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PHÉNOMÈNES PHOTOCHLOROPHYLLIENS. PRODUCTION DE LA. CHLOROPHYLLE

l’intensité dépasse une certaine limite, non seulement la chlorophylle ne se produit pas, mais celle qui avait pu être produite antérieurement est promptement détruite. C’est, en effet, un fait bien connu que des feuilles étiolées ne verdissent pas ou ne verdissent que très lentement à la lumière directe du soleil. L’intensité lumineuse qui suffit à empêcher la chlorophylle de se former, et même à détruire la chlorophylle préexistante, n’étant pas encore de nature à altérer profondément le protoplasme de la cellule, on conçoit que, si plus tard l'intensité diminue, la chlorophylle pourra se produire ou se régénérer. L’optimum d’intensité et la limite supérieure ont d’ailleurs, suivant les plantes, des valeurs différentes qui n’ont pas été jusqu’ici déterminées avec précision.

Influence «le la température sur la pro«lu«-tion «le la «chlorophylle (1). —

Dans les plantes ordinaires, les radiations calorifiques très lentes, comme celles qui émanent de sources obscures, sont impuissantes, il est vrai, à provoquer la formation de la chlorophylle ; mais elles agissent cependant sur ce phénomène, comme sur tous ceux qui s’accomplissent dans les végétaux, en amenant le corps vivant au degré de température nécessaire à sa manifestation.

En exposant la plante à une source lumineuse d'intensité constante fixée à son optimum, ce (pii ne peut s’obtenir qu’avec une source artificielle, car l’intensité de la radiation solaire varie à tout instant, et en soumettant cette plante à une série de températures maintenues constantes pendant toute la durée de l'expérience, on a vu que, pour la production de la chlorophylle, il y a trois températures critiques : une limite inférieure au-dessous de laquelle elle ne se fait pas, une limite supérieure au-dessus de laquelle elle ne sa fait plus, et quelque part entre les deux une température optimum, qui est la plus favorable de toutes au verdissement. Ces trois températures varient, d’ailleurs avec les plantes, comme le montrent les quelques exemples suivants:

Plant u les.

Limite

Optimum.

Limite

inférieure.

supérieure,

Orge vulgaire ( llordeum vulqare). . .

Maïs cultivé ( Zen Mays)

Radis cultivé ( Raphanus sativus)...

Pois cultivé ( Pisum sativum)

Influence «le la nature «le la plante; sur la production tlt; la chloro-

phyiie (2). — Pour obtenir dans une plante donnée la production de chlorophylle la plus rapide et la plus forte, il faut donc l’exposera la fois à l’optimum de température et à l’optimum d’intensité lumineuse. En procédant ainsi avec les plantes les plus diverses, on verrait apparaître l influence qu’exerce la nature propre du végétal sur la rapidité et l’intensité de son verdissement. La comparaison n’a pas été faite jusqu’ici avec cette rigueur. On s’est contenté de réaliser des conditions moyennes et constantes d’intensité lumineuse et de température, et d'y soumettre un certain nombre de plantes. Ainsi, par exemple, à la température moyenne de 17 degrés, une flamme de

(1) Wiesner : loc. cil., p. 82-91.

(2) Wiesner: loc. cit., p. 91.

PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE DU CORPS

gaz valant, 6, S bougies, placée à im,30 de la plante, a produit un verdissement visible à l’œil, comme il suit :

Balsamine des jardins (Balsamina hortensis ) après 1 heure

Radis cultivé (Raphanus salivus) >> 3 heures

Kbéride amère ( Iberis amara) » 4,5 »

Liseron tricolore ( Convolvulus tricolor) >i 6,5 »

Courge pépon ( Cucurbita Pepo) » 9,5 »

Dans les mêmes conditions, si l’on recherche la première apparition de la chlorophylle dans les cellules à l’aide du spectroscope, on voit qu’elle s’y manifeste de la manière suivante :

Avoiue cultivée ( Auena sativa) après 5 minutes

Orge vulgaire ( Hordeum vulgàre) » 10 »

Mais cultivé (Zea Mays} » 20 »

Passerage cultivé [Lepidvum sativum) » 25 »

Courge pépon [Cucurbita Pepo) » 35 »

Haricot vulgaire (Phaseolus vulgaris) » 45 »

Une partie de ces différences peut tenir sans doute à ce que, dans les conditions de l’expérience, les diverses plantes se trouvaient inégalement éloignées des deux optimums d’intensité et de température. Mais, à coup sûr, une bonne partie revient à la différence de nature des plantes elles-mêmes.

La pro-duction de la chlorophylle est un phénomène d’induction (1). — La

chlorophylle, on le voit par ce qui précède, n’apparaît pas aussitôt après que la radiation active a frappé la plante : sa production exige un certain temps d’action. Elle ne cesse pas non plus brusquement quand, après avoir exposé la plante à la lumière pendant un certain temps, on la place à l’obscurité.

Ainsi, après avoir éclairé une plante pendant un temps insuffisant pour que l’œil y perçoive la moindre trace de matière verte, une Balsamine des jardins par exemple pendant trois quarts d’heure, si on la place à l’obscurité, on la voit bientôt verdir comme en pleine lumière. Comme les flexions géotropique et phototropique, la production de la chlorophylle est donc un phénomène induit ; en d’autres termes, elle est une fonction du temps et présente un effet ultérieur. C’est une induction photochimique.

Production de la chlorophylle dans une radiation intermittente (2). —

On le démontre encore en soumettant à l’influence d’une radiation intermittente une plantule développée à l’obscurité.

Exposons des plantâtes étiolées d’Orge vulgaire et d’Avoine cultivée à une distance de lm, 40 d’une flamme de gaz valant 6, 5 bougies. Dans ces conditions, il faut 4 minutes d’éclairage continu pour que l'extrait alcoolique des feuilles manifeste nettement la bande d’absorption I du spectre de la chlorophylle (voir p. 170); après 2 minutes et demie, il n’y en a pas encore trace. Si l’on rend l’éclairage intermittent en couvrant et découvrant alternativement la plante pendant une seconde, on constate, au bout de 5 minutes, la production de la même quantité de chlorophylle que si l’éclairage avait été continu »

(1) Wiesner ; loc. cit., p. 82.

(2) Mikosch et Stohr : Sitzungsberichte der k. Akad. der Wiss. zu Wien, 15 juillet 1880.

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