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CHAPITRE IV

95. Les planchers sont des pans de bois horizontaux destinés à séparer les différents étages d'un bâtiment.

Nous avons vu (fig. 4 et 7, PL 4) comment les solives qui composent un plancher peuvent être posées entre la sablière supérieure d'un étage et la sablière inférieure de l'étage suivant.

Lorsque les planchers sont reliés avec les pans de bois par des ferrures et par la maçonnerie qui remplit tous les vides, ils contribuent puissamment à augmenter la solidité de 1 édifice.

96. Les planchers, n'étant ordinairement exposés à aucune action horizontale, il est inutile de les décomposer en triangle comme les pans de bois qui forment les murs des bâtiments.

Cependant, pour détruire toutes les causes qui pourraient altérer l'angle formé par deux façades adjacentes, on peut placer {fig. 15, PL 5) la pièce oblique ac dans laquelle les solives du plancher seraient assemblées par tenons et mortaises, avec embrèvements et liens en fers comme on le voit {fig. 16).

Cette précaution sera inutile lorsque les faces de l'épifice seront en maçonnerie , parce que la stabilité de ce genre de construction doit toujours être assez grande pour que l'on n'ait jamais à craindre la déformation des angles formés par ]gs façades.

97. On se contente souvent de sceller dans les murs|les bouts des solives qui doivent former le plancher, comme on le voit {fig. 1 ).

98. Cette méthode peut être employée sans inconvénient , lorsque les solives s'appuient sur un mur* plein, tel que M ( fig. 6); mais s'il y avait des ouvertures de fenêtres, comme celles qui sont indiquées en points sur la face M', il serait imprudent de faire porter sur le mur les bouts de solives qui correspondent aux vides. Dans ce cas , on placera des pièces transversales a , nommées linçoirs, assemblées par tenons et mortaises dans les solives 5,5, qui ont leur point d'appui sur le trumeau.

Les linçoirs supporteront alors les bouts des solives qui ne devront pas être prolongées jusqu'au mur.

Les solives qui ne portent pas sur les murs et qui sont assemblées dans les linçoirs , se nomment solives boiteuses.

PL. g. PLANCHERS. 37

On devra encore employer des linçoirs pour ne pas charger le dessus des portes P, et pour former les vides destinés aux emplacements des cheminées dont il est trèsimportant d'éloigner toute espèce de construction en

bois.

99. Les ouvertures ménagées entre les solives pour remplacement des cheminées, se nomment enchevêtrures* La solive o {fig. 6) se nomme solive d'enchevêtrure , et les deux petits soliveaux z , assemblés d'un bout dans le mur et de Vautre bout dans la solive d'enchevêtrure , se somment ehevêtres.

Les deux solives uyuy à droite et à gauche de la cheminée Cf, remplissent les fonctions de chevétres, et la solive d'enchevêtrure est remplacée par le linçoir *>, que l'on nomme linçoir d'enchevêtrure.

L'ouverture rectangulaire E est destiné à l'emplacement de l'escalier.

100. Le poids des solives c {fig. 6) , agissant sur les tenons des linçoirs. on soulage ces tenons {fig. 22) par des étriers en fer uu, qui, après avoir passé au-dessous des linçoirs a , sont fortement attachés à la solive s.

Il est utile d'augmenter un peu Féquarrissage des deux solives s {fig. 6), puisque chacune d'elles doit soutenir une partie de la charge des solives qui sont assemblées dans le linçoir a.

Pour évaluer cette surcharge, on remarquera que le poids qui doit agir sur les deux solives assemblées dans le linçoir a , se décompose en deux forces égales et parallèles , dont une agit sur le mur, tandis que l'autre moitié est portée par le linçoir.

Cette moitié se décompose elle-même en deux parties

égales , agissant par le moyen des tenons et des étriers sur les deux solives s , qui , par conséquent , ont à porter chacune le quart du poids total , agissant sur les solives assemblées dans le linçoir ; mais comme les forces résultant de cette surcharge agissent très-près des points d'appui des solives s , l'effet en sera presque nul , et sera d'ailleurs distribué en partie sur les solives adjacentes, parla liaison des matériaux qui doivent former l'aire ou le revêtement de la charpente du plancher.

