Les Césalpiniées produisent des fruits comestibles ou purgatifs, soit par la zone externe du péricarpe quand ils sont drupacés (Détare, Diale, etc.), soit par la zone moyenne charnue (Tamarin, Caroubier), soit par une pulpe développée à l’intérieur de la loge entre les graines et les cloisons transversales qui les séparent (Casses de la section Galhartocarpe), des substances résineuses | (baume de Copahu des Copaïers, résine copal et animé des Hyménées), des bois de construction ou d’ébénisterie (Dycorinie, Vouacapoue, Copaïer, Hyménée, Mélanoxyle, Apulée, Brésillet, etc.), des bois de teinture (bois de Campêche de l'Hématoxyle, bois du Brésil du Brésillet échiné, etc.). Les Mimosées, enfin, donnent aussi des fruits comestibles par une pulpe intérieure (Prosope, i luge, Pilhécolobe,etc.),des gommes (gomme arabique de divers Acaciers, etc.), du tannin (cachou de divers Acaciers), des bois de construction et de menuiserie (Acacier, Pithécolobe, Lysilome, etc.).
Les Légumineuses forment une famille nettement circonscrite, qui se rapproche des Géraniacées, et notamment des Oxalidées, ainsi que des Anacardiacées, par ses types réguliers, des Polygalées par ses types zygomorphes et surtout par les Kraméries. Elle se relie aussi à la famille des Rosacées, comme il sera dit plus loin.
Connarées. — Les Connarées renferment 12 genres, avec 140 espèces, toutes tropicales. Ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles isolées, composées pennées et sans stipules. Les fleurs sont petites, hermaphrodites, régulières,
! pentamères, disposées en grappes simples ou composées. Au calice et à la corolle succède un androcée formé de dix étamines en deux verticilles alternes, les épipétales parfois stériles ou complètement avortées (Ellépanthe, etc.); les filets, souvent concrescents à la base, portent des anthères introrses à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil se compose de cinq carpelles épipétales, fermés et libres, se réduisant parfois à un seul (Ellépanthe, Tricholobe), renfermant chacun deux ovules collatéraux, orlhotropes et ascendants, rarement à demi (Manote)ou tout à fait anatropes (Tricholobe), et alors descendants à raphé ventral. Quand il y a cinq carpelles, le fruit se compose de cinq follicules, parfois réduits à un seul par suite d’avortement (Connare) ; quand il n’y a qu’un carpelle, c’est un légume (Tricholobe). La graine, parfois munie d’un ' arille charnu et coloré (Connare, p Rourée, Cneste), que l’on mange dans le i Connare comestible, renferme un embryon droit à gros cotylédons sans albumen (Connare, Agélée, Rourée, Tricholobe, etc.), ou à cotylédons foliacés 1 avec un albumen charnu(Cneste, Manote).
Principaux genres: Agélée ( Agelæa ), Rour ée(Rourea), Connare ( Connarus ),
DICOTYLÉDONES
Cneste ( Cnestis ), Tricholobe ( Tricholobus ), Ellépanthe ( Ellepanthus ), etc.
Les Connarées se rattachent aux Géraniacées, tribu des Oxalidées, et notamment aux Caramboliers etaux Gonnaropses, dont elles diffèrent par l'indépendance des carpelles et l’orthotropie des ovules. Mais leur affinité avec les Légumineuses, par les Tricholobes qui n’ont qu’un carpelle et dont le fruit est un légume, semble encore plusétroite; elles ne diffèrent du type régulier des Légumineuses que par l’absence de stipules et l'orlhotropie des ovules.
Rosacées. — La grande famille des Rosacées comprend 71 genres, avec plus de 1000 espèces, répandues par toute la Terre et sous tous les climats; elle apparaît dès le terrain crétacé avec le genre Poirier, mais la plupart des restes fossiles qui lui appartiennent ont été trouvés dans les couches tertiaires; on en .connaît 90 espèces fossiles, qui rentrent toutes dans les genres encore vivants. Ce sont des herbes, des arbustes ou des arbres de port très varié, à feuilles isolées, rarement opposées (Goléogyne, Rhodotype, Eucryphie), simples ou diversement composées, munies de stipules latérales, libres, concrescentes avec le pétiole (Rosier) ou axillaires (Eucryphie), rarement rudimentaires (Nuttallie, Lécostème, Stylobase, etc.). La racine a d’ordinaire son assise sus-endodermique munie d’un réseau d’épaississement lignifié (voir p. 680) ; ce réseau de soutien manque quelquefois (Fraisier, Potentille, etc.).
Les fleurs sont hermaphrodites, rarement polygames dioïques (Pimprenelle, Quillaie, Brayère, Kagéneckie) ou unisexuées dioïques (Cliffortie, Bencomie), régulières, rarement zygomorphes (quelques Chrysobalanées), solitaires (Rosier, Coignassier, etc) ou groupées en inflorescences variées : grappe (Prunier laurier-cerise, etc.), épi (Aigremoine, etc.), capitule (Pimprenelle, etc.), grappe composée (Raphiolépide, etc.), grappe de cymes bipares (Aubépine, Sorbier, etc.). Elles sont ordinairement pentamères (fig. 1128-1131), rarement létramères (Pimprenelle, Sanguisorbe, Alchimille, Rhodotype, etc.), trimères (Giifl’orlie, etc.), octomères (Dryade octopétale, etc.).
Le calice, dont le sépale médian est toujours postérieur, présente quelquefois des appendices stipulâmes concrescents deux par deux, formant sous la fleur un calicule (Potentille, Fraisier, etc.). La corolle a ses pétales toujours libres au-dessus du calice ; elle avorte quelquefois (Pimprenelle, Sanguisorbe, Alchimille, Chrysobalan, Cliffortie, etc.). L’androcée comprend parfois soit dix étamines en deux verti cilles alternes (Quillaie, Licanie, etc.), soit un seul verticille épisépale (Sanguisorbe, Sibbaldie) ou alternisépale (Alchimille, Chamérhode); quelques-unes des étamines de ce verticille unique peuvent avorter, ce qui en réduit le nombre à 3 (Hirtelle triandre) ou à 1 (Alchimille aphane). Mais le plus souvent les étamines épisépales se dédoublent chacune en deux étamines placées devant les bords des pétales voisins. S’il n’y a pas d’étamines épipétales, l’androcée ne compte alors que dix étamines en un seul verticille (Aubépine écarlate, A. flabellée, etc., etc.); il peut même n’y avoir que huit étamines, parce que trois seulement des épisépales se dédoublent tandis que les deux autres demeurent simples (Aigremoine micranthe), ou six, parce que ces deux dernières avortent (Hirtelle hirsute). Si les étamines épipétales existent, l’androcée compte 15 étamines en deux verticilles, superposées trois par trois aux pétales (Raphiolépide, Nuttallie, Licanie crassinerve,