CLASSIFICATION DES TERRES
perméabilité sera moindre; si le sable grossier s'élève à 70, Targile et le sable fia à 20, la perméabilité sera complète, mais la dessiccation deviendra trop rapide. Cette terre sera immobile, car non seulement Targile y est en proportions suffisantes pour cimenter le sable, mais en outre cette argile sera bien coagulée par le calcaire dissous par Tacide carbonique de Thumus, enfin la proportion d*argile sera trop faible pour que la dessiccation amène un retrait considérable, la terre sera donc continue. C'est peut-être cependant cette qualité qui est la plus rarement obtenue d'une façon complète ; les terres qui ne se fendillent pas à la suite de longaes sécheresses sont peu nombreuses.
Le second groupe comprend les quatre classes dans lesquelles domine l'argile ; la classe n"* 2, la terre argilo-siliceuse confine à la précédente, mais l'argile s'y exagérant, elle peut devenir imperméable à l'air et à l'eau, en revanche elle conservera bien l'humidité; si le calcaire y est peu abondant, elle sera facilement mobile, l'argile étant entraînée par les eaux, enfin elle sera discontinue, pendant les sécheresses, les fendillements étant nombreux et profonds. — On remédie aux deux derniers défauts par l'apport de marne ou mieux de chaux qui coagule l'argile, l'empêche de former une masse délayable, et encore par des fumures énergiques qui diminuent, ainsi que nous l'avons vu, la plasticité de l'argile ; quant à l'imperméabilité on en triomphe par le drainage, par des travaux très soignés, par des apports de matières sablonneuses toutes les fois qu'ils ne sont pas trop onéreux; ces terres bien travaillées, bien drainées, deviennent de première qualité, ce sont elles qui portent dans le Nord et le Pas-de-Calais ces grandes récoltes de blé atteignant 70 hectolitres à l'hectare.
La troisième classe comprend les terres argilo-calcaires ; l'imperméabilité peut encore résulter de la faible proportion de sable, mais l'argile coagulée est moins délayable, elle se fendille plus dif6cilement, de telle sorte que ces terres sont en général continues et immobiles.
La quatrième classe comprend les terres argilo-humifères ; l'abondance de l'humus indique que ces sols sont imperméables, l'humus n'atteignant de grandes proportions que dans les sols oii Tair pénètre difficilement. Les vieilles prairies des vallées présentent souvent cette composition, elles portent toutes les plantes des sols trop humides ; ces sols exigent impérieusement des assainissements au moyen de fossés, les amendements calcaires y réus-
sissent parfois d'une façon remarquable ; avec du plâtre et du nitrate de soude, j'ai réussi à doubler le rendement de prairies établies dans la vallée de TAvre, qui ont donné de 7 à 8000 kilos de foin à l'hectare au lieu de 3 à 4000 qu'elles fournissent habituellement.
Quand, au lieu de dominer seulement sur le sable, le calcaire ou l'humus, l'argile forme avec le sable fin plus de 40 p. 100 delà masse, on arrive aux terres argileuses, imperméables^ discontinue:^, et mobiles; ce sont des terres d'un travail très difficile ; impénétrables à l'automne, qui se lissent facilement quand elles sont labourées dans un moment inopportun, elles forment alors des masses compactes, dures, qu'on ne brise que très difficilement. Les drainages, les chaulages, la culture en billons sont nécessaires pour triompher de ces sols rebelles, qui souvent se couvrent spontanément d'une végétation herbacée indiquant leur destination naturelle, qui est de constituer des prairies.
Le troisième groupe comprend les terres dans lesquelles l'élément dominant est le sable. Les terres sablo-argileuses confinent aux terres franches, mais sont plus légères, plus faciles à travailler, très perméables^ elles exigent des fumures fréquentes, elles sont continues^ mais peuvent devenir mobiles si le sable n'est pas biea cimenté par l'argile.
On y remédie à l'aide des fumures de fumier de ferme consommé riche en humus ; les amendements calcaires doivent être proscrits, ils exercent une influence fâcheuse, en exagérant la perméabilité.
La classe YII comprend les terres sablo-calcaires, elles sont encore très perméables, comme les précédentes elles se dessèchent aisément, elles peuvent être continues^ mais mobiles^ les apports d*argile par le colmatage y sont naturellement avantageux; comme les précédentes elles exigent des fumures fréquentes de fumier de ferme ; le sainfoin s'y développe aisément.
La classe YIII comprend les terres sablo-humifères, elles sont en général situées dans le fond des vallées, elles peuvent être avantageusement assainies par des fossés d'écoulement, elles sont continues; elles acquièrent des qualités précieuses quand elles sont amendées avec du calcaire ; les houblonnières sont souvent établies dans des terres de cette nature ; elles sont particulièrement précieuses pour certaines plantes de jardin.
La classe IX comprend les terres sablonneuses, excessivement