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TRANSPIRATION LE JOUR ET LA NUIT

55 90. — Transpiration a diverses heures de la journée et pendant

LA nuit.

La transpiratioD est un phénomène continu, qu'il y a avantage à suivre à Taide d'appareils enregistreurs ; celui qu'a imaginé M. J. Vesque (i) est très ingénieux : dans Tun des plateaux d'une balance très sensible se trouve un petit verre contenant de l'eau recouverte d'huile. Une plante mastiquée dans un cylindre fixe absolument rempli d'eau puise dans le verre placé sur la balance à laide d'un tube capillaire, deux fois recourbé, une quantité d*eau égale à celle qu'elle évapore. Le poids de ce plateau diminue donc par les emprunts que fait la plante à l'eau du vase qu'il porte et le plateau s'abaisse : une petite pointe de platine fixée au-dessous de ce plateau touche alors du mercure contenu dans un petit godet de verre et établit un courant électrique qui passe dans un électro-aimant, celui-ci attire une tige de fer et rend libre le mouvement rotatoire d'une tige sollicitée par un mouvement d'horlogerie. Cette tige porte un robinet imperforé, formé seulement sur les deux côtés opposés, de deux dépressions coniques d'égale capacité. Un petit vase contenant du mercure remplit chacune de ces dépressions, et à chaque tour du robinet 9 centigrammes de mercure tombent dans un vase placé sur la balance. Au même moment un crayon s'abaisse et vient piquer un point sur un demi-disque mis en mouvement régulier par un mécanisme d'horlogerie.

Plusieurs observateurs ont imaginé des appareils destinés à enregistrer Té vaporation, nous devons notamment mentionner l'appareil de M. Rédier qui, sans être aussi sensible que le précédent, car c'est une bascule, rend des services lorsqu'on opère sur des plantes de poids élevé.

M. Vesque a observé à l'aide de son appareil enregistreur que l'évaporation était parfois plus forte pendant la nuit que pendant le jour. Au premier abord ce résultat paraissait paradoxal, M. Marcano a fait cependant sous les tropiques des observations semblables (2j ; ses conclusions ont été les suivantes :

l"* Les plantes sous les tropiques évaporent pendant la nuit de six heures du soir à six heures du matin une quantité d'eau sensi* blement égale à celle qu'elles évaporent le jour.

(I) Ann. des se. nat. bot. y 6« série, t. VI, p. I8G, 1878. 2) Ann. affron., t. X, p. 477.

2^ L'évaporation pendant le jour a lieu principalement le malia. M. Yesque interprète ces résultats de la façon suivante :

« GoDsidérons la plante aux premières heures du matin : une transpiralion nocturne active, mais certainement de beaucoup inférieure à celle qui correspond au maximum matinal de M. Marcano, a été non seulement aliment(>e mais encore dépassée par l'absorption de leau du sol ; les éléments ligneux, les parenchymes mêmes se sont gorgés d'eau, la résen-e transpiratoire est constituée, réserve qui est dépensée pendant les premières heures du jour; Tafflux de Teau aux feuilles se fait d'abord très facilement et la transpiration monte avec l'action des rayons lumineux et calorifiques, la pression de la sève constamment diminuée par la déperdition de l'eau est à son minimum ; mais bientôt les éléments ligneux perdant Teau qu'ils renfermaient se remplissent d'air, des bulles d'air formant chapelet apparaissent dans les vaisseaux, tout mouvement direct de la colonne d'eau est interrompu, l'eau est obligée de traverser un nombre croissant de paroiN cellulaires pour arriver aux feuilles, elle y arrive de plus en plus lentement et la transpiration diminue, non pas à cause des modifications des agents extérieurs, mais à cause de la lenteur de plus en plus grande de l'afllux de Teau. L'endosmose des racines se maintient, mais le départ de l'eau se ralentit, donc la pression de la sève doit augmenter jusqu'à ce que peut-ÔLre elle s'oppose elle-même au mouvement osmotique : réchauffement de l'air inclus dans le tronc en augmente également la pression et s'oppose à l'absorption de l'eau par les racines. Au moment où le soleil se couche, l'air inclus se refroidit, la pression diminue, l'eau se précipite dans les éléments ligneux, les colonnes d'eau se reconstituent peu à peu et la circulation de la sève devient de plus en plus facile, la transpiration devient de plus en plus fonction des agents physiques et lorsque, le matin, le soleil vient frapperiez plantes gorgées d'eau, l'évaporation atteint rapidement son maximum. »

§91. — Influence qu'exeuce la transpiration sur la distribution

des espècks.

Les régions chaudes et sèches présentent une flore très différenlo de celle qu'on observe dans les pays tempérés, les parties de T Algérii' qui ne sont pas arrosées ne portent guère que des plantes à feuillage persistant, dur, coriace, bien adapté pour résister à la sécheresse^ des plan tes grasses telles que les agaves et les cactus sont employées pour faire les haies, les forêts renferment le chêne vert, les cèdres, les tuyas, etc., ce n'est que dans les pays arrosés, comme à Bouffarick par exemple, que s'élèvent les platanes qui y acquièrent de grandes dimensions ; les eucalyptus paraissent supporter assez bien la sécheresse et quoiqu'on les trouve surtout dans la Mclidja.

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