INFLUENCE DES DIVERSES RADIATIONS SUR LA TRANSPIRATION
dail très vite, et à la partie supérieure du manchon où était placée la feuille, la température oscillait autour de 4 degrés; la feuille pesait 0^,170. Elle donna en une heure O8',i8o d'eau, c'esl-à-dire 108 d*eau pour 100 de feuilles: c*cst le poids le plus considérable qu'on ait obtenu.
Ces dernières expériences démontrent donc que plus le tube de verre est refroidi extérieurement et plus la quantité d*eau condensée est considérable. Si je rappelle, en outre, que M. Maquenne a montré que les feuilles ont un pouvoir absorbant considérable, analogue pour la chaleur obscure à celui du noir de fumée (1), on comprendra aisément comment fonctionne lappareil dans lequel la feuille est maintenue dans un tube de verre.
La feuille absorbe la chaleur infiniment mieux que le verre, les radiations qui tombent sur le verre et le traversent arrivent à la feuille et y sont absorbées, elles détei*minent Févaporalion de Teau, la vapeur émise rencontrant la paroi relativement froide du tube s'y condense, et cela d*autant mieux que le refroidissement du tube est plus complet ; en réalité la feuille et la paroi du tube simulent une chaudière à vapeur et son condenseur.
Si Tappareil fonctionne à la façon d'un producteur de vapeur muni d'un réfrigérant, la proportion d'eau recueillie variera avec les deux facteurs : transformation plus ou moins complète de l'eau (le la feuille en vapeur, condensation plus ou moins complète de la vapeur formée sur le verre.
Quand on place le tube contenant la feuille dans un manchon rempli d'eau froide, on perd une partie des radiations absorbées par l'eau et par suite la source de chaleur déterminant Tévaporation de l'eau est amoindrie, mais la condensation est plus complète et la quantité d'eau recueillie est plus considérable.
Si le tube de verre se trouve à une température élevée, ainsi qu'il arrive quand le manchon au lieu de renfermer de l'eau contient une dissolution d'iode dans le sulfure de carbone, la condensation ne se fait plus, et ce mode d'investigation ne peut être eniployé dans ce cas, mais le tube à feuilles peut encore servir pour observer l'influence des radiations froides de la partie droite du spectre abondante dans la lumière électrique.
En 1881, on a employé comme source lumineuse un régulateur à charbon donnant une lumière évaluée à 2000 bougies.
(1) Le remarquable travail de M. Maqucuue esl iuscré dans le tome VI des Annales agronomiques, p. 32 1, 1880.
Une feuille de maïs placée à environ 2 mètres du régulateur, pesant J*%181, donna en trois heures 0",080 d'eau. C'est, pour lOOde feuilles, 6,7 d'eau évaporée ou 2,2 pour une heure.
Une autre feuille pesant ls',056 donna encore en trois heures 0*',080 d'eau, c'est 2,5 pour 400 de feuilles évaporant pendant une heure.
Il est donc manifeste que la partie la plus réfrangible du spectre n'exerce qu'une action faible sur l'évaporation, elle ne renferme, en effet, que peu de radiations chaudes.
Il en est autrement de la partie gauche du spectre, c'est ce donl on peut s'assurer en employant la lampe Bourbouze déjà décrite page 89. Sa lumière détermine une évaporation abondante; et parmi ses radiations, celles, qui sont obscures sont encore très efficaces; si on interpose sur le passage des rayons une auge remplie d'eau, on infercepte la plus grande partie des radiations chaudes, car l'eau est très athermane, l'évaporationest alors très faible; mais, si on substitue à l'eau un liquide très diathermane laissant passer les rayons obscurs, mais retenant les rayons lumineux, l'évaporation redevient active.
C'est ce qu'a vu très nettement M. Vesque en mesurant les absorptions de plantes soumises aux radiations obcures, c'est ce qu'a reconnu également M. Wiesner ; la méthode employée par le physiologiste autrichien (1) consiste à placer une jeune plante enracinée dans l'eau, recouverte d'une couche d'huile pour éviter l'évaporation, sur le plateau d'une balance, puis à faire l'équilibre dans le second plateau; quand il est établi, on enlève 10 milligrammes et on mesure le temps que met le système à revenir à l'équilibre, c'est-à-dire le temps que met la plante à évaporer 10 milligrammes.
En résumé, toutes ces expériences établissent que l'évaporation est déterminée, non pas par l'action de la température extérieure, mais par celle des radiations directes qui viennent frapper les feuilles.
Les expériences précédentes démontrent déjà que ce sont les radiations de la partie gauche du spectre qui sont les plus efficaces, toutefois il convenait de pousser plus loin l'analyse du phénomène et de chercher l'influence des diverses radiations que renferme le spectre lumineux.
;i) Ann, agron.^ t. Ilf, p. "ilh.
INFLUENCE DES DIVERSES RADIATIONS SUn LA TRANSPIRATION. 297 § 89. — IsFttlESCK DES DIVERS HAïONS LIMIMEUX.
Daubeny a reconnu depuis looglemps que tous les rayons lumineux ne sont pas également efficaces pour détermiocr l'évaporalion de l'eau. En opérant sur des feuilles placées dans des tubes entourés de manchons renfermant diverses dissolutions colorées, on arrive facilement à s'en convaincre. On obtient encore les mêmes résultats en employant des dissolutions de couleurs dilR^- Tfnic$, mais présentant à peu près la même transparence.
Les expériences furent faites au mois d'octobre 1869, à l'aide (ic feuilles de maïs (Rg. 44) ; elles ont fourni les résultats suivants :
tv^poratlon des fenllles de mais expaMes pendant nne heure an Hlell dans des mancbons renfermant des dissoIntioiiB diversement
colorées.
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l'OlUS
LA rEUILLE.