‹ Traité de chimie agricoleChapitre 112 sur 399 · INFLUENCE DES DIVERSES RADIATIONS SUR LA TRANSPIRATION · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES DIVERSES RADIATIONS SUR LA TRANSPIRATION

mêmes dissolulions pour modifier les radiations destinées à déterminer révaporation et la décomposition, j'ai obtenu ainsi dans deux essais différents non comparables Tun à l'autre les résultats suivants :

loilaence comparée de divers rayons lumineax sur la décomposition de l'acide carbonique et sur Tévaporation de lean des feuilles.

Quantité d'acide carbonique Quantité d'eau évaporé* décomposée en une heure en une heure

par une feuille de blé par une feuille de blé pesant 0«% 180. pesant 0<M 70.

L'atmosphère renfermait 1^ manchon renferme. 3ë,8 d'acide carbonique

pour 100 de gnx.

Dissolu lion jaune de chromate

neutre de potasse T\l 08',H! d'eau.

Dissolution bleue de sulfate de

cuivre ammoniacal K ,.'> 0 ,01! —

La température était de 37*.

La feuille pesait 0i',17i; La température était de 30*. l'atmosphère renfermait Sf,2 La feuille pesait 0s%t72. d'acide carbonique.

Dissolution rouge de carmin

dans Tammoniaque ^5'«,1 (^«^lei d*eau.

Dissolution verte de chlorure de

cuivre La feuille a émis

O'^SO d'acide 0 ,010 —

carbonique (1).

Les expériences précédentes ont été exécutées en 1869, le mémoire qui les renferme se terminait par le paragraphe suivant: «Les rayons rouges et jaunes favorisent Tévaporation, ils favorisent aussi l'assimilation; les verts et les bleus sont sans efficacité sur ces deux actions, et les différences se maintiennent si Ton s'ef* force d'opérer à Taide de rayons présentant la même intensité lumineuse ; enfin Tendroit des feuilles décompose mieux Tacide carbooique que Tenvers; de même d'après les observations de Guettard et d*après les miennes, dans certaines plantes au moins, révaporation est plus active par la face supérieure que par Tinfé- Heure : il semble donc qu'il y ait entre ces deux actions une liaison occulte qui avait jusqu'à présent échappé aux physiologistes. »

Depuis cette époque, cette liaison a été découverte : nous avons

(1) A la fiu de rexpérieocc, ou trouva 33,1 d'ucidc carbouique au lieu de 33,?.

VU (page 96) que les radiations efficaces pour déterminer la décomposition de Tacide carbonique par les feuilles sont celles qui sonl absorbées par la chlorophylle.

Il me parait évident que les radiations efficaces pour déterminer Tévaporation sont encore celles qui sont retenues par celte chlorophylle, on conçoit très bien qu'elles exercent sur la feuille celle double action de décomposer l'acide carbonique et d'évaporer l'eau, qu'elles exécutent soit un travail chimique, soit un travail calorifique.

M. Wiesner qui le premier a formulé cette proposition: les radiations efficaces pour déterminer Tévaporalion sont les radiations absorbées par la chlorophylle, nie la relation que j'ai indiquée entre l'assimilation et l'évaporalion, car il croit que le maximum d'évaporation se produit dans le bleu ; ce n'est pas, ainsi qu'on Ta vu plus haut, ce que j'avais observé dans mes premières recherches, et en répétant plus tard mes expériences, je n'ai pas pu, plus que la première fois, trouver que les radiations bleues déterminassent une transpiration plus active que les jaunes.

Je persiste donc à croire que la liaison que j'avais entrevue en 1869 existe en effet, et que les rayons lumineux efficaces pour déterminer la décomposition de l'acide carbonique sont ceux qui favorisent l'évaporalion, car ils possèdent la double qualité d'être bien absorbés par la chlorophylle et de posséder assez de force vive pour déterminer : soit la volatilisation de l'eau, soit la décomposition de l'acide carbonique.

Il devenait dès lors probable que si on suivait Tévaporation d'une feuille placée successivement dans l'air et dans l'acide carbonique, on devait trouver que l'évaporalion est ralentie dans une atmosphère enrichie d'acide carbonique, puisqu'une partie des radiations employées à la décomposition rendue très active par l'abondanC'e de l'acide carbonique ne le seront plus à Tévaporation. C'est, en effet, ce qu'on observe très aisément à l'aide des feuilles de graminées, telles que le maïs ou le blé ; mais s'il est facile de voir qualitativement que les fouilles évaporent moins dans une alliiosphère enrichie d'acide carbonique que dans une atmosphère qui n'en renferme que des traces, on a rencontré dans la disposition des appareils propres à mesurer simultanément les deux effets, des difficultés qu'on n'a pas encore réussi à lever (1).

(I) Association française pour favancemenl des sclenca^ session de Paris, 1878, p. I04>'

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