MYRTACÉES
Fig . 1 153 — Diagramme floral :A, du Myrte commun (Myrtus communis); B, de l’Eugénier aromatique ( Eugenia aromatica).
I (Verticordie, Darwinie, Chamélauce, etc.), à filets recourbe's en dedans dans le bouton, h anthères introrses sans appendices ^ 8
basilaires, munies de quatre sacs s’ouvrant par deux fentes longitudinales, rarement par des pores terminaux (Darwinie, Ilomoranthe, certaines Bâchées) ; ailleurs, les étamines épipétales (Myrrhine, Thryptomène, etc.) oulesépisépales (certains Micromyrtes) avortent. Mais le plus souvent, les étamines se ramifient, en formant autantd’étaminescomposéesou dégroupés d’étamines partielles (fîg. 1153), encore unies sur une plus ou moins grande longueur (fîg. 1154 et 1155), ou entièrement libres. Tantôt, ce sont les étamines épipétales seules qui se ramifient, les autres demeurant simples (Piléanthe) ou avortant (Galothamne, fig. 1155, Mélaleuce, fîg. 1154, Beaufortie, Régélie, etc.), ou les épisépales seules, les autres avortant (Astartée) ; tantôt, elles semblent se ramifier toutes, et les étamines partielles ainsi produites sont distribuées uniformément tout autour du pistil (Myrte, fig. 1153, A, Eugénier, fig. 1153, B,
Eucalypte, Callistème, Métrosidère, Lécythide, etc.). On retrouve ici les diverses manières d’être de l’androeéc, observées dans les Malvacées et les familles voisines.
Le pistil est ordinairement con- -crescent dans toute la longueur de l’ovaire avec l’ensemble des verti- •cillesexlernes dont l’union se prolonge souvent, en forme de tube
plus ou moins long, au-dessus de la Fig. 1154. Étamines ramifl base du style (fig. 1155); pourtant,
•dans plusieurs genres, cette con- •crescence n’a lieu que dans la moitié inférieure de l’ovaire, ou même le pistil demeure entièrement libre au fond du tube externe (Fropière, Lysicarpe, Gloézie, divers Xanthostèmes, etc.). Les carpelles sont concrescents entre eux, ordinairement fermés en un ovaire pluriloculaire contenant dans chaque loge un grand nombre d’ovules anatropes, qui peuvent se réduire à deux, pendants (Piment) ou ascendants (Myrcie, Marliérie, Scholzie, etc.) et même à un seul (Conothamne, etc.); l’ovaire est terminé par un style simple avec un stigmate entier. Les carpelles demeurent parfois ouverts et forment un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux (Rhodamnie) ou basilaires (Chamélauce, Verticordie, etc.). Ils sont tantôt en nombre égal à celui des sépales, épisépales (Gustavie, Couroupite, etc.) ou épipétales (Piléanthe , Leptosperme, etc.), tantôt en nombre moindre : trois, dont un antérieur (Myrte, fig. 4153, A, Callistème, Beaufortie, etc.), ou deux médians (Eugénier, fig. 4 453, B . Rhodamnie, etc.), ou un seul (Darwinie, Thryptomène), tantôt
ombelles d’un leuca hyperici folia).
ees en Mélaleuce ( Mêla -
Fig. 1155. — Section longitudinale de la fleur dunCalothamne (Culothammus) .
s, calice \p, corolle; st, étamines ramifiées dans un plan; f, ovaire; g, style.
DICOTYLEDONES.
en nombre plus grand, jusqu’à 10 dans la fleur pentamère (Campomanésie). Pour les Myrtes, la formule florale est F= (5S -}- 5P -j- oo E oo E'+ 3G).
Dans le Punice grenadier, le pistil est formé de deux verticilles de carpelles closetconcrescents; l’externe, situé plus haut, se compose de carpelles en même nombre que les pétales, auxquels ils sont superposés; l’interne, placé plus bas, est formé de trois carpelles seulement; dans le premier, les carpelles s’accroissent beaucoup plus sur la face externe, remontent et en même temps subissent un mouvement de bascule qui amène les placentes sur leur paroi externe, au milieu des intervalles des cloisons; dans le second, où ce déplacement n’a pas lieu, les placentes restent à leur place ordinaire, à l’angle interne des loges. C’est la troisième fois que nous rencontrons ce phénomène, déjà observé d’abord chez les Ficoïdes (p. 1409), puis chez certaines Mélaslomacées (p. 1686).-
Le fruit est une baie (Myrte, Eugénier, etc.), une drupe (Fenzlie, Aulacocarpe, etc.), une capsule loculicide (Mélaleuce, Calothamne, etc.), une pyxide (Lécythide, Berthollétie) ou un akène (Chamélauce, etc.). La graine, dont le tégument est parfois charnu (Punice), renferme un embryon droit (Eugénier,etc.), courbe ou spiralé (Myrte, etc.), à cotylédons diversement conformés,, nuis dans la Berthollétie, où la tigelle constitue à elle seule le volumineux embryon, sans albumen, à de rares exceptions près (certains Myrtes). Le plan médian de l’embryon tantôt coïncide avec le plan de symétrie du tégument (Myrte, etc.), tantôt lui est perpendiculaire (Napoléone, etc.).
Un grand nombre de Myrtacées produisent des bois durs et incorruptibles, très recherchés pour les constructions et l’ébénisterie (Mélaleuce, Tristanie, Gallistème, Métrosidère, Xanthostème, Eucalypte, Eugénier, Lécythide, Berthollétie, etc.) ; plusieurs donnent, en outre, des fibres textiles (Lécythide, Mélaleuce, etc.). L’huile essentielle odorante qu’elles sécrètent abondamment dans l’écorce de la tige et dans le parenchyme des feuilles les rend propres à une foule d'usages médicinaux et domestiques; bornons-nous à rappeler qu’on emploie comme condiments l’écorce et le fruit du Piment commun, ainsi que les boutons de l’Eugénier aromatique, vulgairement Giroflier, nommés clous de girojle. D’autres sont riches en tannin et en matière colorante, comme le Punice grenadier, dont le péricarpe sert à tanner les peaux et à teindre en jaune. Beaucoup de Myrtacées à baie ont des fruits comestibles, notamment les Goyaviers (G. pirifère, G. pomifère, etc.), un grand nombre d’Eugéniers (E. comestible, E. doux, etc.), plusieurs Myrcies, Marliéries, Myrtes, etc. ; d’autres produisent des graines alimentaires, par leur tégument charnu comme le Punice grenadier, ou par leur embryon (Careyer, Lécythide, Berthollétie, etc.).
Les genres se groupent en cinq tribus, de la manière suivante :