PHÉNOMÈNES PIIOTOCIILOROPHYLLIENS. ABSORPTION DES RADIATIONS
pendant le même temps. Or, dans cette expérience, la radiation n’a agi en tout que pendant 2 minutes et demie. Dans les mêmes conditions, les plantules de Passerage cultivé forment leur première chlorophylle après 12 minutes et demie, tout aussi bien si la radiation est intermittente de seconde en seconde que si elle est continue. Dans le premier cas, la radiation n’a frappé la plante que pendant 6 minutes un quart. Or après ti minutes un quart d’irradiation continue, il n’v a encore aucune trace de chlorophylle.
On voit donc que la radiation n’agit qu’aprèsun certain temps, et que son effet se développe quand elle a cessé. On voit aussi que lorsque l’irradiation est continue, la moitié de son action est inutile. Nous avons déjà constaté le> mêmes faits pour le phototropisme, et ce sont là, comme on sait, les caractères essentiels des phénomènes d’induction.
En appliquant la même méthode à la destruction de la chlorophylle sous l’influence d’une radiation de très forte intensité, on s’assure que ce phénomène est d’une nature toute différente. S’il faut quatre minutes pour décolorer la dissolution dans une lumière continue, il en faudra huit dans une radiation intermittente de seconde en seconde.
Absorption des radiations par la chlorophylle.
Une fois produite dans la plante, la chlorophylle agit sur la radiation totale incidente, en absorbant une partie des rayons lumineux qu'elle renferme. C’est la nature de cette absorption lumineuse qu’il s’agit ici de déterminer.
Pour cela, on fait tomber un faisceau de rayons solaires sur la chlorophylle et on l’analyse à sa sortie par un prisme, qui l’étale en un spectre. Dans ce spectre, il manque toutes les radiations absorbées, qui sont remplacées par autant débandés noires. On obtient ce spectre d’absorption de deux manières: 1° avec une dissolution de chorophylle pure; 2° avec un membre vivant, une feuille par exemple.
Spectre de la dissolution (1). — Il suffit de faire bouilir des feuilles vertes dans l'eau, de les dessécher ensuite à une température qui ne soit pas trop élevée et de les pulvériser, pour obtenir des matériaux d’étude qui peuvent ensuite se conserver longtemps inaltérés. Le moment venu, on extrait de cette poudre la matière colorante verte mélangée à la xanthophylle par l’alcool, l'éther, l’huile grasse, l’huile de pétrole, le sulfure de carbone, etc. En agitant la dissolution alcoolique avec de la benzine et laissant reposer, on sépare la chlorophylle, qui entre en dissolution dans la benzine et forme la couche
: 1) Askenasy : BotanischeZeituug, 1867. — Kraus : Sitzungsberichte des phys. nied. Societat iu ErlaDgen, 1871. — Kraus: Zur Kentniss der Cblorophijllfnrbsto/fe, Stuttgart, 1872. — Gerland et Rauwenhoff: Archives néerlandaises, VI, 1871. — Gerland : Poggendorff’s Aunalen, 1871, p.585. — Chautard : Comptes rendus, 1872, 1873 et 1874. — Pringsheim : Untersuchungen über dus Chorophyll (Monatsberichte der k. Akad. der Wiss. zu Berlin, 1874 et 1875). - Vcgel : Berichtc der deutsch. chem. Gesellch. 1878.
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superficielle, de la xanthophylle qui reste en dissolution dans l'alcool et forme la couche profonde.
La dissolution verte ainsi obtenue doit toujours être employée de suite, car la chlorophylle dissoute s’altèrp si on l’expose à la lumière en présence de l’oxygène, et d’autant plus vite que l’intensité lumineuse est plus grande. Ce sont surtout les rayons jaunes et ceux qui les avoisinent immédiatement dans l’orangé et le vert qui déterminent cette altération. Celle-ci est d’autant plus rapide d’ailleurs que la dissolution est plus étendue. Le liquide altéré est d’un brun sale, verdâtre ou jaunâtre; la chlorophylle, modifiée par oxydation, y a changé de couleur.
En décomposant, à l’aide d’un prisme, la radiation solaire qui a traversé une couche moyennement épaisse de la dissolution de chlorophylle dans la benzine, on obtient un spectre sillonné de sept bandes sombres, comme le représente la partie médiane de la figure 49. Quatre de ces bandes sont
Fig. 49. Sppctres d absorption de la chlorophylle (d'après Kraus). — Le spectre d’en haut est obtenu avec I extrait alcoolique des feuilles; celui du milieu avec la chlorophylle dissoute dans la benzine ; celui d'en bas avec la xanthophylle. Les bandes d’absorption sont figurées, dans la partie la moins féfrangible B-E , telles que les donne une dissolution concentrée, et dans la partie la plus réfrangible E-G, telles que les donne une dissolution faible. Les lettres A-G indiquent la position des principales raies; les nombres I-VII désignent les bandes d absorption de la chlorophylle en marchant du rouge au violet; enfin les traits 0-100 divisent la longueur du spectre en 100 parties égales.
étroites et situées dans la moitié la moins réfrangible du spectre; les trois autres sont larges et situées dans la moitié la plus réfrangible, la dernière à la limite même du violet. Ces dernières ne se montrent nettement séparées que si l’on se sert de dissolutions très étendues; déjà, avec une concentration moyenne, elles confluent en une seule et même bande d’absorption, qui embrasse toute la seconde moitié du spectre.
La bande I, située dans le rouge et comprise entre les raies B et G, est assez large, d’un noir foncé et très nettement limitée de chaque côté. C’est la