La/%, k est la façade d'une maison à deux étages
Toutes les constructions du rez-de-chaussée étant terminées en maçonnerie , on pose , au-dessus des ouvertures réservées pour la porte cochère et les boutiques , trois fortes poutres armées , solidement reliées entre elles par des ferrures.
Au-dessus de ces poutres x,x,x nommées poitrails , on pose la première sablière dans laquelle on assemble à tenons et mortaises les poteaux du premier étage de la façade.
La sablière supérieure de ce premier étage supporte les solives du plancher qui sépare le premier étage du second.
Au-dessus de ces solives on pose une seconde sablière qui reçoit les poteaux du pan de bois du second étage dont la sablière supérieure supporte les solives du plancher des combles.
On agirait de même quel que fût le nombre des étages. Les solives formant le plancher du premier étage sont
posées sur le poitrail derrière la première sablière.
89. On devra toujours établir des pièces en arbalétriers formant décharge , comme on le voit au-dessus de la porte cocbère et des deux boutiques , ce qui ne dispense pas de soutenir les poitrails eux-mêmes par des colonnettes en
fonte.
90. Les parties de pans de bois entre les fenêtres se nomment trumeaux.
On les remplit ordinairement par des guettes et des tournisses , et Ton bouche ensuite les vides par de la maçonnerie que Ton recouvre d'un enduit.
91. Dans quelques anciens bâtiments et dans les localités où le bon marché des bois faisait préférer ce genre de construction à la maçonnerie , on a quelquefois laissé à découvert les parements des pièces de bois ; alors on a disposé ces pièces de manière à en faire un objet de décoration.
J'ai réuni dans les figures & et 7 quelques-unes de ces combinaisons que Ton ne doit employer qu'avec réserve, en donnant toujours la préférence à celles qui , comme les guettes ou les croix de Saint- André , décomposent en triangles les nombreux quadrilatères formés par la rencontre des sablières et des poteaux.
Lu figure 6 est la coupe par le plan horizontal mn et la figure 5 est la section par le plan niri .
Les figures 19 , 20 , 21 , 22 et 25 représentent les assemblages des bois d'huisserie des fenêtres cintrées et octogones de la figure 7.
Les figures 20 et 19 représentent le poteau et Tune des pièces cintrées de la fenêtre demi-circulaire qui est audessus de la porte.
Les pièces 21 et 22 appartiennent à la fenêtre octogone, adroite du premier étage, et la figure 25 est l'un des poteaux dans lequel s'assemblent les pièces cintrées de la fenêtre circulaire à gauche.
92. Dans l'exemple représenté [fig. 15), on a relié les poteaux par des pièces horizontales placées à la hauteur des naissances de la porte et des deux fenêtres.
Cette disposition a principalement pour but de diminuer la longueur des fournisses, et par conséquent de rendre moins aigus les angles qu'elles feraient avec les guettes, si on avait donné à ces dernières pièces la longueur nécessaire pour qu'elles fussent assemblées dans les deux sablières.
On remarquera aussi que les guettes agissent comme arbalétriers à l'égard de la porte et des deux fenêtres, de sorte que la plus grande partie <Je la charge est reportée sur lçs quatre poteaux qui partagent les trumeaux en deux parties égales.
Les figures 16, 17 et 18 sont les sections par les plans horizontaux mn't mn et m'ri .
Cloisons.
93. On donne le nom de cloisons aux pans de bois destinés à former ht séparation des différentes pièces d'un étage; les principes qui doivent diriger leur construction sont les mêmes que pour les autres pans de bois, dont elles ne diffèrent que parce qu'elles ont ordinairement moins d'épaisseur.
94. La grosseur qu'il convient de donner aux différentes pièces qui entrent dans la composition d'un pan de bois dépend :
1° De l'espèce et de la qualité des bois employés ; 2° De l'épaisseur du pan de bois et de l'espacement plus ou moins grand des poteaux , des guettes et des fournisses ; 3° Du nombre des étages de l'édifice; 4° Enfin, des forces constantes ou accidentelles auxquelles le pan de bois doit résister, suivant la destination du bâtiment dont il fait partie.
Toutes ces questions , dépendant plutôt des lois de la mécanique que de la géométrie descriptive , seront étudiées ailleurs.
Le lecteur peut, en attendant , consulter pthir les expériences et les calculs relatifs à la force des bois , les ouvrages de Coulomb, Rondelet et Navier.