101. Usera surtout essentiel d'augmenter l'équarrissage d'une solive , lorsque les points d'assemblage avec les linçoirs seront très-éloignés des murs, comme pour l'ouverture rectangulaire E (fig, 6).

102. Au lieu de sceller dans les murs les solives des planchers, on préfère quelquefois les faire porter sur une pièce de bois xxy que l'on nomme lambourde (fig. 6,2,7, 8, 19 et 20).

Les fig. 2 , 7 et 8 sont les coupes par les plans verticaux 2'— 2", 7'— 7", 8'— 8".

La fig. 5 est une coupe par le plan vertical rnn.

L'emploi des lambourdes a l'avantage de distribuer également la charge du plancher sur toute la longueur de la lambourde, et par le principe des forces parallèles la résultante Se décompose ensuite en composante agissant sur les trumeaux.

Les lambourdes peuvent être engagées en partie dans le mur, comme on le voit {fig. 2): elles peuvent être posés sur des potences en fer, nommées corbeaux (fig. 8 et 19) ; enfin t on peut les placer sur des consoles (fig. 7 et 20).

Les solives peuvent être assemblées dans les lambourdes,

comme l'indiquent les/f£. il et là; à l'endroit des cheminées, il faut remplacer les lambourdes par des linçoirs.

103. Les fig. (3,4), (9,10), (13,14), (17,18) et (23,24), représentent des planchers carrés , polygonaux et cir-r culaires.

Sur la fig. 18, le petit rectangle m est un tuyau de cheminée dont on a éloigné le plancher par des linçoirs.

104. Sur la/%. 14, on a placé des pièces obliques formant linçoirs , avec lesquelles on peut assembler les solives , comme o^le voit fig. 16.

105. Sur les fig. 4 et 10, on s'est proposé de composer un plancher avec des bois plus courts que la distance des murs sur lesquels on veut établir les points d'appuis.

Le principe dont on fait usage dans ce cas est dû à l'architecte Serlio.

Supposons, par exemple {fig. 4) que l'on veut couvrir un espace carré avec des bois qui n'auraient pour longueur que les deux tiers du côté, on posera d'abord la solive 1 — 2, dont l'extrémité 1 s'appuiera sur le mur M , et la seconde extrémité 2 sera tenue en suspens sur un appui provisoire. On posera ensuite, successivement, la solive 3 — 4 , s'appuyant par un bout sur le mur m' et s'assemblant au point 3 dans la solive 1 — 2.

La solive 5 — 6 s'appuiera sur le mur M" et s'assemblera au point 5 dans la solive 2—3.

Enfin , la solive 7 — 8, appuyée sur le mur M'", s'assemblera au point 7 avec la solive 5 — 6 et recevra, au point 2, le tenon de la solive 1 — 2, dont on retirera le soutien provisoire. Le reste ne présentera plus de difficultés.

106. Les fig. 18 et 25, 24 et 27 (PL 6), représentent quelques applications du même principe. On trouvera , dans les ouvrage de Kraft , un grand nombre d'autres exemples de planchers , mais je crois devoir me borner à ceux que je viens de citer ; mon intention n'étant pas de faire passer sous les yeux du lecteur toutes les combinaisons possibles, je me bornerai dans chaque cas au petit nombre d'exemples nécessaire pour mettre le principe en évidence et pour bien établir l'enchaînement des idées.

107. Lorsqu'on veut couvrir (fig. S et 6) une salle d'une grande longueur et trop large en même temps pour que les solives puissent être posées sur les murs , on partage la longueur de la galerie (fig. S et 6) en plusieurs sections, nommées travées , au moyen de poutres sur lesquelles on fait porter les bouts des solives.

Le&Jig. 3, 4, 9 et 10 indiquent les différentes manières d'assembler les solives avec les poutres.

Là fig. 4- représente la poutre qui sépare la première travée de la deuxième.

La fig. 10 représente la poutre qui sépare la troisième travée de la quatrième.

La fig. 9 est la poutre du milieu. Dans ce dernier exemple , les solives sont portées par des lambourdes rattachées à la poutre principale, au. moyen d'étriers en fer projetés (fig. 8) , et dessinés en perspective sur les fig. 2 et 7.

On peut encore attacher les lambourdes à la poutre avec des boulons (fig. 1), et si on réunit les deux moyens on obtiendra encore plus de solidité.

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