ROSACÉES
Fig. 1128. — Diagramme’ de la fleur du Poirier commun ( Pirus communis) .
Fig. 1129. — Diagramme de la fleur de la Spirée ulmaire [Spii'iea Ulmaria).
etc.). Aces 15 étamines s’en ajoutent très fréquemment cinq autres épisépales et l’androcée se compose de 20 étamines en trois verticilles (Poirier, fîg. 1128, Sorbier, Fraisier, Spirée, Prunier, etc.) : c’est là pour ainsi dire la structure normale de l’androcée des Rosacées. Il prend quelquefois un quatrième verticille de 10 étamines superposées aux épisépales externes dédoublées (fîg. 1129 et 1130), un cinquième de 10 étamines superpo- ' sées aux épipétales et aux épisépales j simples, un sixième de 10 étamines | superposées aux épisépales dédou- ‘ blées, et ainsi de suite, ce qui en porte le nombre total à 30, 40, 50, 60, etc. (Ronce, Dryade, fîg. 1131, Rosier, etc.), circonstance qui peut s’expliquer par un dédoublement radial plus ou moins répété des 20 étamines normales, dont les externes résultent déjà d’un dédoublement tangentiel.
Ce phénomène rappelle celui qui caractérise le type méristémone, dont nous avons vu tant d'exemples chez les Malvacées et les familles qui s’y rattachent. Les filets sont libres au-dessus du calice et de la corolle ; les anthères introrses ont quatre sacs et s’ouvrent par des fentes longitudinales. Calice, corolle et androcée sont concrescents dans leur région inférieure sur une plus ou moins grande longueur, et forment un plateau (Fraisier, etc.), une coupe (Prunier, fîg. 1132, Brayère, fîg. 224, p. 382, etc.) ou un long tube (Cercocarpe, etc.) sur le bord duquel seulement les sépales, les pétales et les étamines se détachent tous à la fois; ce tube est quelquefois porté par une excavation provenant d’une invagination de l’extrémité du pédicelle floral lui-même, excavation dont il prolonge les bords et augmente la profondeur (Rosier, fîg. 1133). La concrescence dont il vient d’être question peut n’avoir pas lieu, de sorte que les étamines sont indépendantes du calice et insérées au-dessous de l’ovaire (Stylobase, Canotie).
Le pistil est produit par l’extrémité du pédicelle, soit au centre du plateau ou de la coupe sur un prolongement conique (Fraisier, Ronce, Benoîte, fîg. 225, p. 382, etc.), soit au fond même de la coupe ou du tube (Prunier, Spirée, fîg. 1032, etc.), soit sur toute la paroi du sommet invaginé (Rosier, fîg. 1033). Il est formé de carpelles clos, ordinairement libres (fig. 1129-1132 et 1133), rarement concrescents dans toute la longueur de l’ovaire, mais avec styles libres (Canotie, Lindleyer, Euphronie, Eucryphie) ; chaque carpelle porte sur
Fig. 1130. — Diagramme de la fleur de Prunier épineux ( Prunus spinosa).
Fig. 1131. — Diagramme de la fleur du Rosier c’otonneux ( Rosa tomentosa).
DICOTYLÉDONES
ses bords tantôt deux rangs d’ovules anatropes horizontaux à raphés contigus (Coignassier, Spirée, Quillaie, etc.), tantôt deux ovules anatropes ou semi-ana-
tropes pendanls à raphé interne (Prunier, etc.) ou ascendants à raphé soit interne (Poirier, Sorbier, etc.), soit externe (Ghrysobalan, Hirtelle, etc.), tantôt un seul ovule pendant à raphé interne (Rosier, Aigremoine, Brayère, etc.) ou ascendant à raphé interne (Amélanchier, Ostéomèle, etc.), parfois accompagné d’un second ovule rudimentaire (Ronce). Les ovules sont donc tantôt hyponastes (Prunier, Chrysobalan, Rosier, etc.) , tantôt épinastes (Poirier, Amélanchier, etc.). Lorsqu’il y a deux ovules collatéraux, ils peuvent être séparés par une fausse cloison verticale (Parinare). Chaque carpelle a un style ordinairement terminal, quelquefois rejeté vers l’intérieur par le développement prédominant de la face postérieure de l’ovaire, jusqu’à devenir complètement gynobasique (Fraisier, Sibbaldie, Alchimille, fig. 242, p. 411, Chrysobalan, etc.). Le nombre des carpelles varie beaucoup : il y en a 5, épisépales (Néflier, Poirier, Coignassier, Gillénie, Quillaie, Spirée de Lindley, Sp. sorbifoliée* etc.) ou épipétales (lihodotype, Nuttallie, Spirée hypéricifoliée, fig. 1129, etc.), 3-5 (Cotonéastre), 1-5 (Aubépine), 2-3 (Sorbier), 2 médians (Raphiolépide, Aigremoine, Sanguisorbe, etc.), un seul médian antérieur, épipétale (Prunier, fig. 1130, etc.) ou épisépale (Alchimille, Cliffortie), un seul oblique, superposé à l'un des sépales antérieurs (Hirtelle, Couépie, Parinare, Aubépine monogyne, etc.), ou au contraire un grand nombre disposés en spirale (Rosier, fig. 1131, Potentille, Fraisier, etc.). Le pistil est parfois concrescent, le long de la face dorsale des capelles, avec le tube formé par l’union des verticilles externes (fig. 1128) ; s’il est monomère, la concrescence est unilatérale (Aubépine monogyne, Chamémèle, Hirtelle, Couépie, Parinare, etc.) et ne porte quelquefois que sur le pétiole carpellaire (Hirtelle, etc.), parfois très allongé (Aciée), comme on l’a vu chez diverses Légumineuses; s’il est polymère, les carpelles se trouvent unis ensemble par le tube externe, bien que libres au centre et sur les côtés, et l’on a l’apparence d’un ovaire infère
Fig. 1132. — Fleur du Prunier domestique (Prunus domestica ), coupée en long.
Fig. 1133. — Fleur de Rosier (Posa), coupée en long.